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ARTICLE TROISIÈME. — PARTIES DURES DES INVERTÉBRÉS

ou d’enfanf, et elle finit par devenir un os parfait. Pendant ce temps, le bourrelet de sa base, cuire les dentelures duquel passent les vaisseaux, se développe aussi. Ces dentelures, en grossissant, resserrent les vaisseaux, et enfin les obstruent : |, alors la peau et le périoste du bois se dessèchent, meurent et tombent; et l’os, se retrouvant à nu, ne tarde pas à tomber lui-même pour renaître de nouveau, et toujours plus considérable.

Les bois de cerf sont sujets à des maladies absolument semblables à celles des os ordinaires. On

!en voit dans lesquels la matière calcaire s’est extravasée et a formé différentes exostoses; et d’autres où clic s’est trouvée trop peu abondante, et qui sont restés poreux, légers et sans consistance.

A ces différentes remarques, toutes relatives à des vertébrés dont le squelette, quoique plus ou moins dur, est véritablement osseux, nous devons en joindre quelques-unes sur certains poissons où il demeure toujours plus ou moins cartilagineux, et principalement sur ceux que l’on a nommés chondroptérygiens. Les molécules terreuses de ces poissons se déposent de plusieurs manières, mais ne forment jamais de filets, ni ne prennent cette densité pierreuse de quelques os des mammifères.

Dans la plupart des os des raies et des squales, elles forment à la surface une couche de grains serrés, et le milieu demeure pur cartilage; ces grains se montrent uniformément partout; il n’y a point de rayons ni de centres d’ossification; par conséquent aussi point de suture au crâne ou aux mâchoires. Dans les os épais, comme les corps des vertèbres et certaines mâchoires, il y a aussi une lame grenue à la surface, mais l’intérieur du cartilage est souvent pénétré de phosphate, soit en lamelles formant une cellulosité, soit en lames plus régulières disposées diversement; dans certains grands squales, le viaximus, par exemple, ce sont des lames cylindriques, toutes concentriques, toutes séparées par des couches d’un cartilage tendre, toutes percées de pores comme des cribles, en un mot d’une régularité admirable. Quelquefois l’apparence totale semble homogène, quoique moins dure à l’intérieur qu’à la surlace : cela est ainsi dans l’ange ( squnlus squatina).

Le périoste est une membrane blanche, forte, qui adhère à toute la superficie des os, excepté à leurs facettes articulaires : on lui donne le nom de périchondre lorsqu’il ne recouvre que des cartilages. Cette membrane a beaucoup de vaisseaux; c’est par elle que passent ceux qui portent le sang aux cartilages et aux os.

On sait que la gélatine est contenue en nature dans le sang, et qu’elle fait une assez forte partie du sérum, ou de la portion de ce fluide qui demeure liquide lors de la formation du caillot. On sait également, qu’il y a du phosphate de chaux dans le sang, cl surtout que le lait, nourriture

naturelle de l’homme et de plusieurs animaux à l’époque où leur ossification est le plus active, contient beaucoup de cette substance. Ainsi, on conçoit aisément d’où les os tirent leur nourriture; mais on n’est pas d’accord sur la manière dont le phosphate calcaire s’y dépose : les uns pensent qu’il transsude des parois des artères; d’autres, qu’il traverse simplement leurs extrémités ouvertes; d’autres enfin, que les artères s’ossifient. elles-mêmes. H sérail peut-être plus probable qu’il se combine avec la gélatine du cartilage, et. que celle combinaison a lieu surtout à l’époque ou l’abondance du phosphate est plus considérable dans le sang, par le genre de nourriture que prend l’animal, ou par la disposition générale des organes qui agissent dans la formation de son sang. On ne sait que trop qu’il y a des maladies dans lesquelles le phosphate calcaire se trouve enlevé aux os par des affinités plus puissantes; et d’autres où sa trop grande abondance porte la rigidité dans des organes auxquels elle est nuisible, ou produit des excroissances plus ou moins monstrueuses. Sa mauvaise proportion dans le corps vivant y cause les maladies les plus douloureuses et les plus incommodes.

Nous verrons ailleurs que les dents, quoique semblables aux os pour la composition chimique, ne croissent pas de la même manière, mais par couches comme les coquilles.

ARTICLE III

DES I-ARTIES DURES QUI TIENNENT LIEU n’os AUX ANIMAUX NON VERTEBRES.

Les coquilles sont des enveloppes d’une substance calcaire, d’un tissu tantôt feuilleté, et tantôt aussi dense et aussi dur que le marbre : elles servent d’enveloppe à un grand nombre d’animaux de la classe des mollusques; et chacun sait, que la variété île leurs formes, les nuances plus ou moins tranchées de leurs couleurs, et l’éclat de leur nacre, en font un des plus beaux ornements des cabinets des curieux. L’histoire naturelle fait suffisamment connaître leurs formes et les rapports de ces formes avec les ordres et les genres des animaux qui les habitent : il n’estqucslion ici quelle leur texture, de leur accroissement, et de la manière dont elles sont liées au reste du corps.

Elles sont composées, comme les os, d’une matière calcaire intimement unie à une substance gélatineuse, et. qu’on peut également en séparer par le moyen des acides : mais elles sont un produit de la peau déposé sous l’épiderme, ou même quelquefois dans l’épaisseur du derme. On dislin-

DEUXIÈME LEÇON. — ORGANES DU MOUVEMENT

guc, dans quelques espèces, des couches assez faciles ù séparer et collées les unes sur les autres, comme les feuilles de papier qui forment un carton. L’observation a appris que ces couches sont moins nombreuses dans les jeunes animaux que dans les adultes; il n’y a que les plus extérieures, qui sont en même temps les plus petites. A mesure que l’individu avance en ûfje, il se forme à la face interne de la coquille une couche nouvelle, sécrétée par la partie des téguments que l’on nomme le manteau et qui déborde toutes les couches précédentes; en sortequccettecoquillc prend à chaque fois un accroissement en longueur et en largeur, comme en épaisseur. Voilà des faits certains : ilsuflit, pour s’en assurer, de comparer des coquilles de même espèce qui aient appartenu à des individus dcdifiërents âges; on verra toujours moins de couches à celles qui proviennent d’individus plus jeunes. Les jeunes moules, qu’on peut observer avant même qu’elles aient quitté la matrice de leur mère, n’ontulors qu’utieseule couche à leur coquille, et cette coquille n’est pas pour cela molle ou gélatineuse : elle a la même rigidité que la coquille adulte, et si elle estbeaucoup plus fragile, c’est qu’elle est beaucoup plus mince.

Mais ces couches qui doivent successivement venir en augmenter l’épaisseur, sont-elles produites par développement, ou par simple juxtà-position? Des vaisseaux nourriciers vont-ils déposer le suc calcaire dans les divers points de leur épaisseur, ou transsudent-elles seulement au travex-s de la peau de l’animal pour se coller aux couches précédentes? Voilà des questions sur lesquelles les physiologistes ne sont d’accord que depuis peu de temps.

Le corps des limaçons ne parait adhérer à la coquille qu’aux surfaces d’attache des muscles seulement; et Réaumur ayant placé, entre ce corps et les endroits de la coquille qu’il avait cassée exprès, des pellicules minces, ces cassures ne se sont point réparées, tandis que celles où aucun obstacle n’arrêtait les sucs qui pouvaient y arriver de la surface de la peau, se remplissaient promptement.

Ces faits prouvaient en faveur de la simple juxtàposition d’une matière transsudée; cependant, comme on avait vu, cl’un autre côté, que l’huitre ctla moule adhèrent à la coquille, non seulement par les muscles, mais encore par tout le bord de leur manteau, et que de plus l’huitre a toujours dans l’épaisseur de sa valve convexe, entre la charnière et le muscle transvex-se, un ou plusieurs des vides remplis d’une eau fétide cL amère, quelques naturalistes avaient cru que les vaisseaux artériels et absox-banls pénétraient dans l’intérieur des couches, en déterminaient la position et en cxdcvaient de temps en temps les molécules.

[ Mais ces vides, que l’on a cru s’opposer à la

formation des couches juxlà-posécs, s'expliquent parfaitement en supposant que le manteau n’adhère à la surface de la coquille que par quelques points ou peut-être même par quelques lignes concentriques, ctque dans les parlicsoù il n’y a point d’adhérence, lcsnouvellcs couches ne s’appliquent point sur les précédentes, et laissent des vides qui sont remplis d’eau. La structure du reste de 1a coquille est tout-à-fait semblable; elle se compose, au moins dans son milieu, sous le muscle, de plusieurs lames d’émail qui s’écartent et se rapprochent ; mais les intervalles, au lieu d’être remplis d’eau, le sont par une substance crétacée tendre et très feuilletée. ]

Quelques observations semblent prouver qu’il y a des testacés qui se dépouillent entièrement de leurs coquilles à certaines époques, pour en produire de nouvelles; mais cette reproduction pourrait bien aussi se faire par développement, comme celle des bois de cerf. Quant au mécanisme du développement des couches des coquilles qui ne tombent point, on peut le comparer à celui qui produit les ongles, les couches intérieures des cornes creuses des bœufs, des moutons et de tant d’autres mammifères ruminants, et même à celui qui produit l’épiderme dans tous les animaux; c’est-à-dire que ce sex-a un dessèchement, une espèce de mort d’une membx’ane qui semblait avoir une sorte d’oi'ganisalion tant qu’elle était restée à l’abri du contact de l’élément extérieur, ou qu’elle n’avait pas acquis toute la solidité qui lui convenait.

Il paraît que c’est là la manièx'e dont se développent toutes les parties dures des mollusques.

La sèche ordinaire (sepia officinalis) a, dans les chairs de son dos un corps ovale, convexe en avant et en arrière, blanc, ferme, friable, de substance calcaire. Ce corps n’a point d’adhérence avec les chairs dans lesquelles il se trouve, pour ainsi dire, comme un corps étranger qui s’y serait introduit : aucun vaisseau, aucun nerf visible ne le pénètre, et il ne donne attache à aucun tendon. 11 est composé de lames minces parallèles, qui ne se touchent pas immédiatement, mais dans les intervalles desquelles sont une infinité de petites colonnes creuses qui vont perpendiculairement d’une lame à l’autre, et qui sont disposées en quinconce très régulier. Comme les lames sont planes, et que les deux faces de l’os sont convexes, elles les coupent nécessairement. Les cndx-oits de ces intersections sont marqués sur les faces par des stries curvilignes très x-égulières. Cet os a des espèces d’ailes qui sont d’une nature moins opaque, moins cassante, et plus ressemblante à une cox-ne mince et élastique.

C’est aussi à cette dernière substance que resscmblcnt les parties qu’on a appelées os dans les calnxaçs; clics sont transparentes, élastiques,

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