‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 27 sur 174 · REMARQUES GÉNÉRALES SUR LE SQUELETTE · texte numérisé non relu

REMARQUES GÉNÉRALES SUR LE SQUELETTE

Nous avons déjà vu que le squelette est l’assemblage des parties dures internes qui soutiennent le corps des vertébrés, et qu’il en lait comme la charpente. Dans les animaux sans vertèbres, les céphalopodes exceptés, les parties solides, qui tiennent lieu de squeletLe, sont extérieures; et leur forme est la même que celle de l’animal, puisqu’elles en renferment tou Les les parties. Dans les animaux vertébrés, les seuls qui aient de véritables os, à l’assemblage desquels on doit réserver le nom de squelette, il ne détermine que les proportions et les formes les plus importantes : aussi leur squelette ne diffère-t-il pas autant que leur figure extérieure, et il y a même, entre toutes ces charpentes osseuses, des rapports dont on ne se douterait point à l’aspect des parties qu’elles soutiennent.

Eu général, les os qui composent les squelettes sont tous articulés de manière à former un ensemble dont toutes les parties sont liées; cependant, il y a des exceptions à celte règle.

L’assemblage d’os qui porte la langue n’est attaché aux autres que par des parties molles, dans beaucoup de mammifères, dans les oiseaux et les reptiles, quoiqu’il soit vraiment articulé au reste du squelette dans d’autres quadrupèdes et dans les poissons.

L’extrémité antérieure tout entière n’est attachée que par des muscles dans lesquadrupèdes sans clavicules; mais dans les quadrupèdes qui en ont une, elle lient au sternum par un os simple, et dans plusieurs oiseaux et plusieurs reptiles par un os double. La plupart des poissons l’ont fortement liée à la tête par une ceinture osseuse; dans les raies, c’est à l’épine qu’elle s’attache ainsi.

Au contraire, l’extrémité postérieure de beau-

DEUXIÈME LEÇON. — ORGANES DU MOUVEMENT

coup de poissons, notamment de ceux que l’on nomme abdominaux, est libre et simplement suspendue dans les chairs, tandis que les autres animaux l’ont fortement attachée au reste du squelette parle moyen du bassin.

Les os qui composent le squelette se rapportent à trois divisions principales; le tronc, la tête, et les extrémités.

La tête ne manque jamais; les deux paires d’extrémités manquent aux serpents et à quelques poissons ; l’extrémité postérieure manque aux poissons apodes, c’est-à-dire sans nageoires ventrales, et aux mammifères cétacés. L’extrémité antérieure ne manque seule qu’à une espèce de lézard ; mais l’une ou l’autre ne se voit quelquefois qu’en vestige sous la peau, par exemple, l’antérieure dans les orvets, les ophisaurcs; la postérieure dans les pythons, les boas, etc. Aucun animal vertébré n’en a plus de quatre.

Le tronc est formé par les vertèbres, dont l’ensemble se nomme l’épine du dos, par les côtes et par le sternum. Les vertèbres ne manquent jamais, quoique leur nombre soit extrêmement variable; ou les voit même dans la lamproie où leur corps est réduit à un état presque membraneux.

Le sternum manque aux serpents et aux poissons, à moins qu’on ne veuille donner le nom de sternum à des pièces qui, dans certaines espèces de ces derniers, réunissent les extrémités inférieures de leurs côtes; les autres parties auxquelles on a voulu affecter le nom de sternum ne le méritent point.

Les côtes manquent aux grenouilles et à quelques poissons; mais elles sont aussi réduites à de simples rudiments dans divers autres reptiles et dans plusieurs poissons.

Les vertèbres qui portent des côtes se nomment vertèbres dorsales; celles qui sont entre les dorsales et la tête se nomment cervicales; celles qui sont derrière les dorsales, lombaires; cellesqui tiennent au bassin ou à l’extrémité postérieure, sacrées ou pelviennes; et celles qui forment la queue, coccygiennes ou caudales. Il n’y a que quelques mammifères en très petit nombre (les roussettes), et le genre des grenouilles, qui n’aient point de coccyx. Très peu de poissons peuvent être considérés comme ayant des vertèbres cervicales. On sent que, dans les animaux qui n’ont pas de côtes, la distinction entre les trois premières espèces de vertèbres n’a plus lieu, et que celle des trois dernières disparaît dans ceux qui n’ont point d’extrémités postérieures, ou chez qui elle n’est point attachée à l’épine. 11 y a dans les poissons une autre distinction à faire entre les vertèbres abdominales et les vertèbres caudales. Celles-ci se distinguent par des apophyses épineuses descendantes.

Les côtes qui vont des vertèbres au sternum se

nomment vraies côtes : celles qui n’atteignent pas jusque-là se nomment fausses côtes. Ces dernières sont toujours postérieures dans les quadrupèdes.

11 y en a en avant et en arrière dans les oiseaux et dans certains reptiles. Celte distinction cesse d’avoir lieu dans les animaux où il n’y a point de sternum. Il faudrait établir des dénominations particulières pour les côtes qui tiennent au sternum sans aller jusqu’aux vertèbres, comme le crocodile nous en offre; ou pour celles qui viennent des vertèbres et s’unissent en avant à la côte correspondante, sans que le sternum existe entre elles, comme on en voit dans le caméléon.

La tête est toujours à l’extrémité antérieure de la colonne vertébrale, à celle qui est opposée à la queue. Elle se divise en trois parties, qui peuvent être entre elles dans des proportions différentes, mais qui ne manquent jamais : ce sont le crâne, qui contient le cerveau, et dans les parois duquel sont creusées les cavités de l’oreille interne et souvent une partie de celle du nez; la face, qui contient les fosses nasales, clôt les orbites inférieurement, et se termine en bas par la mâchoire supérieure; enfin la mâchoire inférieure; celleci est toujours mobile, même dans le crocodile, quoiqu’on ait dit le contraire : la supérieure est immobile dans l’homme, les quadrupèdes, et quelques reptiles, comme les tortues, le crocodile, etc.; mais elle a des parties plus ou moins mobiles dans les oiseaux, les serpents et les poissons.

Les extrémités, lorsqu’elles sont complètes, se divisent en quatre parties, qui sont, pour celles de devant, l’épaule, le bras, l’avant-bras et la main; pour celles de derrière, la hanche, la cuisse, la jambe et le pied. Cette distinction n’est pas aussi apparente dans les poissons, dont les extrémités ne montrent au dehors que des osselets rayonnés, c’est-à-dire disposés en éventail; encore pourraiton trouver quelque analogie entre les os qui portent leurs nageoires antérieures ou pectorales, et les divisions des extrémités dans les autres animaux qui en ont. Quant à ceux qui portent leurs nageoires ventrales, ils sont toujours beaucoup plus simples.

L’épaule est composée d’une omoplate couchée contre le tronc, et d’une clavicule attachée au sternum, qui manque à quelques quadrupèdes et aux cétacés, comme nous venons de le voir, mais qui, dans les oiseaux et beaucoup de reptiles, est accompagnée d’un second os, le coracoïdien. L’omoplate ne manque jamais, tant que l’extrémité existe. Le bras n’est jamais formé que par un seul os; l’avant-bras l’est presque toujours de deux: g lors même qu’il n’en a qu’un, on y voit un sillon, ou quelque autre vestige de sa composition la plus ordinaire. La main varie pour le nombre des os, mais ceux qui y sont forment toujours un poignet ou carpe, un corps de main ou métacarpe,

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