ART. II. DES REIJN'S
avoir quelque influence, aucun petit mammifère terrestre n'ayant les reins divisés à 1 état adulte ; tandis que quelques-uns des grands mammifères terrestres conservent, dans ce dernier état, les divisions de l'embryon.]
Dans plusieurs animaux (le lion, le bœuf) les reins ont, au lieu d'une échancrure, une fosse, plus ou moins profonde, à leur surface inférieure, creusée près de leur bord interne, et qui sert au même usage que la première, c'est-à-dire qu'elle renferme le bassinet ou le commencement de l'uretère, et que c'est par elle que sortent ou entrent les vaisseaux sanguins. Dans les phoques cette fosse est placée dans l'épaisseur du bord interne ; c'est une simple fente dans le dauphin et le marsouin.
Nous verrons bientôt que dans les animaux dont les reins sont très-divisés, ce sinus n'est plus exclusivement le rendez-vous commun des vaisseaux sanguins et excréteurs.
Les limites des deux substances sont généralement bien tranchées ; cependant cela n'a pas lieu dans Vêlép liant ; la substance de chaque rein, extrêmement molle, contre l'ordinaire, présente des stries blanchâtres qui vont en divergeant; des mamelons vers la circonférence se perdent à peu de distance de la surface, et forment le seul caractère apparent propre à distinguer la substance corticale de la médullaire.
[M. J. Muller n'a vu les tubes urinaires devenir flexueux que vers la surface du rein du cheval. En rapprochant cette observation de la précédente, nous sommes disposés à regarder la substance corticale comme très-mince dans l'un et l'autre cas. ]
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Il paraît en effet que les deux substances n'ont pas toujours la même épaisseur relative. La corticale, par exemple, n'avait que le tiers du diamètre transversal du rein, compris entre l'échancrure et le point opposé de sa surface, dans le tigre, le sarigue; cette mesure était réduite au quart dans Yalouatte, à un septième dans Yichneumon; elle était d'un demi dans les coatis, les phalangers , le daman , etc. Elle avait presque cette proportion dans les petits reins de Vours.
La substance médullaire ne se termine pas constamment par des mamelons. Il est des animaux chez lesquels la surface qui transsude l'urine, s'il est permis de s'exprimer ainsi , au lieu de former une ou plusieurs saillies semblables, est au contraire unie et concave. Tels sont les chats, les chiens , les phalangers, les tatous, etc. Cette disposition ne change rien à la structure de cette partie, qui est toujours plus pâle que le reste.
On ne trouve souvent qu'un seul mamelon, le tenrec, les coatis, Y orang-outang, le cahitriche (d'après M. Owen et Martin); beaucoup de Rongeurs, entre autres Yécureuil, le lièvre, le cochon d'Inde, le capromys (d'après M. Owen ) ; dans le daman parmi les Pachydermes. Il y en a deux dans quelques rats ; on en compte un pour chaque petit rein dans les ours , la loutre commune , les phoques, les Cétacés. Il n'y en a que trois dans Yéléphant. 11 y en a quatre dans Yéchidné ; cinq dans le hérisson.
L'existence des calices ou des entonnoirs est subordonnée, jusqu'à un certain point, à celle des mamelons et à leur nombre. Lorsqu'il n'y a qu'un mamelon, ou qu'ils manquent entièrement, le bassinet se trouve confondu avec le seul calice qui pourrait exister. Il embrasse tout le contour de la surface qui transsude
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l'urine, et envoie dans la substance du rein des prolongements plus ou moins nombreux, qui sont trèsdistincts jusqu'à la corticale. Dans ce cas, le bassinet ne se voit pas hors du rein ; il présente dans son milieu l'embouchure de l'uretère ; c'est ce qui se voit très-bien dans les chats. Dans Yéchidné , on trouve de même le bassinet confondu avec les calices, quoique les reins aient quatre mamelons. Dans les ours, la loutre commune, les phoques, etc. , il y a autant d'entonnoirs ou de calices que de petits reins ; ils se réunissent successivement en troncs qui se confondent en un réservoir ou en un bassinet. On n'en compte que trois dans Yéléphant, dont les deux antérieurs forment un premier canal , auquel vient bientôt se joindre le troisième. II. n'y a donc point de bassinet.
Quant à l'uretère, il a généralement la même direction, la même marche et la même terminaison. Sa structure, son diamètre et sa longueur proportionnés paraissent également constantes.
Le marsouin et le dauphin manquent de même de bassinet ; l'uretère semble commencer dans le sinus par la réunion des branches que fournissent les calices antérieurs ; il se porte de là jusqu'à l'extrémité postérieure du rein par où il sort, et grossit à mesure qu'il reçoit des branches d'autres petits reins , entre lesquels il reste enfoncé pendant ce trajet ; il est accompagné par une branche principale de l'artère rénale, qui diminue de diamètre à mesure qu'elle se porte en arrière, en donnant des rameaux aux petits reins.
En général, dans tous ces reins extrêmement divisés, ceux des ours, de la loutre s des Carnassiers amphibies, des Cétacés, toutes les branches des artères rénales ne
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s'y introduisent pas par le sinus ; plusieurs d'entre elles vont au contraire par un chemin direct aux petits reins auxquels elles sont destinées. 11 en est de même des veines ; les dernières ont dans les chats une disposition remarquable : sept ou neuf branches principales remplissent, en partie, les sillons qui séparent les bosselures qui se voient à la surface de chaque rein, et vont en convergeant et en augmentant de diamètre dans le sinus, où elles se terminent dans le tronc de la rénale. Ces veines ressemblent aux sinus cérébraux ; leur canal présente, du côté du rein, un angle criblé d'orifices des veines qui s'y rendent de l'intérieur de cet organe.
Tels sont à peu près les particularités les plus remarquables que les vaisseaux sanguins des reins nous ont offertes, dans les mammifères.
Position, forme, grandeur relative, couleur. Les reins des oiseaux diffèrent, à beaucoup d'égards, de ceux que nous venons de décrire. Ils sont logés à la même hauteur, derrière le péritoine, [immédiatement en arrière des poumons et dans les régions lombaire et pelvienne], où ils occupent plusieurs fosses creusées le long de la face supérieure du bassin. Leur forme est assez irrégulière, plus ou moins allongée., dépendante des os et des autres parties contre lesquelles ces organes sont appliqués et se moulent pour ainsi dire.
[ Dans beaucoup d'oiseaux cependant on peut y reconnaître trois parties, plus ou moins séparées par des scissures. Nous appellerons iléo-lombaire la portion la plus avancée , à cause de sa position constante dans
cette région ; c'est assez souvent la plus large. La moyenne est la plus étroite ; elle se contourne dans la région iléo-saçrée pour entrer dans le bassin. La postérieure s'y trouve enfoncée; elle est de nouveau plus large. Nous désignerons ces deux dernières par les dénominations de pelvienne antérieure ou supérieure, et de pelvienne inférieure ou profonde. Ces portions pelviennes ont souvent leur bord interne et supérieur échancré par une série de scissures transversales, produites par la saillie des apophyses transverses des vertèbres sacrées ; absolument comme les poumons, par les saillies des côtes.
La forme type que nous venons d'indiquer, et qui est assez comparable, pour les deux reins pris ensemble, à celle d'un biscuit, peut être modifiée de bien des manières, ou même tout-à-fait changée; sans doute par suite de modifications et changements correspondants des lombes et du bassin.
Ces différences, bien appréciées, pourraient aider à reconnaître le genre et même l'espèce à laquelle tels reins ont appartenu, ou contribuer à caractériser ces groupes.
INous citerons quelques exemples de ces différences :
Dans le vautour brun la portion lombaire est trèslarge ; elle est réunie à la pelvienne supérieure, qui est très-étroite en arrière et repliée en dehors ; l'une et l'autre forment ensemble une massue La pelvienne profonde est détachée de la précédente, irrégulièrement globuleuse, profondément échancrée en avant, et presque aussi grande que la première.
Dans le sarcoram/'he royal, au contraire, cette portion pelvienne est contiguë et adhérente à la pelvienne supérieure , également plus étroite que les deux autres.
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Si Ton examine les reins de Yaigle commun par leur face dorsale, en même temps que les poumons, on trouve qu'ils occupent, dans le tronc du squelette, un plus long espace que ces derniers ; qu'ils sont composés de trois lobes bien distincts, à peu près d'égale grandeur, et que le dernier lobe est régulièrement échancré par son bord supérieur et interne, à peu près comme celui des poumons.
Le milan commun a de nouveau les reins de cette forme, que nous appellerons en massue, dans laquelle le lobe antérieur est très-grand et se continue avec le lobe moyen, qui est beaucoup moins large. La portion postérieure reprend presque la largeur de la première. Les lobes pelviens sont d'ailleurs sous-divisés en lobules.
Le merle, parmi les Passereaux, a la portion lombaire de ses reins large, courte et massive; les deux pelviennes ont des scissures à leur bord interne ; l'antérieure est très-petite.
Dans le gros-bec commun, ces trois portions sont contiguës, à peu près de même largeur; leur ensemble forme un rectangle' allongé , plus long que les poumons, auxquels les reins aboutissent.
Cette forme rectangulaire, aplatie en dessous, continue, sans division bien distincte, est très-ordinaire dans cet ordre. Ainsi, le padda (loxla orizivora) a les reins aplatis en dessous , de forme rectangulaire et sans divisions.
Cependant le tisserin lacté a ses reins un peu en massue par la plus grande largeur de la portion lombaire et la saillie qu'elle forme en dehors. Les trois portions sont continues, sans scissure.
Dans le geai, ils ont encore plus sensiblement la forme en massue par le gros volume et la saillie en dehors de la partie lombaire ; la pelvienne superficielle est étroite et courte ; la pelvienne profonde est plus large.
Les deux formes que nous venons de signaler parmi les passereaux se retrouvent chez les Grimpeurs.
Le pic-vert, d'un côté, a les trois portions de ses reins confondues, ou du moins réunies, en un parallélograme, à face inférieure unie. Le perroquet vasa, de l'autre, a des reins en massue, à peu près comme ceux du geai, sauf que les portions pelviennes y sont plus longues et plus développées, proportionnément à la partie lombaire.
Parmi les Gallinacées, je trouve trois lobes arrondis bien distincts, dont le dernier est cependant le plus grand, dans le hoeco [crax alector), qui commence à peu près la série de cet ordre, et dans le pigeon couronné, qui la finit.
Dans une pênélope femelle , les deux portions pelviennes forment un triangle très-allongé, à surface découpée en dessus, dont le sommet vient joindre la portion lombaire courte et large.
Le coq de bruyère a le lobe pelvien inférieur le plus grand, comme cela est assez général dans cet ordre, et le lobe pelvien supérieur étroit et sous-divisé en lobules.
Cependant le lobe lombaire est plus grand dans la pintade que le pelvien postérieur.
Les gangas ont les reins d'une forme toute particulière ; leur portion lombaire est petite, bien séparée du reste et n'en paraissant qu'une partie accessoire. Les portions pelviennes supérieures des deux reins, petites et triangulaires, et les pelviennes profondes beaucoup plus considérables , sont presque confondues en une
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seule masse ; elles figurent ensemble un polygone irrégulier, ayant dans le milieu deux séries de sillons transverses.
Parmi les Echdssiers, nous devons distinguer, en premier lieu, les Brévipennes , dont les reins ont leurs trois portions peu séparées. Dans l'autruche, la portion lombaire est petite et rhomboïdale , la pelvienne supérieure étroite et longue, la pelvienne profonde beaucoup plus large et assez longue. La masse des reins est profondément divisée en un grand nombre de lobules très-distincts, réunis par un tissu cellulaire lâche. On dirait, à voir leur surface, que la substance du rein se compose de couches ou de lames irrégulières s'enchevètrant les unes dans les autres; sous d'autres aspects, ce sont comme des circonvolutions cérébrales. 11 y a donc ici, dans l'adulte, la même apparence de structure observée dans les reins des embryons ou des trcs-jeunes oiseaux, et qui disparaît généralement avec l'âge.
L'outarde a les reins petits ; les trois lobes bien séparés, et les postérieurs plus grands.
Ceux de la grue sont très-allongés, très-étroits dans leur partie moyenne, et divisés en lobules dans leurs portions pelviennes. Ils sont moins allongés, et leur portion lombaire est plus large chez Yolseau royal.
Dans la cigogne à sac , les reins ont une forme courte et ramassée ; les portions pelviennes en forment la trèsgrande partie ; la pelvienne antérieure est sphérique, et se continue avec la postérieure, qui est triangulaire ; en avant de la première est une petite sphère que je regarde comme la portion lombaire, sans l'avoir vue en place.
La spatule a ses deux reins contigus et leurs trois
portions presque confondues ; la pelvienne profonde se distingue cependant par sa plus grande masse et par sa largeur, et la pelvienne superficielle, parce qu'elle répond à la partie éehancrée ou la plus étroite de ces reins; elle n'a, réunie à la lombaire, guère plus de longueur que la pelvienne profonde.
Je citerai immédiatement, parmi les Palmipèdes, une forme opposée à la plupart de celles que je viens de décrire dans les deux ordres précédents. C'est celle des reins d'un manchot (le manchot bleu ou le grand manchot) , qui sont rapprochés en arrière, plus séparés en avant, sans portions distinctes, larges et arrondis en avant et en dehors ; se courbant en S par leur bord externe, et se rétrécissant beaucoup en arrière. Nous avions déjà dit, dans notre ancien texte, qu'on ne distingue plus leurs lobes dans le cormoran et le pélican.
Ces exemples suffiront pour montrer combien les reins des oiseaux diffèrent dans leur forme ; quoiqu'on puisse leur assigner pour type général d'être plus larges en avant, dans leur portion lombaire et en arrière dans leur portion pelvienne profonde, et plus étroits dans leur partie moyenne; et d'avoir généralement ces trois parties plus ou moins distinctes , ainsi que nous l'avons exprimé en commençant cette esquisse générale. \
Leur masse nous a semblé plus grande à proportion que dans les mammifères, et leur consistance beaucoup moindre.
[On a voulu expliquer leur plus grand volume , par la nécessité de suppléer par la sécrétion urinaire à l'exhalation pulmonaire et à la transpiration cutanée, qui n'existeraient pas chez les oiseaux. Mais on n'a pas réfléchi que leur urine n'est que très-peu ou même pas