ART. II. DES REINS
qui tapisse leur cavité [et semble un prolongement de la membrane des conduits de Bellini].
B. Dans tes mammifères.
Les reins des mammifères sont essentiellement semblables à ceux de l'homme dans leur structure intime. Le sang s'y rend et s'en retourne par des vaisseaux analogues, qui se distribuent dans leur intérieur de la même manière. On y distingue de même deux substances, ayant la même apparence que celles des reins de l'homme ; mais ceux des mammifères présentent des variations dans leur position , leur forme , l'épaisseur relative des deux substances; le nombre ou l'absence des mamelons, d'où dépendent le nombre ou l'absence des entonnoirs et la présence ou le défaut d'un bassinet, et enfin dans leur division en reins plus petits.
Au contraire de ceux de l'homme, c'est le droit qui est toujours le plus avancé ; il dépasse quelquefois le gauche de la moitié de sa hauteur, et même davantage, et il se creuse dans la partie correspondante du foie une fossette où se loge le sommet de cette partie avancée. Leur forme est le plus souvent semblable à celle qu'ils ont dans l'homme ; cependant on les trouve à peu près globuleux dans les chats, les coatis, les tatous, etc. ; très- allongés dans le paca, le cochon, le porc-èpic ; à peu près cylindriques dans le lama; courts et triangulaires dans le cheval.
La différence la plus importante qu'ils présentent est relative à leur division. On sait que dans le fœtus humain, ils sont composés d'un nombre variable (9-17) de reins plus petits, plus ou moins distincts, dans cha-
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cun desquels on distingue deux substances, un mamelon et un calice. Ces petits reins se confondent dans l'adulte.
Ceux de plusieurs mammifères conservent dans tous les âges une division analogue ; on n'en voit, à la vérité, que des vestiges dans les reins des chats ; leur surface a quelques grandes bosselures séparées par des sillons peu profonds. Mais dans le bœuf ei Y éléphant les lobes de chaque rein ou les petits reins sont déjà bien séparés ; on en compte vingt -six à trente dans le premier, et quatre seulement dans le dernier. Ils sont bien plus distincts encore dans Yours des Alpes, la loutre commune , les Carnassiers amphibies et les Cétacés, chez lesquels leur division est telle qu'on les compare à des grappes de raisin. Ce sont, à la lettre, des aglomérations de reins plus petits, de forme polygonale, parfaitement semblables , pour la structure , aux plus grands. Dans la loutre, on en compte dix dans chaque rein ; il y en a de quarante-cinq à cinquante-six dans les ours ; cent vingt à cent quarante dans les phoques , et plus de deux cents dans le marsouin, le dauphin et le rorqual jubarie (1).
[A quelle loi cette particularité de forme est-eîle soumise ? Ce qu'il y a de plus évident, c'est son rapport avec le séjour dans l'eau ; puisqu'on l'a observée chez tous les mammifères aquatiques monodelphes , dont les reins ont paru d'ailleurs plus grands, à proportion, que chez les mammifères terrestres. Uornithorhynque, parmi les mammifères marsupiaux aquatiques , ne les a pas divisés. Le volume absolu semblerait aussi
(1) D'après J. limiter ; Trav-*, Phi/os, pour 1787.