ARTICLE TROISIÈME. — DIFFÉRENCES DES ORGANES
sentir que ces mots, trop employés depuis Bordeu , n’étaient que des mots vides de sens.
S’il y a quelque espérance d’arriver jamais à la solution de ce problème, la voie en serasans doute indiquée parce grand fait découvert de nos jours, que le seul contact de deux corps hétérogènes peut manifester un agent capable de changer toutes les affinités chimiques.
Si nous n’apercevons pas d’une manière aussi claire l’intervention de la sécrétion, lorsque les germes d’individus nouveaux se développent, sur ou dans le corps de leurs mères, on la retrouve du moins dans la manière dont se prépare la liqueur du mâle, qui, dans les espèces où l’accouplement est nécessaire, excite ou occasionne ce développement par sa présence; et comme ce développement lui-même se fait d’une manière semblable à l’accroissement ordinaire, ilrentre dans la règle générale.
Ces organes de la génération, les seuls dont il nous reste à parler, sont ceux qui préparent la liqueur prolifique et la portent sur les germes, et ceux qui doivent produire ou développer les germes, les contenir et les protéger peudanlles premiers temps de leur développement. Les premiers constituent le sexe masculin, et les seconds le sexe féminin.
Les testicules sont les glandes qui séparent la liqueur séminale; plusieurs autres glandes préparent des humeurs qui doivent s’y mêler. La verge est traversée par le canal de la semence : elle se gonfle par l’accumulation du sang qu’y produisent les nerfs excités par le désir, et devient par là en état de pénétrer dans le vagin, qui conduit à la matrice ou à l’oviductus , et d’y lancer le fluide qui doitréveiller les germes. L’oviductus, ou la trompe, reçoit l’œufau moment où il se détache de l’ovaire, le conduit au dehors, si l’animal est ovipare, ou dans la matrice s’il est vivipare. Dans le premier cas, le petit germe se développe et lire sa nourriture d’une masse organique à laquelle il est attaché, et dont la matière s’emploie par degrés à l’accroissement de son corps; on le nomme vitellus, ou jaune de l’œuf. Dans le second cas, outre une masse semblable, mais qui dure beaucoup moins long-temps, il tire la plus grande partie de sa substance du corps de sa mère, par la succion d’un tissu considérable de vaisseaux qui liennentà ceux de son propre corps : c’est 1 e placenta. Dans l’un et l’autre, le germe passe parplusieurs formes, avant d’arriver à celle qu’il doit conserver; d’abord très simple en apparence, ses diverses parties se montrent successivement, et ces métamorphoses ne sont pas toujours concentrées dans l’œuf ou dans la matrice; les batraciens, parcxemple,lc plus grand nombre des insectes, en subissent de plus ou moins considérables, après être venus au ;our. Mais il n est pas vrai, comme on l’a dit, que les métamorphoses des animaux supérieurs soient toujours une représentation successive des diverses classes in-
férieures. Chaque animal est lui-même dès le germe, et scs caractères de classe se montrent presque dès les premiers instants où il apparaît a 1 oeil; on voit les vertèbres, dès les premiers jours de l’incubation d’un vertébré, etc. ^
Noüs ne terminerons pas cet arliclc, sans rappeler une règle qui n’est pas plus exacte que tant d’autres, quoique imaginée par un homme justement célèbre; celle d’après laquelle les organes des fonctions animales seraient toujours symétriques, tandis que ceux des fonctions vitales ou végétatives n’auraient point cette disposition. Ni l’une ni l’autre de ces lois n’est constante ; les cétacés, les pleuronectes, un grand nombre de mollusques et quelques crabes, ont des organes animaux non symétriques. Plusieurs organes vitaux, les branchies, montrent de la symétrie dans les poissons; presque tous affectent la même disposition dans les insectes; enfin, beaucoup d’autres articulés les ont dans une symétrie parfaite.
ARTICLE III