I. Des os du carpe
A. Dans l’homme.
Us sont petits et présentent beaucoup de facettes qui correspondent aux différents points de leur articulation; ils sont disposés sur deux rangées, composées chacune de quatre os : la première de ces rangées s’articule dans les facettes des extrémités carpiennesdu radius et du cubitus. Le radius leur présente une grande facette un peu cave , tronquée vers le cubitus, et portant une pointe au côté interne. La facette du cubitus est beaucoup plus petite.
Deux des petits os de la première rangée s’articulent avec la facette du radius. On nomme l’un, le scaphoïde , et l’autre, le semi-lunaire . Un troisième est reçu sur la facette du cubitus ; c’est celui qu’on appelle cunéiforme ou pyramidal. Ce dernier porte sur sa face interne, vers son bord cubital, un petit os arrondi qui fait saillie vers la paume de la main. D’après sa forme, ou d’après sa situation, on l’a nommé pisiforme ou hors de rang.
Les trois os de la première rangée qui s’articulent avec l’avanl-bras, sont maintenus par un ligament capsulaire très lâche, qui contient intérieurement un cartilage inter-articulaire, dont la forme est triangulaire. Il se porte aussi des fibres ligamenteuses à l’os cunéiforme; elles viennent de 1 échancrure articulaire du cubitus. On les nomme le ligament transverse externe. Il y en a deux autres à peu prèssemblablesdu côté interne, qui viennent de l’apophyse styloïde du radius : 1 un se fixe 5 1 os scaphoïde, et l’autre au tubercule de l’os semi-lunaire.
Quant à la seconde rangée des os du poignet,
deux sont articulés avec le scaphoïde. Ce sont, le trapèze, qui supporte la première phalange du pouce; il a une éminence saillante ou-dedans de la main, et le irapézoïde, sous lequel s articule l’os métacarpien de l’index. Vient ensuite le graïul os, qui s’articule tant sur le scaphoïde que sur le semi-lunaire, et qui supporte l’os métacarpien du doigt du milieu, et une petite portion de celui de l’annulaire. Enfin Yunciforme, ou os crochu, qui s’articule sur le cunéiforme, supporte le doigt annulaire et l’auriculaire ou petit doigt, et produit à la paume de la main une grande apophyse en forme de crochet.
Le carpe se meut sur l’avant-bras en avant, en arrière et sur le côté; mais les mouvements de ces parties entre elles et avec le métacarpe sont à peine sensibles, quoique très réels, afin de donner plus de douceur à scs mouvements. Leur union est telle cependant, que toute la main peut être mue par un seul muscle inséré à l’un des os qui la composent.
Une capsule articulaire unit la première rangée des os du carpe à la seconde, et une autre joint celle-ci aux bases articulaires des os métacarpiens. Quant aux autres ligaments du carpe, ils sont destinés à unir entre eux, de diverses manières, chacun des os, de sorte que leur figure et leur direction varient beaucoup.
B. Dans les mammifères.
Le carpe des singes a un os de plus que celui de l’homme. Il est situé entre le scaphoïde, le trapèze et le grand os, et peut être considéré comme un démembrement de ce dernier. Leur os pisiforme est plus saillant, parce que sa forme est beaucoup plus alongée, et qu’il sert, pour ainsi dire, de talon à la main.
Il y a de plus, presque toujours, quelques points ossifiés dans les tendons des muscles; on les regarde ordinairement comme des osselets surnuméraires. Il y en a deux, par exemple, dans le gibbon et le magot : l’un dans le tendon du cubital externe, sur le joint du pisiforme avec le cunéiforme; l’autre, hors de rang, sur le bord du scaphoïde et du trapèze : le premier manque dans les sapajous.
Dans les roussettes, il y a deux os au premier rang : savoir, un grand au bord radial, et un très petit à celui qui répond au cubital; on retrouve les quatre os ordinaires du second rang : le troisième, celui qui correspond au second doigt, a une très grande face au dedans de la main.
Dans les carnivores, en général, mais particulièrement dans les loutres, les chiens, les chais, les hérissons, les musaraignes, les ours et les phoques, le scaphoïde et le semi-lunaire ne forment par leur réunion qu’un grand os. Dans les loutres et les chats, il y a sur le bord interne du carpe un
QUATRIÈME LEÇON. — DU MEMBRE PECTORAL
petit os surnuméraire, semblable au pisiforme de l’homme, mais situé au bord opposé. Le pisiforme des carnivores est fort alongé et fournit une espèce de talon aux pattes antérieures. Cette dernière particularité n’a pas lieu dans le phoque.
L’os qui répond à celui qu’on nomme le grand os dans l’homme, est fort petit du côté du dos de la main.
Ceux qui n’ont qu’un vestige de pouce, comme la hyène , ont le trapèze très petit.
Le glouton est dans le même cas; aussi a-t-il un appendice sliliforme de plus au carpe; il est situé sous l’os scaphoïde.
Dans la taupe, chaque rangée est composée de cinq os, comme le ditM.Meckcl,el il y a de plus un grand os semblable à un fer de faux qui garnit le bord radial de la main dans toute sa longueur, et lui donne cette largeur et cetle figure de pelle qui la rend propre au genre de vie de l’animal. La taupe a encore ceci de singulier, que ses doigts sont très courts, recouverts par la peau, et qu’il n’y a que ses grands ongles qui soient visibles audehors.
[ Dans la chrysochlore, où le troisième et le quatrième doigt réunis par un seul ongle prennent un développement extraordinaire, tandis que le cinquième est réduit à un rudiment à peine perceptible, les os du carpe sont placés dans un plan courbe, en sorte que le cinquième doigt touche presque au premier, par son bord externe. Le pisiforme, extrêmement alongé, au lieu de se porter en arrière et de former talon comme dans les autres animaux, monte dans la direction de l’avantbras, et va s’articuler avec le condyle interne de l’humérus. ]
Parmi les rongeurs, le lièvre a les os comme les singes; mais le castor, la marmotte, l’ écureuil , les rats et les agoutis ont, comme les carnivores, un os unique pour le scaphoïde et le semi-lunaire. L’os surnuméraire et aussi grand que le pisiforme ordinaire, et souvent beaucoup plus.
Il porte même quelquefois un second os surnuméraire, comme dans la gerboise et la marmotte, en sorte qu’il y a de chaque côté un os hors de rang d’égale grosseur.
En général, dans les rongeurs, le grand os est divisé en deux, comme dans les singes. Le porcépic n’en diffère qu’en ce que cet os n’y est point divisé, et qu’il y a un os surnuméraire entre le pisiforme et l’os métacarpien du cinquième doigt; il est attaché sur l’os crochu.
Dans les cabiais, le scaphoïde et le semi-lunaire n’en font qu’un, sans os surnuméraire. 11 y en a cependant un petit dans le cochon d’Inde. Le paca, l 'agouti et le cabiai, ont le grand os divisé ainsi que le cochon d’Inde. Ces trois animaux ont, pour tout rudiment du pouce, un petit os situé sur le trapèze, avec lequel il est articulé. Dans la mar-
motte et les agoutis, ce rudiment est composé de trois osselets, et il y a de plus un os surnuméraire interne.
Le paresseux à trois doigts n’a que six os au carpe : trois à la première rangée, parce qu’il n’y a point de pisiforme, et trois à la seconde.
[L'unau, quoiqu’il ait un doigt de moins, a un os de plus au carpe, c’est-à-dire sept, parce qu’il a un pisiforme.
Le carpe des fourmiliers a huit os comme celui de l’homme, mais un de ces os se rapproche un peu par sa forme de ceux des ruminants. Dans les pangolins, il n’y en a que sept, parce que le scaphoïde et le semi-lunaire sont réunis en un seul. Le tatou géant, qui a le troisième et le quatrième doigt extrêmement développés, a les os du carpe larges et composés de onze os; le cinquième doigt, au lieu d’être suspendu au trapèze’, l’est à un os supplémentaire qui en porte lui-même encore un autre à sa face postérieure; il y a en outre un os énorme à la face interne du carpe porté par une large facette du semi-lunaire et qui préserve les fléchisseurs du grand doigt.]
Le fourmilier didaclyle a quatre os au premier rang du carpe : deux radiaux, un cubital et un long pisiforme ou hors de rang. Il n’y a que deux os à la seconde rangée; ils correspondent au second et au troisième doigt. Sur le bord radial du premier, est un vestige de pouce formé d’une seule pièce. Sur l’extrémité cubitale de l’autre, est un vestige bi-articulé du doigt annulaire ou quatrième doigt, et un beaucoup plus petit, d’une seul pièce, rudiment du cinquième doigt.
L'éléphant a huit os au carpe, comme l’homme; mais ils ont une autre configuration. Le pisiforme est alongé; les autres sont en forme de coins.
Le cochon, Y hippopotame, le tapir, le rhinocéros, le daman, ont huit osaucarpe; mais les pécaris n’en ont que sept et les phacochœres six.
Quoique le rhinocéros n’ait que trois doigts, comme le pyramidal, le grand os et l’unciforme appartiennent chacun à un des trois, il ne manque que le trapèze; mais il y a un os surnuméraire sur le bord du scaphoïde et sur celui de l’uuciforme, comme dans le porc-épic.
Les ruminants ont les quatre os ordinaires à la première rangée, mais plus étroits, à proportion de leur hauteur. La plupart en ont deux à la seconde : le c/tamean cependant en a trois.
Les solipèdes en ont quatre à la première rangée, et trois à la seconde.
Les os du carpe des dauphins et des autres cétacés sont extrêmement aplatis, presque tous de figure hexagone, formant comme un pavé par leur réunion. Les dauphins ont trois os à la première rangée, et deux seulement à la seconde; mais dans les baleines il y en a uu de plus à chaque rangée.
ARTICLE HUITIÈME. — DES OS DE LA MAIN