‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 123 sur 141 · XXXI* LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES · texte numérisé non relu

XXXI* LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES

[On a signalé, dans ces derniers temps, une autre différence très-remarquable, entre les trois classes des ovipares et celle des mammifères, relativement à l'origine et à la distribution des veines sanguines de leurs reins, qui s'y diviseraient comme la veine-porte dans le foie. Nous en avons parlé (t. vi, p. 243-^63, passim) et nous fixerons de nouveau, dans cet article, l'attention du lecteur sur cet arrangement organique et fonctionnel. ]

A. Dans l'homme.

a. Position, volume et forme générale des reins. Ils sont fixés dans l'abdomen, de chaque côté de la colonne vertébrale, et comme plongés dans un tissu cellulaire graisseux, de manière que le droit, pressé par le foie, descend un peu plus que le gauche, qui a particulièrement au-dessus de lui l'estomac et la rate. On a justement comparé leur figure à celle d'un haricot ; leur bord interne présente une échancrure ou un sinus dans lequel s'introduisent les vaisseaux sanguins et les nerfs. Le péritoine recouvre seulement d'une manière lâche leur face extérieure, mais ne les enveloppe pas.

b. Composition organique des reins. Ils sont enveloppés par une membrane propre, blanche, demitransparente, de nature fibreuse, qui adhère fortement à leur surface. On y distingue deux sortes de substances : l'une, appelée médullaire, forme sept, huit ou neuf cônes à base convexe, dont les sommets convergent dans l'échancrure du rein, où ils sont détachés l'un de l'autre, et figurent autant de mamelons; elle

est pâle dans ces derniers, et rouge dans le reste de son étendue. On y remarque un grand nombre de stries blanchâtres, qui vont en divergeant des mamelons vers la circonférence de chaque rein.

L'autre substance, plus rouge, formant l'extérieur des reins, porte le nom de corticale ; elle pénètre même entre les cônes de la médullaire. Le défaut de stries, dans la première, et la différence de nuance, séparent d'une manière assez tranchée ces deux substances.

c. Vaisseaux sanguins et lymphatiques , et nerfs des reins. Chaque rein reçoit de l'aorte une artère considérable (rarement deux, et plus rarement trois), qui s'en détache à angle droite parvient bientôt dans les sinus, s'y divise en plusieurs branches, qui s'introduisent dans la substance des reins, et dont les rameaux et les ramuscules vont toujours en se divisant jusque près de leur surface. Quelques-uns percent cette surface et se terminent dans la graisse qui les recouvre. Ces ramuscules ne s'anastomosent pas entre eux ; ils ont une marche plus droite dans la substance tubulée, tandis que dans la corticale ils sont très-flexueux et comme roulés en petits pelotons.

Les veines diffèrent des artères en ce que leurs ramuscules s'anastomosent fréquemment entre eux, et forment d'abord un réseau remarquable à la surface de chaque rein. Leurs principales branches se réunissent toujours en une seule , placée dans l'échancrure au-devant de l'artère , et qui se rend dans la veine cave.

Les vaisseaux lymphatiques des reins sont très-nombreux. Ces organes reçoivent leurs nerfs du plexus rénal ; ils accompagnent leurs artères.

d. Structure intime des reins. Les derniers rauius-

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cules des artères se changent en partie en veines et se terminent, pour l'autre partie, dans les conduits urinifères (1).

C'est dans la substance corticale que ces changements ont lieu. Entrelacés avec les petits pelotons des ramuscules artériels [les corpuscules de Malpighi et le réseau capillaire sanguin], les conduits urinifères y sont extrêmement fins et flexueux ; ils grossissent dès qu'ils sont arrivés dans la substance tubuleuse, se réunissent successivement en avançant de la circonférence au centre, composent des faisceaux qui dessinent les stries qu'on y remarque, et se terminent par plusieurs orifices béants dans la petite fosse qui se voit au sommet de chaque mamelon.

[ La structure intime des reins de l'homme et des mammifères, ainsi que celle des autres classes des vertébrés, est bien mieux connue qu'à l'époque de la rédaction précédente (faite en i8o5). C'est surtout à Huschke (2) et à J. Muller (5) que la science est redevable des principaux progrès qu'elle a faits à cet égard. Ces anatomistes sont parvenus, entre autres, à démontrer que les tubes urinifères ne" communiquent pas dans les polotons vâsculaires artériels qui constituent les corpuscules de Malpighi.

Ces tubes naissent comme de petits cœcums , simples ou bifurques à la surface ou près de la surface

(1) Je laisse subsister ce texte de mon ancienne rédaction, qui exprime l'opinion de Ferrem, soutenue encore par des anatomistes d'un grand mérite, tels que M. Bcrrès , etc. ; tandis que M. Huschhe, J. Muller , etc., pensent démontrer que les artères ne se terminent pas dans les conduits urinifèRes.

(2) Tiedemann und Treviranus Zeitschrlft. Bd. IT. — (3) De Glandularum sçcernenlium Structura p&nitiori, Leipsig, 4835.

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de la substance corticale, le plus ordinairement sans dilatation à leur origine. Us sont plus ou moins flexueux dans toute l'étendue de la substance corticale chez l'homme et la plupart des mammifères, ou seulement près de sa surface (dans le rein du cheval) (1).

En passant de la substance corticale dans la substance tubuleuse ou médullaire, ils se redressent peu à peu , de sorte que dans cette dernière partie du rein ils sont dirigés, comme les rayons, de la circonférence au centre, c'est-à-dire dans le mamelon où ils ont leur embouchure. Dans leur marche concentrique, ils se réunissent successivement, dichotomiquement, ou par deux ramuscules qui forment un rameau ; par deux rameaux qui forment une branche, etc.

Ils sont séparés, jusque dans la substance corticale, par faisceaux assez distincts, comprenant les tubes qui appartiennent à chaque mamelon, et qui viennent s'y terminer. Ce sont les ramifications des vaisseaux sanguins qui les séparent ; ces ramifications forment partout des réseaux, par leurs nombreuses anastomoses ; mais entre les cônes de la substance tubuleuse celles-ci sont moins fréquentes et les mailles des réseaux plus allongées. C'est plus particulièrement le réseau capillaire de la substance corticale dont les ramuscules artériels qui sortent des pelotons ou des corpuscules de Malpighi font partie, qui est, avec les tubes urinaires d'origine, le siège de la sécrétion du rein. Ces pelotons ou corpuscules de Malpighi , qui s'injectent facilement par les artères, sont composés de

(1) JblU. , pi. xiv, fig. 9.

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ramuscules artériels repliés sur eux-mêmes et se continuant ensuite dans le réseau capillaire sanguin de cette substance (1).

Les tubes urinifcres des reins de Yhomme ont dans les papilles 0,01 455 p. p. ; au milieu de la substance médullaire, 0,00489 p. p. ; dans la substance corticale, de o, 00140 — 0,00188 p.p. Ces conduits urinifères sont aux corpuscules de Malpiglri, relativement à leur diamètre, comme i-5. Le diamètre des plus petits vaisseaux. sanguins des reins de l'homme est de 0,00037 p.p. — o,ooo58; celui des corpuscules de Malpighi 0,00700 , de sorte que ces corpuscules sont i3- 18 fois plus grands. Ces mesures sont de M. Jean Muller. ]

e. Uretère ou canal excréteur des reins. Un ou plusieurs mamelons sont embrassés par une gaine membraneuse de forme conique , que l'on appelle calice ou entonnoir ; chaque rein a de cinq à huit de ces entonnoirs, qui se réunissent dans son sinus pour former un réservoir commun, ou bassinet. L'urine passe de ce dernier dans l'uretère, canal également membraneux, qui descend le long des lombes, pénètre dans le bassin, se glisse derrière la vessie urinaire, perce obliquement son bas-fond de manière à former un pli qui permet l'entrée de l'urine dans cette vessie et l'empêche d'en sortir. Ce canal, ainsi que le bassinet et les calices, sont formés de deux tuniques : une externe, propre, forte, résistante, [en continuité avec la membrane propre des reins;] l'autre interne, muqueuse, très-mince,

(1) On aura une idée bien nette de cette structure en étudiant les fig. 1-11, aurtout la fig. m, de la pi. \x des Icônes Physiologicw% publiées par M. R. Wagner. Leipsig, 1839.

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