‹ Leçons d'anatomie comparée [electronic resource]Chapitre 81 sur 174 · III. Os des doigts · texte numérisé non relu

III. Os des doigts

Les doigts sont les avances libres et mobiles qui terminent la main.

A. Dans l’homme.

Ils sont au nombre de cinq. Chacun d’eux, à l’exception du pouce, est composé de trois phalanges ou articles, dont le premier, ou celui qui est reçu sur l’os du métacarpe, est le plus long. Le plus petit est celui qui termine le doigt et qui porte l’ongle {onguéal). Il est facile de reconnaître ces phalanges les unes des autres. La première porte à sa base une facette articulaire concave, arrondie, qui correspond à l’extrémité digitale du métacarpe. La seconde porte à sa base une facette articulaire, formée par deux petites fosses, séparées l’’une de l’autre, au moyen d’une petite ligne saillante; et la dernière enfin est terminée par une surface raboteuse et non articulaire.

Ces trois os vont en diminuant insensiblement de grosseur, et ils sont à peu près droits dans toute leur longueur. Ils portent à chacune de leurs extrémités une capsule articulaire et des ligaments latéraux : beaucoup de fibres et de gaines ligamenteuses maintiennent en outre en situation les tendons des muscles de la main qui s’y insèrent.

En comptant les rudiments imparfaits et souvent cachés sous la peau, il n’y a jamais moins de trois doigts, ni plus de cinq dans les mammifères.

Les solipèdes en ont deux imparfaits et un parfait, en tout trois.

Le rhinocéros , trois parfaits.

Les ruminants, deux imparfaits, deux parfaits, en tout quatre.

Le tapir et Y hippopotame, quatre parfaits.

Tous les animaux onguiculés en ont cinq, tant parfaits qu’imparfaits; excepté peut-être l’unau, où l’on n’en voit que deux parfaits et deux imparfaits. Cher, quelques-uns cependant, le pouce, qui est le premier doigt qui disparaisse, est si rudimentaire qu’il ne se compose plus que d’un petit métacarpien sliloïde, sans phalanges; tels sont, parmi les carnassiers, les hyènes et les suricates.

Tout doigt parfait a trois phalanges, excepté le premier du cOté radial, ou le pouce, qui n’en a

IM QUATRIEME LEÇON. — I)U MEMBRE PECTORAL

jamais que deux. Elles peuvent se fléchir tout à fait, mais non s’étendre au-delà de la ligne droite, excepté la première phalange, et quelquefois les dernières, dans quelques genres.

Les quadrumanes ont, comme l’homme, le pouce séparé et opposable aux autres doigts. C’est ce qui forme le véritable caractère de la main; mais le pouce est toujours plus long dans l’homme, à proportion des autres doigts, que dans les quadrumanes, dont la main n’égale point à cet égard la perfection de la nôtre. Il est même oblitéré et caché sous la peau dans le coaïla ( simia paniscus , Linn. ).

La dernière phalange, ou celle qui porte l’ongle, est moins aplaLic cl plus pointue que celle de l’homme. Les os du métacarpe et les premières phalanges sont aussi beaucoup plus courbés du côté de la paume de la main.

Les roussettes et les chauves-souris ont les phalanges excessivement alongées, principalement les dernières, qui sont très pointues, et qui ne portent point d’ongles : le pouce ne participe point à ces changements. Il est court et onguiculé.

Dans les carnivores, le pouce reste parallèle aux autres doigts; aussi ces animaux sont-ils privés de la faculté de pincer ou de saisir les petits objets. Dans le phoque , le pouce est plus long que les autres doigts. Il leur est presque égal en longueur dans les ours, les blaireaux, les ratons, les coatis. Les sarigues l’ont de très peu plus court.

Il est manifestement plus court dans les belettes, les civettes, les chats et les chiens.

Il est oblitéré et réduit à une seule phalange dans la hyène.

La forme des dernières phalanges et des secondes est très remarquable dans la famille des chats, animaux qui ont la faculté de relever leurs ongles, afin qu’ils ne s’émoussent pas en appuyant sur le sol dans la marche.

La seconde phalange est triangulaire. Deux de ses faces sont latérales, et la troisième plantaire, ou inférieure. Du côté interne ou de celui qui regarde le pouce , la face latérale présente une espèce de torsion telle, que la partie moyenne est oblique et comme échancrée.

La troisième phalange, ou celle qui porte l’ongle, est plus singulière encore par sa forme, ses articulations et ses mouvements.

La figure de celte phalange est celle d’un crochet fait de deux parties : l’une dirigée en avant, courbée, tranchante et pointue, reçoit l’ongle, dont la forme est à peu près la même : la base de celte première portion fait une espèce de capuchon osseux dans lequel est reçue la base de l’ongle comme dans une gaine, mais de manière à ne pouvoir être repoussée en arrière. La seconde partie du crochet est placée en arrière : elle s’élève presque verticalement, et n’est articulée qu’à sa por-

tion la plus inférieure : elle se prolonge au-dessous de l’articulation en deux appendices, qui donnent attache aux muscles propres à faire saillir l’ongle, ou à fléchir la phalange, ce qui revient au même : l’articulation de cet os est en effet disposée de manière que, dans son extension qui se fait beaucoup au-delà de la ligne droite, il éprouve un véritable renversement en dessus et en arrière sur la seconde phalange du côté interne ou radial, de sorte que l’échancrure latérale de la seconde phalange sert alors à loger la troisième, et que, dans cet état, la pointe de l’ongle, bien loin de toucher le sol, regarde le ciel.

Cette position renversée est celle du repos. La phalange y est maintenue par deux sortes de ligaments : savoir, la capsule articulaire et des ligaments latéraux qui viennent de la seconde phalange.

Dans l’ordre des rongeurs, il y a un pouce parfait, mais plus court dans les lièvres, les castors , les gerboises : un pouce oblitéré de deux phalanges dans les écureuils, les rats, \es porcs-épics, le paca, l'agouti, etc.; enfin un pouce oblitéré d’une seule pièce dans le cabiai, le cochon d’Inde, la marmotte, etc. En général, les dernières phalanges sont très étroites, alongées, presque droites et pointues. Il faut en excepter cependant le grand cabiai, dont les dernières phalanges sont triangulaires et enveloppées dans un véritable sabot corné.

Les édentés offrent beaucoup de variation dans le nombre des doigts du pied de devant. En effet, le tamanoir et le fourmilier à quatre doigts ou tamandua, ont le pouce très petit. Il est aussi oblitéré, de même que le cinquième doigt, dans le paresseux Iridactyle ou l’aï, qui présente beaucoup d’autres particularités très remarquables, car ses trois doigts parfaits se soudent quelquefois entre eux par les bases des os métacarpiens, ce qui gêne considérablement leurs mouvements; ensuite chacun de ces doigts n’est composé que de deux phalanges articulées par des poulies à rainures étroites et profondes. L’extrémité du métacarpien, terminée par une rainure au lieu de l'être par une facette saillante, indique qu’ici la première phalange s’est soudée avec cet os. Il résulte de ces dispositions, que les mouvements latéraux sont absolument impossibles. Enfin, la dernière phalange est beaucoup plus longue que la première : elle présente aussi à sa base une espèce de gaine osseuse ou de capuchon, qui est beaucoup plus profond en dessous qu’en dessus.

[ Dans l’ unau les trois phalanges existent, mais la première, qui ordinairement est la plus longue, n’a pas ici le quart de la longueur de la seconde.

Dans le tamanoir et le tamandua, la première phalange du doigt médian estégalcmentbeaucoup plus courte que la seconde, environ le tiers; dans les doigts externes du tatou-géant, il n’y a que deux

ARTICLE HUITIÈME. — DES OS DE LA MAIN

phalanges, une courte et large, et la phalange onguéale,'qui, au médius, est monslrueusemcntlongue, tranchante, en forme de fer de faux et portant à sa base une gaine pour l’ongle. C’est peutêtre dans le tamanoir que cette gaine est le plus longue. ]

Le pouce, le deuxième et le cinquième doigts, sont oblitérés dans le fourmilier didactyle et le paresseux à deux doigts ou unau .

L 'éléphant a cinq doigLs parfaits, mais tous les cinq sont presque entièrement cachés sous la peau épaisse qui enveloppe le pied.

Dans les animaux à sabots qui ont quatre doigts, comme le cochon, le tapir et Y hippopotame, on voit aussi un petit os qui est le rudiment du pouce.

Le coochn a ses deux doigts de côté plus courts, et ne touchant point à terre : ils sont cependant parfaits quantau nombre des os qui les composent. Dans ces animaux, la dernière phalange est moulée dans l’intérieur de la corne qui termine le pied.

Les ruminants n’ont, comme nous l’avons vu, qu’un seul os du métacarpe qui supporte les deux doigts, qui forment ce que l’on nomme le pied fourchu. Plusieurs espèces ont encore à la racine des deux doigts parfaits deux petits os, souvent revêtus d’onglets, qui représentent deux autres doigts. La dernière phalange de chaque doigt est toujours de forme triangulaire. Deux des faces sont latérales; celle qui regarde le doigt voisin est plane; l’autre est convexe.

Dans le cheval et les autres solipèdes, il n’y a pour vestige des doigts latéraux que deux stylets placés aux deux côtés de l’os du canon. Les trois phalanges du doigt unique qui existe portent le nom de paturon, de couronne et d’os du petit-pied. Cette dernière phalange a la forme du sabot; elle est arrondie, plate en dessous, convexe en dessus.

Les cétacés ont toutes les phalanges aplaties, réunies en nageoire et souvent cartilagineuses. Tels sont, en particulier, le marsouin , le dauphin, le cachalot; mais ces phalanges augmentent beaucoup en nombre.

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