‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 113 sur 141 · C. Dans les Ampkipodes · texte numérisé non relu

C. Dans les Ampkipodes

§ I. Des branchies.

[ Ce sont assez généralement des branchies vésiculeuses attachées à la base de leurs pieds thoraciques, et plus ou moins découvertes entre les deux rangées de ces pieds. Dans ce cas, ces appendices sont évidemment des organes analogues aux lames branchiales des décapodes, qui ont été modifiés pour la respiration.

On a décrit, dans les ancées, les pranizes , les typhis, les apseudes , etc., des branchies arborescentes, situées sous la queue. De là la dénomination de phytibr anches que Latreille avait donnée au groupe dans lequel il réunissait ces différents genres, dans la première édition du Règne animal.

Les crevettines ont certainement des branchies vésiculeuses. Nous les avons constatées dans la crevette des ruisseaux , où ces bourses sont attachées à tous les pieds, à commencer de la seconde paire.

Les phronimes ont six vésicules branchiales entre les dernières pattes.

Vhiella a une double lame attachée à la hanche de

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la plupart des pieds thoraciques (1), qu'on pourrait considérer comme l'analogue des lames ou des vésicules branchiales d'autres amphipodes. Cependant, M. Straus décrit, comme appendices branchiaux, les doubles paires de lames en forme de feuille et ciliées, qui sont attachées, comme appendices natatoires souscaudaux, aux sept derniers segments du corps. C'est une détermination analogue à celle de Latreille pour d'autres amphipodes, les phytibranches , dont nous avons déjà fait mention. ]

§ II. Du mécanisme de la respiration.

[Chez les crevettinct, M. Miuje-Edwabds a observé que les vésicules branchiales étaient couvertes, du côté extérieur, par les pièces épimériennes des quatre premiers anneaux thoraciques, et par l'article basilaire des trois dernières paires de pattes : les mouvements des fausses pattes abdominales produisent un courant d'arrière en avant qui renouvelle l'eau autour de ces branchies ainsi encaissées (2). Quant aux branches arborescentes sous-caudales, si tant est que cette détermination, que nous n'avons pu vérifier, soit exacte, les mouvements de natation de l'animal doivent suffire pour renouveler l'eau autour de ces organes» ]

(1) Mémoire sur YHitlla% par M. Slraus-Durckhcim. Mémoires du Muséum de Paris, t. 18, p. 51, et pi. 4, fig. 9, 10, 11 et 12, g. h. — (2) Respiration des Crustacés, Mémoire cité, p. 130 du t. xi des annales des Sciences Naturelles , deuxième série.

430 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

D. Dans les Lœmodipodes.

§ I. Des branchies.

[Les crustacés de cet ordre ont des branchies fort simples; ce sont des lames vésiculeuses, ou des tubes tenant à quelques-uns des serments moyens du corps, à côté des membres, ou remplaçant ceux-ci.

Ainsi, nous avons vu, dans la chevrollc linéaire [caprolla linearis ) , deux vésicules ovales, suspendues de chaque côté du troisième segment du corps, et autant au quatrième, au lieu d'autres membres.

Dans les leptomères [leptomera pedata), c'est à l'intérieur des trois paires de pattes intermédiaires que sont attachées les vésicules branchiales (i).

Les cyames les ont un peu différentes, suivant les espèces. Jl y a, le plus ordinairement, un tube simple très-allongé, attaché de chaque côté du troisième et quatrième segment du corps, au lieu de membre; ce serait en tout quatre branchies. M. Roussel de Vanzéme , à la vérité, décrit et ligure ces tubes comme doubles ou bifurques, après un court pédoncule commun, dans le cyamus citi (2). Psous les avons trouvés simples dans des individus de la même espèce, mais avec une rainure longitudinale, suite de leur affaissement, qui leur donnait une apparence double.

(i) Iconographie du Règne animai, pi. 19, 11g. — (2) Annales des Sciences naturelles, deuxième série, t. i, p. 248, cl pi. 8, fig. 1, 2 et 3#

Le même savant les a vus simples dans le cyame errant et le cyame grêle.

Un individu encore plus petit que cette dernière espèce, et d'une espèce différente, distingué par la forme des segments du corps, arrondis et séparés de chacpje côté dans le quart de leur largeur, avait quatre lames branchiales vésiculeuses au lieu de tubes. ]

§ II. Mécanisme de la respiration.

[Le mécanisme de la respiration, dans ces branchies découvertes, est dépendant du mouvement du liquide dans lequel l'animal est en repos ou s'agite. Il se complique des mouvements des membres, lorsque les branchies sont annexées à ceux-ci. ]

E. Dans les Isopodes.

§ I. Des branchies.

a. Considérations générales.

[Cet ordre de crustacés se distingue, entre autres, par la nature, par la position et par la forme de ses organes de respiration.

Constamment placés sous les derniers anneaux du corps, ce sont en partie des lames operculaires ou protectrices, ayant au moins la consistance du parchemin; en partie des feuillets ou des vésicules membraneuses respiratrices ou branchiales, à parois molles et trèsminces. Ces lames de différentes sortes, ou qui peuvent être toutes respiratrices, comme dans les bopyres, a en

juger du moins par leur nature molle et perméable, sont rangées par double série symétrique. Leur plus grand nombre normal paraît devoir être de dix pour chaque série. Quand il y en a moins, on trouve ce nombre complété, dans quelques cas, par des lamelles rudimentaires (Y a se lie d'eau douce) , situées où seraient les lames principales, dans le plan général. Outre ces lames ou lamelles du plan général, il existe souvent des lamelles très-petites, accessoires, en avant et en dehors des cinq paires de lames de chaque série.

Quelquefois il y a une paire de ces lames accessoires très-développées, et formant comme un volet qui s'ouvre ou se ferme sur les branchies (les Idotéides).

Les dix lames de chaque série, quand elles existent, sont toujours rapprochées deux à deux, et articulées sur une même partie du segment sous-caudal correspondant, soit immédiatement, soit par l'intermédiaire d'un pédicule. Nous appellerons lame recouvrante la plus extérieure de chaque paire, et lame recouverte la plus intérieure.

Parmi les lames qui sont développées, la première, qui est en même temps la plus extérieure et la plus forte, est souvent assez grande pour couvrir tout l'appareil branchial. C'est alors un véritable opercule, un organe paraissant uniquement protecteur.

Les lames branchiales vésiculaires sont essentiellement respiratrices. Ce sont des lacunes dans lesquelles le fluide nourricier est épanché momentanément pour l'acte de la respiration. Leur vide peut être divisé en canaux parallèles, ou arborescents, ou disposés en réseau, par des adhérences de la membrane interne de ces vésicules, qui dessineraient l'un ou l'autre de cqs

A&T. I. DANS LES CRUSTACES. 433

arrangements. C'est ce que j'ai déjà indiqué et décrit dans les feuillets branchiaux des lunules (1) et dans ceux des crabes.

Des feuillets analogues, qui sont très-minces, transparents, encore un peu de nature cornée, comme des opercules, à peine membraneux, forment un passage des lames operculaires aux lames vésiculeuses: de sorte qu'on ne peut pas toujours décider si ces feuillets ou môme ces lames operculaires sont exclusivement protectrices et non respiratrices. INous avons même constaté que les lames recouvrantes, chez les cloportes, ont un vide dans leur épaisseur, qui est le siège d'une circulation active. En effet, ces lames recouvrantes, assez molles dans l'état frais, et cependant résistantes, y sont composées de deux feuillets doublés par un sac membraneux, dont la cavité forme une lacune dans laquelle le sang s'épanche et se meut.

Il n'y a qu'une nuance, quelquefois insensible, entre une de ces lames recouvrantes ou operculaires, considérablement amincie, mais conservant encore un peu de cette consistance du parchemin des opercules, et les parois membraneuses des vésicules. On conçoit que leur arrangement intérieur, pour la circulation, peut être le même; que la circulation peut s'y faire de la même manière; mais que l'action du fluide ambiant, pour la respiration, peut être plus ou moins facilitée ou empêchée par les parois plus minces ou plus épaisses de ces lames; plus perméables pour la respiration, ou

(i) Mémoire sur quelques pointsde l'organisation de* limulee, etc., lu à l'Académie des Sciences, 483S»

plus denses pour protéger l'appareil contre les agents extérieurs.

Il y a donc, dans Tordre des Isopodes, comme dans tous les autres Crustacés, du moins d'après nos propres observations , un appareil de respiration essentiellement aquatique ou branchial.

Cet appareil se compose de lames saillantes, cornées ou membraneuses, dans l'épaisseur desquelles le sang pénètre et circule pour y recevoir l'action du fluide respirable. La plus extérieure de ces lames peut n'être que protectrice et operculaire, comme celles qui soutiennent les feuillets branchiaux des timides.

De très-simples modifications dans cet appareil ont suffi pour donner à quelques Isopodes, qui sont généralement, comme les autres Crustacés, des animaux aquatiques, la faculté de vivre dans l'air humide. Il a suffi d'empêcher la dessiccation des feuiilets respirateurs ou des vésicules membraneuses respiratrices, en augmentant l'étendue et la consistance des lames qui les recouvrent, et en arrangeant leur mécanisme de manière qu'elles conservent toujours une lame d'eau entre elles et la vésicule respiratrice ou le feuillet respirateur qu'elles protègent.

Les détails descriptifs dans lesquels nous allons entrer, en prenant successivement nos exemples dans les sections de cet ordre, telles que Latreilie les a établies dans le Règne animal de Cuvier, feront mieux comprendre ces génLialités. ]

b. Descriptions particulières.

[i° Les Bopyres, genre parasite de la première sec-

tion, ont, sous les segments de la queue, cinq paires de lames branchiales, diminuant considérablement de grosseur de la première à la dernière, se recouvrant très-peu, sauf la pénultième, qui cache assez la dernière. Leur bord se relève vers le haut, de manière à former un godet à leur base. Ces lames n'ont point de vésicules entre elles ou derrière elles. Ce sont conséquemment les vessies branchiales elles-mêmes, soit en totalité, soit en partie.

Nous commençons ici par un exemple exceptionnel, puisqu'il n'y a que cinq lames au lieu de dix pour chaque série. C'est qu'ici les lames operculaires semblent manquer. Elles étaient inutiles pour cet animal parasite, qui vit sous la carapace de crustacés décapodes, constamment protégé par cette carapace.

2° Les Isopodes de la deuxième section, ou les CymothoadéSj ont à la fois des lames branchiales protectrices et respiratrices, disposées par double série, sous les derniers anneaux du corps. Chaque série se compose de cinq paires de lames, qui sont les unes, en plus petit nombre, de nature cornée ; dont les autres sont des vésicules ou des feuillets membraneux. Il y a en outre et assez souvent des lamelles rudimentaires.

Les cymolhoës ont dix lames branchiales dans chaque série, sessiles ou rapprochées par paires. Nous avons du moins observé ce nombre dans le cymotkoe œstrum et dans une espèce plus petite, encore indéterminée.

La première et la plus extérieure de ces lames est operculaire non-seulement par sa position extérieure, mais encore par sa consistance cornée et par son étendue, qui lui permet de recouvrir les neuf autres lames branchiales ; toutes sont minces , et paraissent avoir

leur capacité divisée en un réseau très-compliqué de petits canaux s anastomosant souvent.

Il existe, en outre, un lobule rudimentaire en dehors et en avant de chaque paire de lames.

Nous avons trouvé de même cinq paires de lames branchiales, pour chaque série, dans une espèce du sous-genre livonèce ; mais les deux lames de la première paire y sont operculaires. La plus antérieure est une lame cornée assez étendue pour recouvrir toutes les lames d'une même série ; la seconde est encore trèsévidemment de consistance et de nature cornée, quoique très-mince. Les lames des quatre paires suivantes sont toutes vésiculeuses et d'un blanc opaque. La lame recouvrante de chaque paire est plus large que la lame recouverte.

Les lames branchiales de Yanilocra blvittata sont encore au nombre de cinq paires pour chaque série, toutes bien développées ; mais ici il y en a un plus grand nombre qui prennent la consistance cornée et abandonnent la forme vésiculeuse (1).

Ce sont d'abord les deux de la première paire, dont la plus extérieure est un grand opercule de forme ovale, fixé sur un même pédicule avec la lame suivante, qui est très-mince et transparente. Cette forme lamelleuse, | en feuillet très-mince, se voit encore dans les deux lames de la seconde paire, et dans les lames recouvrantes des trois dernières paires. 11 n'y a que les lames recouvertes de ces trois paires qui soient vésiculeuses.

(i) Voir l'ouvrage sur l'Egypte, pi, n, fig. 10 et il des Crustacés, pour deux espèces de ce genre.

Quatre pédicules supportent, comme le premier, les quatre dernières paires de lames. Deux lobules rudimcntaires sont attachés au-devant et au-dehors de chacune d'elles. [Sous avons remarqué des traces de canaux réticulés sur les lames recouvertes de chaque paire. Ce réseau avait absolument l'apparence de celui des feuillets branchiaux dans les limules.

Dans les roctnèlesj c'est à peu près la même composition. Les cinq paires de lames sont de même pédiculées. Les deux premières ont la consistance du parchemin, la forme ovale, le bord cilié, et sont portées sur un large pédicule carré; elles sont moins grandes à proportion que chez les anilocres, et ne recouvrent qu'incomplètement les lames suivantes. Le feuillet recouvrant de chacune des quatre dernières paires est corné, quoique très-mince, et le feuillet recouvert est membraneux sans paraître dilaté en vessie.

11 est remarquable que, dans ce genre, où les feuillets branchiaux, qui prennent, par leur consistance, le caractère de lames operculaires et sont plus nombreux; le premier de tous, qui fait plus essentiellement les fonctions d'opercule, soit plus petit, et recouvre moins complètement les suivants, que lorsque ceux-ci ont plus besoin de protection, par leur peu de consistance.

3° Parmi les spkéromideSj ou les isopodes de la troisième section, la sp/iérome cendrée., Latr. [S. scrratwn, Leach), nous a montré, dans ses branchies, plusieurs caractères très-remarquables. Contrairement à la plupart des genres de la section précédente et de la sui-

438 XXI* LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. r?ES ANIM. ARTICULES

vante, il y a plus de lames opercnlaires que de lames yçsiculeuses (1).

La région sous-caudale, qui renferme les branchies, forme une cavité assez profonde, qui rappelle la cavité branchiale des limules.

Chaque série de lames branchiales se compose de dix lames, réunies par paires. Les trois premières paires diffèrent beaucoup des deux dernières : leurs deux lames sont petites, triangulaires, et de nature cornée. L'externe, ou la lame recouvrante, plus petite que Finterne, est pyriforme, et disposée très-obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière. Elle est articulée au segment sous-abdominai, correspondant par un pédicule qui répond au sommet de cette pièce triangulaire. De longs cils raides, qui garnissent le bord libre de cette lame, surtout à sa base, viennent s'entre-croiser avec ceux de la lame correspondante de l'autre série.

La lame interne ou supérieure est très-peu recouverte par la première, et remplit le vide que celle-ci laisse en dedans et en avant. Elle forme un triangle dont le sommet est, au contraire de l'externe, directement en arrière. Celle de la deuxième paire porte à sa base, du côté interne, un stylet coudé en arrière, et se portant dans cette direction, le long de la ligne médiane, au delà de cette lame. On dirait voir un des appendices générateurs des cloportes, quoiqu'il ne soit pas dans la même position.

(1) Latreille dit que les branchies , dans celte section , sont vésiculeuses, à nu, et disposées longitudinalement par paires. Ces généralités ne peuvent s'appliquer au sphèrome cendré. (Règne Animal, t. iv, p. 136.)

Dans la troisième paire, la plaque interne est beaucoup plus grande que l'externe.

La quatrième et la cinquième paire se composent d'une lame operculaire extérit :ure et d'une lame branchiale respiratrice très-particuiiore par sa structure. Les opercules de ces deux paires sont grands, concaves du côté de la branchie qu'ils protègent, de forme irrégulièrement triangulaire, ayant leurs angles arrondis, et leur sommet dirigé en arrière et recourbé vers le haut (i).

Celui de l'opercule de la seconde paire porte cinq tubercules saillants qui le distinguent.

Les deux seules lames branchiales , essentiellement respiratrices, qui existent dans cet appareil, et qui sont protégées, comme nous venons de le dire, par les deux dernières lames operculaires, doivent être décrites en détail.

Toutes deux ont une assez grande étendue, moindre cependant que leur lame recouvrante, à laquelle elles sont attachées par leur bord le plus avancé. Leur forme est celle d'un ovale qui aurait été replié en dedans, ou d'un triangle dont les angles auraient été plus ou moins tronqués et arrondis. Leur contour est un bourrelet d'oùpartent, du côté interne, un nombre variable de plis vésiculeux parallèles, qui vont aboutir, en se portant obliquement en arrière, vers le côté interne delà lame, celui de la ligne moyenne. La première de ces deux lames respiratrices a six ou sept plis semblables sur

(i) Latreille semble avoir remarqué celte disposition,! orsquMl dit des spkerom ici es : « Leurs appendices brancliiaitjc sont recourbés intérieurement.

MO XXX* LEÇON. SEGT. II. RESPIRAT. DES ÀNIJJ. ARTICULÉS.

chaque face; la seconde, qui est plus étendue, en a dix. Ces plis forment autant de vésicules, qui divisent la vessie principale ; elles sont remplies d'un sanggrumelé, blanc de lait, dont leurs parois transparentes prennent la couleur, comme celle des poches branchiales ordinaires. Le bourrelet auquel elles aboutissent, ou celui duquel elles partent, paraît contenir leur canal afférent ou efî'érent. C'est sans doute par ce canal qu'elles communiquent entre elles ; c'est aussi ce bourrelet qui maintient ces plis. Dès qu'on l'enlève de chaque côté, tous disparaissent, et la lame branchiale qu'ils divisaient se trouve réduite à une simple poche, composée, comme à l'ordinaire, d'une double membrane.

On ne peut s'empêcher de faire remarquer ici combien ces deux lames branchiales respirati ïecs sont protégées : i° par leur position enfoncée dans une cavité branchiale assez profonde; 2° par leur lame operculaire respective, dont l'étendue et la forme concave est si bien arrangée pour s'adapter à leur ampleur et à leur épaisseur; 5° enfin par les trois paires précédentes de lames opercuLaires, qui sont petites et séparées pour ne pas empêcher l'accès de l'eau aérée jusqu'aux vésicules branchiales, mais dont le bord libre est garni de longues soies propres à empêcher les corps étrangers d'y pénétrer (î).

Le sphérome géant (sphœroma gigas, Leacii ) a la

(1) M. Savigny, d'ailleurs si exact et si pénétrant dans ses recherches, a bien figuié les lames opercul aires des çphéromes, Egypte, pi. 41 des Crustacés, Cg. i-5, mais il n'a pas reconnu la structure plissée des feuillets vcsiculeux.

ART. I. DANS LES CttUSTACÉS. 441

même organisation branchiale. Dans une espèce de la Méditerranée, les plis des deux paires de vésicules étaient beaucoup plus nombreux et plus fins; il y en avait jusqu'à vingt-cinq pour chaque vésicule.

4° Les branchies des Idotéides, qui forment la quatrième section des isopodes, sont aussi sous-caudales et vésiculeuses ou lamelleuses. Elles ont un opercule pour chaque série, lequel est composé de deux pièces jointes bout à bout, et immobiles l'une sur l'autre. Cet opercule s'ouvre sur la ligne médiane comme un battant de porte (1). Il est articulé par une grande portion de son bord externe , sous le bord correspondant du dernier segment du corps, et doit être considéré comme un appendice de ce dernier segment, qui aurait pris ici un haut degré de développement. Il ne doit pas compter, à notre avis, dans la série des lames branchiales.

Dans Yldotea Irtcuspidala, Desm., chaque opercule est une lame cornée, résistante, joliment ponctuée de petits points noirs, articulée dans les trois quarts antérieurs de son bord externe, sous le bord correspondant des trois anneaux de l'abdomen. Ces deux opercules recouvrent complètement et ferment exactement la cavité branchiale.

Les lames molles et minces, vésiculeuses, que cette cavité renferme, sont au nombre de dix de chaque côté, tenant par paire à un seul pédicule, qui les meut de manière à leur donner une position verticale. On les trouve dans cette position, lorsque l'animal respire ac-

(i) Régne Animai , t. iv, p. i= 9, ci Egypte, })!. ii des crustacés, Cg. 6.

tiveinent, ce qui a fait penser qu elles lui servaient d'organes de natation; mais leur peu de consistance me fait douter qu'elles puissent avoir cet usage.

Dans le steitosoma lineare, Leach, c'est absolument la même structure ; seulement les lames branchiales sont ici plus étroites.

5° Dans la cinquième section, celle des 4 scllotcsy nous avons examiné, avec soin, l'appareil branchial de Ya&elle d'eau douce, et nous lui avons trouvé plus de rapports dans l'organisation de ses branchies, avec les isopodes de la deuxième section qu'avec ceux de la troisième et de la sixième.

Il y a en effet un grand opercule qui recouvre toute la série suivante des lames branchiales qui sont des feuillets minces ou des vésicules respirantes. Sous ce grand opercule se voit d'abord une vésicule allongée, petite, attachée à son angle interne. Cette première paire de lames branchiales operculaire et vésiculeuse est suivie de deux autres, dont la lame recouvrante nous a paru, dans beaucoup d'individus, un simple feuillet comprimé et mince, et dont la lame recouverte était seule, dilatée en vessie ou vésicule.

Les deux paires de lames branchiales qui seraient nécessaires pour compléter le nombre normal de dix, semblent remplacées par un appareil rudimentaire ; (déjà indiqué vaguement dans la figure 2 de Yasel/e d'eau douce, du Dictionnaire des Sciences naturelles). Cet appareil se compose, en avant, d'une lame ovale de chaque côté, pédiculée, portée sur une pièce carrée. Cette lame tient lieu de la première paire de lames branchiales.

La seconde paire est représentée par un grand pédi-

cule recouvert d'une membrane plissée, et supportant, par son bord libre et postérieur, en dehors, une lamelle bi-articulée, tenant lieu de pièce opercuîaire recouvrante, à bord cilié; et en dehors, une vésicule trèspetite, représentant une lame branchiale vésiculaire ou respirante.

Ajoutons, pour compléter la description de l'appareil branchial de Yaselle d'eau douce, que ses lames branchiales respirantes, vues au microscope, ne montrent aucun réseau, mais un dépôt sanguin inégalement répandu dans leur poche, et lui donnant une apparence marbrée.

6° La sixième section des isopodes, celle des Cloportides, a, comme la troisième, ainsi que nousTavons déjà observé , plus de lames operculaires que de vésicule uses branchiales (1).

On trouve, dans la ligle océanique, cinq lames branchiales operculaires pour chaque série, analogues à celles des cloportes, et se recouvrant de même. La première est cordiforme ; elle a un petit appendice antérieur. La seconde est plus grande; elle a un lobule externe, qui en est profondément séparé. La troisième est la plus grande. La quatrième et la cinquième sont un peu moindres. Elles sont articulées à l'extrémité d'une côte, qui forme la portion inférieure de la queue correspondante. Elles se meuvent sur ce point de dedans en dehors, et d'arrière en avant, comme des volets. Les deux premiers de ces opercules n'ont point de vésicules développées. On voit, en place, une expansion mem-

(i) Nous concluons qu'il faudrait rapprocher es sphèrornides des tloporlides.

444 XXXe LEÇON. 5ECT. II. RESPIRAT. DES AKIM. ARTICULÉS.

brancuse, qui tient à la cote qui supporte l'opercule; l'expansion qui répond au premier opercule nous a paru moins prononcée que celle du second.

Mais chacun des trois derniers recouvre une vésicule branchiale aplatie, dont la surface montre des élévations et des enfoncements irréguliers correspondant aux canaux qu'interceptent ces vésicules, et qui sont plus ou moins remplis de fluide nourricier.

Leur aspect, vu au microscope, est entièrement analogue à celui des lames branchiales des limules* ou des lames branchiales des crabes.

Les autres sous-genres de cette section rue nous avons observés (les cloportes, les porceUions et les cirmadilles) n'ont de même que trois vésicules branchiales peu développées, pour cinq lames operculaires. Le plus grand nombre normal, celui de dix lames branchiales operculaires ou vésiculeuses, n'existe dans aucun de ces genres; mais nous verrons tout-à-î 'heure que les lames operculaires doivent être considérées comme servant à la respiration.

Les cloportes propres ont cinq paires de lames branchiales en double série, attachées sous les derniers anneaux du corps. Ces lames sont extrêmement minces, transparentes, et paraissent avoir dans leur feuillet externe et aérien , au moins la consistance du parchemin. Larges à leur base, qui est en avant, arrondies par leur bord externe, elles se prolongent en arrière en pointe aiguë. Les cinq lames d'une série se recouvrent comme des tuiles.

Les vésicules branchiales sont protégées par les trois dernières de ces lames operculaires. Elles sont attachées, ou du moins elles se continuent par un pédicule

à une apophyse qui se voit vers la ligne médiane du segment sous-caudal correspondant.

La transparence et l'extrême minceur des lames operculaires permet d'y observer les mouvements rapides des globules sanguins. Ils semblent tomber, comme des gréions, avec une grande irrégularité, dans la capacité de ces lames.

Les porccllions et les armadillcs se distinguent des cloportes par la présence d'un corps blanc arborescent contenu dans l'épaisseur des deux premières paires d'opercules, plus rarement des cinq paires.

Dans les porcellîons et les armadllles, les lames branchiales operculaires, également au nombre de cinq par série, m'ont paru généralement plus larges, moins longues ; elles sont encore partagées, mais d'une manière moins tranchée, en une portion interne triangulaire et en une portion externe arrondie, formant comme un talon , du moins dans les deux premières lames.

Ces deux premières paires, au moins, renferment entre leurs deux feuillets un corps blanc de lait, quelquefois même un peu jaunâtre. Ce corps se voit particulièrement dans la partie externe ou le talon de chacune de ces lames; il s'étend un peu au delà, en se rapprochant de la ligne médiane, et en se déployant de ce côté et en avant. Logé dans une fossette du feuillet externe ou inférieur, qui est plus consistant et comme corné, il produit, dans la face externe ou aérienne de cette lame, une bosselure à l'endroit correspondant à la fossette.

Du côté interne ou de la face supérieure de la même laniL'. le corps blanc est recouvert par un feuillet mou et simplement membraneux.

C'est surtout de ce côté qu'on peut découvrir la structure de cet organe. Un peu en deçà du bord de la lame branchiale, à peu près à la partie moyenne de la longueur transversale du corps blanc, se voit une fossette ovale, qui paraît comme une boutonnière. Observée au microscope, cette fossette, en posant la lame un un peu de champ, montre dans le fond de la cavité quelques points noirs , qui paraissent être les embouchures des canaux dont ce corps serait composé. Ces canaux sont arborescents, et se ramifient en avant et en dehors, de manière que leurs derniers ramuscusles, qui forment la circonférence du corps blanc de ces deux côtés, semblent de fines trachées, et que la couleur blanc mat de la partie épaisse du corps blanc se change ici en un blanc argenté.

Dans une espèce nouvelle ? de porcelllon qui se trouve à Paris et à Strasbourg, et qui se roule en boule, comme les armadilles s toutes les cinq paires de lames branchiales sont pourvues de cette sorte de trachée aérienne circonscrite^ dont la grosseur va en diminuant de la première à la cinquième. C'est du moins le nom que nous croyons pouvoir donner à ce corps blanc, et l'usage que nous présumons qu'il peut avoir (i).

(1) Latreilie, dès 1814, annonçait à l'Institut, que \escloportcs respirent par une partie jaunâtre percée d'un trou et contenant à l'intérieur de petits filaments, qui le voit dans leurs quatre premières paires de lames sous-caudales. ( Histoire des progrès des Sciences Naturelles, par M. Cuvier, t. m, p. 315. Paria, 1828.) Le même auteur écrivait dans le Règne animal, édit. de 4 817: Les écailles branchiales et supérieures au-dessous de la queue ont une rangée de petits trous donnant passage à l'air. Enfin, dans le même ouvrage (deuxième édit., 1829) , il répète que dans les cloportidcs terrestres, les premiers feuillets du dessous de la queue offrent une rangée de petits trous où l'air pénètre et se porte aux organes de respiration qui y sont renfermés. M. Milne-Edwards a adopté cette manière de voir de Latreille. Voir pi. 71, fig. 1, m. et 1, i, du Règne animal.

Observé au microscope sur le vivant, on voit facilement une circulation de globules sanguins dans le vide Je la lame qui renferme le corps blanc. Ces globules se portent évidemment vers les ramifications de la circonférence de ce corps, qui ont l'aspect brillant et argenté des trachées; ils disparaissent entre ces ramifications.

Dans les cloportes, qui n'ont pas de corps blanc, on peut suivre les mouvements des globules dans toute l'étendue des lames, qui paraissent contenir de grandes lacunes; mais il y a des parties, à la vérité, où cette admirable circulation est plus visible, où les courants de globules sont plus nombreux.

En général, c'est le long du bord externe des lames que paraît s'effectuer leur retour. Cependant il y en a aussi qui partent de ce bord pour se diriger vers la ligne moyenne, et comme pour parcourir, dans ce sens, toute l'étendue transversale de la lame. Ils arrivent vers l'angle externe de la lame , où ils passent dans le vaisseau efférent. C'est aussi vers cet angle que le vaisseau afférent les verse dans la lacune de la lame. Ces deux vaisseaux ne forment point de lacune hors de la lame : ils sont placés à la base l'un devant l'autre, et on y voit les globules du sang y circuler en sens contraire.

Concluons de ces observations que, dans les cloportes 5 les lames sous-caudales ont encore complètement la structure des lames branchiales des autres isopodes ; tandis que, dans les porcellions et les armadilles, ii y aurait , dans les deux premières lames de chaque série, une sorte de trachée circonscrite pénétrant dans a lacune de cette lame à la rencontre du sang qui s'y meut.

448 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

Quant aux trois autres lames, les choses se passeraient comme chez les cloportes, ce seraient encore des branchies; mais des branchies qui peuvent respirer dans l'air, parce que leur arrangement est tel,, qu'il reste toujours une lame d'eau entre les lames operculaires et respira triccs (1).

Lorsque toutes les lames ont des corps blancs, comme nous l'avons observé dans l'espèce de Porcellbn dont nous avons déjà parlé, la transformation serait plus complète. Ce serait le plan des organes de respiration des insectes, qui apparaîtrait modifié, en ce que l'organe est circonscrit, à proportion de l'étendue de la lacune qui existe dans les réservoirs du lluide nourricier.

Cependant cette manière de voir et d'expliquer la signification des corps blancs, n'est pas partagée entièrement par M. le professeur Lereboullet. Cetanatomiste, qui a étudié ces corps avec moi, n'a pas trouvé., dans des observations qu'il a faites plus tard seul, que leurs ramifications fussent tubuleuses. 11 considère ces ramifications comme des membranes laciniées flottant dans les lacunes de la lame, et servant à diviser le sang qui se meut dans cette lacune (2).

Enfin dans les Tylos, dont M. Milne- Edwards forme un groupe distinct des cloportides, sous le nom de Tylosiens, il existe un appareil branchial tout particulier.

(i) Celte existence d'organes de respiration de deux natures ne serait pas plus étonnante que ce qui a lieu parmi les vertébrés, chez les Batraciens perennibr anches , et chez quelques avançâtes, qui ent à la fois des poumons et des trachées ; à la vérité , dans ce dernier cas , ce sont des organes de respiration de même nature, mais de structures différentes.

(2) Voir le Mémoire Sur les organes respiratoires des Crustacés isopodes, par MM. Duvcrnoy et Lereboullet. dans VInslUut , 49 decemb. 1839, p. 448 et suivantes; et les Comptes rendus de PAcad. des Sciences , i,r semestre de 1840.

Des lames operculaires incomplètes, attachées, comme les volets operculaires des Idotêides, sous l'extrémité des anneaux sous -caudaux, se portent de là, en travers, vers la ligne moyenne. Ces lames tiennent au troisième, au quatrième et au cinquième anneau abdominal. Elles vont en augmentant de la première à la troisième, de sorte que la paire de celles-ci se touche presque sous la ligne abdominale.

Ces lames protègent imparfaitement les branchies proprement dites. Celles-ci sont logées dans une cavité sous-abdominale analogue à celles des sphéromides. Elles consistent dans quatre (peut-être cinq) branchies de chaque côté, dont chacune se compose d'une série transversale de petites poches, ouvertes en dessous par une fente linéaire, et renfermant de nombreux petits canaux arborescents, dans lesquels le fluide nourricier doit pénétrer pour la respiration.

Au premier coup d'ceil, lorsqu'on compare la figure de cet organe publiée par M. Savigny (1) avec notre description des branchies des sp Itérâmes , on est tenté d'y voir beaucoup de rapports; mais les différences seraient bien plus sensibles d'après la description que nous venons de donner, en suivant celle publiée par M. Milne-Edwards (2). [

§ II. Du mécanisme de la respiration.

Les lames operculaires qui protègent les vésicules branchiales sont constamment articulées par un pédi-

(i) Dans le grand ouvrage sur l'Egypte, Crustacés^ pi. 13, fig. 1.— (2) Histoire, Naturelle des Crustacés, t. 3, p. 187 et 158.

450 XXXe LEÇON. SECT. II. 'RESPIRAT. DES ANÏM. ARTICULÉS.

cule, ou une partie saillante de leur bord antérieur, à la partie externe du segment sous-caudal le plus rapproché. Cette articulation est telle que, dans les mouvements de respiration, les deux lames opercuîaires correspondantes, se soulevant par leur bord interne et postérieur, qui sont libres, s'écartent l'un de l'autre et de la ligne moyenne, où se montre une ouverture plus ou moins bâillante, qui conduit le fluide respirable entre ces lames opercuîaires ou respirairices et sur les vésicules branchiales, quand elles existent distinctes des premières Chaque lame branchiale doit avoir, pour ses mouvements, au moins un muscle abducteur et un adducteur; ce qui reste à vérifier.

11 est à remarquer que, dans les cloportes, les porcellions et les armadillcs, il s'écoule toujours une certaine quantité de liquide aqueux d'entre les lames opercuîaires, lorsqu'on les soulève fortement, surtout d'entre celles des cloportes. Ce liquide paraît destiné à tenir les lames branchiales humectées, et à les maintenir dans un état de mollesse nécessaire à leur perméabilité pour la respiration. Il se conserve entre elles dans leurs mouvements modérés d'écartement. De sorte que l'air n'est mis en contact avec le sang des lames rèspîratrices des cloportides en général, du moins par leurs faces qui se touchent, qu'à travers cette lame aqueuse.

Cette circonstance fait comprendre, pour les cloportides, la nécessité d'une habitation humide et à l'abri de l'action desséchante de la lumière, et la possibilité de vivre dans l'air, à cette double condition.

Si l'on se rappelle que, chez les porceliions et les «rmadilles, chaque lame respiratiïce, contenant un corps blanc, a son feuillet externe ou inférieur de nature

cornée, et son feuillet supérieur seulement membraneux, et que la boutonnière, au fond de laquelle paraissent des trous présumés respirateurs, est ouverte entre ces deux feuillets, on concevra que l'action du muscle abducteur, dirigée sur le feuillet inférieur, pourra l'écarter davantage, ouvrir cette boutonnière, et servir à dilater le vide de la lame , s'il existe , qui communiquerait par ces trous avec l'extérieur, pour l'inspiration. L'expiration modérée arriverait naturellement par l'application des feuillets les uns contre les autres. Ce n'est au reste qu'avec réserve que nous donnons l'explication de ce mécanisme, après toutefois l'avoir beaucoup étudié sur le vivant. ]

F. Dans les Branchiopodes.

§ ï. Des branchies.

[La détermination des organes de la respiration, dans ces animaux, qui sont, en partie, microscopiques, ou à peu près, n'est pas tellement certaine qu'elle ne doive être acceptée avec quelque doute. Il faudrait, pour que cette détermination fût considérée comme incontestable, qu'on eût démontré que le sang qui doit respirer dans ces organes, s'y rend des différentes parties du corps, comme dans les décapodes, etc., et qu'il se porte des branchies au cœur, avant de retourner aux mêmes parties du corps. C'est ce qui n'a pas été prouvé jusqu'à présent.

Dans la première section des Branchiopodes, celle des Lophy râpes, les cypris ont une lame branchiale de chaque coté, attachée à Ja première paire de mâchoires.

452 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULES.

dont le contour supérieur porte une rangée de dix-neuf filets très-longs (1). Il y aurait encore, à la base des mandibules, une petite lame branchiale, avec cinq digitations (2).

La détermination des branchies, dans les daphnies, varie aussi, suivant les observateurs. M. Straus n'accorde cette fonction qu'à la lame bordée de soies barbues, qui se voit à la base de la troisième et de la quatrième paire de pattes (5). Latreille regarde encore comme inspiratrices toutes les soies terminales des autres paires de pieds (4).

Les Pkyllopes, dénomination des crustacés de la seconde section du même ordre, ont, à la partie inférieure du corps, une double série d'appendices foliacés, servant à la fois d'organes de natation et de respiration. On trouve en effet, dans leur composition compliquée, des lames aplaties, à bord cilié, vésiculeuses, tenant au premier article de ces appendices natatoires, et servant particulièrement à la respiration.

Dans la Umnadie d'Hermann, de la famille des Cératophtlialmes , il y a vingt- deux pattes brandi iales. Chaque patte se divise en deux branches, dont l'interne, fortement ciliée, est plus particulièrement considérée comme servant à la respiration (5).

Uartemia satina, qui appartient à la même famille des Cératop/u/iaimes, a onze pattes thoraciques de chaque coté, lorsqu'elle est complètement développée, que

(1) Mémoire sur les Cypris, par M. H, Slraus. Mémoire du Muséum, t. vu. — (2) Latreille, Règue animal , t. iv, p. i59. — (5) Mémoire sur les V«phnicst Régne anima!, î. v. — (4) Règne animal, t. iv, p. 165. — (5) Mémoire sur la Limnadic, par Ad. fironsniart. Mémoire du Muséum de Paris, t. vi , 1820.

l'analogie porte à considérer comme branchiales. Ces pattes sont composées de quatre articles. Le dernier représente une palette ovale, bordée de poils ciliés, dont les cils sont disposés comme les barbes d'une plume. Une autre rame membraneuse tient en arrière aux deux premiers articles. Elle est formée d'une membrane très-mince et d'une série de poils branchiaux, ciliés dans la seconde moitié de leur longueur. Le second et le troisième article supportent un feuillet membraneux, à bord arrondi, garni de poils raides, en petit nombre, ciliés; ce feuillet remplit l'intervalle de la palette et du feuillet postérieur,

Enfin il y a un corps vésiculeux, ovale ou globuleux, attaché au second article par un pédicule, qui est peut-être le seul ou le principal organe de la respiration (i).

Les brancliipes ont onze segments thoraciques, portant chacun une paire de pattes branchiales, composées chacune de trois articles aplatis et garnis de cils barbus (2).

Enfin dans les apus [monoculus apus, L.), nous avons compté environ cinquante paires d'appendices natatoires, autant de lames branchiales principales, qui leur sont attachées, et environ quarante lames branchiales accessoires, qui sont vésiculeuses.

\La lame vésiculeuse est plus en dedans, sur la face dorsale de l'appendice ; et la lame principale plus en

(1) Histoire d'un petit cmstacé, artemia satina, Leach., par M. N. Joly; Montpellier, 4840, pi. 1, fig. 12, et 11, fig. d, 2, S. — (2) Latreille, Règne animal, t. iv, p. 174.

454 xxxe r.EçoN. sect. n. respirât, des anim. articules.

dehors, de forme et de proportion variée, suivant la paire à laquelie elle appartient. Cette lame branchiale est ciliée. La vésicule de la onzième paire de nageoires est déjà très-petite, comparativement à celle des premières paires. ]

§ II. Du mécanisme de la respiration.

[Les organes de respiration étant extérieurs etan nexés aux organes du mouvement, ils ont les uns et les autres un mécanisme commun; et les -premiers n'offrent à cet égard rien de particulier que nous devions décrire dans cet article.

G. Dans les Pœcilopodes.

§ I. Des branchies.

[Nous ferons connaître, en détail, celles des Xyphorures ou des Lunules, qui constituent cette famille des Pœcilopodes , les ayant étudiées avec soin.

Ces branchies ne sont pas des paquets de petites fibres très-nombreuses, concentriques, appliquées les unes sur les autres, comme on l'a écrit et répété partout (1). Elles se composent de larges feuillets membraneux, d'une minceur extrême, groupés en autant de séries distinctes qu'il y a de branchies, au nombre de cent cinquante à cent soixante, et conséquemment de quinze à seize cents pour chaque individu.

jy (1) Entre autres Meckel, op. cit., t. iv, p. 49.

Les feuillets de chaque série, ou de chaque hranchie, se recouvrent de haut en bas, de manière que le supérieur, ou le premier, est, en même temps, le plus extérieur, et que le suivant dépasse un peu le bord du précédent.

La forme de chacun de ces feuillets est celle de la moitié d'un ovale ou d'un cœur, dont la partie la plus large serait dirigée en dehors. Les derniers cependant sont semi-circulaires. Leurs dimensions varient de manière que les premiers sont aussi les plus petits, et qu'ils vont en augmentant, ou du moins en conservant la plus grande dimension, jusqu'au delà du cent trentième ; à partir de L'avant-dernière dixaine, ils diminuent un peu jusqu'au dernier, qui conserve cependant une dimension beaucoup plus grande que le premier.

Afin de pouvoir résister à l'action de l'eau, sans changer de forme, sans faire de plis, ces feuillets, au lieu d'être doublés par une lame cartilagineuse ou osseuse, comme ceux des branchies des poissons, sont soutenus, dans tout leur bord libre, par un filet corné qui les cercle, pour ainsi dire, et les distend. Ce filet est un peu plus fort dans la portion de ce bord qui reste toujours extérieure; ce qui contribue, avec la forme et les lignes d'attaches des feuillets, à produire cette plus grande épaisseur que présente leur série de ce côté, et qui avait déjà été remarquée par Latreille.

Ce même bord libre est cilié ou hérissé de soies protectrices dans toute son étendue, mais plus fortes et plus nombreuses dans sa partie extérieure.

Ces soies ne diffèrent pas, en apparence, de celles qui se voient sur les deux surfaces des pièces cornées

456 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

formant la partie essentiellement motrice de cette rame branchiale.

Chaque feuillet branchial est composé d'une double membrane, interceptant une sorte de poche à cavité très-di visée par des adhérences partielles et nombreuses de ces deux lames.

Il en résulte, surtout dans un espace ovale de la partie centrale de chaque feuillet, une sorte de réseau dont le cordon est formé de canaux s 'anastomosant fréquemment entre eux, soit immédiatement, soit par des branches latérales plus petites; les apparences de mailles de ce réseau répondent aux adhérences que nous venons d'indiquer. Ces mêmes canaux forment des arcs concentriques transverses, parallèles au bord libre, et paraissent s'anastomoser moins fréquemment hors de cette partie centrale, qui semble plus essentiellement respiratrice.

Us sont plus ou moins remplis, après la mort, de sang blanc, grumelé, semblable à celui que j'ai trouvé dans les sinus veineux (le prétendu foie) et dans le cœur ou le vaisseau dorsal des squilles. Les branchies, comme les rames branchiales, sont au nombre de cinq paires.

On peut juger, par le nombre des feuillets qui composent chaque branchie, et par l'étendue de leur surface, combien cette fonction doit être importante dans les lunules.

Je dois faire observer ici que la structure qui vient d'être décrite est semblable, pour l'essentiel, à celle des branchies des crabes. La seule différence bien caractéristique est qu'ici les feuillets sont arrangés sur deux rangs; tandis que dans les limules ils sont disposés sur

un seul rang. Le réseau de canaux que j'ai examiné plus particulièrement dans le crabe tourteau est plus serré et plus fin; mais il m'a paru résulter, au fond, de la même composition organique.

Le sang arrive des différentes parties du corps dans un sinus veineux qui répond à chaque branchie. L'artère branchiale descend le long du bord interne de la nageoire, en diminuant à mesure de diamètre. C'est le long de cette artère que se voient douze ou treize plaques cornées, la plupart en carène, qui la protègent. Le sang qui a respiré est versé, des feuillets branchiaux de chaque branchie, dans une veine située du côté opposé à l'artère; elle se continue vers le cœur, qui en reçoit ainsi cinq de chaque côté. ]

§ IL Du mécanisme de la respiration.

Pour terminer cette description des branchies, il ne nous reste plus qu'à faire connaître les muscles qui les mettent en mouvement. Ce sont proprement les muscles de la rame qui les supporte. Chaque moitié de cette rame, qui forme une nageoire distincte, a deux muscles, l'un protracteur, qui la déploie en la tirant en avant dans la direction perpendiculaire, et l'autre rétracteur ou adducteur, qui la porte en arrière et la relève, ou replie ainsi les branchies dans leur cavité.

i° Le premier ou le muscle protracteur s'attache en avant sous la ligne vertébrale du bouclier, en dehors des apophyses en forme de lames, qui descendent de cette ligne.

Il est considérable , et se divise en nombreux faisceaux j qui se dirigent en rayonnant vers le bord exté-

458 XXIe LEÇON. SfiCT. II. RESPIRAT. DES AMIM, AkTKXLÉS.

rieur de la rame, et eroisent la direction des feuillets à la base desquels ils adhèrent; ils pénètrent même entre ces feuillets et les pièces cornées sur lesquelles ils se terminent.

11 résulte, de cette double attache, que ce muscle, en portant énergiquement en avant la rame branchiale, déploie en même temps les feuillets branchiaux, en les écartant les uns des autres.

2° Le muscle rctracteur, moins considérable, se fixe, en arrière, à la base des mêmes apophyses, et se porte de dehors en dedans pour s'attacher à la partie interne de la nageoire, et agir plus directement sur la série du même côté des pièces cornées. On peut suivre sa direction, à la face postérieure de cette partie, à travers la peau transparente qui les revêt.

3° Il existe un troisième muscle, on ne peut pas plus singulier par la structure de son tendon.

On observe à la peau de l'abdomen, de chaque côté et au milieu de l'intervalle qui se voit entre deux paires de rames, un enfoncement très-prononcé, qui est l'orifice assez large d'un tube conique, dans lequel on peut facilement introduire un stylet jusqu'à environ deux centimètres de profondeur (i). Ce tube, en forme

(1) L'abbé C. Ranznni (Osscrvazionc. sut Limulo Polifcmo. Mémoire compris dans le Recueil intitulé : Opuscoti Scientifici , IJolog?ia , 484 8) a vu cet enfoncement, et pense, comme Ctusius qu'il cite, qu'il répond à de petits osselets dont l'emploi est <!e soutenir les branchies. Ces prétendus osselets sont les tendons ossiGés que nous décrivons. C/usius (Exotic. lib. vi, cap. xiv) avait déjà trouvé ces tendons ossifiés. «Media prona parte, seu lacunarum antrustarum , quasi

• cultri mucronc impressarum bini ordines apparebant, quibus interna testac

• parte, tolidem plaua ossicula , veluli abruptarum costarum fragmenta, rei- »pondebauL »

ART. I. DANS LES CkO&'îkCÀS. 459

d'entonnoir, est un tendon creux, adhérent à une assez grande étendue de la peau de l'abdomen, par suite de cette singulière organisation, qui a sans doute pour but d'augmenter ses points d'attache; il appartient à un muscle qui remonte, avec le protracteur, sous la voûte du second bouclier, et réunit ses faisceaux à ceux de ce muscle, pour se terminer aux apophyses descendantes de la ligne médiane dorsale de ce bouclier. Si la paire correspondante de ces muscles appartenant au même intervalle agissait isolément, elle devrait sans doute rapprocher les deux nageoires entre lesquelles elle se trouve, en tirant en haut la peau qui les unit, et en la raccourcissant d'avant en arrière ; mais les muscles de tous ces intervalles devant agir ensemble, leur action se balance, et doit avoir un elFet contraire, celui de maintenir les rames dans la direction perpendiculaire, et conséquemment dans l'abduction. Ce serait donc, si je ne me trompe, un abducteur ou un abaisseur des rames. Je compare ces enfoncements que produisent dans les téguments , les attaches de ces tendons creux, aux faux stigmates dorsaux des àranéides. C'est un rapport de plus à signaler entre cette classe et les limules (1). ]

(1) La description qu'on vient de lire des branchies des Limules, faisait partie d'un Mémoire que j'ai lu à l'Académie des Sciences, le 7 septembre 1858, et qui a été imprimé par extrait dans le compte rendu de cette séance. Ce Mémoire a pour titre: Sur quck/uex points de l'organisation tUs Limutes, cl description plus particulière de leurs branchies; en même temps que mes recherches, qui datent de 1837, me conduisaient à la connaissance de la véritable organisation des branchies de ces animaux , de leurs principaux vaisseaux sanguins et de leur cœur. M. le professeur Van df.r-Hgeven, à Leyde, parvenait a des résultats analogues et les publiait dans ses Recherches sur l'Histoire Naturelle et l'anatomie des Limules. Leyde, 1838.

460 XXIXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES AN1M. ARTICULES.

ARTICLE II

Des organes de la respiration dans la classe de$

Arachnides.

[La classe des Arachnides se distingue de la précédente par ses organes de respiration. Ce sont des capacités destinées à recevoir l'air en nature, qui montrent que les arachnides sont des animaux essentiellement aériens., dont quelques-uns ne vivent dans l'eau que par exception.

Ces capacités peuvent avoir la forme circonscrite de petites poches, plus ou moins compliquées, dans lesquelles le sang vient chercher l'élément respirable ; elles caractérisent en général l'ordre des Arachnides pulmonaires. Chez d'autres arachnides, elles prennentla! forme de vaisseaux ramifiés, recevant l'air par des ouvertures symétriques de la surface du corps, et le portant dans toutes les parties, à la manière des trachées des insectes; c'est ce qui a lieu pour l'ordre des Arachnides trachéennes. Ces deux groupes, à la vérité, sont moins séparés l'un de l'autre qu'on ne l'avait cru d'abord par la considération de ces différences dans les organes de la respiration.

On a découvert (1), il y a peu d'années, que deux espèces d'arachnides à poumons, appartenant à deux genres différents, ont, avec une paire de capsules pul-

(4) Mémoire de M. ûugèst lur les arachnides, Annales dus Seicncss JNatu* relies, deuxième série , t. vi, p. 183.

ïïionaires, une paire de troncs trachéens, se divisant en faisceaux de tubes simples, qui porteut l'air dans toutes les parties.

Cette circonstance de l'existence simultanée de deux sortes d'organes de respiration, dont l'une est circonscrite et localisée, comme dans toutes les autres espèces du même ordre, et dont l'autre sorte se déploie dans tontes les parties pour y favoriser l'action du fluide respirable sur le iluide nourricier, annoncerait que les réservoirs de ce dernier fluide sont moins achevés dans ces espèces exceptionnelles que dans les autres arachnides.

Nous étudierons successivement les organes de la respiration, puis le mécanisme de cette fonction dans les deux ordres de la classe. ]

§ Ier. Des organes de la respiration,

A. Dans les Arachnides pulmonaires.

[La plupart des arachnides de cet ordre n'ont que des organes de respiration circonscrits.

Dans la première famille, celle des Arachnides /lieuses ou des Àranèides , ce sont deux ou quatre poches situées de chaque côté de la partie la plus avancée de l'abdomen, qu'on peut regarder comme une suite du thorax, parce qu'elle renferme ces organes, et qu'elle est souvent séparée du ventre proprement dit, du moins en-dessous, par une rainure profonde et transversale.

Les mygales et la plupart des sous-genres qu'on a

462 XXXa LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

réunis à ce grand genre ont quatre poches pulmonaires.

On n'en trouve que deux dans les genres nombreux démembrés du genre Aranea de Linné. La partie des téguments tboraciques ou thoraco-abdominaux qui répond au plancher de la cavité pulmonaire forme une tache operculaire ovale, écailleuse, de couleur différente du reste de la peau, dénuée de poils, qui distingue au dehors la position de ces sacs.

C'est un peu plus en arrière qu'il faut chercher l'ouverture oblique et transversale, ou le pneumostome (t) en forme de fente qui y conduit.

Les cpeires, les cirasses, etc., l'ont dans cette fente profonde, dont nous avons déjà parlé, qui règne tout à travers cette partie du corps en dessous, et qui distingue, dans ce cas, la partie thoracique de l'abdomen, de la partie ventrale proprement dite.

Dans les mygales et dans les atypes, les pneumostomes ne sont plus cachés dans la profondeur d'une rainure transversale ; ils apparaissent comme autant de boutonnières à la surface des téguments. Moins grandes à proportion que dans le premier type, on peut dire, qu'en général, ces ouvertures n'ont pas la même étendue proportionnelle, relativement à la poche pulmonaire.

La paroi operculaire, écailleuse, a souvent sa surface extérieure comme guillochée ; ce qui lui donne Ja fausse apparence d'un crible.

(1) Nous adoptons, mais seulement pour )e*(tracluii<tes pulmonaires, cette dénomination siftiniicutive que Latrcilic a proposé de substituera celle de stigmate, qui est, à ia vérité, consacrée par l'usage.

Lorsqu'on pénètre dans le pneumostome, il y a d'a- Dord une sorte de vestibule plus ou moins distinct, qui conduit dans les divisions de la poche principale.

Dans les cpeîres , par exemple, en écartant les deux bords de la rainure profonde, qui forme, de chaque côté, le pneunoinostome, on découvre, en avant, une série de lames verticales, écailleuses comme l'opercule, et de même couleur; ces lames sont fixées en bas, à une barre étroite transversale, située en arrière de la lame opcrculaire.

Cette série de lames a absolument l'aspect d'un peigne de tisserand. Elles donnent attache, en avant, à autant de lames membraneuses respiratrices, contenues dans une capsule commune, à parois très-minces, qui les sépare des viscères abdominaux.

Les intervalles des lames cornées ne m'ont pas paru répondre aux intervalles des lames membraneuses. En écartant celles-ci, je trouvais un obstacle membraneux qui m'empêchait d'arriver entre les lames cornées. De même, en écartant les lames cornées, il m'a paru que mon instrument pénétrait entre les deux feuillets de la lame membraneuse, qui formerait conséquemment une poche pneumatique, ainsi que M. J. Millier l'a décrite.

Les poches membraneuses pneumatiques sont libres dans tout leur pourtour, excepté en arrière, où elles tiennent aux lames cornées.

Deux de celles-ci formeraient, d'après notre manière de voir, l'entrée d'une de ces poches lamelleuses.

La poche commune a pu être injectée par les branches vasculaires qui partent du cœur, et cette injection a montré, sur les parois de cette poche, un réseau vas-

culaire remarquable ; mais ce réseau n'a pas paru se continuer sur les parois des lames ou des petites poches (i).

Deux exceptions singulières, relativement au nombre et à la structure des organes que nous décrivons, compléteront leur histoire pour les aranéicles.

Relativement à la structure, les dysderes, qui font partie des aranéicles dites tètrapuhnonaires 9 ont leurs deux stigmates postérieurs aboutissant dans un gros tube, à parois résistantes, lequel conduit immédiatement dans un certain nombre de faisceaux de tubes capillaires simples, non ramifiés, qui se portent dans diverses directions, soit vers le thorax, soit dans la moitié abdominale correspondante. Ces tubes sont de véritables trachées (2).

Dans la se gestrie perfide* qui appartient aux aranéides bi-pulmonaires, il y a à la fois exception de nombre et de structure ; puisqu'on y trouve, comme dans les précédents, outre les deux poches pulmonaires antérieures, deux stigmates postérieurs qui conduisent dans une première cavité cylindrique, à parois solides, origine de nombreuses trachées, telles que nous venons de les décrire dans les dysdères (5).

La seconde famille des arachnides pulmonaires, celle

(1) Mémoire pour servir à l'Analomie des insectes, par M. le docteur H. M. Gaede. Nova acta , A. N. Cur. L. C. , T. xi, P.'n, p. 335, et pi. xliv, Og. 3.

(2 Voir la nouvelle édit. du Règne animal, pi. 5 des arachnides, fig. 4, b, pour la dysdère èrithrine. Les deux p'.eumostomes sont dans la rainure transversale thoraco-abdonnnale ; les deux stigmates trachéens se voyent plus en arrière, à la surface <:e l'abdomen.

(3) Règne animal, arachnides, pi. 3, fig. /j, et Mémoire cité de Dugès, Annales des Sciences Naturelles, deuxième série, t. vr, p. 4.83.

des Pédipalpes, n'a que des poumons, situés symétriquement sous les premiers anneaux de l'abdomen, au nombre de quatre ou de huit.

Ainsi, dans les scorpions, il y a quatre paires de pneumostomesqui apparaissent comme des boutonnières un peu obliques et transversales, sur les côtés des quatre premiers anneaux de l'abdomen. Le pourtour du pneumostome donne attache à une sorte de vestibule trèsdistinct, qui conduit dans les petites poches lamelleuses dans lesquelles cette première cavité se divise. Leur série, obliquement verticale, repose en avant du stigmate, sur la paroi abdominale correspondante ; mais elle n'y adhère pas, et le pourtour de chaque lame est libre dans toute la partie qui ne tient pas au vestibule.

Nous adoptons, pour la structure de ces organes, la manière de voir de M. J. Muller, qui est aussi celle de M. St?*aus (\).

Le premier de ces anatomistes a réussi à gonfler ces poches d'air, et les représente ainsi enflées (2).

Cependant Treviranus et Meckel affirment que l'air pénètre entre ces poches lamelleuses, qui ne seraient, dans ce cas, que des feuillets branchiaux ; et que le sang arrive dans leur épaisseur. Dugès (3) ajoute qu'il a réussi à les remplir.d'injections par le vaisseau dorsal ou le cœur, tandis que M. Gaede n'a pu injecter que le réseau vasculaire de ia poche commune.

Nous pensons qu'on pourrait concilier ces opinions contradictoires, en considérant chaque lame pulmo-

(1) Considérai ions sur les animaux articulés, p. 0I6. — (2) Archives aile mandes d'anatomie el de physiologie , par Meckel, année 1828, pi- n, fig. 12, (3) Traité de Physiologie comparée, t. 2, p, 568.

naire comme une double poche, laissant un vide entre elles deux, dans lequel le sang pourrait pénétrer, et en admettant que la poche intérieure reçoit l'air par le vestibule commun.

Mais je sens que cette explication, conforme d'ailleurs à la description de ces organes, que j'ai faite d'après nature, aura besoin d'être confirmée par des recherches ultérieures (i).J

B. Dans les Arachnides trachéennes.

[La forme générale du corps, le nombre des pieds, l'absence des antennes, ont été considérés, par Cuvier et Latreille, comme des caractères plus importants que les différences qui existent entre les poches pulmonaires et les trachées; entre des cavités respiratrices circonscrites ou s'étendantsous forme de vaisseaux dans toutes les parties du corps. Aussi ont-ils laissé dans

(1) Nous conserverons ici en note, pour l'Histoire de la science, les seules lignes sur les organes de respiration des arancides, que M. Cuvier avait rédigées, il y a trente-six ans, pour notre première édition.

« Quelques insectes paraissent manquer de trachées, et ce sont précisément »ceux où nous avons cru apercevoir ute espèce de cœur, c'est-à-dire les arasnéicles. Il y a cependant un stigmate de chaque côté à la base de l'abdomen de » l'araignée; mais il ne donne que dans une \ésicule, qui ne paraît point fournir 7) de \ aisseaux aériens. Seraient-ce ses poumons ? el des vaisseaux sanguins ram- » peraieut-ils sur ses parois ? »

Meckel avait ajouté» eu noie, à ce texte, dans sa traduction ail ema:ide, qui est de 1810, que ce sont en effet des poumons, mais plus compliqués que M. Cuvier ne Ta cru. Il avait découvert, dans cette cavité, un am: s d'environ vingt feuillets triangulaires, d'un blanc jaunâtre, qu'il compare aux lames branchiales des crustacés, et il en a^ait conclu que les arauéides forment une classe intermédiaire entre ces derniers et les insectes. Il avait vu la même structure dans Yaraignù diadème et dans plusieurs espèces de scorpions.

a même classe les Arachnides pulmonaires et les Arach n ides ira c hé en n es .

Nous ne faisons qu'indiquer ici l'existence des trachées dans ces animaux, nous réservant de décrire ces vaisseaux aériens respirateurs en parlant de ceux des insectes.

Les Galéodes , parmi les faux scorpions, ont un grand orifice trachéen ou stigmate de chaque côté du corps, entre la première et la seconde paire de pieds.

Les Pycnogonides, qui constituent la deuxième famillle de cet ordre, n'ont pas de trachées connues, ni de stigmates. Aussi les regarde-t-on comme des crustacés.

Dan s la troisième famille des Arachnides trachéennes , celle des Holètres, on a bien constaté l'existence des trachées chez les faucheurs , parmi les Phalangiens, qui forment la première tribu de cette famille.

Les deux stigmates de leurs troncs principaux sont cachés par la hanche des pieds postérieurs. On voit ces deux troncs porter de là leurs ramifications dans toutes les parties.

La seconde tribus des Holètres, celle des Acarides, qui répond à la famille des Acariens de D'igks, comprend des animaux qui vivent dans l'air, qui pullulent dans toutes sortes de substances, ou sur le corps d'autres animaux, ce sont les A acar ides propres. D'autres, les Hydra-chneltes , sont essentiellement aquatiques, et cherchent leur nourriture dans l'eau, où ils se multiplient.

Cependant les uns et les autres paraissent avoir des trachées, ou des vaisseaux respirateurs contenant de l'air, autant du moins que l'extrême petitesse de ces

468 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANI.M. ARTICULÉS.

animaux a permis de les découvrir. Les principaux troncs de ces vaisseaux aériens ont de même leur embouchure à la surface du corps.

Ainsi, parmi les Acarides propres, G. R. Treviranus a décrit deux stigmates sous-abdominaux dans une espèce à'ixode (acarus nigua, De Géer). Ils sont percés assez en arrière de la dernière paire de pattes, et ils aboutissent chacun à un tronc de trachées qui se ramifient dans tout le corps (1). Ces mêmes stigmates avaient été reconnus, vers le milieu du corps, dans d'autres espèces de ce genre par De Géer et Lyonet (2).

Parmi les Hydrachnelles, Dugès a vu une couche de trachées sous la peau transparente de Yatax lutescens. Ce perspicace investigateur des acaridiens décrit, en général, les trachées des hydrachnelles comme filamenteuses, argentines et nacrées par l'air qui les remplit, provenant de deux troncs principaux ayant leur embouchure sur les flancs (3). Ces stigmates seraient recouverts par une plaque percée en écumoire. Dans d'autres cas il y en aurait deux paires qui apparaissent comme des points. La paire postérieure, plus sûrement déterminée, est derrière les hanches; l'antérieure serait plus avancée que les yeux (4). ]

(4) Sur la structure de Vacants nigua , De Géer. Journal de Pkyslologie , par F. Tiedemann, etc., t. iv, prem. cahier, Heidelberg, 1831. — (2) Voir les Mémoires posthumes de ce dernier. Mémoire du Muséum de Paris, t. xun, pi. 5, fig. 5, c. c.

(3) Physiologie, t. 2, p. 549.

(4) M. Dugès, deuxième Mémoire sur les Acariens. Annales des Science' Naturelles , 2e série, t. i, p. 147, 150, 155 et 163.

§ II. Du mécanisme de la respiration dans les

Arachnides.

[Nous ne pouvons, dans l'état actuel de la science, qu'indiquer, pour ainsi dire, le sujet de ce paragraphe, n'ayant pas des données suffisantes pour le traiter spécialement et en détail.

Sans doute, pour les arachnides trachéennes, ce mécanisme est le même que dans la classe des insectes, au sujet de laquelle nous aurons l'occasion de le décrire.

Cependant nous devons faire remarquer ici que les hydrachnés, qui vivent la plupart du temps submergés, ou ne respirent l'air en nature à la surface de l'eau que de loin en loin, possèdent la faculté de le séparer de ce liquide aéré, par leurs très-fins stigmates, et peutêtre aussi, comme le pense Dugès, par les pores de leur peau.

Ce sont les muscles sous-cutanés qui dilatent ou resserrent les parois mobiles de leur corps, qui doivent attirer, dans les trachées des Arachnides trachéennes le fluide respirable, et l'en expulser, en dilatant ou en resserrant la cavité viscérale.

Le même mécanisme doit servir à faire entrer l'air dans la poche respiratrice des Arachnides pulmonaires, cette poche ayant des parois molles qui ne peuvent que suivre tous les mouvements des viscères de la grande cavité avec lesquels elles sont en contact, ou en rapport mmédiat. ]

470 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.

ARTICLE III

Des organes de la respiration dans la classe des Insectes.

Nous avons déjà dit plusieurs fois que dans les Insectes, c'est l'élément ambiant, l'air qui, se distribuant par une infinité de canaux, va exercer son action sur tous les points de l'intérieur du corps.

Ces canaux ont reçu le nom de trachées, à cause de leur analogie avec la trachée-artère des animaux à poumons. Leur structure est singulière; leur tube est assez généralement composé de trois membranes très-évidentes, une interne [que l'on peut comparer à la muqueuse des bronches des animaux supérieurs], et l'autre externe, de nature celluleuse. L'intermédiaire est formée d'un fil élastique [plat ou rond, suivant les espèces], d'un beau brillant métallique, se roulant en spirale ou en tire-bourre, et pouvant se dérouler pour peu qu'on y mette d'adresse. De cette manière, les parois de la trachée se soutiennent toujours, et le passage de l'air n'y est point obstrué.

[Ce fil, dont l'analogie avec celui qui forme les trachées des plantes est manifeste, peut encore être justement comparé aux cerceaux cartilagineux qui entrent dans la composition delà trachée-artère, ou des bronches , des trois classes supérieures des vertébrés ; et si Ton se rappelle que nous avons montré, en parlant de cette composition, que ces cartilages se développaient dans une membrane fibreuse ou fibro-élastique, qui constitue proprement la base, la charpente de ces

ART. Fil. DANS LES INSECTES &1 i

canaux; on sera disposé à admettre une semblable membrane dans les tubes aériens des insectes, et même dans les parois de leurs capacités aériennes vésiculeuses, dont il va être question. ]

Toutes les trachées n'ont pas de fil élastique dans toute leur longueur. Il y en a que je nomme trachées vésicu/aires j qui se dilatent d'espace en espace pour former de petites vessies purement membraneuses, et dépourvues, le plus souvent, de ce soutien élastique.

[jCes dernières ne seraient composées que de deux membranes, une interne et l'autre externe. Cependant, comme il se développe des demi-cerceaux dans celles qui acquièrent le plus de volume (1), on doit supposer, dans ce cas, une membrane iibro-élastique dans laquelle cette formation a lieu. Qu'il me soit permis de présumer à priori, en attendant une démonstration intuitive, que cette membrane moyenne existe toujours, et qu'il n'y a de différence que relativement à son activité nutritive; faible, quand elle ne compose ni cerceaux, ni fil élastique; plus prononcée, quand ces corps durs se forment dans son épaisseur. Cette unité de composition dans les tubes aériens de toutes ces classes est très-probable.

ÎNous verrons, dans les détails de nos descriptions, qu'on a reconnu dans certaines parties des trachées, ou dans les plus grandes poches pneumatiques, des faisceaux ou des couches musculeuses.]

(4) M. Marcel de Serres appelle côtes ces demi-cerceaux, et les a décrits dans les poches pneumatiques des Truocalcs, etc. Sur les usages du vaisseau dorsal, etc. Mémoires du Muséum de Paris, t . iv, p. 345.

472 XXXe LEÇON. 9ECT. II. RESPIRAT. DI5S ANJM. ARTICULES.

Les trachées des larves à métamorphose complète ne ressemblent pas toujours à celles des Insectes parfaits; les différences à cet égard vont même quelquefois à un point plus étonnant encore, s'il est possible, [que celles des autres organes.

Toutes les larves ont des trachées tabulaires ; mais nous verrons beaucoup d'insectes parfaits qui ont des trachées vésiculaires, qui sont même pourvus d'espèces de vessies natatoires, lorsqu'ils vivent dans l'eau (les nèpes), ou de poches pneumatiques considérables., lorsqu'ils sont destinés à se transporter au loin dans les airs avec un corps dont la pesanteur spécifique devait être allégée à cet effet; tels sont les truxalcs.

Les deux systèmes respiratoires, dont l'un est uniformément constitué par des tubes cylindriques, ramifiés dans toutes les parties du corps; dont l'autre est composé de ces tubes, dont les ramifications sont plus ou moins interceptées par des poches pneumatiques, par des vessies ou des vésicules, quelquefois à peine perceptibles à l'œil nu; ces deux systèmes, dis-je, montrent non-seulement des degrés différents dans la respiration, mais encore une fonction différente à remplir. Celle-ci consiste à diminuer la pesanteur spécifique de l'insecte dans le vol ou la natation.

Les détails dans lesquels nous allons entrer nous confirmeront dans l'existence réelle de ces rapports intéressants.

La disposition générale des trachées tabulaires présente deux grandes différences.

Dans l'une, il y a autant de systèmes trachéens que de stigmates. Une sorte de trachée-artère fort courte, avec ses bronches, se ramifiant et décroissant jusqu'à

ce qu'elles deviennent plus que capillaires, forme comme un poumon de mammifère, dépouillé de vaisseaux sanguins. Il y a donc dans ce cas autant de poumons indépendants, que d'embouchures respiratrices (c'est le cas, entre autres, des glomeris, etc., etc.).

Le plus souvent les arbres respirateurs symétriques, ouverts du même côtéy ont des branches de communication, soit transversales, soit longitudinales, qui font un ensemble de toutes ces parties, séparées seulement à leur naissance dans les stigmates; de sorte que l'air respirable qui entre par un stigmate, peut se répandre dans tout le système aérien intérieur, et qu'une grande partie de ces embouchures pourrait être oblitérée momentanément sans danger pour la vie.

Les trachées communiquent au dehors par de petits trous, [ou par des ouvertures plus sensibles,] percées de chaque côté du corps, [dans un organe distinct et de structure assez compliquée,] et nommé stigmate ; ou quelquefois par un ou deux tuyaux [qui se prolongent plus ou moins à l'extérieur, depuis le dernier anneau du corps. ] Ce dernier cas est celui des Insectes purement aquatiques, [qui viennent par intervalles respirer l'air atmosphérique à la surface de l'eau. C'est encore ce qui a lieu chez les larves dont le corps est enfoui dans des substances irrespirables; elles avaient également besoin d'un appendice conducteur de l'air respirable, qu'elles prolongent à volonté hors de ces substances, jusque dans l'atmosphère, ou jusque dans une voie de communication avec ce grand réservoir de la vie (1).

(1) Tel est le cas des larves à'ocyptères , dont nous parlerons dans le paragraphe des Diptères ; elles placent leur tube respirateur dans un stigmate de l'insecte dans le corps duquel elles vivent.

474 XXXe LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULES.

D'autres larves aquatiques ne sortent pas de l'eau pour respirer. Elles ont des organes que les uns appellent branchies, les autres fausses branchies, que nous désignerons par la dénomination de branchies-pneumatiques. Telles sont les larves et nymphes des aesknes et des libellules proprement dites, parmi les Demoiselles, qui ont dans le rectum un appareil particulier pour cet objet. Tel est le genre agrion de la même famille, qui a des feuillets respirateurs extérieurs, suspendus à l'extrémité de l'abdomen. Telles sont les larves d'éphémères^ de scmblideSy qui ont de semblables feuillets rangés symétriquement de chaque côté des anneaux de l'abdomen. Telles sont les larves des Perfides, des PUcipemies, qui ont un appareil semblable formé de vésicules simples ou ramifiées.

Tous ces organes, placés en dehors ou dans le rectum, sont essentiellement composés de ramuscules trachéens en communication avec les troncs intérieurs principaux, et recevant des membranes qui les enveloppent, dans les parois desquelles ils rampent, l'air que ces membranes prennent dans l'eau, comme de véritables branchies. Mais ces organes diffèrent essentiellement des branchies, en ce qu'ils n'ont qu'une partie delà fonction de la respiration, celle de s'emparer du fluide respirable et de le faire passer dans ses. réservoirs intérieurs. En effet, ils ne renfermentpas le fluide nourricier ; et ce n'est pas dans leur mécanisme qu'a lieu immédiatement la respiration proprement dite, ou la combinaison de l'air respirable avec le sang. Ils absorbent cet air respirable, le versent et le renouvellent dans ses réservoirs, dont les ramifications le distribuent, dans l'intérieur des parties où la respiration s'opère, comme dans le cas le plus général parmi les insectes.

Nous allons parcourir successivement les organes de la respiration dans tous les ordres de la classe, et dans les familles les plus remarquables, lorsque nous aurons à signaler, dans ces derniers groupes, des particularités intéressantes. INous étudierons successivement, d'après le plan général que nous avons adopté, r l'appareil de la respiration ; 20 son mécanisme.

En considérant d'abord cet appareil en lui-même, et indépendamment de*son mécanisme, nous aurons à décrire, dans chaque ordre : i° les capacités aériennes qui portent l'air respirable dans toutes les parties, ou l'appareil de la respiration interne; 2° les voies par lesquelles cet air respirable pénètre dans ces capacités, ou les organes externes de la respiration. Ces derniers organes font partie , à la vérité , du mécanisme de cette fonction ; mais comme, d'un côté, ils ne constituent pas tout ce mécanisme; que de l'autre, ils sont intimement liés avec l'appareil interne de la respiration, nous n'avons pas dû séparer leur histoire.

Enfin, nous examinerons successivement, et comparativement, chacun des appareils interne ou externe de Ila respiration, dans les larves et les nymphes et dans l'Insecte parfait, toutes îes fois qu'il y aura des différences importantes à indiquer. ]

§ I. Des organes proprement dits de la respiration.

A. Dans les Myriapodes.

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