‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 109 sur 141 · ART. III. DAMS LES GASTÉROPODES · texte numérisé non relu

ART. III. DAMS LES GASTÉROPODES

de la veine cave , et en rend un de môme ordre pour la veine pulmonaire qui se rend dans le eceur. C'est de la position des branchies que dépend celle du cœur, ainsi que la direction des gros vaisseaux.

[Dans les mollusques comme dans les animaux supérieurs , le cœur est toujours à portée de l'organe de la respiration (1).

Une autre circonstance remarquable de position relative ou de connexion, c'est celle que l'on trouve entre l'anus et l'issue ou l'entrée de la cavité pulmonaire ou branchiale ; quoiqu'on n'y aperçoive pas nettement, dit M. Cuvier (2), quelle liaison si nécessaire il doit y avoir entre l'anus et l'orifice de la respiration , la nature l'a conservée dans presque tous les mollusques.

Nous croyons que cette connexion tient au mécanisme de la défécation, lié ici, comme dans les vertébrés, au mécanisme de la respiration; car il faut voir ici beaucoup moins le rapport des deux orifices en question, que celui de l'intestin rectum avec les parois contractiles de la cavité respiratrice (3).

En résumé, nous venons de voir que les Gastéropodes ont des organes de respiration aquatique ou aérienne.

Dans le premier cas, et c'est celui de l'immense majorité de ces animaux, ces organes peuvent être toutà-fait à nu à la surface du corps ; ce sont alors des téguments , modifiés dans leur forme et dans leur structure, pour le déploiement intérieur des vaisseaux

(1) Mémoire sur le genre Dorls, p. 9. — (2) Mémoire sur VOnehutio, p. 4. - (3) Nous avons déjà donné celte explication , t, v, p. 72.

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sanguins respirateurs qui les pénètrent et qui y forment un réseau capillaire dans ce but fonctionnel.

Ces productions affectent toutes sortes de formes et de positions.

Quand le Gastëropode a une coquille , l'organe de respiration est toujours contenu , en partie ou en totalité, dans une cavité que protège cette coquille, et sa position est constamment à la face dorsale du corps. La branchie peut encore, dans ce cas, être considérée comme une production de la peau ; mais de la peau rentrée en elle-même, pour former la cavité respiratri ce.

La forme, la structure, le dévelopement proportionnel de la branchie varient beaucoup , ainsi que nous venons de le voir; moins cependant que lorsqu'elle reste à découvert.

Enfin , quand l'organe de respiration est aérien, c'est une cavité simple, à paroi non divisée, ne donnant appui aux vaisseaux respirateurs que par son plafond et ses côtés ; mais pas du tout par son plancher. Celui-ci, comme bous le verrons dans le paragraphe suivant, est une sorte de diaphragme qui sépare la cavité pulmonaire de la cavité viscérale. ]

§ IL Du mécanisme de la respiration pulmonaire ou

branchiale.

Dans les gastéropodes pulmonés, l'orifice de la cavité pulmonaire peut s'ouvrir et se fermer au gré de l'animal ; et la cavité se dilatant ou se contractant en même temps, admet l'air ou l'expulse. Comme toutes ses parois sont charnues, et qu'il n'y a aucune char-

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pente osseuse, il n'y a d'autre mécanisme que l'action musculaire ; il ne peut guère abaisser son diaphragme.

[ IXous ajouterons à ces réflexions de M. Cuvier, que les muscles des téguments communs, dans les pulmonés à coquille intérieure (la limace), ou sans coquille (Yonchidie) , doivent agir pour resserrer la cavité pulmonaire.

Le même mécanisme doit servir à dilater Ou à resserrer la cavité branchiale, dans les Gastéropodes Teciibr anches , Pectinlbranches , T ubulibr anches 9 Scutibr anches et Cyc h branches.

Le diaphragme qui forme le plancher de la cavité pulmonaire et le plafond de la cavité des viscères, produit en partie par sa contraction la dilatation de la cavité pulmonaire. ïl s'aplatit clans ce moment et refoule en dehors les viscères qui sont au-dessous, par un mécanisme analogue à celui de notre diaphragme.

Sans doute qu'il y a encore des actions musculaires d'un autre genre, particulièrement dans les pulmonés qui ont une coquille ; car d'une part l'animal respire et fait gonfler son poumon, même lorsque la portion de coquille qui le recouvre est enlevée ; d'autre part il respire aussi îorqu'il est entièrement rentré dans sa coquille (i).

Pour les- décrire spécialement il faudrait entrer dans des détails anatomiques qui font plutôt partie de l'histoire des téguments et des organes du mouvement.

Quant aux Nudlbranches , et même aux înfêrobran-

(1) Sur îa Limaca et \c Colimaçon , Méiaoirecilé, de M. Cuvier, p. 23.

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ckes , leurs branchies étant entièrement découvertes, ou très-peu couvertes, ce sont encore les téguments, les parties du manteau auxquelles elles sont attachées qui doivent les agiter. D'ailleurs , tous les mouvements de natation de ces animaux ou ceux de l'eau salée qui est leur séjour, renouvellent autour de ces organes le fluide respirable. ]

§ III. D'un système de canaux aquiferes, considéré comme moyen accessoire de respiration et de mouvement.

[Ce que nous avons dit des branchies accessoires dans les Céphalopodes , ayant quelque analogie avec ce qui a été publié par M. Dclle-Chiaje , sur le système des canaux aquiferes sous-cutanés et abdominaux des Gastéropodes et des Ptéropodcs* nous donnerons, dans ce paragraphe, un résumé des descriptions de ce savant.

Nul doute que les Gastéropodes aquatiques , et sans doute les Ptéropodes , n'ayent plus ou moins la faculté que M. Cuvier attribue aux Gastéropodes kétéropodes , de pouvoir gonfler leur corps en le remplissant d'eau, d'une manière qui n'est pas encore bien éclaircie (1). M. Laurillard a vu les Bolides , qui sont des Nudibranchesy se mouvoir dans l'eau, comme en glissant sur un plan solide et résistant. Il pense que la faculté dont parle M. Cuvier leur sert à rendre leur corps spécifiquement moins pesant, et facilite leurs mouvements dans l'eau ; de même que la pénétration de l'air dans toutes les parties du corps de l'oiseau facilite ses mou-

(i) Régne animât, t. m, p. 57.

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