‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 2)Chapitre 97 sur 141 · DANS LH0MA1E ET DANS LES MAMMIFÈRES · texte numérisé non relu

DANS LH0MA1E ET DANS LES MAMMIFÈRES

télés postérieurs supérieurs [dorso-costiens) ; tous décrits dans l'art, iv de la troisième leçon (t. 1, p. 5i5 et suivantes ).

Dans les fortes inspirations , ces muscles agissent avec plus d'énergie et d'effet ; ils développent plus sensiblement les parois de la poitrine , aidés alors par d'autres muscles; les grands dentelés (scapulo-costiens) , et les grands et petits pectoraux [sterno-costiens et costocoracoïdiens), dont l'action, dans les efforts, peut se porter sur la poitrine, lorsque l'extrémité antérieure est immobile.

c. Du mécanisme de l'expiration.

Il n'est point, comme celui de l'inspiration, entièrement hors des poumons, et dépend encore de l'organisation de ces viscères.

La portion de ce mécanisme qui est hors des poumons, est due principalement aux muscles du basventre, qui sont, à cet égard, les vrais antagonistes du diaphragme. Leur action alterne en effet avec celle de ce muscle; lorsqu'il a refoulé en bas et en dehors les viscères abdominaux pendant l'inspiration, les muscles de l'abdomen compriment, à leur tour, ces viscères , les repoussent avec le diaphragme, vers la poitrine, dont ils diminuent la cavité, et produisent ainsi l'expiration ou l'expulsion de l'air des poumons.

Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit de ces muscles, leçon troisième, art. iv. Leur action est tellement importante dans l'expiration , comme celle du diaphragme dans l'inspiration, que c'est particulièrement par le gonflement et la contraction alternative

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du ventre, produit par ces deux puissances, que l'on juge , dans les mammifères comme dans l'homme , des mouvements de la respiration.

D'autres puissances accessoires servent encore à l'expiration , et en composent le mécanisme.

i° L'élasticité des côtes mise en jeu dans l'inspiration par les muscles releveurs ; dès que ces muscles cessent de se contracter, les côtes qu'ils ont relevées , et dont ils ont ouvert les arcs, reprennent, par cette force, leur état naturel, s'abaissent, ferment leur arc, et diminuent le diamètre transversal de la poitrine.

2° Tous les muscles qui abaissent les côtes ont le même usage. Tels sont les muscles droits du basventre, et les obliques, que nous venons de considérer comme ayant un autre effet, servant au même but; le triangulaire du sternum , le carré des lombes, le sacrolombaire et le très-long du dos.

Toutes ces puissances sont communes à l'homme et aux mammifères, et ne présentent pas de différences bien remarquables, si ce n'est celles que nous avons déjà décrites (leçon m, art. iv) ; entre autres relativement au long-dorsal et au sacro-lombaire, qui sont très-petits dans les chauve-souris, ainsi que les autres muscles de l'épine, et dont l'influence dans la respiration est conséquemment nulle, ou à peu près.

La seconde portion de ce même mécanisme, qui réside dans les poumons, consiste :

i°Dans l'élasticité des tuyaux aériens mise en jeu par l'air qui les dilate.

2° Dans la contraction de ces mêmes tuyaux déterminée par les fibres musculaires qui les entourent.

Il résulte de cette histoire , que les poumons des

mammifères sont purement passifs dans l'inspiration,, tandis qu'ils participent, par leur propre force, aux mouvements de l'expiration.

B. Dans les Oiseaux.

Le mécanisme de la respiration doit produire , dans ces animaux, l'entrée de l'air, non-seulement dans les poumons, mais encore dans les grandes cellules, et sa sortie de ces mêmes parties. Il ne peut donc plus être absolument le même que dans les mammifères.

La situation reculée des poumons qui sont enfoncés dans les intervalles des côtes, de chaque côté de la colonne vertébrale , et par conséquent près de la portion des parois de la poitrine, qui ne jouit de presque aucune mobilité pour les dilater ou les resserrer, en est la première cause principale. [ 11 faut se rappeler encore que les poumons sont adhérents dans toute leur face vertébrale e,t costale par du tissu cellulaire, organisé en cellules et en canaux aériens et recevant beaucoup de vaisseaux sanguins respirateurs ou pulmonaires; qu'ils ne sont recouverts par la plèvre que dans leur face viscérale, et que la dilatation dont ils sont susceptibles de ce côté, comme nous le verrons tout-à-1'heure, est plutôt relative aux canaux qui conduisent dans quelques cellules. ]

La seconde différence est la dispersion de» grandes cellules dans la cavité commune. 11 en résulte, en effet, que la respiration des oiseaux ne pouvait avoir pour principal agent un diaphragme semblable, pour la situation et pour la structure , <à celui des mammifères,

§04 XXIXe LEÇON. ART. IV. MÉCANISME DE LA lŒsriRATIOX.

qui n'aurait jamais pu dilater à la fois les poumons et les grandes cellules. ]

Aussi avons-nous dit, dans notre premier volume, que les oiseaux n'ont pas proprement de diaphragme; ce qui ne doit pas s'entendre d'une manière absolue, car nous verrons bientôt que ces animaux ont quelque chose d'analogue.

[Pour se faire une idée juste de ce mécanisme , il ne faut pas perdre de vue que les tubes aériens qu'intercepte le tissu pulmonaire proprement dit, s'ouvrent et se continuent dans les grandes cellules qui divisent la grande cavité viscérale , et qui pénètrent jusque dans les os. Les poumons proprement dits et ces cellules forment un ensemble, dans le mécanisme de la respiration, qu'on ne peut séparer pour comprendre ce mécanisme. 1

a. De l'Inspiration.

Elle est, comme dans les mammifères , une suite de la dilatation des cavités aériennes , déterminée par des puissances qui sont hors de ces cavités. Ce sont :

i9Pour les poumons, des muscles qui ont, relativement à ces viscères , les mêmes fonctions que le diaphragme des mammifères, mais qui l'exercent avec beaucoup moins d'effet.

Chacun de ces muscles, dans Y autruche s s'attache intérieurement aux cinq côtés qui suivent la première, par autant de portions distinctes.

La première de ces portions est fixée à l'extrémité inférieure de la deuxième côte ; la deuxième, à celle de la troisième côte , et le long de son bord supérieur ou

antérieur; la quatrième et la cinquième, à la cinquième côte , et la sixième , à la côte suivante. Chacune d'elles, de forme large et plate, remonte en dedans de la poitrine, jusqu'à la face inférieure des poumons: les quatre premières en se joignant, les deux dernières en se réunissant de même. Arrivées sous ces viscères, leurs fibres musculaires s'y terminent en une large aponévrose, qui tapisse leur face inférieure, ou plutôt laparoi de la cellule qui répond à cette face, se fixe à cette paroi, et se continue de dehors en dedans jusqu'à la colonne vertébrale , où elle se confond avec celle de l'autre côté. On voit que ces muscles répondent, en quelque sorte, au diaphragme des mammifères; en se contractant, ils doivent tirer en bas la membrane qui recouvre la face inférieure des poumons, entraîner avec elle les poumons qui lui adhèrent , les dilater de ce côté , et obliger l'air à s'y précipiter. Ces muscles, à peu près semblables dans le casoar, ne nous ont paru , à proportion, aussi forts dans aucun autre oiseau. Serait-ce que leur action devenait plus nécessaire à cause de la moindre mobilité des côtes, et devait suppléer à ce défaut?

Leurs portions sont ordinairement séparées dans les autres oiseaux, et forment quatre ou cinq petits muscles. Il y en a quatre dans Y aigle , qui s'élèvent de l'angle postérieur des troisième , quatrième et cinquième côtes, jusqu'à la face inférieure des poumons.

Tel est le seul agent qui produise immédiatement la dilatation des poumons; [encore son action doit-elle être très-bornée et particulièrement limitée aux canaux aériens qui s'ouvrent à la partie inférieure des poumons et \ leurs orifices conduisant l'air dans les cellules,

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parce que l'aponévrose de ces muscles adhère particulièrement aux parois de ces canaux, et près de leurs oriiices. Cependant cette aponévrose est très-peu mobile, et en s'abaissant, elle doit comprimer l'air des cellules qui sont au-delà. On ne peut donc pas comparer l'effet de ce rudiment de diaphragme costal, relativement au mécanisme de l'inspiration, avec celui des mammifères. Il faut plutôt l'étudier comme faisant partie d'un plan d'organisation , très-prononcé dans les mamifères, et qui tend à s'effacer dans les oiseaux. ]

2° Les parois de la poitrine sont trop peu mobiles, dans la partie qui touche à ces organes, pour déterminer immédiatement leur dilatation ; mais dans le reste de leur étendue, cette mobilité est considérable, elle sert puissamment, en augmentant la capacité de la poitrine, à dilater les grandes cellules. L'air, forcé par ce mécanisme, de se précipiter dans ces cellules, s'introduit dans les poumons. La mobilité des côtes est donc encore un agent indirect de l'inspiration des poumons

Ainsi, pour ce qui est des grandes cellules que renferme la cavité commune, il est clair qu'elles doivent se remplir d'air et se gonfler à mesure que les parois de cette cavité sont dilatées. Nous avons déjà vu la composition de ces parois dans la troisième leçon, art. in et iv.

ÎSTous observerons seulement, à l'égard des côtes, que leur composition favorise singulièrement la dilatation et leresserrement de la grande cavité, par l'articulation mobile qui réunit les deux portions osseuses des côtes sternales. L'angle que forment ces deux portions s'ouvre dans l'inspiration, ce qui écarte le sternum de la colonne vertébrale, et augmente considérablement

le diamètre antéro-postérieur de la cavité commune, en même temps les côtes se portent en dehors, et agrandissent de chaque côté, ou transversalement, la même cavité. On peut voir, dans notre troisième leçon, les agents ou les muscles qui produisent ce mouvement.

11 doit être, à proportion, moins considérable dans X autruche et le casoar, dont la plupart des côtes n'ont pas leurs deux portions réunies à angle capable de s'ouvrir ou de se fermer, et jouissant par conséquent de beaucoup de jeu , mais formant un arc dont les mouvements doivent être beaucoup plus difficiles.

[Le vide produit par l'ouverture des côtes, et par la dilatation de toutes les cellules de la cavité commune qui en résulte, rompt l'équilibre entre l'air contenu dans ces cellules, dans celles des os et dans les poumons , et l'air extérieur; le poids de celui-ci l'entraîne immédiatement dans toutes ces parties.

En se précipitant dans les cellules de la cavité commune, l'air doit passer, en partie dans les poumons, en partie hors de cette cavité, dans les cellules de toutes les autres régions, et spécialement dans celles des os, et s'y mélanger avec celui qui s'y trouvait auparavant. L'oiseau peut d'ailleurs l'y presser avec force , en fermant sa glotte, et en contractant en même temps ses muscles abdominaux.

b. De l'Expiration.

Les poumons des oiseaux peuvent, comme ceux des mammifères, se débarrasser, en partie, par leur propre force [l'élasticité de leur tissu] , de l'air qui s'y est introduit dans l'inspiration. Aucun autre agent n'expulse immédiatement l'air de ces viscères ; mais ce fluide est

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entraîné hors des poumons, principalement par l'impulsion de celui qui est chassé des grandes cellules.

Ce dernier effet a lieu au moyen de Faction des muscles du bas-ventre., dont la contraction ne sert pas simplement à diminuer immédiatement les parois de la cavité commune; ce qui aurait moins d'effet que dans les mammifères, à cause du peu d'étendue des parois purement musculeuses de cette cavité; mais en soulevant l'extrémité postérieure du sternum , et en rapprochant cet os de la colonne vertébrale, les muscles de l'abdomen resserrent considérablement la cavité viscérale. Le sternum obéit d'autant plus facilement à cette impulsion, que la. portion sternale des côtes sur laquelle il s'appuie est., ainsi que nous l'avons dit, trèsmobile sur la portion vertébrale. Leur angle se ferme dans l'expiration , comme il s'était ouvert dans l'inspiration. Le sternum des oiseaux est en cela trèscomparable au côté d'un soufflet dont les côtes représenteraient le cuir, et dont l'autre côté [répondant à la face vertébrale de la cavité thoracique] serait à peu près immobile.

Les muscles du bas-ventre qui meuvent particulièrement ce soufflet, en soulevant le sternum e-t en diminuant l'ouverture de l'angle des côtes, sont :

i°L' analogue du grand oblique, dont les fibres charnues recouvrent les côtés seulement de l'abdomen, et ne s'étendent pas en dessous de cette partie. Elles sont plus transversales qu'obliques, quoique l'on puisse y reconnaître un peu d'obliquité d'avant en arrière , et de dehors en dedans.

Le même muscle se prolonge à l'extérieur des côtes jusqu'à la première, et tient à ces côtes, du côté ex-

SON MÉCANISME DANS LES OIS A AUX. , â09

terne, par autant de languettes, tandis que son bord interne répond à une aponévrose qui est fixée au sternum. Cette portion costale du grand oblique, beaucoup plus étendue que la portion abdominale , a ses libres cbarnues également plus obliques.

On voit que ce muscle doit comprimer avec force, non-seulement les parties molles de l'abdomen, mais encore toutes les côtes, et servir ainsi à l'expiration,

a0 Le second des muscles du bas-ventre, Y analogue de l'oblique ascendant * sert moins que le précédent à déprimer les côtes ou à relever le sternum (i). Il occupe, comme le grand oblique, les parois latérales de l'abdomen, et s'avance de dehors en dedans de l'iléon à [toute la partie vertébrale de ]| la dernière côte. Ses fibres sont très-obliques.

5° 'L'analogue du transverse paraît également contribuer à relever cet os; ses fibres charnues , absolument transversales, sont recouvertes par les précédents et par le suivant; elles s'attachent en arrière à la concavité de l'arc que forme le pubis , s'étendent sur les côtes et en dessous de l'abdomen, et tiennent à une aponévrose qui va joindre le sternum [ et se continue dans la ligne médiane avec celle du côté opposé].

4° L'analogue du muscle droite pour la situation, mais non pour la direction des fibres [dont les plus internes se portent un peu obliquement vers la ligne blanche]. Celles qui composent sa partie externe sont dirigées d'avant en arrière , et s'étendent du bord postérieur du

(4) Son attache à une seule côte montre la justesse de cette proposition, que Mcchel critique à tort, en affirmant que nous lui refusons la fonction d'être un abaisseur des côtes , ce que nous n'avons pas dit, connue on vient de le voir.

§10 XXIXe LEÇON. ART. IV. MECANISME DE LA RESPIRATION

sternum, où elles s'attachent, d'une part, à la partie correspondante du pubis, à laquelle elles sont fixées en arrière ; ce muscle n'a pas d'intersections tendineuses. [C'est par cette raison sans doute, et parce qu'il manque dans la corneille ., que MM. Cuvier et Duméril ont infirmé l'existence des muscles droits dans les oiseaux (t. i, p. 220, delà ire édition). On vient de voir, par l'ancien texte, que je les avais décrits (t. IY, p. 364). Meckel les a vus dans Y autruche , et reconnaît leur existence, en général. Le muscle droit a la figure d'un rectangle allongé; il recouvre, avec son semblable, toute la face inférieure de l'abdomen. Son action est de comprimer les parois de cette cavité , et de relever l'extrémité postérieure du sternum.

Tels sont du moins les muscles de l'abdomen dans les canards. Le dernier ne paraît pas exister toujours, ainsi que nous venons dé l'exprimer.

Les muscles de l'abdomen ne sont pas les seuls agents qui diminuent la capacité des grandes cellules ; plusieurs de celles-ci ont une partie de leurs propres parois évidemment musculeuse et capable de se contracter.

INous allons décrire cette structure d'après l 'autruche,* où elle est la plus évidente ; elle est encore visible dans les autres grands oiseaux, surtout lorsque, par l'action de l'esprit de vin, on a donné plus d'opacité à ces libres musculaires. Il y a dans cet animal une sorte de cloison transversale, ou de diaphragme, qui sépare la cellule des estomacs, de celles du foie et du péricarde, et les premières, des grandes cellules latérales. Il tient intérieurement, et dans sa partie moyenne, au sternum, aux côtes, au péritoine, et aux muscles du bas-ventre. Sur les côtés, il est uni à la paroi interne de la grande

DANS LES OISEAUX. §1 î

cellule, ou plutôt il forme cette paroi; ses fibres se joignent supérieurement à toute la circonférence de l'œsophage, et se prolongent, des deux côtés., en deux espèces de piliers qui s'attachent à la colonne vertébrale, immédiatement après la dernière côte, par quatre petits tendons.

Dans toute cette étendue , le diaphragme est composé de faisceaux musculeux très-évidents, qui se dirigent de bas en haut, et convergent en arrière vers les piliers. On y remarque aussi des libres tendineuses entremêlées avec les premières.

Mais son étendue ne se borne pas à ce que nous venons de dire : ses fibres enveloppent toute la circonférence externe de chaque lobe du foie, contournant cette partie de bas en haut, et d'arrière en avant , aboutissent supérieurement à l'aponévrose commune des muscles pulmonaires; et, en avant, aux deux côtés du péricarde. Dans cette portion , le diaphragme sépare la grande cellule latérale de celle de chaque lobe du foie, et contribue à former la cloison commune de ces deux cellules. La partie moyenne de sa portion transversale est encore unie fortement à la pointe du péricarde, qui se place entre les deux lobes du foie.

Il résulte de cette structure , que chaque lobe de ce dernier viscère peut être comprimé fortement par cette sorte de diaphragme, qui doit, en même temps, expulser l'air des cellules qui renferment ces lobes. Il peut encore tirer en arrière, où il a un point fixe, le péricarde et le foie, agiter par ce mouvement l'estomac, resserrer sa cellule et en chasser aussi l'air.

[ Si l'on étudie cette cloison dans le canard, on aura une idée très-claire de ses dispositions et de ses appa-

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renées comme diaphragme, après avoir enlevé le cœur, le foie, les intestins avec les estomacs, dont le premier aura dû être coupé à l'endroit où il pénètre sous cette cloison. Plus en arrière, on verra un véritable centre aponévrotique, avec un écartement des deux piliers de même nature à travers lequel passe le tronc de l'aorte abdominale et sa première branche viscérale.

Ce diaphragme postérieur, ou lombaire, semble être un dédoublement de l'aponévrose pulmonaire , sorte de diaphragme costal, lequel reçoit, de chaque côté, des faisceaux musculeux, qui s'élèvent vers cette aponévrose , de l'angle de plusieurs côtes, ainsi que nous l'avons dit en décrivant le mécanisme de l'inspiration.]

Pour ce qui est des cellules qui sont hors de la cavité commune, il n'y a que celles qui peuvent être comprimées par les parties environnantes, telles que les muscles, qui diminuent de volume et se vident d'air par ce moyen. La portion de ce fluide qui a pénétré dans les cellules des os n'en peut revenir aussi facilement ; elle ne doit en sortir qu'au moyen de l'impulsion communiquée par l'air chassé des cellules voisines, et par l'effet des changements de température.

[En résumé, le mécanisme qui détermine l'entrée de l'air extérieur dans les poumons et sa sortie hors de ces organes , ne produit ce double effet que d'une manière indirecte. Celles des grandes cellules aériennes annexées aux poumons proprement dits, dont les parois sont susceptibles d'être comprimées et dilatées, dont les capacités peuvent ainsi augmenter pour l'inspiration , ou diminuer pour l'expiration, en sont les agents médiats. C'est cet air des grandes cellules, qui ne peut arriver du dehors sans agiter celui des tubes aé-

riens pulmonaires, qui ne peut être versé dans l'atmosphère sans entraîner avec lui, du moins en partie, celui de ces mêmes tubes, qui en renouvelle l'air servant essentiellement à l'hématose.

Nous sommes porté à penser que l'oxigénation du sang se fait très-peu à travers la séreuse qui compose les grandes cellules aériennes ; sans cela il y aurait moins de différence qu'il n'en existe réellement entre le sang veineux et le sang artériel des oiseaux. Ces grands réservoirs d'air ont sans doute pour effet de diminuer la pesanteur spécifique de l'oiseau et de faciliter par là ses mouvements aériens. Mais l'influence indirecte de cette organisation sur la respiration est encore plus essentielle.

C'est comme réservoirs de l'air qui doit respirer dans les poumons, soit avant d'entrer dans les cellules, soit à la sortie de ces capacités, qu'il faut les considérer. Il en résulte que la quantité d'air contenue dans les capacités aériennes des oiseaux est beaucoup plus grande que dans les mammifères, et que la proportion de l'air respirable qui est mise en contact , dans un temps donné, avec le sang pulmonaire est beaucoup plus considérable.

Cette proposition pourrait encore se déduire des mouvements plus fréquents de leur respiration et de leur circulation plus rapide. On est en droit de tirer ces dernières conclusions de la vitesse de leurs mouvements dans l'air. Nous avons fait remarquer, en parlant de la structure intime des poumons dans les oiseaux, leur petit volume proportionnel comparativement à ceux des mammifères ; la plus faible capacité de leurs canaux aériens, relativement aux vaisseaux sanguins; la grande capacité de ces derniers, consi-

§14 XXIXe LEÇON. ART IV. RESPIRATION PUIMONÀIRE ,

dérés dans leur ensemble, qui forme, du poumon de l'oiseau, une masse assez compacte, composée, en grande partie, d'un réseau sanguin homogène ; l'extrême ténuité des dernières ramifications des vaisseaux €jui composent ce réseau ; nous venons d'observer l'immobilité, ou à peu près, de ces organes dans les mouvements d'inspiration et d'expiration, et de rappeler les grands réservoirs aériens qui leur sont annexés.

Toutes ces circonstances, qui distingent essentiellement les poumons et la respiration des oiseaux ., de ce que nous avons vu dans les mammifères, me semblent avoir été nécessitées par les conséquences sur la circulation en général et sur la circulation pulmonaire en particulier, de la rapidité extrême de leur vol et des changements fréquents dans le poids de l'atmosphère et dans la température de l'air, auxquels les oiseaux sont exposés dans leurs voyages aériens. Ils doivent à cette organisation de n'avoir, dans leurs mouvements si rapides, si soutenus et quelquefois si élevés, ni essoufflement, ni hémorrhagies. Le vol bas et peu soutenu des chauves-souris ne peut pas être une objection contre cette manière de voir. ]

Les Ordres dont se compose la classe des Reptiles diffèrent entre eux à cet égard, comme h beaucoup d'autres.

Ceux du premier ordre, qui ont des côtes soudées et immobiles, sont dans le cas des batraciens, dont une partie manque absolument de côtes, et dont l'autre en a de trop courtes et trop peu mobiles pour qu'elles servent en rien à la respiration. (Voyez leçon m, art m. )

Dans ces deux groupes, on ne peut donc plus compter ces leviers comme les principaux agents de cette fonction. Il fautconséquemment que le mécanisme de leur respiration diffère, dans ses points essentiels, de celui que nous venons de décrire [dans les mammifères, lequel est déjà très-modifié dans la classe des oiseaux ].

i° En effet, il est bien constaté à présent, que c'est en avalant l'air que les Batraciens introduisent ce fluide dans leur poumon. Voici comment cela a lieu : ils ferment la bouche , dilatent leur gorge, et produisent un vide qui oblige l'air extérieur de s'y précipiter par les narines. Alors ils contractent la même partie, ce qui s'opère particulièrement parles muscles qui agissent sur l'os hyoïde (Yoyez ce que nous en avons dit, leç. xvm , t. iv, ire partie, p. 5 1 5 et 536), et ferment en même temps leur pharynx.

L'air? chassé de la gorge, ne peut plus ressortir par les narines, sur l'orifice interne desquelles il existe un repli membraneux, ou une soupape qui ne permet que son entrée, orifice que la langue peut fermer plus complètement au besoin ; l'air n'a d'autre issue que celle de la glotte , il s'y introduit et passe dans les poumons.

Il en est chassé, dans l'expiration, par l'action des muscles du bas-ventre (voir t. i, p. 527), et par la force [élastique] propre des poumons.

[ Dans un cas rare , celui du pipa, chez lequel les muscles abdominaux sont moins prononcés, leur action est suppléée par un muscle diaphragmatique très-compliqué, selon la détermination de Meckct (1). ]

(1) Op. cit., t. m, p. 111, et M. Mayer, Jnatomia Banœ Plpce. Nova Jeta Pliys, Mêdic. Bonrue, i825 , t. xii-, p, n, p, 542.

216 XXIXe LEÇON. ART. IV. RESPIRATION PULMONAIRE.

2° Le même mécanisme est mis en jeu dans les Cliéloniens (1). La déglutition de l'air est le seul moyen dont ils puissent se servir pour faire entrer ce fluide dans leurs poumons. Ils dilatent et contractent leur gorge alternativement, ayant la bouche fermée, absolument comme les bratraciens et par les mêmes puissances. (Voyez leçon xvm, p. 509 et 5^5. ) .

Il est expulsé par deux paires de muscles analogues à ceux du bas-ventre des animaux précédents. Ces muscles remplissent l'intervalle postérieur du sternum et de la carapace, dans lequel se replient les extrémités pelviennes dans l'état de repos, et c'est à cet endroit qu'on aperçoit, dans les cliéloniens, les mouvements de contraction et de dilatation qui , dans les mammifères, se voient dans toute l'étendue du ventre (î).

La première paire , ou l'externe , répond à l'oblique descendant; elle s'attache à tout le bord antérieur du bassin , à la carapace et au sternum , et s'étend dans tout l'intervalle postérieur de ces deux parties.

L'interne ou l'analogue du transverse , est composé de fibres transversales, qui s'attachent supérieurement à la moitié postérieure de la carapace près des vertèbres , descendent en dehors des viscères , les enveloppent, et viennent aboutir inférieurement à une aponévrose moyenne. Celle-ci passe en partie sous la face inférieure de la vessie , et doit servir à la vider lorsque

(1) Je crois l'avoir fait connaître le premier (Bulletin de la Société Philomatlrique, an xiii, n° 97, p. 279), en démontrant, contrairement à l'opinion de Towmon, que les muscles du bas-ventre sont l'un et l'autre des muscles expirateurs, et que l'un d'eux n'est pas inspirateur. Et cependant c'est à cet auteur qu'on attribue l'explication que j'ai donnée , en montrant l'inexactitude de la sienne.

ces muscles se contractent. Ils ne compriment immédiatement qu'une petite portion des poumons ; mais leur action s'exerçant plus fortement sur les viscères du bas-ventre , ceux-ci pressent à leur tour les premiers organes et en expulsent l'air. [Les muscles analogues du quarrè des lombes et du droit abdominal , qui ont été décrits (t. i, p. 488 et 489), doivent aussi comprimer les viscères abdominaux et, par leur moyen, les poumons.

Les C hè Ioniens , qui ont leur cavité viscérale divisée par le pleuro-péritoine , à la manière de celle des oiseaux, ont une de ces cloisons, celle qui descend de la partie antérieure du bouclier dorsal, au-devant du foie, constituée comme un diaphragme par des fibres musculaires et aponévrotiques. Bojanus (1) décrit un muscle diaphragmatique pair, composé de fibres musculaires épanouies de chaque côté sur cette cloison, que nous avons fait connaître comme une sorte de diaphragme (t. iv, a* partie, p. 65 1 ). Son action, quoique faible, peut contribuer à l'expiration en comprimant le poumon. ]

Peut-être que les poumons se contractent aussi par une force propre qui réside dans le réseau tendineux qui entre dans leur composition ( art. 11 de cette leçon, p. i3o (2) ?

3° et 4° Les deux autres ordres de la classe des rep-

(1) Op. cit., tabl. xvii, xvm et xix, et Meckel, op. cit., t. m, p. 127. — (2) Ce que nous exprimions ici avec un point de doute, dans notre ancien texte, est devenu, pour moi, une. certitude, — Voir la fin de cet article et ce que je dis sur la structure intime des poumons, p. 131.

§18 XXIXe LEÇON. ART. IV. RESPIRATION PULMONAIRE,

tiles t les Sauriens et les Ophidiens (1), respirent par un mécanisme très-analogue à celui des oiseaux , en ce que c'est particulièrement par les mouvements de leurs côtes et de leurs muscles du bas-ventre que s'exerce cette fonction. f4

Les premières, dans la plupart des Sauriens, ressemblent beaucoup à celles des oiseaux; on y distingue deux portions réunies par une articulation mobile , et formant un angle qui s'ouvre dans l'inspiration et se ferme dans l'expiration.

Les muscles qui les mettent en mouvement sont analogues à ceux des oiseaux. ( Yoir ce que nous en avons dit, t. i, p. 326. )

Dans les Ophidiens, les côtes, qui forment des arcs simples, composés d'une seule portion osseuse, s'inclinent en arrière , et se rapprochent de la colonne vertébrale, dans l'expiration, s'éloignent de cette colonne et se redressent, dans l'inspiration.

Des releveurs des côtes, qui sont aussi nombreux qu'il y a de ces arcs , et dont les attaches sont les mê-

(1) On ne pourrait attribuer aux serpents le même mécanisme qu'aux chéloniens et aux batraciens. Si l'on considère que, d'un côté , leur hyoïde est trèsfaible et ne peut servir, en aucune manière , à dilater leur gorge, ou leur cavité buccale , mais seulement aux mouvements de leur langue ; si l'on se rappelle , d'un autre côlé , le nombre et l'extrême mobilité de leurs côtes , on y verra le mécanisme unique qui dilate , et le mécanisme principal qui resserre le sac ou les sacs pulmonaires, ainsi que nous l'avons indiqué. Selon M. Selilegel,\es narines resteraient fermées durant la plupart de ces mouvements, pendant lesquels l'air de la vessie pulmonaire n'aurait point d'issue. Ce ne serait qu'à de longs intervalles, mesurés par trente contractions du corps , que ces mouvements alternatifs de dilatation et de resserrement de la cavité viscérale serviraient au renouvellement de l'air dans le poumon. (Essai sur la phys. des serpents, déjà cité, p. 53 de la partie générale. )

SON MÉCANISME DANS LES REPTILES. â19

mes qu'à ceux de l'homme, mais dont le volume proportionnel est plus considérable, servent à cette dernière action. Ils sont aidés par les intercostaux, dont les fibres s'élèvent d'arrière en avant.

Ceux qui ramènent les côtes en arrière, et produisent l'expiration, sont placés en dedans de la poitrine ; ils s'attachent sur les côtés de la colonne vertébrale, et sont aussi nombreux que les côtes, de même que les releveurs. Ce sont autant de rubans musculeux, étroits et aplatis, qui, de cette colonne, où ils se fixent près de l'articulation de la côte postérieure, descendent en traversant la côte qui la précède , et vont s'insérer à l'antéprécédente , près de son extrémité.

D'autres rubans musculeux, qui croisent ces derniers, s'attachent aux côtes, près de leur articulation, se réunissent en descendant et s'étendent en travers, entre celles-ci et le péritoine, et aboutissent, vis-à-vis des bouts des côtes, à une aponévrose très-mince, qui rassemble les rubans de chaque côté. Ils forment, de l'un et l'autre côté, deux couches musculeuses, qui tiennent lieu des muscles du bas-ventre; elles aident les premiers dans leur action , et compriment immédiatement les viscères de la grande cavité.

Les poumons des Reptiles ont-ils une force propre à les contracter ? Nous le soupçonnons sans l'affirmer.

[Nous disons même en ce moment que nous n'en doutons pas , et que cette force est l'élasticité du réseau qui forme la charpente, qu'on me permette cette expression, du poumon de tous les vertébrés. Ce réseau , ainsi que nous l'avons vu, est très-fort et très-développé, sinon dans la totalité , du moins dans une partie du poumon de la plupart des Reptiles. ]

220 XXIXe LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

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