DE LA SUBSTANCE DE LA LANGUE, DE SA FORME ET DE SA MOBILITÉ
La langue étant en même lemps un organe du goût et un organe de déglutition et de parole, et tout ce qui sert à la mouvoir, contribuant plutôt à ces deux dernières fonctions qu’à la première, ce ne sera que dans l’article de la déglutition que nous décrirons l’os hyoïde, ses ligaments, ses muscles, ceux de la langue, et les mouvements dont elle est susceptible. Nous n’indiquerons ici que la nature de sa substance et le degré général de sa mobilité, en tant qu’ils influent sur la perfection du sens du goût.
Dans tous les mammifères sans exception, la langue est charnue cl flexible dans toutes ses parties, attachée par sa racine seulement à l’hyoïde, et par une portion de sa base à la mâchoire inférieure; elle ne diffère d’un animal à l’antre que par la longueur et l’extensibilité de sa partie libre ou de sa pointe. Les extrêmes à cet égard sont le
tout à fait semblable à celle des narines des poissons, ne permet guère de lui assigner d’autre fonction que celle de l’odorat,
Quant à l’opinion que l’olfaction se fait, chez les insectes, à l’eutrée des trachées, M. Struus l’appuie par le fait qu’il a trouvé à l’entrée des stigmates du hanneton et d’autres insectes, une caisse qui a beaucoup de rapports avec les cornets du nez des animaux vertébrés; mais il n’a pu découvrir les nerfs qui devraient s’y rendre.]
fourmilier , d’une part, qui peut l’allonger à l’excès, et les cétacés, de l’autre, qui l’ont attachée par presque toute sa face inférieure.
Les attires espèces ne diffèrent pas sensiblement de l’homme à cet égard. [On doit cependant signaler, parmi les ruminants, la girafe, dont la langue, très -extensible, est, à un degré plus marqué que dans les autres herbivores, un instrument de préhension.]
Dans les oiseaux. , la langue est toujours soutenue par un os qui en traverse l’axe, et qui s’articule à l’os hyoïde ; elle est par conséquent très-peu flexible ; il n’y a que la pointe de cet os qui, devenant un peu cartilagineuse, peut se ployer plus ou moins. Cet os est conforme à la figure extérieure de la langue, étant recouvert par quelques muscles seulement,et par des téguments peu épais. Dans les pics et les torcols, il est beaucoup plus court que la peau de la langue; et lorsque la langue s’allonge, cela provient de ce que l’os hyoïde et ses cornes se portant en avant, pénètrent dans ce surplus de peau, et l’étendent en poussant la langue en avant, comme nous le verrons ailleurs.
[ La langue des perroquets est cependant épaisse, charnue, arrondie et pourvue de papilles. Dans les perroquets à trompe, elle est cylindrique, terminée par un petit gland corné fendu au bout, et elle peut s’étendre fortement hors de la bouche.] Les reptiles varient beaucoup à l’égard de la langue, comme à tant d’autres. Les crapauds et les grenouilles ont une langue entièrement charnue, attachée par sa pointe au bord antérieur de la mâchoire inférieure, et dont la partie postérieure, libre et bifurqué®, sc reploie dans la bouche dans l’élat de repos, et s'applique contre l’ouverture des narines postérieures.
Dans les salamandres, elle est aussi attachée jusqu’à sa pointe, qui ne peut point se mouvoir, et n’est libre que par ses bords latéraux, i.es crocodiles l’ont attachée d’aussi près par scs bords que par sa pointe, en sorte qu’on a écrit longtemps qu’ils n’en avaient point du tout. Elle est entièrement charnue dans ces deux genres. [ Dans les tortues elle est courte, et sa surface est hérissée de nombreuses papilles charnues.] l es slellions et les iguanes ont la langue charnue, et jouissant à peu près de la même mobilité que celle des mammifères. Celle des sciuques et des geckos n’en diffère que parce qu’elle estéchancréc par le bout, et elle se rapproche, en cela, de celle des orvets, dont les scinques sont en général très-voisins.
Dans les lézards ordinaires, les tupinambis ou monitor, etc., la langue est singulièrement extensible, et se termine par deux longues pointes flexibles, quoique demi-cartilagineuses; elle ressemble parfaitement à celle des serpents, si on en excepte les orvets et les amphübines, qui ne peu-