ARTICULÉS
[En général, chacune des quatre classes des Crustacés , des Arachnides , des Insectes et des Annelides qui composent ce type, a des organes de respiration aquatiques ou aériens, suivant le milieu qu'elle doit habiter. Nous aurons l'occasion de décrire dans l'une ou l'autre de ces classes, des modifications dans les organes que nous étudions qui permettent , par exception, à des animaux dont la classe est essentiellement aquatique, de respirer l'air en nature, même avec des branchies.
De simples modifications en sens contraire, c'està-dire d'organes de respiration aérienne qui recevraient, dans leur capacité, de l'eau pour respirer, au lieu d'air atmosphérique, ne paraissent pas possibles. Si un animal dont la classe est aérienne, si un insecte, par exemple, vit dans l'eau , ce n'est qu'à condition de venir respirer à sa surface l'air en nature ; ou si , par exception , il reste constamment plongé dans ce milieu, la partie de l'appareil respiratoire en contact avec l'eau , a l'organisation d'une branchie, c'est-à-dire qu'au lieu de former des tubes trachéens , elle se compose de saillies en forme de feuilles ou de filaments simples ou ramifiés.
39^ XXX* LEÇON, SECT. II. RESPIRAT. DES ANBT. àRTICtJLÉ's.
Des organes de respiration dans les Crustacés.
[La classe desCrustacësse compose, en général, d'animaux aquatiques, destinés à passer dans l'eau une grande partie ou la totalité de leur vie, et qui ne vivent dans l'air, et dans l'air humide seulement, que par exception.
Aussi , leurs organes de respiration sont-ils presque toujours des branchies, c'est-à-dire des parties saillantes, en forme de larges feuillets, de lames étroites, de tubes simples ou ramifiés, dans lesquels le fluide respirant pénètre et circule, et autour desquels le Iluide respirable se meut et se renouvelle.
Nous ferons connaître successivement les divers ordres de la classe, en décrivant d'abord les branchies proprement dites ; puis les parties qui en constituent le mécanisme, pour le renouvellement du fluide respirable.
Les branchies des Crustacés varient beaucoup dans leur position, dans leur nombre, dans leur forme, et, jusqu'à un certain point, dans leur structure et dans le mécanisme qui leur est annexé.
Nous indiquerons même quelques Crustacés chez lesquels on ne connaît pas d'organe particulier pour la respiration ; elle paraît s'effectuer, chez eux, par les téguments ; qui sont d'ailleurs , par suite de leur position et de leurs rapports avec l'élément ambiant, les organes les plus naturels de cette fonction, j
A. Dans les Décapodes, § L Des branchies proprement dites.
[Relativement à leur position, les branchies des/)</capodes sont attachées en partie à la base des pieds et des pieds-mâchoires, en partie près de cette base, sur le rebord latéral et descendant du thorax , où elles sont recouvertes par le bouclier, qui les retient dans une prison assez étroite.
Leur nombre peut différer d'un genre à l'autre. Quant à leur structure, nous verrons que la partie qui a pour fonction de mettre le fluide nourricier en contact avec le fluide ambiant, est une lame composée de deux feuillets entre lesquels vient circuler le fluide nourricier, ou bien un tube dans lequel ce fluide pénètre et se meut. Lorsque les lames sont proportionnellement larges, et qu'elles peuvent retenir une certaine quantité d'humidité daps leurs intervalles, elles indiquent un crustacé qui a, toutes choses égales d'ailleurs, plus de moyens de vivre hors de l'eau que celui chez lequel les branchies sont en forme de franges ou de brosse, c'est-à-dire de tuyaux ou de filaments. Parmi ces derniers, aucun ne vit naturellement hors de l'eau ; tandis qu'un grand nombre des premiers passe une partie de sa vie dans l'air humide. D'autres circonstances qui tiennent à la position des branchies, à la poche plus ou moins fermée qu'elles occupent, au mécanisme qui y conduit l'eau et l'en fait sortir, et dont nous traiterons en parlant de ce mécanisme, influent, sans doute plus ou moins, sur le séjour aquatique ou aérien de ces animaux. J
a. Dans les Bracltyurcs.
[Ce premier groupe montre une grande conformité dans la structure, comme dans la disposition et même dans le mécanisme de ses branchies. Cependant nous verrons bientôt que si] les Décapodes à courte queue les ont différentes des autres [en général, il y a cependant un certain nombre de Décapodes à longue queue chez lesquels leur structure a beaucoup d'analogie. ]
Chaque branchie, dans les premiers , représente une pyramide triangulaire allongée, attachée par sa base seulement , et dont la pointe est dirigée en haut.
Le milieu de la pyramide est partagé par un plan qui va de son sommet sur le milieu de sa base, et qui se compose d'une double membrane, et le corps de la pyramide est formé d'un très-grand nombre de feuillets empilés les uns sur les autres, tous perpendiculaires au plan vertical dont nous venons de parler, et qui ne sont que des duplicatures de sa double membrane. Le long de chacun des deux bords longitudinaux de ce plan , est un gros vaisseau qui pénètre par la base dans le thorax de l'animal; l'un est artériel et l'autre veineux. L'externe est l'artère pulmonaire, et l'interne la veine du même nom. Si l'on y souffle, on voit sur-le-champ tous les feuillets qui composent la pyramide se gonfler d'air. Ainsi, le sang se répand sur toute leur surface, et c'est là qu'il reçoit l'impression de l'eau.
11 y a, en général, sept de ces pyramides de chaque côté; [attachées aux parois du thorax, au-dessus de l'articulation des pieds, de manière que la septième
répond le plus souvent à la troisième paire de pieds. Deux autres branchies rudimentaires, ou plus ou moins développées, tiennent à la hanche, ou même à la base de la lame branchiale des deux organes préhensiles, ou des deux pieds-mâchoires les plus extérieurs.
Quelques exemples tirés de la plupart des sections ou des groupes secondaires de cette première division des décapodes, confirmeront cette description générale et en montreront quelques modifications secondaires.
Parmi les Bracliyures de la première section, ou les Nageurs, Yétrille commune (portunus puber, L.) a sept branchies thoracïques et deux maxillaires.
La première de celles-ci est fixée avec une longue lame branchiale, par un pédicule commun, ayant une articulation mobile sur la hanche de l'appendice buccal le plus extérieur, notre cinquième appendice maxillaire, après la mandibule (voy. t. v, p. 107, 108, etc.); cette branchie est rudimentaire et composée de petites lames de grandeur rapidement décroissante, formant deux pyramides adossées par leur base, dont Tune est encore bien plus courte que l'autre.
La seconde branchie maxillaire forme une petite pyramide allongée , dont la base est attachée immédiatement et sans pédicule, sur la hanche du quatrième appendice maxillaire , à la naissance de sa lame branchiale.
Des sept branchies thoraciques, trois sont disposées en avant et quatre sur le côté de la voûte convexe du thorax, ayant les sommets des sept pyramides dirigés en haut, et convergentes entre eux et vers la ligne moyenne.
396 XXIXe LEÇON. SECT. IL RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
La première branchie thoracique n'est pas plus Ion* gue que la seconde branchie maxillaire, et ses lames n'ont pas même l'ampleur des lames de celle-ci. Elle est cachée, dans sa position, derrière la seconde du même nom, qui est très-sensiblement plus grande. La troisième est comme la précédente. Les quatre suivantes sont, à la fois, les plus longues et les plus amples.
Nous avons plus particulièrement examiné, parmi les Brachyures arqués ( section 28 ) , le crabe tourteau et le xantlio floridus , Leach. Le nombre des branchies est de même de deux maxillaires et de sept tlioraciques.
Dans la troisième section, celle des Quadrilatères^ le the/phuse fluvialile a de même neuf branchies pyramidales, dont les deux premières sont maxillaires. La septième et la huitième de ces branchies ont la face externe de la pyramide plus étroite que les latérales. La dernière et les précédentes forment des pyramides à faces plus égales. Toutes ont leur sommet assez incliné en arrière.
\J uca lœvls n'a que cinq branchies thoraciques, outre les deux maxillaires. La première de celles-ci est rudimentaire, et composée seulement de quelques lames en palette. La seconde a la forme normale, c'est-à-dire qu'elle est composée de deux séries de lames décroissantes formant une petite pyramide.
La première thoracique est sensiblement plus longue, à sommet très-effilé ; la seconde est encore de grandeur médiocre; les trois dernières sont les plus grandes, ayant la face externe de leur pyramide très-large, et l'artère branchiale qui la divise d'un très-gros calibre.
Le gècarcin ruricole, qui appartient à la môme section, a de nouveau les neuf branchies ordinaires, dont sept thoraciques. Celles-ci vont en diminuant, du moins pour la longueur, de la troisième à la septième. La deuxième est comme la troisième. La première, plus petite que la seconde , est cachée sous elle. La forme de toutes ces branchies est normale, c'est-à-dire que c'est une pyramide formée par deux rangées de lames symétriques ; sauf la dernière, dont la rangée postérieure seulement paraît large et plate du côté externe, tandis que la rangée antérieure de ses lames forme une surface étroite et arrondie du même côté.
Les grapses (grapsus varius3 L.) se distinguent de même par la forme asymétrique de leur septième branchie thoracique.
Nous avons remarqué qu'elles avaient une texture molle, qui contraste avec la consistance et l'épaisseur plus grande qu'elles nous ont montrée dans les deux genres précédents.
Les Triangulaires ou les genres de la cinquième section que nous avons examinés sont : les acanthonix (acantlionyx lun a lattis, Lam. ), les piscs [pisa corallina Leacii), et les mala, Leach [maïa squinado et mata cristata, Risso). Le nombre de leurs branchies est normal, c'est-à-dire de deux et de sept dans les deux derniers genres. Je n'ai trouvé que six branchies thoraciques dans le premier; mais cette anomalie de nombre était probablement individuelle. Les arêtes de leur pyramide sont émoussées de manière à donner à chaque branchie une forme conique ou demi-conique.
Dans lesmaïas, la pyramide branchiale se distingue par le plus grand nombre de ses faces; ce qui vient de
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la forme trapézoïdale de chaque lame d'une même série. Les deux branchies maxillaires sont rudimentaires; la première est courte et arrondie , la seconde est pyramidale.
Les calappes (calappa granulata , Fabr. ) de la sixième section., celle des Cryptopodes, ont le nombre normal des branchies. Dans les tlioraciques, les lames sont en forme d'une demi-ellipse ; ce qui donne à chaque branchie la figure d'un cône comprimé latéralement.
Les cinq dernières sont très-grandes ; elles s'élèvent presque perpendiculairement contre les voûtes du thorax, qui est ici la paroi interne et bombée de la cavité branchiale.
Les lames branchiales sont extrêmement minces et n'ont plus de consistance.
La septième section des Brachyures, celle des Notopodes, se distingue de toutes les précédentes, entre autres, par le nombre des branchies, qui est de quatorze de chaque côté ; en ce que la première n'est pas attachée au cinquième appendice maxillaire, qui manque, mais au quatrième ; que les suivantes, ou les tlioraciques, sont placées sur deux rangs, dont le supérieur, qui comprend les plus grandes, en a huit, et le second cinq. La deuxième et la quatrième de celles-ci sont beaucoup plus petites que les deux autres. Enfin, la plus reculée de ces branchies est fixée au-dessus de l'articulation de la quatrième paire de pieds.
Nous avons du moins observé ces différentes circonstances organiques dans les dromies (dromia Rumplrii, Risso) et les Iwmoles (komola spinifrons , Leach.)
Dans les premiers, les pyramides branchiales sont plus comprimées, et le sillon que parcourt l'artère bran-
chiale plus profond ; le côté du triangle de chaque lame qui répond à la face externe étant le plus petit, et ceux des faces latérales de la pyramide étant les plus longs.
b. Dans les Macroures.
A en juger par la structure des organes de respiration, et par d'autres circonstances, ils sont loin de former un groupe naturel, comme les brachyures. Aussi regardons-nous comme une grande amélioration, dans leur classification , la séparation des Schizopodes , dernière section de cette division, et leur réunion à Tordre des Stom apodes (i).
Parmi les Anomaux de Latreille, les pagures (le pagure strié) ont quatorze branchies de chaque côté, en forme de fuseau , ou de deux pyramides adossées par leur base. Ces branchies sont adhérentes parleur partie moyenne (du moins celles qui sont développées) et libres par leurs extrémités. Elles sont fixées chacune par un pédoncule, le long du bord inférieur du tho- !rax, depuis le premier pied-mâchoire jusqu'au dernier pied ambulatoire. Leur position est transversale à l'axe du corps, mais un peu oblique, de manière que le sommet inférieur de la pyramide inférieure est incliné en arrière dans les dix dernières, et incliné en avant dans les quatre premières. Dans celles-ci, la partie supérieure est moins développée que l'inférieure. Parmi
(1) Mémoire sur une disposition de l'appareil branchial des Crustacés, par II, Mi (ne- Edwards , Annales des Sciences Naturelles , t. 19, p. 47i.
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les six suivantes, la seconde est rudimentaire dans sa partie inférieure, la troisième dans sa partie supérieure, la cinquième dans sa partie inférieure, la sixième dans sa partie supérieure, et la huitième dans sa partie inférieure. Les autres ont les deux pyramides qui les composent également développées. Les lames, très-nombreuses, sont comme de petites palettes, ayant la forme d'un triangle isocèle, adhérent par son sommet et libre par ses trois côtés. Les deux séries de lames interceptent un sillon profond du côté extérieur, dans lequel se voit l'artère pulmonaire. La veine est le long de la carène que forme la branchie du côté externe.
La partie inférieure de la portion adhérente de la troisième branchie porte un tubercule charnu, avec un paquet de soies, qui ressemble à une rame d'annelide.
Les birgues ont le même nombre de branchies, avec cette même disposition. Elles sont très-petites, relativement à la capacité de la cavité branchiale, qui est trèsgrande, et relativement au volume de tout le corps.
Le même type de l'appareil branchial se voit encore dans un genre anormal, celui des "porccllancs, que nous détachons, à cause de cela, de la quatrième section des Macroures de LatrelUe, et que nous rapprochons des Paguriens ( i ) .
A la vérité, les lames branchiales des porcelianes sont plus étroites à proportion, et arrangées de chaque côté d'une tige commune,, comme les barbes d'une plume;
(l) Cette analogie de structure des branchies, mêrnt avec eelies dea crabes, coïncide d'une manière remarquable dans c? genre, avre l'élargissement du tho« iux et la queue retroussée en-dessous.
AKT. I. DANS LES CttUSTACES. 401
elles ont, en un mot, la structure penniforme, que nous distinguerons de celle des crabes, qui est plus propre à retenir l'eau.
Il y a douze branchies de chaque côté, formant deux séries au-dessus Tune de Tau Ire, disposées en quinconce; mais tellement rapprochées, que tout l'appareil branchial occupe un très-petit espace. Elles sont attachées au-dessus du premier article des pattes.
Le lamelles sont, comme des barbules, placées sur deux rangs, de chaque côté d'une tige commune; mais relevées et rapprochées par leur bord externe, de manière que la branchie semble pliée sur la ligne moyenne, qui paraît enfoncée.
INous les avons étudiées sur un individu de laporcel- Inné à larges pinces, de cinq lignes de longueur. Chaque branchie avait trois quarts de ligne de cette dimension ,* sur un quart de large.
Les galathèes [Galatliœa strigosa, S.) ont quatorze branchies pyramidales, qui ont beaucoup de rapports, dans leur structure, avec les branchies des Pagures. Elles sont composées de deux rangées de lames rondes, en palettes, ne tenant à la tige commune que par une petite partie de leur circonférence, libres dans le reste de leur étendue. Les premières de la base sont petites, serrées et rapprochées de la ligne moyenne, contre les plus grandes , qui vont ensuite en diminuant et en s'écartant, par série, de manière à laisser un large et profond sillon un peu au delà, de cette base, lequel répond à la plus grande partie de la ligne médiane externe de la pyramide.
Comme dans les pagures, on voit que chaque pyramide est composée de deux autres, adossées par 7. %
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leur base, dont l'inférieure est restée plus petite que l'autre, ou même est rudiinentaire , et ne fait que garnir la base de celle qui lui est supérieure. C'est de l'endroit de réunion de ces pyramides, que part le pédicule qui fixe ces branchies. Il y en a onze, dans la rangée inférieure , qui tiennent par paires au premier appendice maxillaire et aux ligaments de l'articulation des quatre premières pattes avec le thorax. Une seule, mais la plus grande, répond à la cinquième patte; de manière que ces onze branchies reçoivent une certaine impulsion lorsque les hanches de ces pattes sont agitées.
Trois autres branchies sont attachées au-dessus des précédentes, dans les intervalles de leurs trois dernières paires. Il y a un enfoncement dans le thorax, à l'endroit de leur attache, et elles ont le volume delà dernière branchie inférieure.
Les deux sections suivantes des Macroures, celles des Locustes et dus Homards, ont des branchies bien différentes pour la structure, de tous les crustacés précédents. Elles sont composées de tubes ou de filaments qui montrent, dans leur arrangement et leurs proportions, deux types distincts.
Dans le premier, les branchies ont encore la forme pyramidale. ] Les pyramides branchiales, quoique placées sembîablement, sont plus nombreuses et plus compliquées que dans les brachiurcs; au lieu d'avoir, des deux côtés de leur plan vertical, des lames empilées, elles y ont des rangées de filaments cylindriques, de manière que leurs faces sont hérissées comme du velours, ou plutôt comme une brosse. Le nombre de ces filaments est quelquefois de plusieurs milliers par pyra-
midc ; chaque pyramide a, [comme celles des brachyures, ] sa grosse artère et sa grosse veine, qui aboutissent dans le corps.
[Dans l'autre type, les tubes sont plus longs, moins nombreux, flottants comme des panaches.
Nous verrons tout à l'heure des exemples de ces deux types, entre autres dans deux espèces très-rapprochées pour les formes extérieures et qu'on a cru long-temps congénères; je veux parler du homard et de Yécrevissc commune.
Les scyllares [Scyllarus arctus. L.), de la section des Locustes de Latreille, ont vingt-une branchies de chaque côté, toutes en brosse , ou composées de filaments tubuleux, attachés par séries régulières et multipliées, de chaque côté d'une ligne médiane, ou sur un double plan; ou bien entourant cette ligne comme les soies d'une brosse ronde. Quinze de ces branchies sont fixées aux anneaux du thorax, au-dessus des deux premiers appendices maxillaires et des cinq pieds. La base des mêmes appendices maxillaires et la hanche des quatre premiers pieds porte un pédicule mobile, auquel est attachée une branchie et une lame branchiale. Il y en a donc six qui l'agitent plus ou moins avec les pieds, ou les pieds-mâchoires. Les autres n'ont point de mobilité dans leur attache. Toutes ont une forme pyramidale; mais, dans ces dernières, les tubes sont plus courts et les pyramides plus grêles.
La langouste commune ne présente aucune différence essentielle dans le nombre, la position, ni dans la structure de ses branchies et des lames accessoires.
Les branchies des nephrops de la section des Homards (Nephrops norwegicub) sont aussi en brosse, et
iOi XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES AN'IM. ARTICULAS.
de forme pyramidale, mais aplaties par leur face interne. 11 y en a vingt disposées par groupes, pour la plupart. La première branchie tient au quatrième appendice maxillaire ; elle est rudimentaire. Les deux suivantes sont attachées au cinquième de ces appendices. Des dix-sept autres branchies, quatre sont attachées aux quatre premières pattes, et les autres sont disposées par paires au-dessus des cinq pattes et des deux pieds- mâchoires, contre la voûte des flancs; excepté la dernière , qui est isolée. ]
Il y a dans le homard cinq groupes de quatre pyramides chacun, et une pyramide solitaire en avant et en arrière, dont l'antérieure est fort petite. C'est donc en tout vingt-deux branchies de chaque côté. Le premier groupe est attaché à la paire de mâchoires la plus extérieure, et la pyramide solitaire, qui est en avant, sur la paire de mâchoires que celle-là cache. Le deuxième groupe est sur les grosses pattes en tenaille; les autres sur les pieds suivants, excepté le dernier, qui n'a qu'une pyramide solitaire. Dans chaque groupe, il y a une pyramide, la plus extérieure, qui est attachée au pédicule de la lame de parchemin, et se meut avec elle; les trois autres adhèrent au corps même, et n'ont pas de mouvement propre. La première, solitaire, est aussi sur sa lame; mais la dernière tient au corps, et n'a derrière elle qu'un rudiment de lame.
[Ainsi que nous l'avons déjà dit, le second type des branchies , dans les deux sections des Locustes et des Homards j telles que nous les avons réduites, se voit dans Yécfevisse commune (Astacus fuviatilis, Edwards). On en compte dix-huit, dont neuf tboraciques, de figure pyramidale, formant une série supérieure. Les trois pre-
mières sont isolées, et attachées au-dessus des piedsmâchoires et de la première patte ; les six autres sont groupées par paires au-dessus des quatre pattes suivantes, de manière que la dernière paire répond à la quatrième et à la cinquième patte.
Des neuf branchies appendiculaires, la première est attachée au premier pied-mâchoire, les deux suivantes au second (le plus extérieur) ; il y en a deux attachées de même au premier pied ambulatoire, deux au second, un au troisième, et la neuvième au quatrième pied.
Les trois branchies solitaires et la branehie externe et postérieure de celles groupées par paires , dans cette seconde série, répondent aux lames branchiales des autres macroures, lesquelles ont été converties en branchies dans Yécrevisse. Aussi ces branchies sont-elles articulées sur la hanche de chaque appendice maxillaire, ou ambulatoire, par une articulation mobile. Elles sont d'ailleurs plus grandes que les autres, et composées d'une lame qui va en s'amincissant vers son extrémité, et dont les deux surfaces sont hérissées de tubes ou de filaments respirateurs.
La seconde branehie des appendices, quand il y en a une, est petite et pyramidale, comme les branchies thoraciques, et fixée immédiatement au premier article de l'appendice. Enfin, il y a encore, au-devant ou en dedans de cette branehie, sur ce même article, ou audevant de la branehie isolée, une touffe de longs filaments qui dépendent de cet appareil compliqué.
La cinquième section des Macroures de Latreille, celle des Salicor/ucs, est remarquable par la structure de ses branchies, qui ont toutes le type des branchies yen-
406 XXX* LEÇON. SECT. Iî. KESPIRAT. DES ANIMi ARTICULÉ*.
ni formes que nous avons déjà indiqué en parlant de celles des porcel lunes.
Elles sont composées de lames étroites, et non à large surface, comme celles des crabes. Ces lames sont d'ailleurs moins nombreuses et généralement moins serrées les unes sur les autres. Elles sont rangées, comme les feuillets branchiaux des crabes, de chaque côté d'un support intermédiaire, qui comprend les vaisseaux sanguins afférents et efférents. Chaque branchie est mince, déprimée, et le plus souvent effilée vers la partie supérieure.
Ces branchies lamelleuses et penniformes nous paraissent intermédiaires, entre celles des crabes et celles des locustes et des homards, pour l'influence qu'elles peuvent avoir, par leur structure, sur la faculté des animaux qui en sont pourvus, de vivre plus ou moins long-temps hors de l'eau.
Quoi qu'il en soit, celte section me paraît extrêmement naturelle par la conformité dans la structure de ses branchies.
iNous les décrirons dans quelques-uns des genres nombreux qui la composent.
Les branchies des crantons et des ponlophiles diffèrent assez par le nombre, pour justifier l'établissement de ces deux genres. J'en ai compté douze dans le Pontophilus pristis, Leach, dont six attachées au-dessus des six autres et plus grandes, surtout les trois dernières. Elles sont larges et aplaties par leur face externe; les deux séries de lames qui les composent sont attachées obliquement sur leur tige commune, et se recouvrent de même. Elles sont d'ailleurs arrondies par leur bord libre ; chaque branchie a une portion des-
ART. î. DANS LES CRUSTACÉS. 407
cendantc, à partir de leur point d'attache, et une portion ascendante; la première plus arrondie à son extrémité, la supérieure plus effilée.
Le crangon vulgaire a de môme des branchies Inmclleuses et penniformes, au nombre de six de chaque côté, dont cinq thoraciques et une maxillaire. Ces branchies ont une partie descendante aussi longue que la partie ascendante, laquelle est inclinée en avant. Elles vont en augmentant de la première à la cinquième , et sont toutes placées très - obliquement , leur partie supérieure en avant et l'inférieure en arrière.
Une espèce à'alplu'e que nous avons pu examiner [Athanas rufescens, pi. n , f. 4, de l'ouvrage sur l'Egypte) a six branchies lamelleuses et penniformes de chaque côté, dont les deux premières sont presque rudimentaires, et les quatre suivantes vont en augmentant jusqu'à la dernière. Elles sont verticales, au lieu d'être obliques, composées de lames assez relevées, un peu arrondies à leur extrémité descendante, et comme tronquées à leur extrémité opposée.
Les palèmons (Palœmon sefratiis, Leacii; xiphius et annulatus, Risso) ont, de chaque côté, sept branchies en lames, dont la structure et la forme ressemblent beaucoup à celles des galatkècs. Les lames sont de petites palettes rectangulaires, arrondies par leur bord libre, empilées sur deux rangs, le long d'une tige commune, à laquelle elles sont attachées par l'autre extrémité. Leur ensemble forme deux pyramides adossées, dont l'inférieure, plus courte que la supérieure, n'est cependant pas aussi courte que dans les galathées. C'est à l'endroit de réunion de ses deux pyramides que la bran-
408 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIJI. ARTICULÉS.
chie est i\x(\(i au thorax. La pyramide inférieure descend au-dessous de l'origine des pattes. Leur grosseur va en augmentant considérablement de la première à la dernière. Celle-ci a cent quarante lames dans chaque rangée ; tandis que la troisième n'en a déjà plus que quatrevingts, la seconde trente, et la première quinze, dont la surface est d'ailleurs beaucoup plus petite.
Ces lames ou ces feuillets branchiaux sont assez résistants, et composés de deux membranes, dont l'une est réticulée et l'autre lisse, comme dans les limules.
Les pasiphaés (leP.sivado) ont de même cinq branchies lamelleuses penniformes, attachées dans leur partie moyenne, très-effilées à leurs deux extrémités et fortement inclinées en avant, ou couchées très-obliquement, de manière que leur extrémité supérieure est en avant, et que celle de la première est recouverte par celle de la seconde. Leur proportion est l'inverse de celle que nous avons indiquée dans nos précédentes descriptions, c'est-à-dire que ce sont les premières qui sont les plus longues.
Dans les pénées, il y a dix-huit branchies de chaque côté du thorax, disposées en plusieurs groupes; ces groupes sont séparés par un appendice foliacé fixé au premier article du membre correspondant à deux groupes.
Les sicyonies (Sicyonia sculpta, Edwards) n'ont que onze branchies de chaque côté, et la patte-mâchoire externe manque de lame branchiale.
Nous bornerons ici nos descriptions des branchies dans les Décapodes; mais nous nous efforcerons de les compléter dans le paragraphe suivant, par la connaissance du mécanisme qui leur est annexé.
§ IL Mécanisme de la respiration dans les Décapodes.
[ Après avoir étudié les branchies de ces animaux dans leur structure intime, dans leur nombre, dans leur forme, et même dans leur position, il nous reste à faire connaître le mécanisme par lequel le fluide respirable se renouvelle autour de ces organes.
Il ne faut pas perdre de vue qu'un assez grand nombre de décapodes brachyures ont la faculté de vivre hors de l'eau, avec des organes de respiration aquatiques; que nous devons trouver conséquemment, soit dans ces organes eux-mêmes, soit dans le mécanisme qui leur est annexé, des modifications qui leur donnent cette faculté.
Tous les Décapode» ont leur branchies renfermées dans une double cavité branchiale, symétrique comme les branchies, analogue, jusqu'à un certain point, à celle des poissons, dans laquelle l'eau, quand l'animal vit dans ce liquide, ou l'air humide, quand l'animal vit à terre, se renouvelle, en suivant une direction déterminée. Cette cavité a toujours son issue en avant, avec une valvule qui l'ouvre ou qui la ferme. La même cavité peut être largement ouverte pour l'entrée de l'eau (les macroures) ; ou n'avoir qu'un orifice étroit à cet usage, dont la position varie (les brachyures).
Les branchies y sont placées de manière que les courants du fluide respirable puissent agir sur leurs parties les plus déliées. Une partie sont attachées aux pieds-mâchoires ou aux pieds ambulatoires, qui les agitent dans leurs mouvements. Des lames membraneuses, ou cornées, ou plus solides encore, servent à
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les comprimer, ou seulement à produire de l'agitation dans le liquide on le fluide respirable. Toutes ces circonstances méritent d'être étudiées avec quelques détails, pour bien apprécier le mécanisme de la respiration de ces animaux.
Nous décrirons, dans ce but, i° les cavités branchiales des décapodes ; 2° leur entrée étroite ou large , simple ou multiple; 3° leur issue, le canal qui y conduit, et la valvule qui le ferme ou qui l'ouvre; 4° les lames branchiales non respiratrices appartenant aux pieds-mâchoires ou aux pieds ambulatoires, qui jouent un rôle dans ce mécanisme; 5° nous rappellerons les attaches mobiles ou fixes des branchies, leur disposition dans la cavité branchiale, et leurs rapports avec les lames branchiales non respiratrices. '
i° Des cavités branchiales des Décapodes.
[ Les Décapodes ont deux cavités branchiales symétriques, situées de chaque côté du tronc, en dehors de la cavité viscérale.
Leur forme et leur capacité varient avec celle de cette dernière cavité et la forme générale du corps; plus étroites et plus allongées dans les Macroures, elles sont plus courtes, mais plus larges dans les Brachyurcs.
Les flancs, ou les côtés du tronc, forment un plan vertical (les écrevisses) , ou plus ou moins incliné (les brachyurcs) , qui limite cette cavité du côté de la ligne moyenne, et en constitue à la fois la paroi interne et le plancher, tandis que le plafond et la paroi externe sont formés par le bouclier. Dans les brachyurcs, la cavité branchiale est plus ou moins rétrécie, vers le haut
et en avant, par un sinus de la cavité viscérale, que l'on trouve rempli d'œufs dans les femelles. Ce sinus viscéral, qui n'existe pas dans les macroures, est séparé de la cavité branchiale par un repli membraneux qui se détache des flancs et du bouclier pour rejoindre celui-ci plus en dehors. Le bord du bouclier descend jusqu'à la base des pieds, et s'y applique exactement, dans la plus grande partie de son étendue, de manière à fermer, de ce côté, la cavité branchiale (les brachyures); ou bien il reste bâillant, et permet l'entrée de l'eau dans un large espace (les macroures).
La membrane dermoïde, qui tapisse la cavité branchiale, est généralement unie et sans plis. Dans Yccrevisse , celle qui tapisse les flancs est extrêmement mince; tandis que celle qui revêt le bouclier est épaisse, et montre les apparences des membranes muqueuses.
Ce n'est donc que par exception que cette membrane forme des replis ou montre un aspect spongieux, dont le but est de retenir une certaine quantité d'eau autour des branchies, chez quelques décapodes qui peuvent vivre long-temps hors de l'eau (i).
Dans le gécarcin ruricole, j'ai vu un semblable repli très-ample et très-épais, qui descendait en arrière sur le plan incliné des lianes, et formait comme un épiploon, sur lequel reposaient toutes les pyramides branchiales, soit par leur sommet seulement, soit dans toute leur étendue (les dernières).
(1) De la respiration aérienne des crustacés, et des modifications que l'appareil branchial présente dans ïes crabes terrestres; par MM. Audoidn et Mitnc-Edwards, Annales des Sciences Naturelles, t. l'ô, p. 85.
J'ai observé un semblable repli dans Yuca lœvis, mais plus petit, à proportion, et se prolongeant, par sa partie libre et pointue, plus en arrière que les branchies, dans une gouttière qui se voit au-dessus du dernier pied, et m'a paru communiquer au dehors, en se prolongeant vers la queue.
La structure spongieuse de la membrane de la cavité branchiale du birgue (Cancer latro, L.) est encore une exception (1), puisque, dans le pagure strie, cette même membrane est mince et à surface lisse.
En général, dans les brachy tires qui vont à terre, le bouclier forme en avant, au-dessus des branchies, une voûte élevée, sous laquelle s'avance le sinus de la cavité viscérale dont nous avons parlé, et d'autant plus que ses parois extensibles sont gonflées par les œufs ; mais il reste sous cette voûte, chez les femelles, hors de la ponte, ou chez les mâles en tout temps, un espace vide appartenant à la cavité branchiale, dans lequel l'eau peut être retenue par un repli ou par un diaphragme incomplet, qui se détache de la partie inférieure et antérieure du bouclier.
MM. Àudouin et Milnc-Edwards ont vu cette partie développée de la cavité branchiale , tapissée d'une membrane spongieuse, dans une espèce de boscia (2). ]
2° De Centrée de la cavité branchiale,
[L'entrée de la cavité branchiale, dans la plupart
(!) Elle a été décrite pour la première fois par M. Gcofl'roy-Saint-Hi(airet séances de l'Académie des Sciences, des 1 2 et 19 septembre 1835.
(2) Boscia dcntala , espèce de potamic de Latreille. Histoire Naturelle dei \ Crustacés, t. n, p. 15, et Annales des Sciences Naturelles, t. xv, p. 85.
des brachyures, est une fente courbée en arc, qui se voit au-devant, et même en arrière et en dehors de la première paire de pieds, et qui résulte de ce que le bouclier ne s'applique pas, comme ailleurs, contre la hanche de ce pied. La base de la lame branchiale, qui est attachée au pied-màchoire extérieur, rend cette ouverture bâillante, ou la ferme, dans les mouvements de bascule que lui fait exécuter ce pied-mâchoire, à la volonté de l'animal.
Dans le guia ponctué, Edw. , famille des Lcucosiens, c'est sous l'orbite que se trouve l'embouchure du canal afférent, lequel forme une longue gouttière, sous la partie la plus avancée du bouclier, que la patte-mâchoire externe complète en dessous (1).
Les ranines ont ce même orifice sous l'origine de l'abdomen (2) ; mais cette disposition est peut-être moins exceptionnelle. Dans Yêtriile commune, la cavité branchiale se prolonge en arrière , autour de la dernière hanche, en une gouttière qui m'a paru s'ouvrir par un très-petit orifice, sous l'origine de l'abdomen. Cependant cette observation devra être répétée sur le vivant. Le prolongement membraneux que j'ai décrit dans Yuca lœvis pénètre, ainsi que je l'ai observé, dans une semblable gouttière.
Dans les Macroures^ la carapace ne s'adapte pas exactement à la partie inférieure des flancs, ou à la base des pieds, et laisse le long de son rebord inférieur un long espace béant, par lequel l'eau peut pénétrer dans la cavité branchiale.
(1) Recherches sur le mécanisme de la respiration chez le» crustacés, par M. Hiinc'Edwards , lyc? a l'Adadémie des Sciences le 8 octobre 1828. — (2) lbia.
414 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
Ce bouclier, qui reste mou dans les pagures, est même débordé par la partie inférieure des dernières pyramides branchiales.
Cette circonstance, et la nécessité de conserver leurs branchies humectées, est peut-être la principale cause qui porte ces animaux à se retirer dans des coquilles, et à les traîner ainsi avec eux quand ils vont à terre.]
5° De l'issue de la cavité branchiale ^ et de la soupape qui
l'ouvre ou la ferme.
L'issue de chaque cavité branchiale est toujours située à h\ base et au-dessus des appendices maxillaires, et sous la racine de la mandibule. C'est l'aboutissant d'un canal, dans lequel cette cavité se termine en avant. Une lame branchiale,' cartilagineuse, attachée à la seconde mâchoire, a pour fonction de fermer ou d'ouvrir cette issue, et de produire, par la fréquence et la rapidité de ses mouvements, la sortie de l'eau qui a pénétré dans la cavité branchiale.
Nous avons déjà fait connaître cette lame arrondie (t. v, p. 117, pour les brachyures, et p. 110 pour les écrevisscs et les macroures) (1); on pourra lire (p. 111) que la seconde plaque branchiale est toujours large et courte (au moins dans les brachyures), semi-lunaire, et placée à l'entrée de la cavité branchiale, comme un opercule.
(1) On trouvera celle du main squ'mado figurée avec ses muscles, pi. 3, fig. 5. du t. 11 tks Annales des Sciences IV al nielles, deuxième série, à la suite du Mémoire déjà cilédc M. AlilnC'Edwards, sur la respiration des crustacés.
M. M Une-Edwards (i) . dans des expériences qu'il a faites d'abord avec M, Audouin, et qu'il a suivies plus tard isolément, a démontré toute l'importance de cette plaque dans le mécanisme de la respiration de ces animaux , pour déterminer la sortie de l'eau des branchies sur les côtés de la bouche.
Ce n'est pas en comprimant les branchies, mais en tournant sur son axe et en prenant dans le canal branchial qu'elle occupe, ou en versant au dehors alternativement, une certaine quantité d'eau, que cette plaque détermine la sortie de ce liquide, hors de la cavité branchiale. L'existence constante de cette lame dans tous les décapodes, et son articulation particulière, les muscles qui la meuvent , prouvent l'importance de son emploi. L'étude de cette lame dans l'écrevisse, et des mouvements qu'elle y exerce dans l'état de vie, nous en a donné la conviction.
En effet, dans cet animal, le canal pour la sortie de l'eau est courbé en *si et descend delà partie supérieure de la cavité branchiale, en se portant en avant, jusque sous la mandibule. C'est une sorte de chéneau que forme, vers le haut, un rebord de la partie la plus avancée du bouclier.
Une soupape, étroite et allongée, la plaque que nous décrivons, se meut sur la base de la seconde mâchoire, à laquelle elle tient dans le milieu de sa longueur, par une articulation en genou. Elle y exerce des mouvements de bascule extrêmement fréquents, par lesquels elle reçoit ou rejette au dehors de sa moitié postérieure,
(1) Histoitc Naturelle des Crustacét , t. i, p. 88 , et Mémoire clic.
une partie de l'eau des branchies, et détermine ainsi le courant de cette eau vers les appendices maxillaires.
Les deux branchies qui tiennent au cinquième appendice maxillaire , celle qui est attachée au quatrième, la large lame branchiale membraneuse et le premier article du palpe appartenant au troisième appendice , qui sont placés de même à l'issue de la cavité branchiale, doivent, par leur position et leurs mouvements, contribuer à ce courant. ]
4°. Des lames branchiales accessoires non respiratrices s appartenant aux pieds-mâchoires ou aux pieds ambulatoires.
[Tous les Brachy ures, ont des lames (1) corn ées ou de consistance de parchemin , dont les bords sont hérissés de soies comme des brosses, et qui tiennent à la hanche des derniers appendices maxillaires, de manière qu'elles participent à tous leurs mouvements. Nous les avons décrites à l'occasion de ces appendices (t. v, p. 1 1 5 à 117).
Leur position, relativement aux branchies, est la suivante: Celle qui appartient au cinquième appendice maxillaire (au pied-mâchoire externe) est d'abord large ;\ sa base, et déborde par son bord antérieur, fortement garni de poils, la circonférence de l'entrée de labrancliie qui est au-devant de la hanche du premier pied, et dans lequel elle est placée comme une valvule ; après
(1) Elles ont été désignées aussi sous le nom d'appendices flabelliformes; mais c'est improprement; cette épilliMe appartient à l'extrémité du palpe (palpus flageltiformU), le fouet. M. Cuvierne leur donne nulle part d'autre dénomination que telle de lame.
AttT, I. DANS LES CRUSTACES. 417
quoi cette lame, d'abord valvulaire, devient branchiale en se coudant pour se porter d'avant en arrière à l'extérieur de toutes les branchies thoraciques. La lame branchiale du pénultième appendice maxillaire, se place entre la voûte des flancs et les branchies thoraciques antérieures; c'est la plus petite. Enfin, la troisième, qui appartient au troisième appendice maxillaire se glisse au-devant de la première branchie thoracique latérale, pour pénétrer sous les quatre dernières branchies de ce nom ; c'est généralement la plus longue et la seconde la plus petite. Cependant j'ai trouvé dans Yhomota spinifrons celle du troisième appendice large et courte, mais aussi triangulaire.
Nul doute, à notre avis, que dans les Brachyures , qui sont tous pourvus de ces lames branchiales, elles ne jouent un rôle important dans le mécanisme de la respiration ; c'était l'opinion de M. Cuvier, qui s'est exprimé ainsi qu'il suit dans l'ancien texte (de cet ouvrage ) des Leçons. ]
Comme le rebord du thorax qui les embrasse ( les branchies ) est inflexible , il a fallu un mécanisme particulier pour renouveler l'eau qui abreuve les branchics. Il s'opère par deux lames (1) presque de substance de parchemin , articulées sur le thorax " par l'intermédiaire] (2) des mâchoires, très-allongées, et se portant obliquement, l'une en dedans entre les
(1) 11 fallait dire trois. — (2) Il y avait '.près des mâchoires. J'y ai substitué par l'intermédiaire , pour l'exactitude de ce texte, et conformément d'ailleurs à ce qu'on pourra lire t. v, p. 402 et 103: a Que les mâchoires portent r>la plupart, sur le côté extérieur de leur racine ou de leur hanche, une lame • membraneuse, etc. »
41 & XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
branchies et le corps , l'autre en dehors entre ces mêmes branchies, et le rebord du thorax qui les recouvre. Ces deux lames, en comprimant les branchies, expriment l'eau des intervalles des lames, et en cessant de presser, elles en laissent rentrer de nouvelle.
[Dans les locustes et les écrevisses, parmi les Macroures , il y a des plaques branchiales accessoires, nonseulement aux pieds-mâchoires, mais encore à tous les pieds. Elles servent à supporter des branchies, ainsi que nous l'avons vu en décrivant ces organes, ou simplement à en séparer les différents groupes.
Dans Yécrevisse, celle du premier pied-màchoire est large et membraneuse; elle occupe le canal branchial en dehors de la plaque de la seconde mâchoire. Les plaques des seconde et troisième mâchoires, et celles qui sont attachées aux hanches des pieds ambulatoires, sont des tiges branchiales.
Dans les scyllares, les plaques des trois pieds-mâchoires sont membraneuses, hérissées de filaments et très-larges. Ici les branchies sont, comme dans les homards, en forme de pyramides, et non en panaches, comme dans les écrevisses0
Les deux types de plaques branchiales que nous venons de décrire correspondent avec ces deux types de branchies.
Dans le second type, celui des scyltares, des homards, des nephrops , chacune des lames branchiales accessoires qui appartiennent aux pieds ambulatoires est placée derrière et en dedans de la branchie attachée à ce pied, et la sépare de la branchie thoracique correspondante. Les pieds-mâchoires en ont de semblables.
ART. I. DANS LES CRUSTACÉS. 4l9
Ici la consistance de ces plaques est souvent trop faible pour comprimer les branchies.
M. Cuvier, en ne considérant que celles du homard, qui sont résistantes, avait eu l'idée de cette compression pour tous les décapodes. C'est ce qui lui a fait dire,] les pyramides hérissées des décapodes macroures sont placées par groupes, entre des lames verticales comme elles, dont une remonte derrière chaque groupe. Ces lames sont attachées à la première articulation des pieds, et les pieds ne peuvent se mouvoir sans faire mouvoir les lames, et sans qu'il s'exerce sur les branchies une compression ou un relâchement.
[Mais le véritable usa^e de la plaque attachée à la seconde mâchoire, qui sert de soupape ou de valvule pour la direction de Teau (îj, lui avait échappé. Cependant il avait bien observé le courant de ce liquide,] 11 y a, de plus, deux lames en avant, tenant à deux mâchoires encore plus antérieures que celles dont nous avons parlé, et qui ne supportent point de branehie; cependant elles se portent obliquement sur ces organes, et contribuent aussi à leur compression. C'est par l'action de toutes ces lames que l'eau contenue entre toutes les branchies vient sortir aux deux cotés de la bouche.
[Dans les Salicocjwss, on ne trouve plus de lames branchiales accessoires attachées aux pieds ambulatoires. Une partie des pieds-mâchoires peuvent en manquer, ou les ont très-petites. Ainsi, clans l'es pénéeg; elles soot petites et fourchues (2).
(1) Ainsi que MM. ftlilne-Edivards et Àudomn l'ont démontré.
(2) Histoire Naturelle des Crustacés, pi. 25, %. 4 et 5>
420 XXXa LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
Les pontophiles (pontophilus pristis) ont une lame considérable attachée au premier pied-mâchoire, ayant un lobe postérieur perpendiculaire et un lobe antérieur horizontal, plus considérable encore. Cette lame est épaisse et comme vésiculeuse. Le second pied-mâchoire et le troisième en supportent de très-petites, de substance plus mince.
Dans le pasiphaé sivado, il y a une lame rudimentaire au premier pied-mâchoire; le second et le troisième nous ont paru en manquer.
Le bouclier, comme dans les palcmom, joint mal, et donne un facile accès à l'eau qui doit pénétrer sur les branchies.
Celles-ci sont toutes attachées au rebord du thorax.
Dans les genres pénêe et sicyonie, Edw. , il y a des lames branchiales, qui séparent les groupes de branchics, lesquelles sont toutes attachées au thorax, audessus des pattes-mâchoires ou des pattes ambulatoires. Mais la lame branchiale du pied -mâchoire externe manque dans ce dernier genre ] (i).
5° De la position relative et des attaches des branchies, considérées dans leur rapports avec le mécanisme de la respiration.
[Nous avons vu que les Décapodes brachyures ont la plus grande partie de leurs branchies fixées au rebord
(i) Annales des Sciences Naturelles, t. 50, p. MO. Mémoire de M. MUne- E'ivanls.
AllT. I. DANS LES CRUSTACÉS. 421
inférieur du thorax, c'est-à-dire sur un plan immobile. ïl n'y a que les deux petites branchies appartenant aux deux pieds-mâchoires extérieurs, dont la première est rudimentaire et manque quelquefois (dans les dromies et les homoles), qui, étant attachées à la hanche de ces pieds-mâchoires, sont fixées à un levier très-court, dont les mouvements peuvent déplacer un peu ces branchies.
Nous ferons remarquer la coïncidence de cette disposition des branchies thoraciques des Brackyures , avec des cavités branchiales fermées ; l'absence des lames branchiales attachées aux pieds ambulatoires, ou de! branchies attachées à ces pieds; et le grand développement des lames branchiales non respiratrices appartenant aux trois pieds-mâchoires, ainsi que leur disposition en dehors ou en dedans de la plupart des branchies thoraciques.
Cet ensemble de caractères distingue essentiellement le mécanisme de la respiration dans tous les Brackyures. On les observe même dans les homoles et les dromies, quoiqu'ils diffèrent des autres genres de ce groupe naturel , et se rapprochent du groupe suivant par le nombre de leurs branchies.
La division des Macroares est loin d'avoir le même ensemble de caractères. A en juger du moins par les genres que avons pu examiner, il y a dans les familles de ce groupe plusieurs types, dans l'ensemble, comme dans les détails du mécanisme de leur respiration.
Le premier type est celui des Anomaux. Aucune des branchies, dans les pagures, n'a une attache mobile ; toutes sont fixées aux flancs. Les lames branchiales pédo-maxillaires sont rudimentaires et
4^2 xxixc leçon, suer. u. respirât, des anim. articulas*
n'ont pins d'emploi. Les pieds ambulatoires en manquent absolument. Aucune branchie n'a donc d'attache mobile, ni de levier tenant aux pieds-mâchoires, qui vienne renouveler l'eau. Mais le liquide respirable entre largement dans la cavité branchiale par le rebord toujours bâillant d'un bouclier mou, et qui ne recouvre pas même entièrement toutes les branchies. Celles-ci se dessécheraient bien vite à l'air, quoiqu'elles soient en lames, et feraient périr l'animal, s'il n'avait l'instinct de tenir la plus grande partie de son corps dans une coquille. L'eau, qui ne sort pas par la fente baillante du bouclier, peut encore être attirée sous les côtés de la bouche par la valvule attachée à la seconde mâchoire, dont l'existence constante dans tous les décapodes démontre l'importance, ainsi que l'a trèsbien observé M. Milnc-Edwards.
Dans les galathées, c'est le même plan que dans les pagures. INous avons fait connaître la structure de leurs branchies lamelleuses. Elles sont toutes sur le rebord du thorax, et n'ont point de lames branchiales accessoires pour les tenir séparées. Le pied-mâchoire externe a une petite lame accessoire.
Le bouclier a un rebord inférieur qui descend à la rencontre des pieds, comme dans les scyllares, et l'entrée des cavités branchiales est une petite ouverture au-devant du premier article de chaque pied ambulatoire.
Parmi les locustes et les homards, nous avons vu qu'un ou deux pieds-mâchoires (i) et les pieds ambulatoires
(1) Dans les Nephrops , le pied-mâchoire externe porte une branchie ; les autres en manquent.
donnent chacun attache, par leur hanche, à une branchie delà rangée inférieure; tandis que les branchies tho raciques, formant une rangée supérieure, se fixent au plan immobile des flancs. Des lames branchiales attachées aux pieds ambulatoires servent à séparer les groupes de branchies, quand elles ne sont pas changées elles-mêmes en branchies, comme dans les écrivisses. L eau peut pénétrer par tout le rebord du thorax dans la cavité branchiale. Ce liquide est aussi attiré au-dehors par la valvule bi-maxillaire. Tout est arrangé pour qu'il se renouvelle facilement et fréquemment autour des branchies, qui, étant divisées en tubes, me paraissent moins propres pour respirer l'air en nature, et pour supporter son action desséchante. Aussi les crustacés de ces deux familles sont-ils essentiellement aquatiques, et ne vivent-ils que peu de temps hors de l'eau. Il semblerait même, à en juger par la promptitude avec laquelle les écrevisses meurent quelquefois dans l'eau d'un vase, que le courant des ruisseaux ou des rivières soit nécessaire pour suppléer au mécanisme imparfait qui doit renouveler l'eau autour de leurs branchies.
Enfin, dans les Salicoques, les branchies, le plus souvent moins nombreuses que dans le groupe précédent, mais de nouveau lamelleuses, comme dans les pagures, sont disposées de même le long des flancs.
La lame branchiale de la seconde mâchoire, trèsdéveloppée, remplit ici sa fonction importante dans le mécanisme de la respiration; tandis que les lames des pieds-mâchoires peuvent manquer en partie , ainsi que nous l'avons vu, en décrivant ces lames, rester petites, ou prendre un plus grand développement; mais,
424 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULES.
dans tous ces cas, elles ne semblent être que des auxiliaires de la valvule bi-maxillaire.
Le bouclier thoracique, restant toujours bâillant, laisse un libre accès à l'eau qui vient respirer. ]
B. Dans les Stomapodes.
§ I. Des branchies.
[Ce sont aussi des branchies en tubes, comme celles des Locustes et des Homards, et non lamelleuses, comme celles de tous les autres Décapodes. Elles ont d'ailleurs pour caractère essentiel, d'être extérieures et attachées à des appendices natatoires du thorax ou de l'abdomen.
L'ordre des Stomapodes, auquel M. Milne-Edwards réunit, ainsi que nous l'avons déjà dit, les Schizopodes de Latreille , afin de ne laisser parmi les Décapodes que des Malacostracés, dont les branchies sont enfermées dans une cavité latérale du thorax, comprend tous les autres Malacostracés ayant des yeux pédoncules, et dont les branchies flottent à découvert. Cet ordre se compose encore de quelques crustacés, auxquels il est difficile d'assigner des organes particuliers de respiration, et qui paraissent respirer par les téguments.
Les Tliysanopodes (1) ont les branchies attachées à la base des huit paires de pattes thoraciques, et cepen-
(1) M. MUncEdivard* , Histoire Naturelle des Crustacés, pi. 10, fig. 3, t. Il, p. 4<J4.
dant à découvert. Leur structure, analogue à celle des squilles, se compose d'un pédoncule creux, qui se divise en deux branches de grandeur inégale, qui s'écartent presque horizontalement Tune de l'autre; de leur intervalle se détachent successivement des anneaux, qui produisent a leur tour et de la même manière un certain nombre de ramuscules. Ces branchies, ou tubes ramifiés, toujours soumises à l'action de l'élément ambiant, sont aussi remarquables par leurs proportions, qui vont en augmentant d'avant en arrière.
On a décrit, dans le genre Cynthie, Thoms. , des branchies attachées à l'extrémité du gros pédoncule de ces pattes et en arrière des lames terminales. Aux fausses pattes abdominales ces branchies seraient composées d'un filet ou tube grêle bifurqué, dont les deux branches seraient enroulées.
Doit-on regarder comme des branchies, dans les mysis , le premier article de l'appendice externe des membres thoraciques? ou la lame branchiale pédomaxillaire de la première paire? Aucun autre organe d'ailleurs ne paraîtrait, sans cela, exercer spécialement les fonctions de la respiration, et il faudrait ici l'attribuer aux téguments.
Les trois genres précédents appartiennent à une première famille des Stomapodes , celle des Caridioïdes,
Celle des Bi-cuirassés, composée des phyllosomes et des amp liions 9 pourrait bien aussi respirer par les téguments, qui sont minces et transparents. On attribue, à la vérité, cette fonction aux appendices ilabelliformes
(1) M. àlilnt-Edwards , op. cit. , pi. 10 , fig. 5.
attachés vers le tiers de la longueur de leurs sept ou huit paires de pattes.
La troisième Famille des Stomapodes , celle des 11 nu cuirassés, comprend, entre autres,] les Mantes de mer {squilla . Fab.). Ici la queue porte en dessous cinq paires de nageoires, formant de larges rames membraneuses et ciliées, divisées en deux grands lobes, un extérieur, un peu antérieur, et un intérieur, un peu postérieur. C'est à la racine du premier, à son bord interne, que tient la branchie.
Elle est formée d'abord d'un pédicule conique, composé des deux gros vaisseaux. Il en part une rangée de tubes cylindriques, qui vont en décroissant de la base de ce pédicule à sa pointe, et ressemblent à un jeu d'orgue ; chacun d'eux se courbe et forme une longue queue conique et flexible, qui porte elle-même une rangée très -nombreuse de longs filaments, flottant comme des cordes de fouets; chaque branchie en offre un nombre extrêmement considérable, et, vue légèrement, n'a l'air que d'un gros pinceau. Ce n'est qu'en écartant les filaments qu'on voit la belle régularité de leur insertion et de leur triple dégradation. Je n'ai pas besoin de dire que chaque filament contient deux vaisseaux ; chaque queue et chaque tube aussi, tout comme le pédicule général (1).
[Les squillericlites ont des branchies développées, de même structure et dans la même position; tandis que les erichtes n'ont à leurs fausses pattes abdominales que
(1) Il est probable au contraire, si j'en juge par l'analogie avec la structure des branchies de l'écrevisse, que les filaments ou les dernières divisions de ces branchies sont des lacunes et ne contiennent pas de vaisseaux.
des branchies rudimentaires ; celles des alimes sont encore plus douteuses. C'est à la base externe des premiers appendices abdominaux . qu'il faut en chercher les traces, en forme de tubercule pédoncule (1).
Ces différents exemples d'animaux très-rapprochés par leurs formes extérieures, qui varient tant par un organe dont la fonction est si essentielle à la vie, prouvent que, dans les animaux inférieurs, qui vivent dans l'eau, la respiration peut être localisée, ou s'exercer par son organe général, les téguments, devenus assez minces, à cet effet; sans que les autres rapports organiques de ces animaux en soient essentiellement changés.
Doit-on considérer, dans les squilles, comme des branchies supplémentaires, les appendices vésiculeux, aplatis, attachés à la base de leurs membres thoraciques, qui sont les analogues, pour la composition, des lames branchiales de ces membres, dans les décapodes? Des observations sur la circulation de ces animaux pourraient seules le décider. Je sens d'ailleurs combien de pareilles observations auraient été nécessaires pour lever toute espèce de doute sur la détermination des branchies de plusieurs genres de cet ordre.
§ II. Du mécanisme des branchies.
[Dans les Stomapodes, les branchies, lorsqu'elles existent, étant extérieures et fixées aux membres thoraciques ou abdominaux, leur mécanisme n'est pas séparé de celui de ces membres. ]
(1) M. M Une- Edwards . op. cit., t. n, p. 506.
428 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
M. Cuvier avait remarqué depuis long-temps, au sujet des souilles, que les branchies attachées sous la queue et flottant librement dans l'eau, se meuvent comme les nageoires, et sont même battues entre les deux lobules de celles-ci; il n'a donc point fallu de mécanisme particulier pour y renouveler l'eau.