DES ORGANES DE L’ODORAT ET DU GOUT
Le goût et l’odorat tiennent de plus près au loucher que les deux antres sens; ils semblent même n’être que des touchers plus exaltés, qui perçoivent jusqu’aux différences des petites molécules des corps dissous dans les liquides ou dans l’atmosphère. Leurs organes sont an fond les mêmes que celui qui sert au toucher ordinaire, et n'en diffèrent que par un plus grand développement de la partie nerveuse, et plus de finesse et de mollesse dans les autres parties : ce sont de véritables prolongements de la peau, dans lesquels on peut eu suivre toutes les couches : l’épiderme, le corps muqueux avec ses teintes quelquefois foncées, le corps papillaire, le derme et le tissu cellulaire s’y retrouvent. La langue de certains animaux est même revêtue de substances insensibles, comme d’écailles, d’épines, de dents, etc. [Les deux sens ont d’ailleurs entre eux des liaisons extrêmement intimes, à ce point, par exemple, que, selon la remarque de M. Chevreul, on annule la saveur des substances aromatiques, si on les goûte en se bouchant les narines. ] Nous allons examiner ces deux organes, comme nous l’avons fait pour les autres, dans leurs parties essentielles, et dans celles qui ne servent qu’à eu augmenter ou en diminuer la force et l’étendue.