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ART. IV. CCEUR DES ANIMAUX VERTÈBRES

phnfUj, cette valvule a une direction spirale, et se coatinne le long des parois supérieures du sinus , avec lextréiTîité postérieure et gauche d'une autre valvule large et semi-lunaire, qui sépare l'orifice de la veine-cave antérieure et droite, de la cavité de rappendice.

b) De l'oreillette gauche.

L'oreillette gauche, plus petite que la droite, ne semble qu'une dilatation des veines pulmonaires qui s'ouvrent, à sa partie supérieure, par deux orifices. Sa partie inférieure répond au ventricule gauche. Son appendice se relève dans l'homme sur la base du cœur, ou paraît suspendu au-devant de cette base dans les quadrupèdes, à gauche de l'artère pulmonaire. Ses parois sont, comme dans l'oreillette droite, affermies par des colonnes charnues, tandis qu'elles sont lisses et peu musculenses dans le reste de l'oreillette. On remarque, dans celle-ci , les traces de la valvule qui fermait le trou de Botal dans le fœtus. Son embouchure, dans le ventricule aortique, est entourée de même d'une zone blanche, comme tendineuse. Cette conformation est commune à l'homme et à tous les mammifères.

5". Des -centrlcnies. C'est au corps qu'ils forment par leur réur;ion , que l'on donne particulièrement le nom de cœur. Us diffèrent l'un de l'autre par leur forme, par la dispo.'^ition et l'épaisseur de leurs parois , et par l'arrangement des faisceaux charnus qui composent celles-ci.

a ; Du ventricule droit.

Dans tous les animau^ à sang chaud, le ventricule pulmonaire est placé en <Hiarpe sur le devant, et un

peu à la droite du ventricule aortique , qui semble faire plus particulièrement la masse du cœur, en sorte que, lorsqu'on coupe transversalement le cœur, la coupe du ventricule aortique e^t un cercle, et celle du ventricule pulmonaire un croissant concentrique et extérieur à ce cercle.

En prenant pour sa longueur une courbe qui serait la continuation de l'artère pulmonaire, on peut dire que sa direction est en montant obliquement de droite à gauche, et que sa partie droite est la plus large.

Ou bien on peut le considérer comme un triangle dont la base serait formée de ses deux grandes ouvertures, et dont le côté gauche est plus long que le côté droit, qui est preque parallèle au côté du cône que forme le cœur.

La position du cœur fait que, dans l'homme, ce ventricule est plutôt antérieur et supérieur que droit , par rapport à l'autre : mais ce nom lui convient assez dans les quadrupèdes. Il se contourne en dessous de gauche à droite , de la base à la pointe , en remontant de ce dernier côté , et se termine quelquefois loin de celle-ci aux deux tiers de la longueur du cœur, tandis qu'il fait une saillie ovale vers sa base, d'où part l'artère pulmonaire. Cette disposition est bien marquée dans le kanguroo ' géant et le cliien. Il s'étend peu en arrière dans Vours et ne dépasse pas la base de l'autre ventricule en avant.

Nous n'avons pas trouvé, dans laplupart des mammifères, que sa capacité fût bien évidemment plus grande que celle du ventricule gauche, comme on le dit du cœur de l'homme. Autant qu'on peut en juger à la vue, cette capacité nous a paru égale le plus souvent ; quel-

AKT. IV. cfram des animaux vKiiTKr.r,i^:s. §85

qiicfois mcnic elle semble être au désavantage du ventricule droit.

Il n'en est pas de même de la force de ces deux ventricules, si l'on en doit juger par l'épaisseur de leurs parois , et par celles des colonnes charnues qui rendent leur surface interne si inégale. Ces colonnes sont beaucoup moins prononcées dans le ventricule dont il est question, et l'épaisseur de ses parois atteint à peine dans l'homme , comme dans les autres mammifères , le tiers de celle du ventricule gauche. Il arrive même quelquefois qu'elles n'ont que le quart de cette épaisseur, comme nous l'avons vu, entre autres, dans un cœur d'ours, où cette circonstance n'était, au reste, qu'individuelle , et dans le kanguroo géant. Dans le dauphin, au contraire, elles sont la moitié aussi épaisses que les parois du ventricule gauche. Cela viendrait -il de ce que le sang a plus d'obstacles à vaincre pour traverser les poumons de cet animal, ou du jeune âge de l'individu observé?

Sa paroi externe est concave en dedans; sa paroi interne, qui est la cloison du cœur, est convexe ; elle a, entre l'ouverture de l'oreillette et celle de l'artère , une saillie longitudinale un peu plus convexe, qui répond à peu près vis-à-vis l'origine de l'aorte. L'une et l'autre sont garnies , dans l'homme, d'une multitude de cordons charnus qui se croisent dans divers sens , et interceptent des aréoles ovales, qui elles-mêmes en contiennent de plus petites. Il y a beaucoup moins de ces cordons à laparoi convexe. Où l'on en trouve leplus, c'est dans le fond à gauche, le long de la courbe de réunion de cette paroi concave ; ils semblent se détacher les uns des autres dans cet endroit , pour intercepter des

aréoles profondes ; la direction des principaux est plutôt dans le sens de la longueur de l'axe du cœur, que dans le sens opposé.

La partie de la paroi convexe, située près de l'artère pulmonaire , est à peu près lisse.

Le mandrill a ces cordons plus nombreux et plus marqués que l'homme, surtout à la paroi convexe. Le fopion à face de chien [simia hamadryas , L. ) de même. Les cordons sont très-forts et très-marqués dans le dauphin , ce qui correspond à la grande épaisseur des parois du ventricule droit.

Le mouton n'a presque point de cordons charnus; sa paroi concave ne présente que de légères saillies; sa paroi convexe n'en a aucune. Il en est de même dans le bœuf: les cordons charnus de ces deux animaux sont plus marqués dans les environs de l'oreillette , toujours à la paroi concave.

Le cochon a ses cordons plus marqués à la paroi concave que les deux précédents.

Les parois du cœur du lapin sont presque lisses.

Il y a des poutres charnues qui traversent d'une paroi à l'autre. C'est vers le fond, à droite, qu'on en rencontre ordinairement le plus ; une d'elles va de la base du grand mamelon de la paroi concave , vers celle de la portion aortique de la paroi convexe. Elle se retrouve dans V homme, le singe ^ le bœuf^ le mouton, le cochon, le daim, V antilope kevel ; elle manque dans le lapin.

Le mandrill a beaucoup plus de poutres charnues, et bien mieux marquées que l'homme.

Outre ces poutres charnues, on en trouve de tendineuses, ou quelquefois même de simples filets de même nature qui vont semblablemcnt d'une paroi à l'autre-

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L'ouverture par laquelle l'oreillette eommuniquc avec le ventricule peut être dilatée circulaircuient.

De tout son pourtour, pend, en dedans du ventricule , un voile membraneux, ou un anneau, mais dont le bord inférieur n'est pas égal.

C'est ce qu'on nomme valvule tricuspide. Des fdcts tendineux qui s'attachent à tout son bord inférieur, vont , en se rapprochant, se fixer à certains points des parois du ventricule.

Vis-à-vis de chacun de ces points, le voile a une large échancrure arrondie au pourtour de laquelle ces filets tendineux s'attachent, comme les bâtons à un éventail ; ils s'épanouissent sur la face convexe de ce voile , en y étendant leurs fibres , qui y deviennent plus nombreuses et plus grosses.

Dans le ùœdfj, le mouton ^ ces échancrures sont au nombre de trois, très-grandes, à peu près de forme parabolique, et elles interceptent trois pointes aiguës, qui ont valu à ce voile le nom qu'il porte.

Dans le cochon, les pointes sont un peu plus courtes.

Dans y homme et le singe, les portions plus longues du voile ne sont point terminées en pointe, mais arrondies irrégulièrement. Le lobe du côté de l'artère est plus large , et attaché de très-près à la paroi convexe , de sorte qu'il peut fermer, lorsque ces valvules s'ouvrent, la portion du ventricule qui conduit vers l'artère. Il n'en est pas de même dans le bœuf et le mouton; ce lobe y est très-écarté de la paroi convexe, mais on retrouve la première disposition dans le lion, Vours brun^ \a loutre, \e porc-épic. On peut distinguer, dans cesanimaux, toute la valvule en deux portions. L'une beaucoup moins libre, répond à la paroi convexe^ à laquelle

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elle est retenue par des filets eoiirts; l'autre, ayant plus de jeu, comprend les deux tiers de toute la valvule, répond à la paroi concave, et envoie des filets plus longs et plus nombreux aux mamelons charnus que nous allons décrire.

Les fils tendineux ne vont pas tous s'attacher immédiatement aux parois , mais souvent à des proéminences charnues nommées colonnes ou mamelons.

Dans l'homme il y a une production du voile d'ordinaire adossée à la cloison du cœur ; cela est toujours ainsi dans les animaux où ces productions sont en pointe.

Elle a, vers la droite, un éventail de filaments qui tiennent à un mamelon situé à la paroi convexe, tout près de l'angle qu'elle fait du côté droit avec la paroi concave.

Yis-à-vis de cet angle est encore souvent une des productions du voile , et la troisième à l'opposite de la portion du ventricule qui mène à l'artère. Elles sont séparées l'une de l'autre par un second éventail qui tient à un mamelon attaché au milieu de la paroi concave, et tantôt plus long, tantôt plus court, se divise en deux, trois, quatre pointes ou plus.

Le troisième principal éventail est attaché à la face convexe, à cet endroit plus convexe qui répond à l'aorte, il n'y a que rarement un mamelon.

Indépendamment de ces trois principaux éventails, il y en a quelques-uns plus petits , ou des fibres isolées, qui ont à leurs bases de très-petits mamelons. Cette irrégularité n'a pas lieu dans les mammifères , c'est elle qui fait que leurs valvules sont mieux terminées que dans l'homme.

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Les trois mamelons du bœuf sont gros , courts et sans divisions. Leur sommet est circulaire, tranchant et émet les filets de son bord; ils sont forts et moins nombreux que dans l'homme. Le mouton n'a guère que le mamelon de la paroi concave ; les deux autres sont très-petits.

Il y a dans le mandrill cinq mamelons allongés, cylindriques, à extrémités bifides ou trifidcs; deux du côté antérieur, qui prennent leur racine dans le fond même du ventricule, un dans l'angle à droite, un petit à la face concave et un petit à la convexité aortique.

Dans le lapin y la partie antérieure du voile est attachée à trois colonnes grêles qui tiennent cependant toutes à la paroi convexe. Les fds de la portion opposée du voile sont attachés à cette même paroi , mais sans mamelons sensibles.

Le dauphin a trois gros mamelons seulement : celui qui sépare la portion de la valvule qui répond à l'artère, de celle qui répond à la cloison, est attaché au bas de la paroi concave vers la gauche, et non sur la convexité aortique.

Le cochon n'a de sensible que le court mais très-large mamelon de la paroi antérieure du concave. Les fils qui répondent aux deux autres échancrures s'attachent immédiatement à plusieurs points de la face convexe.

Le lion n'a de même qu'un mamelon fixé à la surface concave, auquel se rendent les filets des deux tiers de la valvule. Il y en a trois sur la même surface dans le porc-épic. Le cœur de la loutre en a quatre , grêles et allongés à la surface convexe ; il y en a un, à chaque surface, dans le daim ; le chien en a deux à la surface convexe, et un seul à la surface opposée.

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On ne trouve rien, à cet égard, d'un peu général , que le rapport des filets qui se fixent aux mamelons avec la portion de la valvule à laquelle ils se rendent. Ils ne vont ordinairement qu'à la partie de cette valvule qui répond, comme nous Tavons dit, à la surface concave, et contribuent, ainsi que la longueur de ces fdets, à lui donner plus de jeu.

b) Du ventricule gauche.

Le ventricule gauche a la même forme que le cœur; c'est un cône, ou plutôt un ovoïde long et étroit, dont la coupe est ronde partout, et dont les parois charnues sont plus épaisses que celles du ventricule droit.

Son extrémité la plus large est divisée en deux ouvertures, celle de l'oreillette et celle de l'aorte : cette dernière est contre la cloison du cœur; l'autre contre sa circonférence. Ces rapports sont constants dans tous les mammifères.

Les parois en sont garnies partout de cordons charnus, plus détachés, plus nombreux et plus variés que ceux du ventricule droit. La direction des principaux est selon la longueur, mais ils vont tous plus ou moins obliquement, en sorte qu'ils se croisent en interceptant: des mailles en forme de lozanges; dans leurs intervalles sont d'autres lilets plus minces interceptant des mailles plus petites.

Il y a aussi certains filets qui traversent d'un cordon à un autre, en passant sur plusieurs intermédiaires.

Yers la cloison du cœur, les cordons disparaissent avant la base de l'aorte, et il y a là un espace fort lisse. Vers la circonférence ils régnent jusqu'à l'orifice de l'oreillette.

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Comme il n'y a qu'une seule paroi circulaire , ce qu'on pourrait appeler poutres charnues rentre dans les cordons obliques.

Les mammifères présentent moins de différences à l'égard du ventricule gauche que du droit.

Le mandrill a ses cordons charnus beaucoup plus minces, plus nombreux, et formant un rets plus composé que dans l'homme.

Dans le cochon ils sont en petit nombre, gros, peu distincts.

Dans le bœuf et le mouton ils sont larges, point séparés des parois, et ne se distinguent que par les fossettes peu profondes qui sont entre eux. L'espace lisse du côté de l'aorte descend plus bas.

On voit quelques réseaux tendineux fixés sur ces cordons charnus, interceptant un petit nombre de larges mailles; ils ne consistent qu'en quelques fdets dans ces trois derniers animaux.

Le lièvre^ la marte, le lion, ont ce ventricule presque lisse.

Dans le dauphin et le marsouin les cordons sont plus gros, plus forts et aussi bien détachés, quoique moins nombreux que dans l'homme.

Le voile membraneux qui , de tout le contour de l'orifice de l'oreillette , pend dans le ventricule, est semblable à celui du ventricule droit; mais il n'a que deux grandes échancrures et deux prolongements qui, au res'te, ne sont pas pointus, mais obtus, même dans le bœuf et le mouton. De là son nom de valvule mitrale. Les fdets s'épanouissent, comme dans le ventricule droit, sur la surface convexe du voile.

Ces fdets tiennent ordinairement à deux mamelons

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principaux, disposés de manière qu'ils ne touchent, ni à la cloison du cœur , ni à son opposite , mais entre deux.

Ils sont moins gros dans l'homme et creusés euxmêmes par des fossettes.

Dans le lion^ le bœuf, le cochon, le mouton, ils forment de gros monticules presque lisses ; ceux du dauj)hln n'en diffèrent que par quelques fossettes à leur base. Le mandrill les a comme l'homme.

Le lapin en a deux gros, bien détachés, en forme de colonnes, et deux plus petits à la face externe.

La marte n'en a que deux presque lisses.

6**. Des os du cœur dans les mammifères,

[L'existence d'un os ou de deux au plus, dans la cloison qui sépare les deux ventricules près de l'origine de l'aorte , est une circonstance accidentelle dont nous avions négUgé de parler dans notre première édition. Elle paraît plus fréquente chez les mâles que chez les femelles; dans les herbivores, et particuhèrement dans les pachydermes j, les solipèdes et les ruminants^ que dans les carnassiers. Mais ces os, ou cet os, ne se rencontrent pas dans tous les individus du même sexe et d'une seule espèce. Ce n'est donc qu'un accident organique , qui devient une règle, une organisation normale dans d'autres classes, ainsi que nous le verrons pour le cœur des chéloniens.]

'^°. Faisceaux musculeux du cœur, et leur disposition dans les différentes parties de ce viscère,

[Il était bien essentiel d'étudier l'arrangement, les différentes directions des faisceaux musculeux qui en-

AUT. IV. C^HLR DES ANIMAUX VEKTIilîUES. §93

trent dans la composition des cavités du cœur , pour pouvoir s'expliquer le sens des contractions de leurs parois et leur dépendance ; afin de comprendre la forme que prennent les parties du cœur correspondantes (les ventricules et les oreillettes) qui agissent simultanément.

Aussi cet arrangement a-t-il été décrit, avec plus ou moins de détails, par plusieurs anatomistes des xvii° et xviii*' siècles (i). Cependant on peut dire que c'est aux anthropotomistes contemporains qu'on doit d'avoir exposé d'une manière plus claire et plus précise cette structure dans l'homme (2).

Meckei a négligé ce sujet intéressant (dans son Syst. d'Jnato comparée). Nous avons essayé de le traiter, en l'étudiant plus particulièrement dans le cœur de riiomnie, du cheval, du hœuf, du chien, du chat et de plus petits mammifères ; et, parmi les oiseaux, dans celui de l'aigle, du hibou, du coq, de l'outarde, du héron, du cygne, etc. (5).

Les faisceaux musculeux, dont l'ensemble compose le cœur, ont des directions et présentent un arrangement assez uniforme dans l'homme et les mammifères; cet arrangement ne diffère pas même dans les oiseaux, du moins pour l'essentiel.

Nous le décrirons, plus particulièrement, d'après le bœuf,

(1) Hallcr, dans ses immortels Eléments de Physiotoglcy 1. 1, p. 351, commence ainsi l'exposé de l'état de la science à cet égard : «Quae vero fibrarum cordis verae «séries sint, ccrte dictu diificilliraum est, neque ego potui , post macerationera » aut coclionem in acelo, hoc senigma enodare, etc. »

(2) Voir M. Gerdy, Recherches, etc., Ci Anatomle , etc. Paris, 1823. M. Cruveilhier, Anat. descriptive^ t. m, p. 25 et suiv.; et MM. Bourgéry et Jacob, t. iv, pi. 10, 13.

(3) Les préj)arations qui en sont conservées parmi les collections de la Faculté des sciences de Strasbourg ont été fuites saus mes yeux, par M. Blcchif mon préparateur particulier.

Les plus extérieurs de ces faisceaux forment un sac musculeux à parois minces, commun aux deux ventricules. Ils ont une direction longitudinale de la base à la pointe sur la face diaphragmatique du ventricule gauche. Ceux de la face sternale vont un peu obliquement de droite à gauche. Tous arrivent à la pointe du cœur, où ils se contournent en spirale.

Avant de s'enfoncer dans la pointe du cœur et de pénétrer dans le ventricule gauche, ils se réunissent en deux épais cordons, formant deux anses qui s'enchaînent réciproquement. Cette disposition singulière est générale, et aussi remarquable dans les oiseaux que dans les mammifères.

Les faisceaux qui ont tapissé la face sternale du cœur et son côté droit, passent à gauche de l'autre anse et se dirigent vers la cloison du ventricule. Ceux qui ont recouvert la face diaphragmatique, et le côté gauche, pénètrent dans le cœur à droite de la première anse , et s'épanouissent sur la paroi gauche du ventricule.

Ainsi les faisceaux de l'un et l'autre cordon se rendent en totalité dans le ventricule gauche, dans lequel ils s'épanouissent, et dont ils revêtent les parois de la pointe à la base.

Entre l'enveloppe musculaire extérieure commune, et intérieure propre au ventricule gauche , se voient des faisceaux nombreux de fibres spirales , dont les tours de spire appartiennent à chaque ventricule ; mais dont les arcs, qui se touchent, s'enchevêtrent ou se dépassent un peu réciproquement pour former la cloison , et s'y joignent sans se confondre.

Ces cercles vont en diminuant de la base à la pointe et cessent avant celles-ci, de manière que le cône prin-

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t'ipnl qu'ils foruKMit pour cireonscriro le ventricule gauche, est tronque à sa pointe, (.'est par cette ouverture que s'introduisent les deux anses des faisceux longitudinaux superficiels que nous avons décrits en particulier.

Les faisceaux moyens, dont il vient d'être question, partent pour le cœur gauche (ce qui est surtout évident quand on en a séparé le cœur droit) de l'insertion de l'aorte , puis du pourtour de l'oreillette. Leur direc* tion, d'abord très-oblique, devient promptement de plus en plus transversale, à mesure que ces faisceaux s'approchent de la pointe du cœur ou de la troncature qui termine le cône qu'ils forment.

Les plus superficiels de ces faisceaux , après avoir contourné, de droite à gauche, la face sternale du cœur gauche, et sa face vertébrale, de gauche à droite , pénètrent dans le ventricule droit et forment sa paroi intérieure.

Il résulte de cette description ; i** que le cœur gauche est le cœur principal ; 2*" que le droit n'en est qu'une dépendance ; 5° que les faisceaux obliques ou transverses du cœur gauche l'emportent sur les faisceaux longitudinaux, et disposeraient le cœur à s'allonger dans les contractions, s'il n'était pas enchaîné par ces derniers , dont les deux cordons qui pénètrent dans sa cavité doivent, par leur contraction dans un sens contraire, modérer cet allongement ; 4*- 1^ contraction simultanée des deux ventricules résulte d'ailleurs, évidemment, de l'entrelacement et de la continuité de leurs fiiisceaux obliques ou circulaires, et de ce que les faisceaux extérieurs longitudinaux forment une enreloppe commune aux deux ventricules.

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Les oreillettes, dans leur face aortique, sont réunies par un gros bourrelet musculeux. Dans tout le reste de leur surface , elles n'ont plus de faisceaux communs ; mais elles sont partout entourées de cercles musculeux , ayant une direction transversale ou légèrement oblique.

Dans Vhomme, les faisceaux longitudinaux extérieurs communs aux deux ventricules, s'enfoncent, de même, après s'être réunis en deux cordons, dans la troncature du cône du ventricule gauche.

Le ventricule droit est essentiellement formé de faisceaux transverses, ou un peu obliques, qui viennent de ceux du ventricule gauche. Les faisceaux formant les derniers anneaux du cône tronqué de ce ventricule, se continuent dans le ventricule droit, pour en composer les colonnes et les faisceaux internes , en se dirigeant d'arrière en avant jusqu'à la zone auriculo-ventriculaire. Il y a ici une liaison plus évidente entre les deux cœurs.

Dans le coq , que nous citerons pour exemple de la classe des oiseaux , et dont nous décrirons ici la structure du cœur, pour en faciliter la comparaison avec celle que nous venons de faire connaître dans les mammifères, les faisceaux extérieurs du cœur le contournent de la base à la pointe , dans toute sa surface, et sont communs de même aux deux ventricules. Ils forment une spire allongée, c'est-à-dire plus longitudinale que transversale, surtout du côté gauche; et se rassemblent en deux larges cordons qui se replient dans l'ouverture que forme le sommet tronqué du ventricule gauche , dont elles revêtent les parois de la pointe à la base.

C'est entre ces deux cônes de revêtement intérieur et

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extérieur que sont placées les fibres circulaires du ventricule gauche , qui forment la charpente principale de ce ventricule, si Ton peut se servir de ce terme pour une structure musculaire. Ces cercles musculcux vont en diminuant de la base à la pointe.

Les plus extérieurs semblent se contourner et se continuer dans le ventricule droit, dont ils forment la face interne de sa paroi libre , tandis que Texterne se compose de fibres formant le cône commun aux deux cœurs.

Cette paroi est tellement mince, qu'elle ne montrait, entre ces deux cônes musculeux, aucune couche qui formerait, comme dans le ventricule gauche, un cône intérieur.

Ainsi , dans les oiseaux comme dans les mammifères, tous les faisceaux de revêtement extérieurs communs aux deux cœurs, se réunissent en deux cordons s'enchaînant réciproquement, et pénètrent dans le cœur gauche, où ils se rendent tous, exclusivement au cœur droit. ]

§ III. Cœur des Oiseaux,

Le cœur des oiseaux est semblable à celui des mammifères , dans les points les plus essentiels de sa structure. On y distingue également quatre cavités, ayant entre elles les mêmes rapports, et donnant au sang une direction entièrement analogue.

Sa forme est toujours celle d'un cône, quelquefois large et court, comme dans l'autruche, la grue; d'autres fois plus allongé , comme dans le casoar, le vautour, ou plus aigu encore, comme dans le coq, le courh de terre ou grand pluvier, etc.

La situation est celle qu'il a dans les mammifères , c'est-à-dire assez directe d'avaiit en arrière, avec cette différence qu'il est plus avancé dans la poitrine que dans ceux-ci ; ce qui en détermine une autre , comme nous le verrons bientôt dans la distribution des vaisseaux.

Le péricarde est assujetti, par sa face externe, dans l'une des cellules du péritoine , destinée à contenir le cœur. Il a ordinairement une extrême délicatesse.

Les oreillettes n'ont pas, dans les oiseaux, d'appendices aussi distinctes, à l'extérieur, que dans les mammifères.

La droite est bien sensiblement plus grande que la gauche, mais les colonnes charnues de celle-ci sont beaucoup plus fortes.

Oreillette droite. Son sinus s'étend à droite et même en dessous de la crosse de l'aorte, pour former l'appendice, et remonte en dessus de cette crosse, où elle se termine à la cloison commune aux deux oreillettes, dans laquelle se trouve la fosse ovale. Celle-ci n'est point opposée aussi directement à l'orifice de la veine- cave inférieure que dans les mammifères. L'embouchure de la veine-cave antérieure et droite , est à droite et en avant; celle de la veine-cave antérieure gauche est à la partie gauche la plus reculée de l'oreillette , trèsprès de son embouchure dans le ventricule , comme cela a lieu dans les mammifères qui ont deux veinescaves antérieures; enfin, celle de la veine-cave postérieure, beaucoup plus large que les premières, perce la face supérieure de la même^ oreillette. Elle est bordée, de chaque côté, de deux larges valvules musculo-membraneuses et semi-lunaires, dont celle qui est

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à gauche détourne le sanj; de cette veine de la fosse ovale , et dont la droite se prolonge sur h bord gauche de l'embouchure de la veine-cave antérieure droite, et détourne également le sang de cette dernière de la même fosse , et le dirige vers le ventricule droit. Enfin, la veine-cave antérieure gauche a son eml)ouchure bordée en avant d'une semblable valvule, qui détourne également le sang de cette fosse , de sorte que toutes ces valvules semblent avoir la même fonction , celle de diriger le sang vers l'embouchure de l'oreillette dans le ventricule, et de l'empêcher de se porter du côté de la fosse ovale. C'est encore cependant celui qui arrive par la veine -cave postérieure qui doit passer le plus facilement dans cette fosse. Une quatrième valvule, plus membraneuse que les premières, borde, du côté droit, l'embouchure de la veine-cave antérieure droite. Celles qui bordent l'embouchure de la veine-cave postérieure se réunissent en avant sur une forte colonne charnue, dont les ramifications tapissent et soutiennent les parois droites et inférieures de Toreillette.

Oreillette gauche» L'oreillette gauche a moins d'appendice encore que la droite : sa cavité a des colonnes charnues, fort épaisses et très ramifiées ; elle est séparée par une demi-cloison musculeuse de l'entrée des veines pulmonaires, de sorte que le sang ne peut y arriver que par un reflux; il est porté plus directement vers l'embouchure du ventricule gauche. La zone qui entoure celle-ci est entièrement musculeuse.

Ventricule droit. La forme et la position du ventricule droit sont très-comparables à celles qu'il a dans les mammifères. Il enveloppe le gauche à droite et eu

dessous, sans se prolonger jusqu'à la pointe du cœur, et l'épaisseur de ses parois est à peu près dans le même rapport, avec celles du ventricule gauche, que dans ces derniers. Celles-ci sont unies et sans colonnes charnues, distinctes dans leur surface convexe; quelques colonnes peu marquées se remarquent sur leur surface concave ; elles sont bien séparées et interceptent des sinus assez profonds le long de la courbe de réunion de ces deux surfaces. Il n'y a ni poutres , ni mamelons charnus. L'absence de ceux-ci tient à une structure particulière de la valvule de ce ventricule , bien différente de celle des mammifères. Elle est toute charnue, et semble formée parla paroi concave qui aurait été redoublée dans la cavité du ventricule ; il suit de là qu'elle n'entoure l'embouchure de l'oreillette que le long de cette paroi. Son bord libre est réuni , dans un court espace , à la paroi opposée. Les fibres qui la composent ont une direction transversale; elles doivent, par leur contraction , qui a lieu sans doute en même temps que celle du ventricule, appliquer exactement la valvule sur cette dernière paroi, et fermer l'orifice de l'oreillette de manière à empêcher entièrement le reflux du sang dans cette dernière, lorsque le ventricule se contracte pour chasser ce liquide dans l'artère pulmonaire. M. Blumenbach, qui a très-bien démontré cette structure , pense qu'elle donne à la valvule la force nécessaire pour empêcher le reflux du sang dans l'oreillette, et contribuer ainsi à chasser le sang dans le poumon , qui se dilate difficilement dans cette classe.

Ventricule gauche. La forme du ventricule gauche est la même que celle du cœur; ses parois, qui excèdent deux à trois fois en épaisseur celles du ventricule droit,

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ont de fortes colonnes charnues , dirigées de la base à la pointe, rarement des mamelons et jamais de poutres charnues. L'embouchure de roreillette , dans ce ventricule, est entourée d'un voile membraneux parfaitement semblable à la valvule mitrale des mammifères, partagé en deux portions, comme cette valvule, et envoyant de son bord libre, et comme déchiré, une foule de fdets tendineux qui vont se fixer aux parois du ventricule. Dans l'autruche ces filets se réunissent sur plusieurs mamelons. Il n'y en a qu'un seul dans la grue, sur lequel se rendent les fds d'une moitié seulement de la valvule. En général, la capacité de ce ventricule ne nous a pas semblé plus petite que celle du droit : quelquefois même^ dans l'autruche par exemple, elle nous a paru plus grande.

§ IV. Cœur des Reptiles,

[Le cœur des reptiles doit être étudié sous le double rapport de son plan de composition , et des modifications fonctionnelles qui en résultent.

Considéré sous le premier point de vue, nous avons déjà vu que celui des trois premiers ordres a trois embouchures artérielles, deux aortiques et une pulmonaire; mais que le cœur des batraciens n'en a qu'une seule, avec un reste de cloison qui indique cependant une composition plus compliquée. L'artère qui répond à cette embouchure unique est tantôt branchiale, tantôt aortique, suivant qu'il existe des branchies, ou que ces organes de respiration aquatiques ont disparu.

Nous verrons, qu'à l'exception du seul genre ménobranckus {Harlan), dont l'oreillette du cœur n'a qu'une

30â XXV'' LEÇON. SECT. III. RÉSERVOIRS DU SANG.

cavité , cette oreillette est constauimeDt partagée en deux loges, dans les batraciens^ l'une qui répond aux veines du corps, et l'autre aux veines pulmonaires; et que dans les trois ordres supérieurs, il y a toujours deux oreillettes distinctes, bien séparées, ayant les mêmes rapports avec les veines.

Quant au ventricule , sa composition se rapproche beaucoup dans les crocodiliens de celui des mammifères ; une cloison complète divisant sa cavité en deux loges , l'une pour l'aorte droite, et l'autre pour l'aorte gauche et l'aorte pulmonaire, dont l'embouchure est même enfoncée dans un sinus de cette loge. Cette circonstance démontre que l'aorte gauche est comparable au canal artériel du fœtus des mammifères, puisqu'elle détourne des voies de la respiration, le sang qui n'a pas respiré (i).

Si le cœur des a^ocodiliens présente dans cette classe le plus haut degré de composition , et beaucoup de rapports avec celui des deux classes supérieures des vertébrés, celui des batraciens nous offrira l'autre extrême , c'est-à-dire le degré le plus simple de composition. Nous lui trouverons même, chez les batraciens à branchies permanentes, une grande ressemblance organique et fonctionnelle avec le cœur des poissons.

Le cœurdessâtwrîVns, autres que les crocodiliens, celui des ophidiens et des chéloniens, avec ses deux oreillettes et ses deux orifices auriculo-ventriculaires; avec la cloison plus ou moins incomplète qui le sépare , quoique imparfaitement, en deux loges; avec sa loge pulmo-

(1) M* Aîayer a fait cette juste comparaison, p. 47 de Touvrage cité.

ART. IV. CfEMl DES AMMAIX VEUTi^BI^KS. 303

nairo dcvciiiic , dans les chéloniciis , un siujpic sinus (le la Ioj»o aortiquc; avec ses trois embouchures artérielles , deux pour le corps et une j)our les poumons ; nous montrera cependant, dans sa composition, toutes les traces de celle des animaux supérieurs.

Dans tous les reptiles, les parois du ventricule sont composées de faisceaux musculeux détachés par intervalles, et interceptant des cellules qui rendent ces parois comme spongieuses.

La structure du cœur, dans ses résultats fonctionnels , peut être relative à l'énergie du mouvement qu'il doit imprimer au sang qui le traverse , et qu'il introduit dans les artères, ou à la direction qu'il a pour fonction de donner à ce fluide, direction qui favorise le mélange du sang veineux et du sang artériel, ou qui s'y oppose; qui permet au sang de retourner du cœur dans ces difr férentes parties sans avoir respiré , ou qui le force , avant de reprendre ce chemin , de traverser les poumons ou les branchies, en partie ou en totalité. Il est intéressant de remarquer ici que toutes les fois que ces reptiles sont pourvus de branchies, leur cœur est branchial, et que, dans ce cas, tout le sang que les veines y versent par l'intermédiaire de l'oreillette , doit traverser l'organe de respiration aquatique, avant de se distribuer au corps. Comme il y a en même temps , dans ce cas singulier, un organe de respiration aérien, l'artère pulmonaire étant un rameau d'une veine branchiale, la petite quantité de sang qu'elle charrie, qui a déjà respiré dans les branchies, va respirer une seconde fois dans les poumons.

Les reptiles, qui n'ont que des poumons, sans branchies, n'ont jamais une circulation double complète.

même lorsqu'il y a deux ventricules, comme chez les crocodiliens , parce que l'aorte gauche , qui fait, ainsi que nous l'avons dit, les fonctions du canal artériel, détourne une partie du sang qui arrive au cœur de la direction qu'il prendrait vers les poumons.

La quantité de sang qui va respirer est proportionnée d'ailleurs au calibre de l'artère pulmonaire , relativement aux artères du corps.

Celui qui revient des poumons, ou des poumons et des branchies dans les batraciens à branchies permanentes, ne se mélange dans l'oreillette avec le sang des veinescaves, que dans le genre menobranchus. Dans tous les autres reptiles, le torrent du sang oxygéné et celui des veines-caves restent encore séparés dans les deux oreillettes ou dans les deux loges de l'oreillette unique. C'est seulement à l'instant où ils débouchent, dans ce dernier cas, parle double orifice auriculo-ventriculaire,ou peu après, lorsque les deux orifices des deux oreillettes sont bien séparés , que les deux torrents se confondent au moment de la diastole du cœur. Ce mélange de sang artériel et du sang veineux est encore favorisé pendant la systole du cœur, par la structure spongieuse des parois du ventricule.

11 est on ne peut pas plus remarquable de voir les crocodiliens se distinguer de tous les reptiles par un cœur biloculaire, dont l'arrangemant est tel que le sang qui revient des poumons va tout entier, et sans mélange de sang veineux, dans l'aorte droite, qui le dirige vers la tête et les extrémités antérieures à peu près dans cet état de pureté ; qui le porte encore à la queue et aux extrémités postérieures, peu mélangé a ec le sang veineux de la petite branche communiquante de l'aorte

Ar>T. TV. r.cr.rn des Ai\TMArx'vi'raKr,ni':s. 30!)

franche, laquelle ne charrie que du sang qu'elle a pris clans le cœur, sans qu'il ait pu aller respirer.]

A. Dans les C lu' Ioniens,

Le cœur des animaux de cet ordre présente une forme toute particulière : il est beaucoup plus large que long, et peut être comparé, chez les uns, à un segment de sphère ; chez d'autres il ressemble à un quarré long, que l'on aurait courbé dans sa longueur. Sa situation est au-dessous des poumons, en avant du foie, et même en partie entre ses grands lobes; son péricarde, qui est vaste et fort, est contigu à la membrane qui les revêt, et lui est aussi fortement unie que le péricarde de l'homme l'est au diaphragme.

Les deux oreillettes sont beaucoup plus grandes, proportion gardée, que dans aucun des animaux des deux classes précédentes , et la capacité de chacune est au moins aussi considérable que celle du ventricule. Placées en partie au-dessus de celui-ci, elles le débordent en avant et sur les côtés; leur forme est irrégulièrement arrondie; elles sont sans appendice, et leurs parois minces, légèrement charnues, ont des colonnes peu relevées. La droite, un peu plus grande que l'autre, reçoit, par une seule embouchure, percée en dessus et bordée de deux valvules qui lui donnent l'air d'une simple fente, le sang qui lui revient du corps; les veines pulmonaires seulement s'ouvrent dans l'oreillette opposée ; leur embouchure est de même bordée de deux valvules. Une simple cloison sépare les cavités des deux oreillettes et leurs orifices dans le ventricule.

La forme que nous avons d'abord assignée au cœur 6. 20

est proprement celle de la forme extérieure du ventricule. Sa cavité est très-petite en comparaison de son volume ; ce qui tient à la grande épaisseur de ses parois. Celles-ci ont extérieurement une couche peu épaisse de fd^res musculaires , dont la direction est parallèle à la surface externe du ventricule; elle en forme proprement les parois. Viennent ensuite un grand nombre d'autres faisceaux musculeux, ayant diverses directions, mais particulièrement celle de la base vers la partie postérieure, [où elles se contournent pour se continuer de la paroi supérieure à la paroi inférieure du ventricule.] Ajoutons que la plupart des faisceaux qui doublent ainsi la paroi la plus extérieure du cœur, ne sont que contigus , ou qu'ils sont même assez écartés par intervalle pour laisser fdtrer le sang, dans leurs interstices, comme à travers une éponge. Il en résulte que la cavité du cœur est réduite au tiers de son volume. Elle en occupe la base , particulièrement la partie moyenne et la partie droite de celle-ci. Sa plus grande étendue est tapissée par le voile membraneux, qui recouvre les embouchures des oreillettes et leur sert de valvule. Ce voile est de forme carrée ; fixé par la partie moyenne de sa face externe à la cloison des oreillettes , et par ses côtés supérieur et inférieur aux parois correspondantes du ventricule, il n'a de libre que ses bords droit et gauche. Le premier est tendu sur l'embouchure de l'oreillette du même côté, et le dernier sur celle de l'oreillette opposée ; de sorte que ces embouchures paraissent, dans le veniricule , éloignées Tune de l'autre de la largeur du voile , quoiqu'elles ne soient séparées, dans les oreillettes, que par la cloison de celles-ci. La valvule gauche dirige du même côte le

Ar.T. IV. CCEUR DES ANIMAIX VERTKT'.RÉS. 307

sang qui revient des poumons, c'est-à-dire qu'elle lui fait prendre un chemin tout-à-fait contraire, comme nous allons le voir, à celui qu'il doit suivre pour arriver à l'embouchure commune des artères du corps; il est oblii;é , pour cela , de parcourir toute la cavité du ventricule, en refluant de gauche à droite, et de se fd- Irer, même en partie, à travers les parois spongieuses de ce dernier. Il en résulte qu'il se mélange assez intimement avec la partie du sang qui doit suivre la même route, quoique n'ayant pas été soumise, dans les poumons, à l'action de l'élément ambiant. L'embouchure de rorcillettc droite donne, au contraire, directement, soit dans l'antre, qui conduit à l'embouchure des artères pulmonaires , soit dans les embouchures des artères du corps. L'une et l'autre sont placées dans la partie du ventricule la plus à droite. Le premier, dont la grandeur varie, est inférieur à l'autre et communique avec lui par une très-large ouverture. Quelquefois il s'étend , îissez loin vers la partie postérieure du cœur; d'autres fois il est si jietit, dans les tortues de terre ^ par exemple, que son ouverture est aussi grande que sa cavité. Ce n'est que dans le premier cas^ dont nous avons trouvé des exemples dans plusieurs tortues de mer, que ce sinus montre plus évidemment les traces d'une loge pulmonaire, [laquelle a été envahie, pour ainsi dire, par la loge aortique. ] Le sang qui débouche par l'orifice de l'oreillette droite se dirige particulièrement vers cette partie, le long d'un sillon qui va de l'une à l'autre.

Du sinus pulmonaire il entre directement dans l'artère pulmonaire , dont l'embouchure, bordée de deux valvules semi-lunaires, est percée au fond de ce sinus. Les aortes s'ouvrent très -près l'une de l'autre dans la

partie la plus à droite de la loge supérieure ou principale, la même qui reçoit le sang des deux oreillettes.

L'embouchure de l'aorte gauche est un peu plus en dedans que celle de l'aorte droite; toutes deux sont bordées de deux valvules semi-circulaires. C'est ainsi que nous les avons vues dans les tortues de mer ; mais dans les tortues de terre il n'y avait qu'une seule embouchure pour toutes les artères du corps (i).

[Dans la tortue couï, la valvule des deux orifices auriculo-ventriculaires est musculo-tendineuse ; elle forme en haut et en bas de la cavité du cœur une ligne plus épaisse , plus tendineuse , transversale aux deux parois supérieure et inférieure du ventricule principal. De cette ligne partent des filets tendineux qui se dirigent en arrière en se ramifiant et en devenant de plus en plus déliés. Leurs plus fines ramifications s'entrelacent et se joignent par intervalles, et montrent même des dilatations ou des nœuds ayant l'apparence de trèspetits ganglions; de sorte que l'ensemble de ces filets tendineux extrêmement fins, a toutes les apparences d'un plexus nerveux. Le sinus pulmonaire estpetit ; il est surmonté à gauche et en avant, c'est-à-dire dans l'intervalle qui le sépare de l'embouchure auriculo-ventriculairc droite, par une proéminence d'apparence tendineuse, formée par l'extrémité postérieure d'un arc osseux, contenu dans l'épaisseur de la paroi inférieure du cœur, entre l'embouchure auriculo-venlriculaire droite et celles des aortes.

(!) J ■ cr?.\m hiciule m'Otre trompé ici dans notre ancienne observation. Jeviens d'exaniiiu-^r do nouveau Je cœur de la iorlue grecque et celui de la torUw cotiï ; les aorles ont chacune leur embouchure séparée; elles sont également disLincles dans le Irio'iyx u'i^ypliacus. GeoiTr. {Gywnopoilus de MM, Duniéril et Bibron.)

AFxT. IV. C(EUn DES ANIMAUX vEnTiîr.ivûs. 309

Bojajifis a rip;iiré et décrit, avec soin (i) l'ossolct que nous venons d'indiquer. Cet osselet est conique, un peu arqué; sa base est en avant vers les em])onchures des aortes; sa pointe est en arrière, où elle est enveloppée dans une lame musculeuse ou musculo- tendineuse, qui recouvre, comme une valvule, l'entrée du sinus pulmonaire, et doit empêcher le sang qui vient de l'oreillette gauche d'entrer dans ce sinus et dans l'artère pulmonaire. Il en résulte que le sang qui a respiré, doit passer directement dans l'une et l'autre aorte, dont les deux embouchures sont plus rapprochées de la base du cœur et de l'orifice auriculo-ventriculaire droit; celle de l'aorte gauche est tout-à-fait au bord droit du ventricule , et l'embouchure de l'aorte droite un peu plus à gauche et en dedans. Il en résulte que le sang, qui arrive dans la cavité du cœur par cet orifice , peut entrer dans les deux aortes, ou passer dans l'artère pulmonaire, vers laquelle il est dirigé, par un sillon qui se voit très-bien dans la tortue coiiï^ mais que je ne trouve pas aussi marqué dans les trionyx. Ce sillon ou demicanal est le résultat de la concavité de l'osselet et de la proéminence que sa pointe forme en arrière.

D'après ce que nous venons de dire du cœur des tortues, on peut, nous l'espérons du moins, se faire une idée juste de sa composition et de ses résultats pour la marche ou la direction du sang qui le traverse.

Relativement à sa composition, le ventricule pulmonaire n'est plus qu'un sinus, qu'une très-petite sousdivision du ventricule aortique ; il ne reçoit le sang veinci X que par l'intermédiaire de ce dernier ventri-

JjOp. cit., VM. XXIX, f. 7'), 1'] fi 12,

3^10 XXV^ LEÇON. fe£cr. 111. UESEKVOIRS BU SANG.

cule. En effet, celui-ci occupe presque toute l'étendue de la cavité du cœur et montre à sa base les deux orifices auricuio-ventriculaires. Ptemarquons bien que les embouchures des deux aortes sont à droite et très-rapprocliées de l'entrée du sang veineux^ et très-éloiguées de l'entrée du sang artériel, qui est tout-à-fait à gauche; et que l'embouchure du sinus pulmonaire, et conséquemment de l'artère pulmonaire, est plus en arrière et plus loin de l'orifice auriculo-ventriculaire droit que les embouchures des aortes. Mais il faut se rappeler en même temps qu'il existe, le plus souvent (i ) , un sillon, qui va de cet orifice au sinus pulmonaire, et que l'entrée de ce dernier sinus est recouverte par une valvule du côté supérieur et gauche (2).

Il résulte de cette organisation , relativement à la direction du sang :

1". Qu'aucune cloison ne séparant le sang oxygéné et le sang non oxygéné qui arrivent en même temps à droite et à gauche dans le ventricule principal, par les deux orifices auricuio-ventriculaires, et ensuite de la contraction simultanée des deux oreillettes , ces deux sangs doivent se mélanger dans cette cavité.

2*. Que les parois spongieuses du cœur doivent contribuer a ce mélange en retenant une partie des deux sangs dans leurs interstices.

5°. Que le sang veineux se dirige plus particulièrement vers le sinus pulmonaire , par le sillon qui règne

(1) Je ne l'ai pas trouvé dans les Irlonyx. — (2) Voir, pour rintelligcnce tic celte description, la fig. C, pi. 2, des reptiles du Rignc anitunl , nouvelle édition publiée par livraisons, avec pUuicUes. Clicx Crochard et coiupagnie, ù Paris.

AllT. IV. CIV.VW DES /VNLAIMX VEnXKI'.Ui: ^. 311

do roriik'c auriciilo-puhnonairo vers ce sinus; mais que son torrent rencontrant clans ce trajet les euibouchiires des deux aortes, doit y entrer en partie.

4°. Que la lame musculeiise qui recouvre du côté gauche Tentrëc du sinus pulmonaire, doit détourner, en grande partie, de ce sinus, le torrent du sang pulmonaire, qui traverse le cœur de gauche à droite, et le dirige vers les deux aortes.

5^ Que le sang de l'artère pulmonaire est presque entièrement du sang veineux.

G". Que le sang des aortes est plus ou moins mélangé de sang veineux^ et qu'aucune disposition organique ne peut empêcher le mélange des deux sangs , dont le double torrent se croise nécessairement et se confond dans Textrémité droite du ventricule (i).]

(1) M. le professeur Meyer {Choix de Mémoires d'Analomie comparée, Bonu, 1835, p. 1(5 et pi. M, f. 1, pour le cœur de la Ic.Audo tcssetata) nous pavait avoir mis trop cVimportance, pour la séparation d.s deux torrents, aux dispositions organiques que nous avons décrites. D'un côt6 il faut ne pas perdre de vue qu'ils arrivent ensemble dans le cœur ; de l'autre, iî faut se rappeler le rapprochement des aortes, de l'entrée du sang veineux. Cependant nous ne croyons pas cette, proximité suffisante pour que l'embouchure de l'aorte droite , et encore moins celle de l'aorLe gauche, puissent être couvertes par la valvule mitrale au moment de la contraction du cœur.

Mcchel {Système d'Anat. comp,f édit. allem., t. v, p. 222) parle d'une cloison qui séparerait la cavité du cœur en deux loges bien plus évidemment développées, dit-il, que dans les ophidiens, et dont la droite ne serait guère moins grande que la gauche. La cloison qui les sépare aurait le tiers de l'étendue en longueur de leur cavité. J'avoue que je ne conçois rien à cette description, et qu'elle ne me paraît nullement conforme à la nature, suivant mes propres observations. Il décrit encore une valvule charnue qui, de cette cloison, se dirige vers la paroi droite extérieure du cœur au-dessous de l'origine de i'arîère pulmonaire. C'est sans doute la cloison qui recouvre le sinus pulmonaire. Il ajoute, d'un autre côté, qu'il n'y a dvus la loge droite, tout près de l'ouverture de la cloison, qu'une seule embouchure pour les lïoïo artères.

312 XXV' LEÇON, SECT. III, nÉSERVÔIRS DU SANG.

B. Dans les Sauriens et plus particulièrement dans les Crocodiliens.

Nous décrirons crabord le cœur des crocodiles , parce qu'il nous fournit un exemple de la structure la plus compliquée que nous ayons observée dans les animaux de cet ordre, et même de tonte la classe des reptiles (i).

Son péricarde adhère, comme dans les chéloniens, au péritoine qui revêt la convexité du foie , et sa pointe tient, par un ou plusieurs cordons tendineux très-forts^ à la portion libre de ce sac, qui est extrêment épaisse et comme fibreuse. Il est contenu, en partie, entre les deux lobes du foie, et, pour l'autre partie, entre les deux poumons.

Ses oreillettes, un peu moins grandes que dans les chéloniens, ayant d'ailleurs les mêmes rapports, ont des parois épaisses, affermies par de fortes colonnes charnues , dirigées en différents sens.

Le ventricule, proprement dit, présente une forme ovale qt des parois très-épaisses. Sa cavité est divisée en

(1) Nous avi ns fait mcllrc en italique le coiiunenccment de celte dcscriplion , afin (le mieux faire ressortir l'inexaclitude et i'injustice de Mcckcl. «Cuvier,» ditil (p. 230 et 231, du t. v.), « ne me paraît pas avoir représente d'une manière cn- » lièrcment exacte l'organisalion du cœur des crocodiles; plus spécialement, il » ne me paraît pas avoir parfaitement reconnu la place de cette organisation dans » la série des développements. »

Cependant il y a, dans l'original que nous venons de traduire mot à mot, une «* réserve d'expression qui a disparu dans la traduction française.

« Cuvier (y dit-on) me paraît manquer d' cxacl Un de dixns la description du cœur » des crocodiles, défaut qui tient, sans doute, à ce qu'il ne s'était point formé imc » idée bien ncllc^ etc.»

Je cite cet exemple, parmi beaucoup d'autres, pour faire voir comment Mechcl clicichait à élever sa réputation sur celle de son maître; et l'esprit qu'on a mi'i dans la traduction française de son œuvre, esprit qui la recommandera d'ailleurs aux détracteurs du grand nalurulisle francai?.

AllT. IV. CCliUR DKS ANIMAUX VERTÉBnÉS. 313

trois loges (i), donnant au sang qu'elles reçoivent une uiarohe assez déterminée. L'une de ces loges est inférieure et droite; l'oreillette du même coté y verse, par, une large embouchure, bordée de deux valvules musculo-membraneuses , et percée à la partie la plus avancée de cette loge, le sang qu'elle reçoit des veines du corps. Du côté gauche de la même loge, mais toujours en avant, se trouve l'embouchure de l'aorte gauche descendante, et en arrière de cette embouchure, une large communication qui conduit dans la plus petite des trois loges, [qui n*est proprement qu'un sinus du

(i) Noire ancien texte s'exprime ainsi : « Communiquant entre elles par plu- » sieurs orifices ; mais donnant, cependant, au sang qu'elles reçoivent une mar- » clie assez déterminée. »

Si l'on fait attention à cette marche, telle que nous la décrivons dans la suite de cet ancien texte, on verra que nous nous sommes servi du mot de communication, surtout pour expliquer le rapport entre la loge inférieure fie ventricule droit) et ce que nous avons appelé, peut-être à tort, loge pulmonaire, qui n'est proprement qu'une anfractuosité, qu'un sinus du ventricule droit, ou de notre loge inférieure. Quant à la communication entre celle-ci et la loge supérieure (le ventricule gauche), nous l'appelons filtration à travers plusieurs trous qui traversent la cloison qui sépare la loge supérieure et gauche, des deux précédentes.

On voit cette cloison com.plète dans la f. 3 de la pi. 55, t. 5 de notre premiiirc édition , dont je conserve les dessins originaux. Cette figure représente la loge supérieure on le ventricule gauche.

Dans l'explication de cette figure (p. 367 du t. v) nous disons expressément : C'est ccite loge qui reçoit le sang qui vient des poumons et l'envoie particulièrement aux cxirémiiès et à la iClc.

Dans la fig. j , on voit la loge inférieure ouverte; l'embouchure et le coniwencement de l'aorte viscérale ou gauche coupés et \x découvert et l'entrée du sinus pulmonaire.

La Cg. 2 montre toute l'étendue de ce sinus.

Si l'on compare ces figures avec la nature, on les trouvera peut-être plus fidèles que celles publiées vingt-huit ans plus tard. Les fîg. 18 et 19 du tableau , sur la circulation, d'ailleurs si.instructif et si recommandable;, de M.Martin Saint-Auge, dissimulent les cellules de la cloison, qui se voyent dans les deux ventricules. Cet analomiste n'adopte pas de sinus pulmonaire, que j'appelle loge. Cependant ou en voit une trace ^lans sa fig. 18,

314 xxV" LT'ÇON. sEf/r. ni. iiÉsEKvoins du sang.

ventriciîie droit] pkicé à la partie moyenne de Ja base du cœur, et dans lequel le tronc commun des artères pulmonaires a son embouchure.

-^'Consëquemment le sang qui arrive de roreillctte droite dans la loge du même côté, a deux chemins à prendre ; i"* celui de l'aorte descendante gauche, ou, 2° celui de la loge pulmonaire qui le chasse dans l'artère du même nom. Il paraîtrait qu'il peut même prendre une troisième route, en se iiltrant à travers plusieurs trous, qui semblent traverser la cloison [complète] qui sépare de la loge droite et du sinus pulmonaire, la loge supérieure et gauche. L'oreillette gauche pousse dans celle-ci le sang qu'elle a reçu des veines pulmonaires ; son embouchure est bordée, du côté droit, dans les deux tiers de son contour, d'une valvule membraneuse, à droite de laquelle s'ouvre l'aorte descendante, qui produit immédiatement les deux troncs communs de la carotide et de l'axillaire droites et gauches. Ce sang passe dans ce tronc et se distribue particulièrement à la tête et aux extrémités. 11 en résulte que les carotides et les axillaires portent aux parties antérieures, les ihaques aux membres postérieurs, et la sacrée moyenne à la queue, un sang qui vient, presque (i) en totalité, im-

(l) Nous ajoutons leir-ot presque ù cause de la communicalion temporaire, entre Taorte droite et Taorle gauciie , qui existe à leur naissance, et qui doit mélanger un peu les deux sangs, pour toutes les parties; et parce que ce mélange se fait toujours pour les extrémités postérieures, par suite de Tanostomose qui a lieu entre l'aorte droite et le tronc terminal, bien réduit à la vérilé, de l'aorte gauche. (Voir p. 208 et 209 de ce volume. ) Nous avions décrit bien en détail, dans notre première édition (t. iv, p. 281), celte anastomose entre les deux aortes, ou mieux cette terminaison de Taorte gauche dans l'aorte droite. Il est ])ien remarquable que le traducteur de Meckel (Traiic gcnùral d'anal, compar. , t. ix , p. oO/fi, note 1) prétende, quoique très à tort , que M. Martin Saint-Ange s'en attribue la découverte , et la revendique en faveur de son auteur .

ART. IV. CCELU DKS ANIMAUX VJinillliUES. 315

niédiatementdcs poumons; taudis que celui qui prend son cours pour aller aux viscères (par l'aorte gauche) \ient de la loge droite et de l'oreillette du même coté, et n'a pu, conséquemment, passer à travers ces premiers organes, pour y être modifié par l'clcment ambiant. Le sang pulmonaire ne se mélange donc pas , comme dans les cliéloniens, avec celui du corps.

Telle est la structure du cœur dans le crocodile du Nil et le caïman,

[J'ai comparé de nouveau la nature avec la description précédente et les figures de notre première édition gravées d'après mes dessins , ayant d'ailleurs la préoccupation des recherches qui ont été publiées depuis nous, et des différences indiquées dans ces recherches. Cette comparaison me permettra de donner un peu plus de développement à ma première rédaction, sans la modifier en rien d'essentiel pour la structure du cœur.

Le ventricule droit a sa cavité assez anfractueuse ; on y remarque des colonnes charnues plus ou moins nombreuses, distinctes et détachées par intervalles, suivant les espèces, et des trous pénétrant plus ou moins profondément dans les parois de ce ventricule ; ces parois sont très-épaisses, quoiqu'à un moindre degré que celles du ventricule gauche.

Le sinus pulmonaire , vu de l'extérieur, semble plutôt faire partie du bulbe artériel que du cœur. Cependant la coupe de ses parois montre des faisceaux musculeux. Ce sinus communique largement avec le ventricule droit ; un peu au-delà de son entrée , on voit un cercle de six à huit tubercules saillants (i). Les

(1) Je Içs ai dessinés daus lu fig. 2 de la pi. xlv de uolre première édi-

316 XXV' LEÇON. SECT. III. nÉSERVOÏRS DU SANG.

deux valvules semi-lunaires de l'artère pulmonaire sont à son issue, qui est l'embouchure de cette artère.

Dans le caïman à museau de brochet, j'ai trouvé les deux valvules de l'orifice auriculo-ventriculaire droit, le bordant comme deux lèvres. Dans une autre espèce la valvule droite était épaisse et très-charnue, tandis que la gauche était mince et beaucoup plus ample, au point qu'elle avait pris la forme semi-lunaire.

La cavité du ventricule gauche est plus régulière que celle du droit; elle s'étend d'avant en arrière , en forme de croissant; sa surface est percée de trous et montre plus ou moins de colonnes charnues, suivant les espèces , et peut-être suivant l'âge. La cloison complète qui existe entre le ventricule droit et le ventricule gauche, les sépare-t-elle entièrement? Ou bien le sang peut-il filtrer, quoiqu'en petite quantité, d'un ventricule dans l'autre, à travers les anfractuosités, les cellules de cette cloison? C'est cette dernière opinion que nous avions avancée dans notre première édition, et que nous ne rétracterons pas dans celle-ci; quoique nos derniers et récents essais nous laissent dans le doute.

Le bulbe artériel formé par la réunion des aortes et du tronc pulmonaire me semble comparable, en quelque sorte, au bulbe artériel des poissons. Les parois de ces artères, surtout celles des aortes, y montrent, sinon à leur origine, du moins un peu au-dela , une épaisseur remarquable, et une structure qui tient à la fois de la fibre tendineuse et de la fibre musculaire.

dition. Ce sinus, ou ce rudiment de venlriculo, n'a pas été distingué par McckwI. Hasse!fiaisl( f/crPrt/((;5/i>i«>», Stockholm, 1757, p. 293) avait dc)à reconnu deux venlrlculcs dans le cœur du crocodile du Nil, mais une !5(3ulc orcillclto.

ART. IV. CfEUr. DES ANIMAUX VERTKr.nKS. 317

Les parois de l'aorte droite sont plus épaisses que celles de l'aorte gauche.

Dans un cœur de jeune caïman à museau de brochet, j'ai trouvé, en dedans de la valvule semi-lunaire droite de l'aorte gauche, une large ouverture transversale donnant immédiatement dans l'origine de l'aorte droite. Cette communication était réduite à un très-petit orifice dans le cœur d'un individu plus âgé appartenant très-probablement à une autre espèce. Se fermeraitelle à la longue comme le canal artériel , ou comme le trou de Botal des mammifères plongeurs? Et cesserait-elle d'exister dans les adultes? Le dernier exemple semble l'annoncer. Quoi qu'il en soit, l'existence de cette communication modifie un peu ce que nous avions dit de la séparation du sang non oxigéné de l'aorte gauche, et du sang oxigéné de l'aorte droite. Nous pensons qu'elle sert surtout à introduire dans l'aorte gauche une petite quantité de sang oxigéné.

Ce que nous avons annoncé les premiers, dans notre précédente édition , sur la plus grande oxigénation du sang qui va au cerveau et aux extrémités antérieures, et même aux extrémités postérieures et à la queue, c'est-à-dire aux organes des sens internes et externes , et à ceux du mouvement, résultat de l'existence d'un ventricule gauche [loge supérieure) et d'un ventricule droit [loge inférieure) séparés par une cloison complète, et de leurs rapports avec les aortes droite et gauche, et avec l'artère pulmonaire , n'en subsiste pas moins comme une vérité acquise, depuis cette époque, à la science (i).

(!) J'ajouterai que M. Martin Saint-Ani!;t>, déjà en 1829, dans des prt^paralions qu'il îi déposées dans la CoUccliou (ranalomie du Jardin des riantes, puis

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