‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 30 sur 92 · C. Dans les Op Indiens · texte numérisé non relu

C. Dans les Op Indiens

[Le tronc pulmonaire se divise, quand il y a deux poumons comme dans les pillions, ou reste simple, comme dans le coluber iiatrix.] Dans ce dernier cas, l'artère pulmonaire monte et se recourbe en arrière sur la base du cœur, et ne tarde pas à atteindre la face inférieure du poumon, sur laquelle elle règne d'avant en arrière, à g;auche de la veine.

D. Dans les Batraciens,

[JNous avons déjà dit que, dans les batraciens ordinaires j, les branches artérielles qui vont à chaque poumon étaient de simples divisions de l'artère aorte, mais des divisions très-rapprochées de l'origine de ce tronc commun de toutes les branches et les rameaux artériels.

Dans ces mêmes batraciens à l'état de larve et dans ceux qui conservent des branchies toute leur vie , ce même tronc des artères du corps est- un tronc pulmonaire, il porte du moins aux branchies tout le sang que le cœur a reçu du corps.

Les poumons qui existent simultanément avec les branchies dans ces animaux, reçoivent un sang déjà oxigéné , par un petit rameau pulmonaire qui vient de la dernière branche veineuse artérielle , laquelle contribue avec ses symétriques à composer l'aorte.

Nous reviendrons sur les changements remarquables qui s'opèrent dans la circulation du fœtus des matnmifères et des oiseaux et ceux des autres classes des vertébrés, dans la leçon sur le développement du fœtus.

Nous ferons remarquer seulement , à l'occasion des batraciens pectlnl-branehes^ la disposition organique, extrêmement simple, dans l'origine du système artériel, qui permet, dans les larves des batraciens à métamorphoses, lorsqu'elles passent à l'état parfait, et que la circulation est tout-à-coup arrêtée dans les branchies, qu'elle s'établisse directement du cœur dans les deux racines de l'aorte.

Il est intéressant de rencontrer dans ces larves, entre les trois divisions du tronc pulmonaire, qui

AIIT. I. DES AliiKIlKS. i^l9

vont aux branchies de cliariue cM% et le rameau veineux artériel qui sort de chaque branchic, et dont la confluence doit former chacune des deux racines de l'aorte, un petit canal artériel (i), absolument analogue à celui du fœtus des mammifères, mais qui doit avoir un développement inverse. Dans la larve des batraciem^ ce canal est à l'état rudimentaire : c'est une pierre d'attente, une faible communication sans importance dans 1 état de larve, envoyant immédiatement dans le système artériel du corps, une petite quantité de sang qui n'a pas respiré, et l'y mêlant avec le sang qui revient des branchies. Dans l'état parfait, lorsque la circulation est arrêtée dans les branchies, par la vie aérienne de l'animal, semblable à une branche anastomotique, ou formantune anse, d'une artère dont on auraitliéle tronc, ce petit canal artériel prend un développement extraordinaire, et devient le passage du sang qui va du cœur dans toutes les parties, y compris les poumons. C'est par ce simple mécanisme qu'a lieu la singuhère transformation du tronc artériel unique et pulmonaire, qui prend naissance au cœur, en un tronc aortique, envoyant aux poumons une branche trcs-subordonpée.

Sous le rapport de la circulation branchiale ou pulmonaire , on pourrait soutenir que l'état de développement complet des batraciens est moins parfait, en quelque sorte, que leur état de larve.]

(i) Descriptione anatomica degli organi délia circolazionc dcllc larve délie salamandre aquaticlw fat ta dal dott, Mauro liusconl. Pavia, 1817, fig. 6 e, e, C.

§ VIII. Description des principaux vaisseaux artériels des poissons, et d* abord de leur artère pulmonaire ou branchiale,

[Les poissons'ont leur système artériel organisé comme celui des larves des batraciens; leur cœur est branchial. Le seul tronc artériel qui y prend naissance, se distribue aux branchies. Nous verrons, en le décrivant, que cette artère sort, ou plutôt se continue, d'une dilatation à parois épaisses, et en partie musculeuses, qui commence au cœur et forme laj)ase de cette artère.] *

Elle s'avance, dans les raies j, sous le cartilage qui réunit les extrémités inférieures des arcs branchiaux, et fournit peu après deux grosses branches, une de chaque côté, qui se portent obliquement en dehors et se divisent en trois rameaux , qui se distribuent aux trois dernières branchies de la manière que nous l'indiquerons en décrivant ces derniers organes. Après avoir donné ces deux branches, le même tronc continue son chemin d'arrière en avant jusque vis-à-vis de la première branchie , où il se sépare en deux autres artères qui s'écartent Tune de l'autre , et se portent .directement à cette branchie, près de laquelle elles se bifurquent , lui donnent un rameau , et fournissent l'autre à la précédente.

Cette artère suit une marche semblable dans les autres poissons, et se distribue de même, avec cette différence cependant, qu'au heu de fournir successivement cinq branches de chaque côté, elle n'en produit que quatre, nombre égal ordinairement à celui des branchies.

C'est donc par la partie inférieure de ces organes que

ART. I. DES ARTÈRES. Sâl

s'introduisent les artères pulmonaires, tandis que celles du corps en sortent par leur extrémité supérieure.

§ IX. Des artères du corps dans les Poissons.

Ces artères ne viennent pas d'un tronc unique, comme dans les mammifères et les oiseaux. Chaque branchie, dans les raies fournit un rameau artériel qui contourne d'avant en arrière l'extrémité supérieure de son arc cartilagineux, où il est reçu dans un demi-canal, et se continue sous le cartilage des vertèbres du cou. Les cinq artères, de chaque côté, n'en forment bientôt que trois, puis se rassemblent sous ce cartilage en un seul tronc, qui est proprement l'aorte; mais avant de se réunir ainsi, elles fournissent des artères importantes au cou, à la tête, au cœur, etc. Nous avons décrit (Leç. du Cerveau) celles que la première paire de ces racines artérielles donne au cerveau et à la moelle épinière ; elles naissent, de chaque côté, par une seule branche que l'on pourrait appeler carotide commune. Cette artère, après avoir donné un rameau principal qui pénètre dans le crâne, en fournit un autref qui se porte vers l'ouverture des évents; puis un troisième qui s'avance vers les narines, leur donne un ramuscule, se dirige en dehors , descend sur l'articulation des mâchoires, passe sous cette articulation, et se perd dans les muscles qui l'entourent.

D'autres rameaux, qui se distribuent aux évents et aux parties voisines, viennent plus profondément des mêmes artères. Enfin, elles fournissent déjà de leur partie inférieure, des rameaux qui vont au cœur et au pédicule artériel (les artères coronaires)-, aux muscles

Sââ XX V^ LEÇON. SF.CT. III. RÉSERVOIRS DU SANG.

des branchies, les analogues des bronchiques ; aux abaisseurs de la mâchoire inférieure, aux muscles de l'os carré, et même aux téguments de ces parties.

Presque aussitôt que laorte est formée, il s'en détache, de chaque côté, une grosse branche, c'est l'analogue de Vaxillaire, qui se porte directement en dehors et pénètre dans la nageoire thoracique , dans laquelle elle se distribue. Cette branche fournit en arrière, peu après sa naissance, une petite artère qui va à Tovaire ou au testicule ; c'est la spermatique. Un peu plus en arrière, au moment où l'aorte parvient dans la cavité abdominale, elle donne l'artère cœliaque , dont les branches se distribuent particulièrement à la valvule spirale de l'intestin, au foie et à l'estomac. La première va, avec le canal cholédoque, gagner le commencement de l'intestin dans lequel elle pénètre très-près du pylore, pour se ramifier à l'infini dans savalvule spirale; quelques-uns de ses ramuscules vont au pancréas et au bord postérieur de l'estomac. La deuxième ou l'hépatique est une petite artère qui va se joindre au canal hépatique, qu'elle suit jusqu'à la base du foie, où elle s'introduit dané ce viscère. Parvenue au bord interne de Testomac, l'artère cœliaque se divise en deux branches : une inférieure, dont les ramifications vont de droite à gauche, sous la face inférieure de l'estomac, et se détachent de cette branche à angle droit; l'autre, supérieure , qui se distribue à la face correspondante du même organe, et donne quelques petites ramifications au bord gauche de la rate.

Yient ensuite l'artère mésentérique , qui passe à droite de la rate, lui envoie deux grosses branches qui s'y introduisent de ce côté, et fournit, de l'autre côté.

ART. I. DES AKTÈRES. î?§3

des rameaux au pancréas; elle suit le bord droit du canal intestinal auquel elle se distribue. Ses rameaux principaux, au nombre de neuf à dix, s'en séparent à an^le droit, à peu près à éji;ale distance l'un de l'autre, et cerclent l'intestin en travers.

Après avoir donné cette artère, l'aorte continue son chemin en arrière , reçue dès sa naissance dans un sillon creusé dans le milieu de la face inférieure des vertèbres dorsales et lombaires. Dans ce trajet, il s'en détache successivement plusieurs branches remarquables. Les deux premières vont au commencement de l'oviductus et lui fournissent un grand nombre de rameaux, particulièrement en dessus; mais, avant d'y arriver, chacune d'elles envoie une artère aux muscles de l'épine, analogue à la branche dorsale des intercostales, ou des lombaires des mammifères. Une troisième branche fournit encore des rameaux à la colonne vertébrale, en donne au commencement du rein , et va particuHèrement à l'oviductus, La quatrième se rend exclusivement au rein ; à côté d'elle il en sort une petite lombaire, qui se distribue aux parois du ventre, aux muscles de l'épine et à la colonne vertébrale. Trois autres artères, ayant la même destination, naissent plus en arrière de chaque côté de l'aorte.

Enfm, il sort de cette artère une grosse branche qui fournit bientôt une artère rénale; celle-ci s'avance le long du rein et lui distribue ses rameaux, continue ensuite de se porter en dehors dans la partie la plus reculée de l'abdomen, produit une artère analogue à l'épigastrique, et sort de cette cavité pour se consumer dans la nageoire de l'anus.

A l'instant où l'aorte passe sous la queue, elle s'in-

ââ4 XXV'-' LEÇON. SECT. III. rtÉSERVOIRS DU SANG.

troduit dans un canal complet creusé dans la portion inférieure des vertèbres de cette partie, et se porte ainsi jusqu'à son extrémité, en fournissant à mesure des rameaux et des ramuscules a ses muscles et à ses cartilages. Telle est la distribution générale des artères dans les raies.

Dans les poissons osseux l'aorte n'est formée généralement que de quatre racines de chaque côté, égales au nombre des branchies. Cette artère se trouve quelquefois tellement enfoncée dans le canal creusé sous le corps des vertèbres qu'elle y semble cachée : c'est ce qui a lieu dans Vesturgeon. Ses parois y adhèrent par leur face externe de manière à ne pouvoir se contracter, et semblent y disparaître. D'autres fois la colonne vertébrale n'a point de canal pour recevoir cette artère, du moins jusqu'aux vertèbres de la queue, et l'aorte est simplement adhérente à la face inférieure de cette colonne.

11 en sort, de chaque côté, un nombre de branches proportionné aux intervalles intercostaux, dont la distribution est parfaitement analogue à celle des intercostales des mammifères; avec cette différence seulement qu'elles envoient des artères aux reins, avant de s'étendre sur les parois de l'abdomen.

La splénique ne vient pas ordinairement de la mésentérique, comme dans les raies; mais elle naît du tronc cœhaque, ou d'une artère qui donne d'abord des rameaux au commencement du canal alimentaire , puis au foie et à la rate, et se perd sur la dernière portion de ce canal.

11 y a généralement deux inésentérir/ues. L'antérieure se détache de l'aorte à peu près vers le> milieu du corps,

ART. I. DES ARTKnES. Q§5

très-loin du tronc cœliaqiio ; elle s'avance, pendant un court espace, dans Tépaisseurdu mésentère, se partage en deux branches, dont lune se dirige en avant, et l'autre en arrière, parallèlement au canal intestinal, et lui envoie à mesure des rameaux qui forment des angles droits avec la branche dont ils proviennent. Ils ne se ramifient pas davantage jusqu'à l'intestin; arrivés à ce viscère, ils le contournent en serpentant, et les ramuscules qui en naissent suivent en avant et en arrière la longueur de l'intestin. C'est dans la truite que nous avons observé plus particulièrement cette singulière distribution.

La méseiitérique postérieure naît du tronc aortiqueà quelque distance de la première. Cette artère se dirige en arrière parallèlement à l'intestin, et se distribue à sa portion postérieure, sans que les ramuscules qui s'en détachent à angle aigu, aillent en serpentant. La même artère envoie des rameaux a la vessie, qui en reçoit^ outre cela, des intercostales postérieures.

[On a observé, dans la classe des poissons, plusieursexemples de divisions simultanées des branches artérielles et veineuses correspondantes, en réseaux admi^ râbles^ c'est-à-dire en un grand nombre de r'.unuscuLes. Ceux qui sont artériels se réunissent ensuite en u?:i ou plusieurs troncs, avant de distribuer ?^ux or^'ax^es le sang qui doit les nourrir, ou se rendent immédiatonaent dans le système capillaire de ces or^^anes, après avoir eu entre eux un nombre variable /j'anastomose s. Nous en parlerons plus en détail en décrivant le système veineux dans cette classe.

Disons seulement ici que, c'.ans «ne espèce de : rer/uin {carcharias vulpes Cuv.), l^, j^,,^^^.!^^. ^^3^^.^^. ^^ ^^ j^

^fi XXV* LErON. SEf.t. TH. RÉSERVOIRS DU SANG.

branche intestiaale qui se détachent du tronc cœliaque, se divisent immédiatement en ramuscules extrê- Oiement fin&, très-nombreux, ayant entre eux quelques anastomoses. Le réseau de l'estomac a Tair plutôt d'un chevelu qui naît de rextrémité de la branche gastrique., au moment où elle touche le bord droit et antérieur de l'estomac; de sorte que cette branche se résout de suite dans ce chevelu, sans se prolonger le long de ce bord.

Au contraire , le réseau ou le chevelu vascnlaire que produit la branche intestinale, n'en sort, en prenant une direction transversale et en cerclant l'intestin de ses nombreux ramuscules, qu'à mesure que cette branche longe le côté de cet intestin, d'avant en arrière.

Les racines de la veine-porte commencent par un ré^è^i* analogue ( i ) . }

ARTICLE IL

DES VEINES SANGUINES, OU DES VAISSEAUX SANGUINS QUI RAMÈNENT LE SANG AU CtlEUR , OU DANS LE TRONC ARTÉRIEL PRINCIPAL.

§1.7)^ la Structure et de la distribution des veines en général.

Les veines rapportent au cœur le sang qu'elles ont reçu des extrémités artérielles; et, dans les animaux

(1) Le-retibu. mirabUibvs, Anclor Adolphu^. Borth, Berolini, 1837, avec jjnCrpJanfhej

ART. II. DES VEINES. g^

vertébrés qui ont un système lymphatique, l'humeur que les vaisseaux nombreux de ce système vont puiser dans toutes les parties. Dans ceux qui sont dépourvus de ce dernier système, les veines reçoivent immédiatement des intestins, le chyle qui s'j forme, et prennent dans toutes les autres parties du'corps les résidus de la nutrition.

Ce sont des canaux analogues aux artères, dont ils diffèrent cependant à beauc oup d'égards.

Leurs parois, généralement minces et demi-transparentes, plus épaisses cependant proportionnément dans les petites veines que dans les grandes, s'affaissent lorsqu'on les coupe en travers; elles sont beaucoup plus extensibles que celles des artères, et les surpassent en densité. Elles ne sont point entourées, comme les artères, de plexus nerveux, composés de filets nombreux et serrés ; mais le peu de nerfs qui semblent leur appartenir marchât, pour la très-grande partie, suivant leur longueur. Leurs vaisseaux sanguins sont aussi moins évidents, quoique l'inflammation qui les affecte quelquefois prouve bien leur existence.

Outre la gaînecelluleuse qui les entoure dans la plupart des organes ou des parties, on ne peut guère y compter que deux membranes distinctes, l'une externe et l'autre interne.

Leur tunique externe a ses fibres entrelacées irrégulièrement, très-fines d'ailleurs, sans apparence tendineuse, et formant un tissu très-serré, comme celui de la membrane interne. En tirant fortement ces tuniques, nous avons vu ce tissu se développer dans l'une et l'autre , comme un feutre composé de longs filaments soyeux ; c'est sur les parois de la veine axillaire de ïélé-

Î^â8 XXV' LEÇON. SECÏ. III. KÉSE F.VOIRS DU SANG.

pliant que nous avons fait cette observation. La membrane externe des veines adhère intimement à Finterne.

[Ce n'est guère que dans les gros troncs veineux, dans les veines-caves des grands mammifères , que se voient près du cœur, des fibres d'apparence musculeuse , extensibles, résistantes, seules traces d'une tunique moyenne que l'on puisse découvrir dans les parois des veines. ]

Il n'est pas si fréquent de distinguer ces fibres sur les parois des veines-caves des oiseaux. Ce n'est guère que dans les grands oiseaux qu'on les observe. L'awtruc/ie en a de très-nombreuses dans toute l'étendue de laveine-ca^e postérieure; elles disparaissent brusquement vis-à-vis des reins.

La tunique interne est très-mince, très-extensible comme l'externe, lisse dans sa face libre, qui forme la paroi interne des veines, ayant, dans sa texture, beaucoup de rapports avec celle des membranes séreuses. C'est la plus importante des tuniques veineuses, puisque les canaux veineux des os, les sinus veineux du cerveau, etc., en sont formés comme toutes les veines; tandis que la tunique externe est remplacée, dans les premiers, par la dure-inèro, et dans les os par le tissu de ces parties.

La tunique interne forme, dans un grand nombre de veines, des replis semi-lunaires, fixés aux parois de celles-ci par leur bord convexe, ayant leur bord libre tourné vers le cœur. Ces replis servent de valvules, en s'appliquant aux parois des veines, pour laisser passer le sang qui va au cœur, et en se relevant, pour obstruer, en partie ou en totalité, leur canal, lorsque ce liquide

prend une direction opposée. Les valvules achèvent de distinguer des artères, la plupart des veines. Toutes celles qui sont soumises à la pression des muscles en sont pourvues, cela devait être ainsi; sans ce moyen, le sang comprimé par ces derniers, n'aurait pas eu de direction plus déterminée d'un côté que d'un autre, et l'action des membres, au lieu d'accélérer la circulation, aurait pu la ralentir, ou du moins l'aurait troublée. Les valvules manquent au contraire dans les veines de la plupart des viscères; dans tout le système de la veine-porte; dans les veines-caves, dans les veines de la vessie urinaire, de l'utérus, des reins, des capsules surrénales ; dans les sinus vertébraux , dans ceux du cerveau et dans ses veines ; l'azygos en manque quelquefois, ou n'en a que fort peu, ainsi que les veines du cou et de la tête. Plus rapprochées dans les veines des extrémités inférieures et dans les petites veines, plus rares dans les grandes, rangées par paires dans celles-ci, ou , ce qui est rare , trois à trois , elles sont ordinairement une à une dans les premières, et disparaissent même entièrement dans leurs plus petites ramifications.

Celles-ci ne diffèrent pas sensiblement de celles des artères avec lesquelles elles s'abouchent, et dont elles semblent être la continuation. Telle est l'unique origine des veines. Elle a lieu dans toutes les parties du corps où elles reçoivent le sang des artères. De là les nombreux ramu seules veineux se rassemblent en rameaux plus grands, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'ils forment des branches, puis les principaux troncs, dont le nombre varie dans les différentes classes d'animaux comme celui des troncs artériels, mais qui •viennent

230 XXV* LEÇON. SECT. lli. RÉSERVOIRS DU SANG.

toujours se terminer au cœur. Plus grosses, plus nombreuses que les artères, s'anatomosant plus fréquem-^ ment^ formant même des anses à la manière des vaisseaux lymphatiques, et par-ci par-là des réseaux ou des plexus assez considérables , leur distribution est beaucoup moins régulière que celle des précédents vaisseaux, et moins comparable aux divisions d'un arbre. Elles n'augmentent pas aussi régulièrement que les artères diminuent, et il n'est pas rare de trouver que le diamètre d'une branche est plus grand que les diamètres réunis de deux rameaux. Les veines des viscères marchent rapprochées des artères ; celles des membres se divisent en superficielles et en profondes ; les premières sont situées sous la peau^ tandis que les veines profondes sont placées plus profondément à côté des artères principales dont elles suivent la direction dans la plupart des cas.

[Les sinus cérébraux, l'azygos, la veine ophthalmique sont séparés des artères, et font conséquemment exception, comme les veines superficielles des membres, à cette association des artères et des veines principales.]

Cette description très-générale des veines se rapporte plus particulièrement à celle des animaux vertébrés, avec quelques restrictions cependant. Ainsi plusieurs mammifères, notamment le cheval, ont des valvules à l'origine des rameaux des veines mésentérique et hémorrhoïdale; le cheval en a aussi dans les veines de la rate. On en voit dans les poumons du chien et de la brebis. Nous citons ces faits d'après ïïaller, n'ayant pas fait nous-mêmes des recherches à cet égard.

[M. Mayer a trouvé de très-petites valvules daiis les

A RI, 11. DKS VEINKS. ^1

veines puluionaires de riionune et du l3«3uf, c'tiVJ. Lautli dans celles du cheval (i). ]

La distribution j;;énérale des branches et des rameaux veineux est très -analogue à celle des artères; avec cette différence que le nombre des premières, dans les extrémités, et celui des derniei^, dans toutes les parties, est beaucoup plus considérable. Quant à leurs troncs principaux, ils ne sont pas de même comparables il ceux des artères.

§ II. Des veines des mammifères^ et particulièrement des veines du corps.

Cette première division comprend les veines qui se rendent dans le sinus droit, ou dans l'oreillette droite du cœur.

A. Dans l'homme.

Ce sont : i* les veines du cœur, dont la principale ou la grande veine coronaire, après avoir rampé sur la face supérieure du cœur, vient s'ouvrir dans la partie inférieure et postérieure de l'oreillette droite ; elle reçoit la plupart des autres veines du cœur, même la veine moyenne, qui est logée dans le sillon de la face inférieure de ce viscère : cette dernière a quelquefois une embouchure distincte dans la même oreillette. D'autres rameaux plus petits, et dont le nombre est indéterminé , ont de très-petits orifices dans cette cavité.

2^" et 3*. Deux autres troncs beaucoup plus considé-

(1) Nouveau Manuel de l'ÀnatomisICy p. 57^."

â3â XXV'^ LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG.

rables, les leines-caves supérieure et inférieure ^ se rendent dans la même oreillette. La première veine rapporte le sang de la tête et du cou , des extrémités supérieures 5 des parois de la poitrine 'et le nourricier des poumons ; la seconde reçoit celui des viscères de Tabdomen , des parois de cette cavité et des extrémités inférieures, c'est-à-dire de toutes les parties situées audessous du diaphragme.

La veine-cave supérieure commence au niveau du cartilage de la première côte, par la réunion des deux sous-clavières, et se termine à la partie supérieure de Toreillette droite.

Les veines qui s'y jettent, soit médiatement, soit immédiatement, sont :

a) L'azygos, qui prend naissance dans le bas-ventre, de quelques rameaux de la veine-cave inférieure, de rémulgente droite et des lombaires, passe dans la poitrine avec l'aorte et le canal thoracique, reçoit successiveme.it les intercostales du côté droit, la bronchiale droite, quelquefois l'intercostale supérieure ; la demi-acygos, dont l'origine est la même, rassemble une partie des mêmes veines du côté gauche, et se réunit plus tôt ou plus tard à la précédente. Formé de toutes ces racines , le tronc de Yazygos se joint à la veinecave supérieure, immédiatement avant son entrée dans le péricarde.

b) Les sous-clavières, qui commencent à la hauteur de la première côte , et se réunissent pour former la veine-cave, à l'endroit indiqué plus haut; ces deux veines ne reçoivent pas absolument les mêmes branches. Ainsi l'axillaire gauche, la mammaire interne de ce côté, la vertébrale, la thyroïdienne inférieure et les

jugulaires externes et internes viennent toutes aboutir dans la sous-clavière gauche; tandis que la mammaire interne droite , quelquefois l'intercostale supérieure , et même la thyroïdienne inférieure , se rendent immédiatement dans la veine-cave supérieure ou , dans Tazygos.

c) La jugulaire interne descend du trou déchiré postérieur, où elle reçoit le sang des sinus cérébraux, sur les côtés du cou, et réunit successivement une branche considérable de la jugulaire externe, la labiale, la pharyngienne et la linguale, qui s'y rendent par un tronc commun, et la thyroïdienne supérieure, toutes analogues , à l'exception de la première , aux artères du même nom.

d) La jugulaire externe est formée des veines correspondantes aux artères que fournit la carotide externe, à l'exception de la méningée moyenne, qui n'a pas de V eines analogues , et des veines précédentes qui se rendent dans la jugulaire interne. La première s'étend de l'intérieur de la glande parotide à la veine sous-clavière, où elle se termine plus en dehors que la jugulaire interne. Ajoutons qu'elle reçoit des veines qui répondent aux artères cervicales.

e) Les axillalreSj qui accompagnent les artères du même nom , et dont les sous-clavières sont proprement la continuation, versent dans celles-ci le sang des extrémités supérieures et une portion de celui qui revient des téguments et des muscles de la poitrine par les veines thoraôiques, scapulaire commune, circonflexes , etc. , semblables aux artères du même nom , et par les veines brachiales. Celles-ci , au nombre de deux

â34 XXV'^ LEÇON. SECT. ill, KÉSERVOïRS DU SANG,

pourchaque membre, pîacéessur les côtésdeTartèrecoiv respondante, qui l'embrassent par des rameaux qu'elles s'envoient réciproquement, ont des divisions absolument semblables à celles de cette artère qu'elles accompagnent partout. Les deux brachiales se réunissent vis-à-vis du tendon du grand pectoral en un seul tronc qui est l'origine de l'axillaire. Enfin, cette dernière veine reçoit le sang des extrémités supérieures par deux veines qui n'ont point d'artères analogues, la basilique et la céphaliqae , dont la distribution , assez variable, a lieu principalement à la superficie de l'avant-bras et de la main , et qui se jettent dans Taxillaire près de son origine.

5°. La veine-cave inférieure formée par la réunion des deux iliaques primitives^ vis-à-vis de l'extrémité de l'aorte , s'élève à droite de celle-ci , traverse le bord postérieur du foie , puis la portion tendineuse du diaphragme, parvient dans la poitrine, pénètre presque aussitôt dans le péricarde, et va se terminer à la partie inférieure de l'oreillette droite. Son diamètre est plus considérable que celui de la veine-cave supérieure ; elle reçoit successivement , dans le trajet que nous Allions d'indiquer, la sacrée moyenne; les lombaires; les spermatiques , dont la gauche cependant se jette plus souvent dans la rénale; les rénales ou émulgentes , qui s'y rendent à angle droit ou à peu près; les capsulaires, qui aboutissent aussi quelquefois dans les rénales, particulièrement la gauche; les veines hépatiques, et les diaphragmatiques inférieures.

Toutes ces veines ont une distribution analogue à celle des artères, à l'exception des spermatiques, que nous décrirons ailleurs, et des hépatiques, dont les racines

Aur. II. ]>î:s vEiiMiîî. SJ5

correspondent plutôt aux rainilications de la veineporte qu'à celles des artères hépatiques.

Les iliaques primitives, dont la réunion forme la veine-cave inférieure , naissent de deux branches principales qui s'unissent vis-à-vis de la symphise sacro-iliaque; ce sont les veines iliaques externes ^t internes, for* mées par des veines qui répondent aux artères du même nom; et de plus par les deux veines saplûnes qui se rendent dans la première, et sont aux extrémités inférieures ce que la basilique et la céphalique sont aux extrémités supérieures.

B. Dans les autres maniinifères.

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