‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 42 sur 174 · C. Dans les reptiles · texte numérisé non relu

C. Dans les reptiles

On a voulu trouver au sternum des tortues des rapports de composition avec celui des oiseaux; mais il ne lui ressemble que par la grandeur encore plus considérable à proportion; tout diffère du reste : forme, composition, connexion. Il est toujours composé de neuf pièces , huit paires et une impaire. La première paire forme le bord antérieur, la quatrième le postérieur, les deux autres forment les côtés et le principal corps. La pièce impaire, peu considérable, esL dans le milieu entre la première et la seconde paire.

Dans les tortues de terre , les émides et les c bolides, ces neuf pièces s’étendent assez pour s’articuler entre elles par suture, à peu près comme nos os du crâne, et les deux paires intermédiaires reçoivent de la même manière une partie des pièces osseuses qui entourent la carapace et qui correspondent aux cartilages des côtes : dans les ckélides eL dans certaines émides, la dernière paire s’articule de la même manière avec le pubis et l’ishion; mais dans les tortues de mer et dans les triontjx, les neuf pièces ne remplissent jamais tout le cartilage dans lequel elles se trouvent incrustées; il reste toujours un espace au milieu, qu’elles ne garnissent point. Elles ne gaguent pas non plus les pièces costales; leurs formes y varient beaucoup selon les espèces, mais les deux paires intermédiaires y sont généralement plus ou moins dentelées. On doit remarquer certaines tortues (les pyxis et les terrapènes ) où la partie antérieure du sternum, formée des deux premières pièces paires et de l’impaire, est jointe à la troisième paire par une charnière mobile, et s’écarte ou se rapproche comme pour enfermer l’animal dans une boîLc; dans d’autres, les deux parties du plastron sont mobiles sur une seule charnière; enfin, dans une troisième combinaison, la partie moyenne du sternum est fixe, et les deux extrémités se meuvent chacune sur une charnière.

Ce que (outre sa grandeur ) le sternum des tortues a de plus remarquable, c’est qu’il porte à sa surface interne, ainsi que l’épine et les côtes qui forment la carapace du même animal, tous les muscles qui s’y attachent et qui d’ailleurs sont à peu près les mêmes que dans les animaux où ils occupent la place ordinairç; en dehors il n’a que la peau et les écailles qui la garnissent; dans les trionyx , il n’a même que la peau.

Le crocodile n’a qu’une seule pièce osseuse, longue et étroite, au milieu d’une plaque cartilagineuse rhomboïdale, qu’elle dépasse en avant de près de moitié de sa longueur. Aux côtés antérieurs decetlc plaque s’articulent les coracoïdiens, car le crocodile n’a pas de clavicules; aux côtés postérieurs les cartilages de deux côtes. De son angle postérieur part un autre cartilage oblong,

TROISIÈME LEÇON. — DES OS ET DES MUSCLES DU TRONC

fourchu en arrière, aux côtés duquel s'articulent les cartilages des côtes suivantes au nombre de six paires; viennent ensuite les côtes abdominales qui ne remontent pas jusqu’à l’épine, cl n’ont pas île sternum : nous en reparlerons.

La plupart des saurions) monitors, lézards, scinques, etc., ont cette plaque rhomboïdale, et cette pièce osseuse alongée; mais la pièce osseuse a des branches à la partie qui sort du cartilage, et cela tantôt comme les monitors et les iguanes, à son extrémité, ce qui lui donne l’air d’un marteau ou d’un T, tantôt comme dans les lézards, les scinques, à scs côtés, ce qui en fait une croix. Ces branches, cl dans la seconde sorte, la pointe delà croix servent à recevoir les clavicules; en même temps les coracoïdiens, très développés dans ccs animaux, s’articulent aux bords anterieurs du rhomboïde cartilagineux, et se croisent même quelquefois sur la partie sortante en avant de la pièce osseuse; c’esL à peine si cette partie osseuse se distingue du cartilage rhomboïdal dans les aiiolis et les geckos, ce sont plutôt les bords qui prennent cette consistance.

Dans le caméléon, le cartilage rhomboïdal est en avant pour les coracoïdiens seulement, et se rétrécit et s’alonge en arrière pour les côtes; il n’a pas de pièce osseuse.

Le shellopusick, Vophisaure, l 'orvet, n’ont qu’un cartilage transverse à deux lobes derrière les coracoïdiens, sans prolongement postérieur, et cependant la pièce osseuse s’y montre en forme de T, mais dont les branches sont plus longues que la tige.

Dans le bimane il est tout cartilagineux.

Aucun vrai serpent n’a de sternum; mais il en réparait un dans quelques batraciens, pour donner appui aux os de l’épaule.

Dans les grenouilles, la partie située entre les clavicules et les coracoïdiens est si mince qu’elle ressemble plutôt à un cartilage inter-articulaire qu’à une vraie pièce de sternum; mais en avant, il y en a une osseuse pointue, terminée par un cartilage en demi-lune placé sous l’os, et en arrière, il y en a une autre également osseuse, large, terminée par un grand cartilage xyphoïde à deux lobes obtus*.

Dans les crapauds, ni les pièces antérieures, ni l’intermédiaire n’existent.; il y a à chaque épaule un cartilage qui joint la clavicule au coracoïdien, et ces deux cartilages croisent l’un sur l’autre dans la ligne moyenne. Derrière les épaules est la pièce osseuse postérieure avec son disque xyphoïde.

Dans le pipa, ce qui parait la partie antérieure et moyenne du sternum appartient aussi plutôt à un os de l’épaule, et l’on ne doit y rapporter

* Ossem.Jbss., Ve vol., part. 2, pl. 24, fig. 3i et 3a.

que le grand triangle cartilagineux qui est en arrière **. C’est à peine s’il en reste un vestige membraneux dans les salamandres, et il semble même que ce qui en a l’apparence dans la sirène, résulte de la coalition des cartilages des épaules. Toutefois, dans le ménopoma on trouve des pièces cartilagineuses qui s’entrecroisent à la partie mitoyenne, dans lesquelles peut-être il se développe quelques noyaux osseux.

D. Dans les poissons.

Les poissons n’ont pas de sternum analogue à celui des vertébrés à poumons, c’est-à-dire, appartenantà la poitrine; ce que quelques-uns ont voulu soutenir, qu’il est entré dans la composition de ce que nous regardons comme leur os hyoïde, est si peu vraisemblable, tellement contraire à toutes les possibilités physiologiques, comme nous le montrerons en détail lorsque nous traiterons de l’hyoïde, qu’il est bien inutile de s’y arrêter ici.

Dans le plus grand nombre des poissons, les côtes qui garnissent, les côtés de l’abdomen ne se réunissent même pas dans le bas; tout au plus pourrait-on donner le nom de sternum à une série de petites pièces qui réunissent le long du tranchant du ventre les côtes du genre clupea (aloses, hareng, etc.) et de quelques autres.

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