‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 108 sur 141 · ART. 1IÏ. DANS L'ES GASTÉROPODES · texte numérisé non relu

ART. 1IÏ. DANS L'ES GASTÉROPODES

lSagatine a sa cavité pulmonaire disposée absolument comme celle du colimaçon, parmi les puîmonés aquatiques (1).

JJonc'hidie , qui n'a ni coquille extérieure, ni même un bouclier renfermant une coquille intérieure, comme la limace, a sa cavité pulmonaire sur la partie postérieure de son corps ; ce sont de même les parois latérales et supérieures seulement qui montrent un lacis de vaisseaux respirateurs ; tandis que la paroi inférieure est simplement membraneuse. L'issue de cette cavité se voit en arrière de son plancher (2).

Dans le iimnèe stagnai, le réseau vasculaire du poumon est bien moins apparent que dans le colimaçon ; l'ouverture du poumon est percée sous un lobule du collier, du côté droit et non loin de l'anus (3).

Il faut indiquer ici , à la suite de l'organe respiratoire des puîmonés , le poumon des cyclostomes , qui consiste de même en une cavité simple, dont l'ouverture se voit au-dessus de la tête , et dont les parois sont dessinées par un réseau de vaisseaux respirateurs.

Les hélicines sont dans le même cas (4). ]

(1) Voir son anatomie par M. Quoy, Voyage &zY Astrolabe, et pi. 25 du Régne Animal.

(2) Mémoire de M. Cuvier sur Vonchidle, p. 4 et 5, et p!. Gg. v. (Sj Sur le Limncc et le Planorbe, Mémoire de M. Cuvier, p. h et 6.

(4) C'est à cause de ce caractère des organes de la respiration que M. de Ferussac sépare ces deux genres deo pectinibranches, et en fait son ordre des puîmonés operculés. M. Cuvier avait juçé à propos, malgré cetle différence importante, de laisser dans la première famille des peclinibranches , celle des irochoïdcS) à cause de l'ensemble de leurs caractères organiques.

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B. et C. Dans les Nud i branches et les In fèrobr anches.

Les branchies saillantes au dehors représentent tantôt des panaches ou des arbres, comme dans les tritonies, où elles forment une espèce de haie tout autour du corps ; et dans les doris , où elles sont rassemblées en cercle autour de l'anus sur le derrière du dos; [ tantôt des houppes distinctes et séparées , disposées sur deux rangs le long du dos, et alternativement plus petites et plus grandes, comme dans les thethys] ; tantôt de petites lames ou écailles, comme dans les éolideg, où elles sont disposées comme des tuiles sur le dos. Dans la scyllée, ce sont des pinceaux de filaments , dispersés sur des feuillets charnus, ou espèces d'ailes dressées sur le dos ; dans le glanais , elles représentent des nageoires rayonnantes, en forme d'éventail.

[Dans les laniogères, elles forment deux séries de petites lames finement divisées en peigne. Les cavolines les ont en forme de filets, disposées sur le dos par rangées transversales.

Dans les flabellines, ce sont aussi des filets à cinq ou six branches de chaque côté du dos, attachés comme des rayons.

Dans les tergipes , elles sont formées d'une rangée, de chaque côté du dos, de petits tentacules cylindriques, terminés chacun par un petit suçoir.

Les jn'iyliidies, que M. Cuvier sépare dans son ordre des înferobranches , ont leurs branchies sous le rebord avancé du manteau, et composées de deux longues

suites de feuillets qui se voient de chaque côté du corps (1).

D. Les Tectlbranches

[Ont les branchies divisées, en forme de feuillets non symétriques, et recouvertes plus ou moins par le manteau. ]

Dans le pleurobranche, ce sont de petites lames rangées par séries transversales sur les deux faces d'une lame saillante au côté droit du corps, dans un sillon qu'intercepte du côté supérieur le rebord du manteau, et le pied du côté inférieur.

[Les branchies des apfysies sont tout autrement situées : c'est à la face dorsale du corps qu'elles sont retirées sous un opercule composé d'un repli du manteau et d'une coquille simple, cornée, contenue dans ce repli. Il est détaché du côté droit pour l'entrée ou la sortie de l'eau des branchies ; elles flottent sous cet opercule et y montrent leur composition très-compliquée ; ce sont des feuillets qui, après s'être divisés deux ou trois fois dichotomiquement, en ont d'autres plus petits, et ainsi de suite jusqu'à une petitesse extrême.

Les premiers de ces feuillets sont attachés à une membrane en forme de demi-croissant, qui est le pédicule de la branchieet l'organe conducteur des vaisseaux sanguins respirateurs.

(1) Voir les Mémoires de M. Guvier sur les Doris, les Tritonies, les Théthys, les Scy liées, les Eolides et le» Glaucus, enfiu sur les Phytlidics; et sou Règne Animal, t. ni, p. 50 et suiv.

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Les subdivisions artérielles et veineuses sont dans le même ordre et le même nombre que ces feuillets.

Les artères branchiales qui viennent du vaisseau situé le long du bord concave de la membrane ou du pédicule en forme de croissant, régnent le long du bord superficiel de chaque feuillet. Les veines régnent au bord c^e chaque feuillet voisin du bord concave de la membrane générale (i).

Dans les notarcfies , Cuv. , et les bursatelles, Blainville^ les branchies restent à découvert; elles forment dans ce dernier genre , une série régulière et décroissante de feuilles pinnées ou composées, dont les pétioles sont fixés, comme dans les aplysies , à un ligament semi-lunaire (2).

Les dolabelles ont les branchies de même à la face dorsale du corps, mais plus en arrière que les aplysies. C'est aussi dans la moitié postérieure de la face dorsale qu'il faut chercher, dans les acères , la fosse où elles sont retirées. On voit dans cette partie un creux, du côté droit, qui s'enfonce sous la coquille (dans les huilées et dans les bulles ) et dans lequel sont les branchies. Elles y sont attachées, comme dans les aplysies 9 aux deux faces d'une membrane triangulaire, adhérente par un de ses cotés au dos, sous le toit que lui prête le manteau ou la coquille; ce sont des feuillets transverses, subdivisés eux-mêmesen feuillets plus petits (5).

(?) M ùnv ire de M, Cuvier sur le genre Jplysia, p. 42, el pi. 2 et 9.

(2) Voir le Traité de Malacologie de M. de Blain ville; et la nouvelle édit. du P.ègHC animai ; SuoUusquest p!. o!, (i;:. S, et fig. 23, pour les branchies des /Vc tarehes , d*après M. Rang; Monographie des aplysits.

(3) Méiuouv de Mi Cuvier, sur les acçrcs, pi, i si it,

ART. llh «ANS LES GASTEROPODES. 367

Le gastroptère a cependant sa branchie assez en avant du côté choit ; elle déborde le petit bouclier qui couvre le corps en avant (i).

Dans les ombrelles, on trouve les branchies formées en pyramides lamelleuses et placées sous un léger rebord du manteau, qui est un peu saillant en avant et du côté droit. ]

E. Les Hètèropodes

[Ont, pour la plupart, les branchies en forme de plumes, ou peetinées, situées sur l'arrière du dos et protégées, le plus généralement, avec le cœur, le foie, dans une coquille conique ou contournée.

On voit ainsi les plumes des branchies flotter sous le bord antérieur d'une coquille conique , dans les Carinaires et les firoles. les atlantes ( Y atlante de Kcrodren ) , dont la coquille est turbinée , ont une petite branchie pectinée, suivant M. Quoy et Gaimard (?,).

M. Cuvier n'a pu découvrir de branchies saillantes dans les phylliroës ; MM. Quoy et Gaimard, qui ont vu ce singulier mollusque dans l'état frais, pensent aussi que quelque partie plus vasculaire de leurs téguments en tient lieu (3). ]

(4} Voir la nouvelle édlt. du Rtçne Jnimal; Mollusques, pi. 35, fig. 5, et %. 3. j., et les Mémoires de M. Velle-Chiùjt , pi. 11, fig. 1-S. (2) Voyage de VJt>trolabc,\. h, pi. 29 , fig. iS et 23. \ô) Ibld. , pi. 2S , fig. 10 et 13,

368 XXXe LEÇOIt, SECT. i. respiration des mollusques.

F. Dans les Pectinib rancîtes.

Les Gastéropodes à coquilies , dont nous n'avons point parlé ci-dessus, ont leurs branchies saillantes; mais dans l'intérieur d'une cavité qui occupe le dernier tour de la coquille. L'ouverture en est le plus souvent fort large , et s'étend dans tout le dessus du col de l'animal, entre le bord du manteau et le corps.

Souvent aussi une partie du rebord charnu du manteau se prolonge en un petit canal, logé dans un canal pareil de la coquille , et propre à conduire l'élément ambiant dans la cavité branchiale, même pendant que l'animal est tout rentré dans sa demeure pierreuse.

On remarque ces canaux dans tous les genres démembrés de ceux que Linné avait nommés buccin, murex et strombe.

Dans la plupart des genres de cet Ordre, les branchies forment une , deux ou trois séries de lames transversales, occupant presque toute la longueur de la cavité branchiale, et une petite partie de sa largeur seulement. Elles sont attachées au plafond de cette cavité. Ces branchies figurent, tantôt un prisme, tantôt une espèce de plume qui serait fixée par toute la longueur de sa tige. Plusieurs genres s'écartent cependant de cette forme générale.

[INous allons entrer dans quelques détails sur ces différences, en suivant l'ordre des familles, telles que M. Cuvier les a adoptées dans le Règne Animai.

i° Parmi les Trôc/wïdes, lavnlcée, dite le porte-plumet, a la branehie faite comme une plume ; elle sort de dessous le manteau, quand l'animal veut respirer,

et s'agite au dehors par des mouvements de vibration.

Dans la paludine vivipare, les branchies se composent de trois rangées de filaments coniques , disposés très-régulièrement. La cavité qui les renferme est largement ouverte entre le corps et le bord de la coquille; cependant il y a un demi-canal, qui commence au bord de cette ouverture du côté droit, et se prolonge assez avant dans la profondeur de la cavité branchiale ; c'est un moyen d'y faire entrer l'eau, quand l'animal est dans sa coquille.

Il n'y a que deux rangées de feuillets branchiaux , triangulaires et dentelés, dans la janthine.

Bans le turbo pica , les peignes des branchies sont de même au nombre de deux ; ils y sont composés d'une multitude de feuillets triangulaires, et séparés vers le fond de la cavité branchiale, par une cloison qui n'occupe pas le quart de la longueur de cette cavité.

Cette cloison est complète dans les piiasianclles , et divise en deux loges la cavité branchiale , généralement unique dans les Gastéropodes. Les deux peignes qui occupent ces deux loges sont longs, de forme cylindrique et composés d'une multitude de barbes perpendiculaires à une base commune (1).

MM. Quoy et Gaunard ont observé, au plafond de la cavité respiratoire des ÀmpuUaircs, à côté d'un peigne branchial long et unique, une grande poche remplie d'air, sorte de vessie natatoire.

2° Les Capuloides ont une seule branchie développée, attachée en travers à la voûte de la cavité respiratoire, et composée de laines étroites, ou de filets souvent très-

(1) Mémoire de M. Cuvier sur la Janihinc et U Phasianellc, p. 12 et. 13«

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longs, 11 y a de plus, dans quelques cas, une branchie rudimentaire. 1

Le Cabochon ( Patella kungarica , List. ) a sa brancbie en forme de petites lames longues, placée en dedans d'une cavité au-dessus de son col et formant une série transversale autour du bord de cette cavité.

[ Dans les Crépidules, la branchie principale est composée de longs filaments attachés sous le bord antérieur de la cavité branchiale ; il y a de plus une petite branchie lamelleuse (i). La branchie se compose de nombreux filets longs et minces comme des cheveux, dans les Calyptrées.

Les Cryptostomes ont un large peigne branchial, avec une branchie rudimentaire (2).

Dans les Sigarets, le manteau commence à former un demi-canal qui conduit dans la cavité branchiale; tandis que dans les précédents», l'entrée de la cavité branchiale est une simple fente. Ici les branchies forment au plancher de cette cavité deux bandes en écharpe de petites lames trans verses (3).

3° Les Buccinoîdes ont dans l'ouverture de leur coquille spirale, à l'extrémité de la coluinelle, une échancrure ou un canal qui correspond au syphon du manteau par lequel l'eau entre dans la cavité branchiale, ou en sort.

La série des lames branchiales varie suivant les genres. ] îl n'y en a qu'une série dans le murex tritonis ; une grande et une petite dans le buccinum undatun (4).

(4) M. de Blainville, Dictionnaire des Sciences Naturelles , t. 52, p. 294. — (2) M. Leretoullei, Observations inédites, — (Z) M. Cuvier, Mémoire sur le Si^arct , etc. — (k) Mémoire [de M, Cuvier sur le grand Buccin { Buccinum undaium, L. ), pi. £g. 3, d. et à\

[Il y en a de même deux, de grandeur inégale, dans YEburne boueuse (i).

Dans la Siruthiolaire crénelée „ la branchie se compose de filaments très-fins et longs , au lieu de lames courtes (2).]

G. Les Tubulibr miches.

[ La forme allongée et très-étroite du corps domine ici celle de la cavité branchiale, qui est située d'ailleurs comme dans les pectinibranches, et celle de la branchie que cette cavité renferme. Il n'y a qu'une rangée de peignes branchiaux sur le côté gauche de la cavité branchiale , dans les vermeis (5).

Ce peigne se compose, dans les Siliqualres , d'une grande quantité de feuillets déliés et comme tubuleux (4). ]

H. Les S cutibr anches

[Ressemblent aux pectinibranches po urla forme et la position générale des branchies. Cependant comme leur coquille est très-peu ou nullement turbinée, elle recouvre et protège les branchies comme une sorte de bouclier; de là la dénomination de cet ordre, que M. Cuvier a d'ailleurs institué pour d autres caractères plus importants, entre autres celui d'avoir les sexes réunis, etc. (5).

(4) M. Quoy, Voyage àcY Astrolabe. — (2) MM. Quoy et Gaimard, Voyage de Y Astrolabe et nouvelle édiL du Règne animal. Mollusques, pi. 59, fig. 2, 1).

— (5) Règne animal , nouvelle édit., pi. 62, fig. Setsuiv. — (/j) Ibid., fig. 6,

— (5) Voir le Règne animait t. m , p. liU.

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Dans les haliotides, le manteau est profondément fendu au côté droit pour l'accès de l'eau dans la cavité branchiale ; l'eau qui passe par les trous de la coquille peut pénétrer dans celte cavité à travers cette fente.

Dans les fissurelles, il y a de chaque côté et symétriquement un peigne branchial, situé sur le devant du dos ; l'eau s'y rend par une petite ouverture percée au sommet de la coquille.

Les vmarzinules ont l'entrée de la cavité branchiale au bord antérieur du manteau et de la coquille, et formée par une échancrure de l'un et de l'autre (1).

Les parois ont, de même que les fissurellcs , un peigne branchial de chaque côté ; mais seulement en avant (2). ]

J. Les Cyclobranckes.

Dans les oscabrions et les paie/les, qui composent cet ordre, les branchies forment un cordon tout autour du corps sous le rebord du manteau. [Ce sont de petits feuillets ou de petites pyramides formant un cordon plus ou moins complet, comme dans les inférobranches ; mais s'en distinguant parleur hermaphoditisme (3). ]

Au reste , quelle que soit la forme des branchies dans les Gastéropodes, la marche du sang y est la même; chaque division et subdivision reçoit un vaisseau ou un rameau de vaisseaux de l'artère pulmonaire qui dérive

(1) Nouvelle édit. un Règne anithot, pi. G5, fig. irc, et M. Quoy, Voyage AcVMtrolabe. — (2) Voyage de VJstrotabo, par M, Çi'cy. — (3) Mémoire de RI, Cuvier, sur VHaliotlde, le Sigarci, ie genre Patelle, etc., pi. m, i;g. 9 et 14»

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