‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 126 sur 141 · XXXI* LEÇON. DE i/uRINE ET DES ORGANES URINA1RES · texte numérisé non relu

XXXI* LEÇON. DE i/uRINE ET DES ORGANES URINA1RES

du tout aqueuse, et que ce n'est que sous le rapport de l'eau qui entre dans leur composition que ces trois excrétions se balancent et se suppléent chez l'homme.

La couleur des reins, chez les oiseaux, est d'un rouge brun, et contraste avec celle drs poumons, à la suite desquels nous avons déjà dit qu'ils sont placés.

b. Vaisseaux sanguins. Les artères des reins viennent, pour le premier lobe de l'aorte même, et pour l'autre partie , de la fémorale.

Les veines se joignent aux fémorales pour former la veine cave , ou vont immédiatement à cette veine.

[Ce sont les premières, que nous avions bien distinguées, comme Ton voit, dans notre ancien texte, qui sont considérées par M. Jacobson comme des veines afférentes, comme constituant, pour les reins, une sorte de veine-porte (1).]

c. Structure intime des reins. On ne peut y reconnaître deux substances, quel que soit le sens dans lequel on les coupe. Aussi n'y trouve-t-on plus , comme dans les reins des mammifères, deux sortes de canaux excréteurs; car on doit distinguer, dans ces derniers, les canaux qui forment la substance médullaire, de l'uretère , qui commence proprement avec les calices. Ici ce dernier canal prend son origine dans l'épaisseur des reins à la vérité, près de leur surface, par une foule de petites racines très-déliées [ qui sont les tubes urinifères ]. 11 naît de leur rassemblement successif, des rameaux et des branches qui concourent à former et à grossir l'uretère.

(i) Voir notre t vi, p. 2li-244 et p. 265.

[iNotre manière de voir les tubes de BeUini dans les oiseaux, comme se continuant avec les uretères, dont les ramifications se changeraient insensiblement dans ces tubes, est celle adoptée par M. Huschke (mémoire cité). Ce savant pense qu'il n'y a de papilles distinctes, et conséquemment de calices, que lorsqu'il existe deux substances. Cependant il ne disconvient pas que l'on trouve, dans la classe des oiseaux, des traces de papilles.

En effet, Ferrein avait déjà démontré que, chez les pigeons, les tubes de Bellini convergent par faisceaux séparés en s'approchant de l'uretère ; qu'un certain nombre de tubes, se réunissant successivement par paire, dans chacun de ces faisceaux, semblent se terminer dans le sommet d'un cône très-petit, allongé, sorte de mamelon qu'un rameau court de l'uretère vient emboîter comme un bassinet. M. E. H. Weber a décrit cette structure dans la pintade , et M. J. Muller l'a reconnue dans le faucon (1).

Elle est sans doute plus évidente dans les grands oiseaux (2). Ainsi, Mecket a distingué dans le lobe antérieur des reins du casoar de Y Inde, des papilles et des calices.

La surface des reins, observée à la loupe, ou même à la vue simple, surtout chez les jeunes sujets, montre comme des circonvolutions cérébrales. Ce sont des lobes plissés, repliés, se terminant à cette surface par un bord un peu en relief. C'est le long de ce bord., dans

(d) Op. cit. , pi. mi, fig. 42.

(2) Archives d'Anatomie et de Physiologie, pour 4832 , p. 339.

576 XXXIe LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINÀIR1S.

ces circonvolutions, que commencent les tubes urinifères par des ramuscules en cœcum, simples ou bifurques, ou montrant dans leur trajet, à droite et à gauche, de courtes branches également terminées en culde-sac. Ces tubes d'origine sont ordinairement disposés en deux séries opposées, de chaque côté de la ligne ondulée des lobules ; Ferrein les représente dans la perdrix, comme formant beaucoup de sinuosités à la surface des reins. Suivant Huschke ils seraient plus droits.

Les principaux faisceaux de ces tubes sont séparés par le réseau vasculaire sanguin, qui montre, comme dans les mammifères, des coipuscules de Ma/pighL

11 n'y a pas plus que dans les mammifères, de communication directe entre les tubes urinaires d'origine et ces pelotons artériels, ou même avec le réseau capillaire sanguin.]

d. Canal excréteur des reins. Les rameaux de ce canal et les branches qui sortent de la partie antérieure des reins, concourent successivement à former et à grossir son tronc unique ou l'uretère, dont la structure paraît la même que chez les mammifères ; il se porte d'avant en arrière, le long de la face inférieure et un peu interne de chaque rein, en recevant à mesure les branches de chaque portion de cet organe ; puis il continue son chemin d'avant en arrière jusqu'au cloaque, à la paroi supérieure duquel il s'ouvre.

[Ordinairement il paraît à découvert, à la face inférieure des reins ; mais il peut être comme enfoui dans cet organe.] C'est ainsi que dans l'autruche, il reste caché jusqu'à l'extrémité postérieure du rein, dans un sillon profond de sa face inférieure.

[Celui du casoar a la même disposition ; à son issue du rein, il n'éprouve aucune dilatation qui formerait une sorte de bassinet. ]

D. Dans les Reptiles,

Les reins se distinguent de ceux des mammifères, et ressemblent aux reins des oiseaux, et à ceux des poissons, par l'impossibilité d'y reconnaître deux substances, et par le défaut de calice ou de bassinet.

a. Leur situation 9 leur forme, leur grandeur relative, variant dans les différents ordres, [nous allons chercher à indiquer, sous ces différents rapports, leurs principaux caractères de ressemblances ou de différences. ]

i° Ceux des Chéloniens sont très-en arrière dans la cavité abdominale, [dont ils occupent une très-petite partie, en se portant plus loin dans le bassin. Dans cette position reculée, ils peuvent encore avoir au-dessus d'eux une partie des poumons (dans la tortue marquetée, testudo tabulata , Walb.) (1), ou bien se montrer immédiatement après eux, comme chez les oiseaux ( la chèlonè caret. ) ]

Leur forme est courte et ramassée [ovale, prismatique ou plate et triangulaire, avec l'angle tronqué et arrondi (la chèlonè caret est dans ce dernier cas ).

On les trouve très-divisés, du moins dans leurs deux faces ; car tous les lobules se réunissent au centre.

(4) Voir la pi. 2 de» Reptiles que j'ai publiée dans la nouvelle édition du Régne aninal , où la plupart des riscères de cette espice, et non de la tortue couï, comme la souscription le porte par erreur, ont éié représentés en position.

mm ')H

Page 1