I. DES GLOBULES
[ Leur forme est lenticulaire dans tous les animaux vertébrés qui ont respiré. Hewson (5) est le premier qui ait généralisé cette observation , même pour les mammifères, dont les globules avaient été figurés comme sphériques -^diX Leuvenlioeck ; tandis qu'ils sont ronds et plats , c'est-à-dire lenticulaires. Mais ce dernier obser-
(1) Disquisitio expcrlmcntalis de sang u 'mis natura. L. B. 1785, etc.
(2) Ofv. cil., p. 9 et 10.
(3) De rubr(c sang. part, fabw : L. B. 1785, cap. i, 1= i.
18 XXY' lEÇON. DU FLUIDE NOURRICIER, ETC.
Tateur avait bien vu que ceux des oiseaux , des reptiles et des poissons sont ovales et plats. Ajoutons que la forme ovale est , suivant les uns, plus allongée dans les oiseaux t plus obtuse dans les reptiles ^ et qu'elle se rapproche beaucoup de la forme circulaire dans quelques poissons ; tandis que , suivant d'autres observateurs, le grand diamètre des globules est , dans les oiseaux et les reptiles^ double de ceux du petit diamètre.
Le tableau ci-après donnera les observations positives les plus exactes qui aient été faites à cet égard.
Pusieurs micrographes indiquent une petite fossette au milieu des deux faces de ces mêmes globules, et ils les représentent conséquemment comme ombiliqués , du moins dans l'homme et les mammifères. Ainsi M. Wagner dit qu'ils sont bi-concaves ; MM. Young, Hodgkin et J. J. Lister avaient déjà observé cette forme (i).
M. Brunner a toujours vu les vésicules avec une petite fossette dans leur axe, chaque fois qu'elles se sont présentées à lui obliquement ou sur leur tranchant (2).
M. J. Millier (3) les a vus plus ou moins aplatis, suivant les classes , mais sans fossette centrale.
Ceux qui l'admettent ojit eu, suivant M. Schultz, une illusion provenant du renflement accidentel des bords de la vésicule qui compose chaque globule.
Dans les oiseaux, les reptiles et les poissons, la forme
(1) Notice sur quelques observations microscopiques sur le sang et les tissus des Animaux. Annales des Se, natur.^ t. xii, p. 56 et 57.
(2) De vesicularura sanguinis observatioucs microscopicîc cl chimicac , 1831, in-8, ^i Réperloirc d'Jnatotnie et de Physiologie de M. Valentin , t. i, p. 71. f En allemand. )
(3) Pliysiolo;;ie, t. i, p. 105, 3""^ édit. Coblenz, 1837.
ART. Ul. S\\(; DES VERTÉBRKS. 19
convexe, iiiênie un peu nikvéc au centre, amincie sur Jes bords, n'est pas contestée. Dans la grenouille^ le noyau central. fait une saillie oxidcttte.^iiceut^e de chaque face de la vésicule (i).,.fn,yî ^ u> jf,,.;,,, ,
Leur volume^ ainsi que leur forme, est généralement le même dans le même aninjal de ce premier type ; cependant il peut y avoir quelque différence d'un globule à l'autre, qu on estime au plus au tiers de leur grandeur dans ceux de riiomme.
M. Sckuitz observe que ce volume est en rapport, dafts les différents animaux, avec le diamètre des vaisseaux capillaires ou périphériques. Ils auraient, dans l'homme, d'ain^è^i^Rtuloipki , Hodgkln et Lis 1er, 2T0 d^ lignç; ^ suivant MM. Prévost et Dumas; —^ suivant Yoiing; M. R. Wagner estime leur grandeur moyenne à ^ de ligne, et leur épaisseur à leur bord de r^nr à rr.- de ligne.
On verra par le tableau ci-après que leur diamètre \^ plus général dans les mammifères est de 7^- à ~ de ligne; que dans les oiseaux, leur grand diamètre est souvent le double ou trois quarts en sus du petit, rarement d'un tiers seulement; que dans les reptiles, leur diamètre longitudinal est à peu près de moitié ou le tiers en sus plus grand dans la tortue; que ces deux dimensions sont presque égales dans le lézard gris; que, dans les serpents, le diamètre longitudinal a les deux tiers en sus du diamètre transversal. Dans les poissons, les mêmes observations prouvent que le grand diamètre peut être de quatre septièmes, de trois sep-
(1) J, Mûllcr, Physiologie^ p. 90.
tièmes ou seulement d'un tiers en sus du petit diamètre.
Dan» Yammocète^ suivant M. Wagner^ les globules se rapprocheraient de la forme circulaire qu'ils ont dans les mammifères.
Leur grandeur, dans les chondroptèrygiens , excéderait celle qu'il» peuvent atteindre dans tous les autres animaux vertébrés.
Les reptiles amphibies les ont plus aplatis que les mammifères et les oiseaux. Ceux de la salamandre, suivant M. J. Millier, n'ont en épaisseur qu'un huitième, ou même un dixième de la dimensioadu diamètre longitudinal; tandis que ceux de l'homme ontun axe quia le quart ou le cinquième de leur diamètre.
Quant à leur composition, les globules du sang des vertébrés ne sont pas des corps homogènes, solides du moins, comme beaucoup de micrographes l'ont cru. Hewson a démontré que c'étaient des vésicules à parois plus ou moins élastiques, pouvant se dilater jusqu'à un certain degré, au delà duquel elles se rompent.
Chaque vésicule renferme, dans son axe, un noyau incolore, transparent, de forme sphérique ou ovale, et, dans ses bords, la matière colorante du sang.
Dans le sang qui se décompose, la vésicule qui constitue le globule se gonfle et se crève même. Elle se dilate et se développe lorsqu'on la met dans un hquide qui la pénètre, et dans son plus haut degré de dilatation, le noyau qu'elle renferme devient libre et se porte du côté le plus déclive.
Les vésicules se contractent îrréejnlièrement et se dé-
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ART. llï. SANÔ DES fERTÉBRÉ». 2t
forment, si on les raet dans une solution saline concentrée.
Nous donnons dans le tableau ci-joint les dimensions du noyau des globules dans quelques espèces.
La forme de ce noyau est généralement sphérique dans les mammifères^ quoique les vésicules soient lenticulaires (i).
Dans les vésicules elliptiques des trois dernières classes, ce noyau égale environ le petit diamètre de la vésicule et s'écarte plus ou moins de la forme sphérique pour s'allonger un peu.
Suivant M. Schaltz, il serait elliptique dans les o/seaux, quoique sphérique dans leurs embryons. Les reptiles amphibies en ont de ronds , d'autres un peu aplatis. Ce noyau parait rarement uni à sa surface , qui est le plus souvent granuleuse; sa grosseur et sa forme sont d'ailleurs très-variables (2). Sa position même dans la vésicule n'est pas toujours centrale.
Ce noyau central est d'une nature chimique différente de l'enveloppe du globule sanguin. Celle-ci se dissout presque entièrement dans l'acide acétique, tandis que le noyau reste intact.
La couleur du sang vient de la matière colorante contenue dans les vésicules : elle varie avec les différentes nuances de cette matière colorante, qui sont si différentes dans le sang artériel et dans le sang veineux, et qui peuvent encore différer beaucoup d'un animal à
(1) MM. Dujardin et Donné n'ont pas trouvé ce noyau dans le sang de l'homme. M. Hlandl en admet l'existence. (Voy. le journal VlnsUlut des 21 janvier et 31 mai 1837. Séances de la Société Philomatique de Paris. )
(2) O. C. de M. Schulti, PI. i et ii ; et l'Examen du sang, par MM. Previiti et Du>)ià$, BibL univ.^ t. xrvif, pi. S.
l'autre; cette couieur peut varier encore en intensité, suivant les proportions de la matière colorante conténue dans chaque vésicule et suivant le nombre des vésicules. Enefiet, ciiaque vésicule, prise isolément, paraît très faiblement colorée, surtout si on l'observe par l'une de ses faces ; il faut la considérer de champ pour apercevoir la couleur dont ses parois sont remplies et imprégnées, dans le vide circulaire que le noyau laisse autour de lui.
C'est à cette matière colorante que chaque vésicule doit sa plus grande pesanteur spécifique , relativeme'nt au fluide plastique dans lequel elle roule.
Le tableau suivant donne un aperçu des proportions de la matière colorante relativement à la masse totale du sang.
/MalUre co/oi
'unte. Observateur
Sur 400 parties le sang de riiomme a
Dumas.
d'après la moyenne des observations.
Le Canu.
Denis (1).
/du chaU
i du chien.
Celui de niammif.
j de ia chivre.
< de la brebis.
VBerthold.
jdu veau.
1 du bœuf.
\veine-porlo
du cheval.
SchuUx.
Celui d'oisewa.
De reptile.
i Pigeon.
\ coq.
(;rfm)r.illc.
> Berthold.
De poisson.
Carrée.
On auraii une idée incomplète de l'organisation des vésicules, si on ne connaissait les modifications qu'elles
fl) liechcrchcs arpértmonialc^ aiir le fonf; Idimaiv, ron.s'u/irii à î'ùUd sain; par M. Denis, docteur en niéd., 1 voi. in -S.
ART. III. SANG DES VERl'ÉBRÉS. §3
ëproiivent par le contact de l'air atmosphérique et l'acte de la respiration.
On sait, en général, que le sang qui a respiré est plus vermeil, que celui qui n*a pas respiré est noirâtre. Voici une expérience qui semble mettre sur la voie, parmi beaucoup d'autres que nous nous abstiendrons de rapporter : des solutions concentrées de sel de nitrc mélangées au sang, le rendent plus clair; il se dégage beaucoup d'acide carbonique par cette opération, après quoi les vésicules s'affaissent.
î/oxigène, en pénétrant dans les vésicules par l'acte de la respiration, en chasse l'acide carbonique et oxide, selon toute apparence, la matière colorante qu'elles renferment.
Le sang devient noir par son contact avec l'acide carbonique. M. G, H. Hoffmann avait démontré depuis long-temps, que le sang veineux renferme de l'acide carbonique ; le même observateur pense qu'il existe très-probablement dans le sang artériel du gaz oxigène (i).