‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 34 sur 92 · Veines du corps dans les Ophidiens · texte numérisé non relu

Veines du corps dans les Ophidiens

Les veines-caves antérieures des opkidiens ne sont proprement que àe^ jugulaires. Ils ont, outre cela, deux azygosj, une qui rassemble les intercostales en avant du cœur, et l'autre en arrière. Ces deux veines se joignent à l'oreillette droite, à côté de la jugulaire du môme nom. 11 semble que leur présence est devenue nécessaire par la situation des veines-caves, assez loin de la colonne vertébrale, et plus inférieurement.

[La veine-cave postérieure est formée essentiellement par les rénales internes (les rénales effé rentes de Jacobson). En effet, on voit naître à l'extrémité postérieure de chaque rein, du côté interne, un rameau veineux principal, qui grossit à mesure qu'il se porte en avant vers l'extrémité opposée de cet organe, en suivant son bord interne. Il reçoit successivement les rameaux qui sortent de la substance de chaque lobe du rein, où l'on

AUT. II. DES VEJxMlS. 251

peut facilement suivre les nombreux ramusculcs qu'ils rassemblent. Immédiatement au-delà du rein le plus avancé, qui est le droit, la rénale interne de ce côte s'unit à la rénale interne gauche, reçoit avant de s'unir à sa symétrique , des intercostales considéli'ables.

JNous ne pouvons décrire qu'ici deux autres veines prénales, les rénaies externes qui se distribueraient dans es reins à la manière des artères , suivant M. Jacobon^ au lieu d'y naître comme les précédentes. Elles ont, dans cette opinion, une continuation des caudales , et elles se ramifient dans chaque rein en longeant la face externe de ces organes.

Les caudale!^, en effet, rapportent le sang de la queue et des organes d'accouplement dans les mâles, dépassent l'anus, pénètrent dans la cavité abdominale, reçoivent le sang des vertébrales correspondantes , et s'avancent vers les reins pour se confondre avec les rénales externes. Mais on peut aussi décrire celles-ci comme des veines rénales efférentes, dans lesquelles le sang aurait sa direction d'avant en arrière.

Dans cette seconde supposition, elles naîtraient, par un faible rameau, à l'extrémité antérieure de chaque rein ; ce rameau grossirait en se portant en arrière le long de la face externe et supérieure de ces organes, en recevant les rameaux des lobes successifs dont ils se composent, et que chaque rénale traverserait dans sa marche rétrograde.

Si le tronc des rénales externes semble se confondre, d'un côté, avec les caudales; de l'autre il paraît se continuer avec deux branches qui se réunissent bientôt en un seul tronc ; ce dernier suit la directioji du gros

â5â XXV* LEÇON, SECT. III. RÉSERVOIRS DU &ANG.

intestin, et forme l'origine de la veine mésentérique, qui est proprement ici la veine-porte (i).

Ainsi, d'après cette vue, le sang des reins se partagerait dans deux directions contraires en sortant de ces organes, circulant d'arrière en avant par les rénales internes j il irait directement au cœur à travers les veinescaves postérieures. Se mouvant au contraire d'avant en arrière, par les rénales externes ^ il serait dirigé, avec celui de la queue et des organes externes de la génération, dans le système de la veine-porte hépatique.

En considérant les rénales externes comme afférentes, comme formant une veine-porte rénale, il faudrait toujours supposer que le sang peut avoir un flux ou un reflux vers l'un ou l'autre système porte, vers les reins ou vers le foie, par les deux veines communiquantes, origines de la mésentérique postérieure ou de la veineporte.

Les injections au mercure pénètrent facilement de l'une des rénales dans les trois autres, en remplissant, il est vrai, tout le système veineux abdominal , y compris celui de la veine-porte. Mais on n'aperçoit pas de communication directe entre les ramuscules d'une rénale externe avec ceux de la rénale interne du même côté et réciproquement. Cette séparation apparente serait-elle en faveur de l'opinion que l'une des deux est afférente et l'autre efférente?. Il faudra pour éclaircir ce sujet intéressant de nouvelles expériences sur les animaux vivants.]

(1) Voir rarlide suivant.

Page 1