C. Dans les Sauriens ordinaires
[Le cœnr est situé très en avant; son péricarde qui est très-fort, fournit une gaine à un ligament qui part de la pointe du cœur et va se fixer sur le sternum. ('e ligament m'a paru avoir aussi des rapports avec ce repli du péritoine qui se porte sur la face convexe du foie , à la manière du ligament falciforme du foie des mammifères. Le cœur et le foie sont d'ailleurs très-
en 1831 , dans son tableau de la circulation , qui lui valut, celle même année , la médaille du cjraad prix des sciences naturelles, décernée par l'Académie des Sciences, labieau qu'il a publié en d833 , a cru avoir découvert le premier celle organisation du cœur des crocodiles plus compliquée, que dans aucun autre reptile. Il appelle vcnlricuie droit ce que nous appelons loge inférieure et droite, et ventricule gauciie, notre loge supérieure et gauclie. A la vérité, il n'a décrit aucune communication entre l'une et l'autre, tandis que nous supposions une fdlralion possible à travers les cellules de la cloison qui sépare ces loges ou ces ventricules.
Une idée très-ingénieuse , de M. Martin Saint- Ange , et que nous avons attribuée à lort à M. Mayer de Bonn (p. 302, noie 1 de ce volume), est la comparaison de l'aorte^ gauche avec le canal artériel des mammifères.
Mechet en 1831 {System der vcrgf, Anai.y V. Theil), M. Panizza^ en 1833, et M. Maycr, en 18C5 {Analcct., etc.) ont annoncé, après M. Martin Saint -AngCt qu'il n'y avait aucune communication, aucune filtration, même du mercure, suivant M. Panizza, à travers la cloison qui sépare les deux ventricules.
Eniin, M. Panizza a décrit et publié {Sopra il sisteina Umphatico dei rcitiliy etc.," Pavia, 1833) qu'à l'origine même des deux aortes, il y avait une large ouver- Uire à travers leur paroi commune. M. Pi. Hailan, à la vérité {Médical and pliysical Jlcscarchcs, Philadelpliia,, 1835), parle de cette même communication qu'il annonce avoir fuit connaître, dus 182/i, avec toute l'organisation du cœur, dans le caïman. La fig. 19 du tableau de M. Martin Saint-Ange montre une anastomose entre les deux aortes, bien au-delà de celte origine, anastomose que je n'ai jamais vue, si tant est qu'elle soit dilïérentc de celle qui est terminale pour YaoYlQ gauche. M. Maycv de IJo7in Viûùcv'it, en 18^5, la même connnunitalion annoncée par M. Panizza. J'ai aussi vérifié celte découverte sur plusienrs cœurs déjeunes crocodiles eu caïmans. Mais j'ai montré, en même temps, le premier, que cette communication se rétrécit beaucoup et pourrait bien disparaître avec l'iige. {Journal de l'Instilut, 49 juiiJet 18-:J8, p. 2^3.;
AT\T. IV. CCI- un DES ANDIAUX VERTÉmvi'lS. 311)
rapproclit'S comme dnns los aiitrt^s roptiU\s. La forme du cœur semble commandée par c(îllc du corps; elle est généralement pins lari»e , moins allongée que dans les ophidiens , mais aussi plus rétrécie que dans les chéloniens.
La structure du cœur, dans les sauriens ordinaires, est d'ailleurs plus simple que dans les crocodiliens , et se rapproche beaucoup de celle que nous décrirons dans les ophidiens. Il y a toujours deux oreillettes, distinctes à Fintérieur, et dont les cavités sont séparées par une cloison complète. Leur proportion, surtout celle de l'oreillette droite, est très-grande relativement à celle du cœur proprement dit.
Le ventricule a deux loges incomplètement séparées, de manière qu'on peut , dans tous les cas , le considérer comme composé d'un cœur aortique et d'un cœur pulmonaire réunis, et jusqu'à un certain point confondus l'un avec l'autre, et conservant cependant quelque trace évidente de leur existence. Tantôt c'est la loge gauche qui reçoit presque exclusivement le sang pulmonaire, et l'envoie dans l'aorte droite (dans les iguanes) ; tantôt elle a perdu ce dernier rapport, et n'a plus conservé que le privilège de recevoir le sang qui a respiré ; c'est le cas des lézards.
L'épaisseur de ses parois , relative à sa capacité , est très-remarquable, ce qui suppose une grande force de contraction. Mais il faut observer que ces parois ne sont pas compactes; que les faisceaux muscnleux qui les forment sont détachés en partie, qu'ils les traversent dans toutes les directions, et qu'ils interceptent des cellules ou de petites cavernes, ayant en dernier lieu leurs orifices dans les cavités principales du cœur.
390 XXV*" LEÇOi\. SECT. III. RESERVOIRS DU SANG.
Nous allons, par quelques détails, chercher à démontrer les deux types que nous avons indiqués plus haut.
Dans les lézards^ et particulièrement dans le lézard agile et dans le lézard ocellé ^ le ventricule droit est séparé du ventricule gauche, dans sa moitié postérieure par une cloison musculeuse très-épaisse.
En avant, ces deux ventricules se confondent, du moins dans la partie inférieure de la base du cœur. On y voit, au miheu, un peu à gauche, les deux orifices auriculo-ventriculaires, sur lesquels est appliquée une valvule commune fixée à la cloison des oreillettes par sa partie moyenne , et libre sur les côtés.
Le bord supérieur de cette valvule se prolonge sur une autre valvule, que nous appellerons ventriculaire ou postérieure, laquelle forme une espèce de canal transversal qui conduit le sang du ventricule gauche dans le droit. La paroi supérieure du cœur qu'elle recouvre est comme tendineuse , et semble se prolonger de ce canal, dans le ventricule gauche. Le côté droit de la base du cœur est percé par les trois embouchures artérielles.
Il résulte de ces différentes dispositions organiques, que le sang qui arrive dans le cœur peut aller directement de l'oreillette droite vers les embouchures des artères. Celui qui y pénètre par l'orifice auriculaire gauche ne peut y arriver qu'après un détour, en passant dans la cavité gauche correspondante du cœur, et en traversant, de gauche à droite, le canal que forme le repli niembrano-musculeux que nous avons appelé valvule postérieure, et qui est un rudiment de la cloison horizontale, que nous décrirons dans les ophidiens. Ce
ART. IV. nu r.fELR DKS ANIMAUX VERTÉnUÉS. 391
san^- piilnionaire doit oncoie se filtrer à travers les cavernes que forment les nombreux faisceaux musculeux des parois du cœur, qui les rendent à la fois très-épaisses et très-spongieuses, en se croisant dans toutes les directions.
On ne peut s'empêcher de voir dans cette disposition des embouchures artérielles , dans la partie du cœur la plus éloignée de l'entrée du sang qui a respiré, et dans cette structure extrêmement celluleuse, un double moyen de mélanger le sang artériel avec le sang veineux.
On aura une idée de l'autre type par la description du cœur de V iguane ordinaire [iguana delicatissi?na),] Il est situé sous l'origine des poumons et dans la partie la plus avancée de la poitrine ; sa forme est celle d'un cône dont la base est large et le sommet très-aigu ; ses oreillettes n'offrent rien de particulier ; son ventricule a deux loges ; une droite , qui forme proprement la cavité du ventricule, et une gauche et supérieure, qui ne semble qu'un sinus de la première ; c'est dans celleci que s'ouvrent l'oreillette pulmonaire et l'aorte postérieure droite, à peu près comme cela a lieu dans les crocodiles. L'embouchure de l'oreillette droite est percée vers le milieu de la grande cavité , et bordée d'une valvule semi-lunaire et membraneuse, comme celle de l'oreillette gauche. En dessous sont les orifices de l'artère pulmonaire et de l'aorte postérieure gauche : le dernier à droite , et le premier à gauche, i/intérieur du ventricule est d'ailleurs garni de colonnes charnues, dont les ramifications sont détachées.
[Dans les caméléoniens (le caméléon ordinaire, Cuv.) les deux orifices auriculaires sont à la base du cœur 6. §1
à gauche, dans un enfoncement circulaire qui leur est commun ; et les embouchures des trois artères , dans un autre enfoncement circulaire du côté droit de cette même base.
La cavité unique du ventricule se bifurque à droite et à gauche en arrière , mais sans qu'on piu'sse distinguer de rudiment de cloison, comme dans les iguanes, ni de valvule postérieure , comme dans les lézards, autre que la substance même du cœur qui se trouve entre ces deux prolongements ; sa capacité est très-petite relativement à Tépaisseur des parois du cœur ; elle devient très-anfractueuse en se continuant dans toutes les cellules que forment ici, peut être encore plus que dans les autres sauriens , les nombreux faisceaux détachés qui composent ses parois.]
D. Da7is les Ophidiens,
Le cœur des ophidiens a deux grandes oreillettes, dont celle qui est à droite et qui reçoit le sang du corps est la plus considérable. Leurs parois sont minces et transparentes dans les intervalles des faisceaux charnus qui les affermissent et dont Tentrelacement est irrégulicr; leurs cavités ne sont séparées l'une de l'autre que par une cloison plus membraneuse que musculeuse. La forme du ventricule est, en général, celle d'un cône allongé, peu régulier cependant, à cause d'un appendice de même forme qui, dans beaucoup d'espèces, s'avance du côté gauche au-delà de sa base.
[Nous avons trouvé cette avance, qui prolonge le ventricule aortique, très-marquée dans le coluber natrix^ VErythrolamprtis /Escalapil , Merr. , etc. ;] sa cavité est
ART. IV. VAEVn DES ANIMAUX VERTÉBRÉS, 393
partagée cii doux lo^^os, une supérieure, qui s'étend jusque dans l'appendice, et l'autre inférieure, séparées par une cloison incomplète , ayant un bord libre du coté droit, étendue d'avant en arrière, et composée de faisceaux charnus , entre lesquels le sang peut se fdtrer. A l'endroit où cette cloison cesse, c'est-à-dire vers la portion droite de la base du ventricule, se trouve une assez grande ouverture, par laquelle les deux loges communiquent entre elles. [La loge supérieure , que nous nommerons aussi loge aortique, occupe la base du cœur dans toute sa largeur, et se prolonge, du côté gauche, jusque vers sa pointe; la loge inférieure ou pulmonaire est plus restreinte, et n'occupe que la moitié droite du cœur, en s'étendant de la base vers sa pointe. Remarquons d'ailleurs que cette loge n'est inférieure que relativement à la portion de l'autre loge qui s'étend dans la partie droite de la base du cœur; mais que sa position relative dans sa moitié postérieure , est d'être à droite plutôt qu'au dessus de l'autre. La partie antérieure de la cloison qui les sépare est donc horizontale, tandis que la partie postérieure est verticale : celle-ci est extrêmement épaisse. Les parois intérieures de chacune de ces loges sont lisses en avant; on les trouve de plus en plus celluleuses en arrière, par suite des faisceaux musculeux qui les forment et qui se détachent, par intervalles, les uns des autres. ] Ce sont comme des colonnes ou des rubans charnus qui vont en se ramifiant de la base vers la pointe, et diminuent beaucoup la cavité du ventricule. Leurs ramifications nombreuses permettent au sang de passer entre elles, comme à travers un crible, et servent à mélanger plus intimement celui qui vient du poumon avec celui du corps.
[Il résulte de cette quantité de faisceaux musculeux, peu distincts et assez compactes vers la surface du cœur, moins réunis, plus détachés vers ses cavités, que ses parois sont très-épaisses relativement à sa capacité. Cela se remarque surtout pour celles du ventricule aortique , dont l'efibrt doit chasser le sang jusqu'aux extrémités du corps des serpents, que Ton sait extrêmement allongé relativement à son diamètre. ]
Les embouchures des oreillettes sont percées à côté l'une de l'autre à la partie moyenne de la base du cœur au-dessus de la cloison, et conséquemment dans la loge aortique ; chacune est recouverte par une valvule membraneuse dont le bord libre semi-lunaire est tourné du même côté que l'oreillette correspondante. [On peut Uiêmedire qu'il n'y a proprement qu'une valvule pour les deux orifices, laquelle est placée en travers sur l'un et l'autre, dans le fond du ventricule, absolument comme dans les cliéloniens. Cette valvule est attachée au bord qui termine, du côté du cœur, la cloison des oreillettes, par toute sa ligne médiane longitudinale, qui h\ partage en deux moitiés latérales; elle est fixée, d'autre part, par ses deux bords transverses, qui se perdent dans les parois supérieure et inférieure de la k>ge aortique ; sa largeur mesure exactement la distance des deux orifices, puisque ce sont ses bords latéraux qui sont libres sur ces orifices, et s'appliquent sur eux lors de la systole du cœur. ]
Ces artères ont leur embouchure à la partie droite de la base du cœur. Celle de l'artère pulmonaire est à gauche et en bas, et répond à la loge inférieure, [que nous avpns aussi désignée sous le nom de loge puhno-
ART. IV. C:C£LR DES ANIMAUX VERTKRHÉS. 395
nairo. On voit, à son origine, deux grandes valvules S(Mni-lunaircs.
L'aorte gauche et l'aorte droite ont leur embouchure dans la loge supérieure , notre loge aortiquc ; elles sont même tellement rapprochées l'une de l'autre , qu'elles ne semblent avoir, du côté où les artères se touchent, cpi'une paroi et qu'une embouchure commune (i). Cependant il y en a deux bien distinctes; l'une plus à droite, un peu inférieure et plus rapprochée de l'ouverture de la cloison; c'est l'embouchure de l'aorte gauche, laquelle est aussi garnie, en dedans de cette artère, de deux grandes valvules semi-lunaires; c'est à tort que nous l'avions décrite, dans notre première édition , comme appartenant à la loge pulmonaire , quoique nous en ayons bien précisé la position vis-à-vis de l'ouverture de la cloison qui sépare les deux loges. Il en résulte, en effet, qu'elle n'est pas essentiellement séparée du ventricule pulmonaire.
L'autre embouchure , celle de l'aorte droite, située un peu plus en dedans ou à gauche, et un peu supérieure à la dernière, se trouve au-dessus de la cloison, tout près de l'orifice auriculo-ventriculaire droit.
Une bande musculeuse qui traverse la paroi supérieure du ventricule aortique, vers le milieu de la longueur du cœur, et croise la partie la plus reculée de l'ouverture de la cloison, peut servir à empêcher le
(1) Mechel n'a donné qu'une seule embouchure pour les deux aortes, dans sa description des vaisseaux sanguins (p. 2/^1 de l'ouv. cit.) avec deux valvules semilunaires. Il place niLinc cette embouchure au-dessous de la cloison, dans le ventricule- pulmonaire ou droit. Dans la description du cœur ( Ibld., p. 220 et 221), il distingue deux embouchures aorliqucs, ayant chacune deux valvules semi-lunaires; l'une des deux, à la vérité, dans l'aorte droite, serait rudiraentairc.
326 XXV*' LEÇON. SECr. III. llÉtJEilVOIRS DU SANG.
passage du sang de la partie gauche du ventricule aortique dans le ventricule pulmonaire (i).
Il est facile à présent de comparer cette organisation à celle des chéloniens et des sauriens , comme à celle des classes supérieures.
Les ophidiens ont un ventricule aortique et un ventricule pulmonaire; mais ce dernier a une }3ien plus grande proportion que dans les chéloniens, et la cloison qui les sépare, quoique incomplète, a aussi bien plus d'importance que la lame musculeuse qui recouvre le sinus pulmonaire des chéloniens.
Le ventricule aortique mérite ce nom par ses rapports avec les artères du corps , et même par sa position relative , qui est plus à gauche. Sa portion droite est une extension de ce ventricule aux dépens du ventricule droit.
Les conséquences de cette organisation , relativement à la marche du sang, font que ce liquide , qui revient des poumons et du corps, reste, à la vérité , encore séparé dans chaque oreillette ; mais qu'il doit se mêler, dès qu'il est entré dans le ventricule aortique dans lequel s'ouvrent les deux oreillettes.
Le sang qui débouche par rorifice auriculo-ventriculaire droit, rencontre immédiatement rembouchure de laorte droite. Celui qui débouche par l'orifice auri-
(1) Mechcl n'a pas saisi la composiliois uiiique de lu valvule qui recouvre les deux orifices auriculo-ventriculaires et son analogie avec celle des chéloniens. Je ne comprends pas sa critique de noire première description, qu'il adopte cependant, en disaiît qu'il y a deux valvules semi-lunaires simples, une de cliaquecôlé pour chaque oreillette. Mais il fait remarquer que nous avons négligé déparier de celle valvule reculée, transversale, qui répond à rouverlure de la cloison, sans 'j'expliqucr sur ses usages^ Op. cit.. p= 220.
AUT. IV. CtiOUK UJiS ANIMAUX VEli I JiliKKS. 3^7
culo-vcntriculairc gauche, ne peut arriver à celte embouchure que par une sorte de rellux de gauche à droite ; mais ce reflux sert précisément à favoriser son mélange avec le sang qui n'a pas respiré.
La systole du cœur, qui succède à la systole des oreillettes et pousse dans les artères les deux sangs plus ou moins mélangés, ne me paraît pas devoir donner une direction plus particuhcre à celui qui débouche de loreillette gauche. Son courant doit le porter à gauche jusque dans le fond du ventricule de ce nom; mais il ne peut en sortir qu'en filtrant à travers les parois du cœur ou en refluant vers la droite, et en se mélangeant avec le torrent qui entre par l'orifice auriculo-ventriculaire droit. Ce dernier, qui n'a pas respiré, peut pénétrer en partie à la première systole immédiatement dans l'aorte droite, ou plus à droite dans l'aorte gauche, ou bien passer dans la loge inférieure , en y descendant par la grande échancrure de la cloison , et passer de là dans l'artère pulmonaire. Il faut avouer que si le sang n'est dirigé qu'en dernier lieu de ce côté , c'est déjà du sang mélangé de sang veineux avec du sang oxigéné.]
E. Dans les Batraciens.
La structure du cœur est la plus simple dans les animaux de cet ordre. Ils ont [en apparence] une seule oreillette arrondie, plus large que la base du cœur, affermie, comme à l'ordinaire , par des colonnes charnues, tenant à cette base où se trouve son embouchure ; et un seul ventricule de forme conique, dont la cavité, tout-à-fait simple, a des colonnes charnues non déta-
chées, et s'ouvre dans le tronc commun des artères, dont Tembouchure unique est percée à sa base.
[L'organisation du cœur des batraciens n'est cependant pas aussi simple que nous l'avions exprimé dans cette description très-succincte. L'oreillette s'y trouve divisée en deux chambres par une cloison très-mince, plus membraneuse que muscuîeuse , dont le bord libre ne pénètre pas jusque dans le v-entricule, mais se termine un peu en dedans de l'orifice commua de ces deux chambres.
Le cœur, proprement dit, n'a jamais qu'une seule cavité , dont la paroi intérieure se compose de faisceaux ramifiés, détachés par intervalles, et laissant entre eux des cellules qui communiquent les unes dans les autres, de sorte que ces parois sont plus ou moins spongieuses dans une grande partie de leur épaisseur. L'orifice auriculo-ventriculaire est toujours percé un peu à droite et vers la partie supérieure de la base du cœur. L'embouchure du tronc commun des artères est à gauche de cette même base est un peu en bas.
Remarquons encore :
1°. Que le tronc commun artériel éprouve une dilatation à son origine, ou très-près de son origine, formant un bulbe à parois musculo-tendineuses, qui rappelle le bulbe du cœur des poissons.
2"". Que ce tronc artériel est pulmonaire toutes les fois qu'il y a des branchies, et qu'il devient aortique quand les] branchies disparaissent et que le bulbe est la dernière trace de ce premier emploi.
5". Que cette dilatation a sa cavité imparfaitement divisée par une cloison incomplète, longitudinale,
ART. IV. CrEUR DES ANIMAUX VERTÉBRÉS. 329
dans laquelle on ne peut s'empêcher de reconnaître les traces des deux aortes des autres reptiles.
4^ Que la cloison qui divise l'oreillette en deux chambres estbien évidemment un indice des deux oreillettes que nous avons reconnues dans les trois autres ordres.
La composition du cœur des batraciens , tout en conservant quelques caractères, mais en rudiment, des cœurs plus compliqués, montre en même temps l'organisation simple du cœur des poissons , et n'a pas d'autre effet pour la direction du sang, k la vérité la cloison de l'oreillette qui la divise en deux chambres, dont l'une répond à la veine pulmonaire , et l'autre aux veines caves, empêche que les deux sangs ne se mélangent avant leur entrée dans le ventricule ; mais ici ce mélange est d'autant plus complet, que le sang artériel étant versé tout-à-fait à droite, son torrent doit nécessairement traverser celui du sang veineux, pour arriver à l'embouchure du bulbe artériel qui est àgauche.
Dans leur premier état, celui de têtard, le cœur des batraciens est pulmonaire et semblable, pour les effets qu'il doit avoir sur la circulation, à celui des poissons. A l'état parfait il devient cœur aortique , par suite de changements très-simples, qui consistent, d'une part, dans le développement de certaines branches vasculaires communiquantes entre les artères et les veines branchiales, et, d'autre part, dans l'atrophie des divisions artérielles allant aux branchies. Nous reviendrons sur ces changements (i) dans l'histoire du déve-
(l) Très-bien figurés dans le tableau de la circulation des vertébrés, publié par M. Martin Saint-An^c en 1833, et déjà cité, f. 25 et 26, Nros. 5, 14 et 21. M. Rasconl les avait déjà indiqués fig. 6, e, e, e, dans son ouvrage ayant pour titre : Dcscriplionc analomlca dc^U or^ani dcUa circokizionc dcllc tarvc dcKe sala» mandrc aqtiallchc, Pavia, 1817.
330 XXV^ LEÇON. SECT. 111. MÉSEilVUlllS DU SANG<
loppement du fœtus ; si nous l'indiquons ici , c'est pour expliquer que l'organisation plus simple du cœur des batraciens était une nécessité de leur métamorphose, et de la vie de poisson par laquelle devait commencer leur existence.
Nous ajouterons à cette description générale quelques descriptions particulières qui la feront mieux comprendre.
Le cœur du crapaud commun est plus grand à proportion que dans les gi^enou'iUes,
Sa forme est conique, sa position directement longitudinale sur le sternum ; ses parois épaisses ; sa cavité a sa surface tout unie en avant et en haut, près de l'orifice auriculo-ventriculaire et de l'embouchure du bulbe aortique; elle se divise, plus en arrière, en petites cellules irrégulières, formées par les faisceaux musculeux plus ou moins détachés les uns des autres dans une partie de leur trajet.
L'orifice auriculo-ventriculaire se voit à la base du cœur, vers son milieu, à gauche de l'embouchure de Tartère; il est grand et sous-divisé , un peu en dedans, par la cloison qui ])artage l'oreillette en deux loges. Cette cloison est mince, transparente et beaucoup moins musculeuse que membraneuse. On y voit cependant des rubans musculeux qui s'y ramifient. Elle se termine dans l'orifice auriculo-ventriculaire, sur deux valvules mitrales placées aux côtés opposés de cet orifice, l'une en haut etl'autre en bas. Ces valvules sont épaisses, charnues, lenticulaires, et tiennent par des filets tendineux, courts» aux parois correspondantes du ventricule. On en voit une troisième à gauche^ du côté de l'embou-
AUX. IV. CIEUU DliS AWliMAUX VEUTliBKKS. 331
cluiro du bulbe aortique , laquelle est perpeiidieulaire aux deux autres.
L'euibouchiire du tronc artériel, qui commence par nu bulbe en partie musculeux, se voit à droite de la base du ventricule. Un bourrelet épais la sépare , outre la valvule que nous avons signalée , de rorificc auriculoventriculaire ; cette embouchure est garnie de deux valvules semi-lunaires.
L'oreillette est grande, les deux loges dans lesquelles elle est divisée ont beaucoup plus de capacité que le ventricule. Les parois de cette oreillette sont minces, quoique plus épaisses que celles de la cloison. Elles se composent de rubans musculeux dont le plus grand nombre est dirigé d'avant en arrière.
J'appelle bulbe aortique, un renflement à parois épaisses et musculeuses, qui forme la base de l'aorte, comme le bulbe qui commence l'artère pulmonaire des poissons. Sa cavité qui est grande, commence au-delà des deux valvules semi-iunaires. Elle est divisée en deux portions inégales par une cloison incomplète , longitudinale. Le côté gauche, plus petit, est un simple cul-de-sac ; le droit, plus grand, se continue dans le tronc très-court de l'aorte proprement dite.
Le cœur des grenouilles [la grenouille verte) n'est pas différent. La cloison qui divise l'oreillette en deux loges est aussi complète. L'orifice auriculo-veritriculaire, en dedans duquel cette cloison se termine, est garni , absolument comme celui du crapaud, de deux valvules épaisses, lenticulaires, charnues, rouges, opposées, tenant à son pourtour par de courts filaments tendineux; la cloison s'y iixe par ses bords opposés. 11 y en a aussi une troisième du coté do l'embouchure
332 xxv*' LEr:oN. segt. m. réservoirs n\j sang. aortique. Cette embouchure aboutit de même dans un bulbe ayant intérieurement une cloison incomplète longitudinale, qui divise le premier torrent du sang* artériel en deux courants.
Les salamandres et les tritons ont un cœur organisé, pour l'essentiel, comme les batraciens anoures.
Parmi les reptiles ampliibies dont nous devons encore décrire le cœur, se trouve d'abord ce singulier genre ménopoma, qui n'a plus de branchies, mais dont le cœur présente, plus que les précédents, et plus même que les suivants, qui ont des branchies permanentes, la com~ position de celui des poissons.
L'oreillette, qui est très-grande, est divisée, à la vérité , en deux loges , par une cloison mince. La supérieure et antérieure reçoit la plus grande partie du sang pulmonaire ; la postérieure est l'aboutissant de celui des veines-caves. L'orihce auriculo-ventriculaire est percé au milieu du côté gauche du ventricule , et divisé en deux par la cloison qui s'y termine. Il y a, comme dans les précédents, deux petites valvules mitrales , en avant et en arrière de cet orifice. 1/embouchure de l'artère du corps est à la base du cœur ; elle conduit dans un long bulbe artériel, à l'origine duquel se trouvent quatre valvules semi-lunaires. On en voit une seconde rangée semblable après un court intervalle (i). Sauf la division de l'oreillette en deux loges, c'est absolument un cœur de poisson, qui est devenu aortique.
Dans Vampldwna [9.) le cœur et toute la circulation
(1) Descriptive and illusiraicd catalogue of thc philosoplùcal séries of comparative an atotny, elc, vol. II. Londoii, ISo/j, pi. xxiir, fig. 1, 2 et 3.
(2) Ciivier, Mcni. du MuscutUy t. xiv, 1817, p. 1 Pt pi. f. 1 el 2.
ART. IV. CCEUR DES ANIMAI X VEllTÉBRKS. 333
paraissent semblables à ce qu'on observe dans les grenouilles et les salamandres.
Les batraciens branclilo-pulmonés , qui restent toute leur vie dans la condition des larves de tritons, ont, comme ces larves et comme les poissons, un cœur pulmonaire ou branchial.
Celui de la sirène iaccrtine est situé très -avant dans la poitrine, immédiatement en arrière de la ligne d'attache des extrémités thoraciques. 11 précède le foie, dont il n'est séparé, comme dans les poissons , que par une sorte de diaphragme libro-tendineux. C'est la paroi postérieure d'une cavité considérable, ayant partout des parois de même nature, qui renferme le cœur, son oreillette, et le long bulbe qui termine le tronc pulmonaire. Cette cavité est celle du péricarde de ces animaux, dont les parois sont unies, comme dans les poissons, aux parties environnantes, et forment une cavité thoracique pour le cœur seulement.
La forme de ce viscère est étroite et allongée, je veux dire celle du ventricule proprement dit.
L'oreillette, qui est d'une grande proportion, le recouvre en dessus, l'enveloppe sur les cotés, et contourne les lanières, dans lesquelles elle est profondément divisée, jusque sous la face inférieure du ventricule, mais principalement du côté gauche. On distingue, à gauche, six ou sept de ces divisions, et trois ou quatre à droite. Elles forment, pour ainsi dire, autant de ramifications ou de branches principales de cette singulière oreillette qui se sous-divisent encore (i) ; de sorte que
(1) Cuvicr avait indiqué cette forme dentelée de rnivnlU'Ue. Eccherchcs sur les rcplilcs rci^anlîs comme donUtix^ etc. Pari^, 1807.
334 XXV' LEÇON. SECT. lil. P^ÉSEnVOIRS DU SANG.
la eavilé de retto oreillette est elle-même très-ramifiée. Cependant elle est pins particulièrement séparée par une cloison mince et transparente, en deux loges, Tune postérieure, plus petite, qui est pulmonaire; l'autre plus grande, antérieure et supérieure, qui reçoit le sang des veines-caves.
Ces deux loges s'ouvrent dans la partie supérieure et antérieure du ventricule, par un orifice commun coupé, comme dans les autres batraciens, par une ligne verticale, qui est la ligne terminale de la cloison qui les sépare , mais sans s'élargir en valvule. Cette cloison se fixe, à la paroi supérieure du cœur, à une valvule plate, laquelle tient h cette paroi par de nombreux fdaments tendineux très-courts. Le côté inférieur de cet orifice est bordé d'une valvule semblable, mais plus petite.
Cette disposition particulière des valvules auriculoventriculaires est caractéristique de l'ordre des batraciens.
Les parois du cœur sont extrêmement spongieuses , et sa capacité assez considérable, relativement à l'épaisseur de ses parois. Les faisceaux qui les composent partent de sa base, ou du pourtour de l'orifice auriculoventriculaire et de l'emboucbure artérielle ; ils vont de là en se ramifiant , en se croisant dans tous les sens et en interceptant de nombreuses cellules. Elles ne montrent d'ailleurs aucune trace particulière et distincte d'une cloison incomplète (i).
(l)Voir le mémoire de M. Owcn sur lu sirène, et les figures du cœur et des principaux vaisseaux de ce reptile. ( Tram, of thc zoolog. sociclyof Lorn/on, vol. r, 1835, pi. 31, fig. 1, 2 etc.) J'observerai cependant que ces figures ne montrent ni le rayonnement, les ramifications et rcnlrccroiscment des nombreux faisceaux fliuscuicux des parois du veulriculc, ni les cellules irréguliùrcs qu'ils ioler»
Anx. IV. cfT.vv, nr.s animaux vi:?.n''r.îiKs. ,).>5
LorifiCi.' de Tarlrrc jnilnioiiaire , le seul tronc artériel qui sorte du cœur, est à droite et un peu en bas de la ])ase du ventiieule. J\Iais ce n'est qu'après un court trajet, après s'être courbe en arc, et lorsque ce tronc s'élargit en bulbe, que se voit la valvule qui empêche le retour du sang dans le cœur.
Les organes de la circulation du protée sont les mêmes que dans la sirène (i).
Le Ménobranclius {Harlan) en différait par une composition plus simple, l'oreillette du cœur n'ayant pas de cloison (2).]
Uaxoloti a de même une seule oreillette au cœur, d'une grande proportion, précédée, comme dans les poissons, d'un sinus veineux qui en est séparé par un étranglement. Un seul ventricule pousse le sang dans un long bulbe artériel, absolument comme dans les autres batraciens pérennibranches, etc.
§ Y. Du cœur des Poissons*
Le cœur des poissons est situé dans une cavité particulière , formée par l'intervalle que laissent entre elles les branchies de chaque côté.
[Sa position est toujours relative à celle de ces derniers organes, et constamment en rapport avec la partie inférieure de la branchie la plus reculée, à laquelle
ceptcnt. La cloison des oreillettes ne se termine pas en deux demi-lunes, rudiment de la valvule double des trois ordres supérieurs des reptiles, mais en ligne droite, et il y a ici une toute autre disposition \alvulaire, ainsi que nous l'avons dit dgns le texte.
(1; Suivant Cui/er, ibid, p. 43.
(2) Analccien fur verf^lciclicnde analonùco, von D''A.F, 3. Maycr» Conn,
is:i5, p. St), et pi. vu, f. 4.
le cœur envoie les deux premières branches de l'artère pulmonaire. Le cœur est donc très-avancé , lorsque les branchies sont situées très en avant , ce qui est le cas le plus général. Il est plus reculé lorsque les branchies sont plus en arrière, comme dans les lamproies^ les scjualcsj les raies.]
Sa structure essentielle présente une grande uniformité dans tous les poissons. Leur cœur n'est jamais composé que d'une oreillette qui reçoit le sang de tont le corps , et le verse dans un ventricule dont la cavité est sans division. De ce dernier il n'a qu'une route à prendre , celle de l'artère pulmonaire.
Le péricarde tapisse souvent, par sa poche externe, les parois de la cavité thoracique , tandis que sa poche interne recouvre la surface du cœur ; de sorte que ce sac, d'ailleurs très-mince et transparent, semble manquer dans ce cas (i).
[Du côté de la cavité abdominale, la paroi de cette sorte de cavité thoracique cardiaque est renforcée par des lames tendineuses formant une espèce de diaphragme contre lequel le péritoine est appliqué dans l'abdomen. Des lames fibreuses renforcent aussi les autres parois de la cavité thoracique du côté des branchies, et doublent la poche séreuse que forme le péricarde. Il s'en détache même un certain nombre qui vont assujettir ces parois aux parties environnantes.
Dans les lamproies^ la cavité thoracique cardiaque est une capsule fibro-cartilagineuse, terminaison pos-
(1) C'est ce qui a donné lieu à la méprise de PerrauU qui nie l'existence du péri carde dans le squalus vulpes, et à celle de Vicq-d'Azyr^ qui pense que cette pod)e ne se trouve dans uucun poisson carlilaginnux. [OKuvrcs^ t. v, p. 198, 2i8.)
WxT. IV. c.i?.\}\ ni'S ANIMAUX vEnTDr.pacs. 337
tciicuie (lo la pièce médiane slcruak', et dos dernières pièces latérales de la cage qui ceint le thorax. (Voyez le mécanisme de ta respiration dans tes poissons cartila-' gineuxj leçon xxx.) Sa capacité et sa forme sont celles de la poche externe ou libre du péricarde dans tous les vertébrés. Ses parois se composent évidemment de deux lames, Tune externe, qui appartient plus particulièrement à la cage de la poitrine, et l'interne qui est proprement la poche séreuse cFu péricarde modifiée par sa soudure avec la première.
Le péricarde recouvre non-seulement le ventricule , mais encore l'oreillette et le bulbe artériel.
Des lames ou des filets de nature fibreuse , dont le nombre peut varier beaucoup, suivant les espèces, fixent aux parois de la cavité thoracique, le ventricule de quelques-unes d'entre elles, et moins souvent l'oreillette , en se portant de l'une à l'autre. Meckel (i) les regarde, avec raison, contre l'opinion de Broiissonnet et de Tiedemann, comme normales et non comme ui\(i. production inflammatoire. Il les a vues dans les genres murène^ miirénophis, cobitis, a?iarr/nchas,p^nm les poissons osseux; et dans les genres accipenscr,pét7'omyzon et myxifie, parmi les cartilagineux. Leur nombre , à la vérité, paraît varier, même dans les individus d'une seule espèce.
Dans les lamproies , où Ton en compte assez généra-
(1) op. cit., p, 177 et suiv. Avant Mcekel^ ainsi qu'il l'a dit lui-même, cos brides tendineuses avaient été observées, par Sévcrin, dans une murœnopiiis; par Bioussonnclj dans l'unarrhichas lupus; par Ticdcmann, dans le congre; par C'arus, dans la lamproie marine; par B<ur, dans l'esturgeon, el par llailikc, dans lu lamproie llnvialile.
338 XXV'' LEÇON. SÊCTo ilï. BÉSERYOlKS DU SANG.
lement trois, une pour le ventricule, une pour l'oreillette, et la troisième pour le sinus des veines, celle-ci manque quelquefois^ ainsi que nous l'avons constaté dans la lamproie marine et dans la lamproie flaviatile.
Dans V esturgeon^ les brides du péricarde peuvent varier de deux à six et s'unir entre elles par des fils plus déliés.
Meckel en a trouvé une seule fois dans la baudroye, formant deux fdets très-fms; tandis qu'il n'en a pu découvrir dans beaucoup d'autres individus de la même espèce.
Ainsi, non-seulement le nombre, mais encore l'existence de ces brides du péricarde sont sujets à varier.
Elles manquent d'ailleurs généralement dans les squales, les raies et les chimères, parmi les cartilagineux, et dans la plupart des poissons osseux.
Une circonstance bien plus remarquable que présente le péricarde de certains poissons, ce sont deux ouvertures au moyen desquelles sa poche communique avec la cavité abdominale; et comme, dans ce cas, la poche du péritoine est elle-même ouverte en dehors, par deux orifices situés en arrière de chaque côté de l'anus, il en résulte non-seulement que la sérosité du péricarde peut avoir une issue au dehors par ces deux ouvertures, mais encore que l'eau du dehors qui pénètre dans l'abdomen peut arriver jusque dans la poche du cœur.
Cette singulière organisation, découverte ^^i Monro dans les raies (i), a été vue par Meckel dans beaucoup de squales (2), et par Baer dans V esturgeon (5),
(1) Organisation et physiologie des poissons , édit. allemande de Schneider, pi. Il et XI, et p, 109 erilO.— (2) Op. cit., p. 485. — (3) Kœnigsberger Bericht,
\ÎIT. W, VMVV, DES ANIMAT \ VK nilhnîÉS. .'k')9
Le volume du cœur, c'est-à-dire du veulricule et de l'oreillette, est très-petit dans les poissons, ainsi que leurs vaisseaux sanguins en général , et la quantité relative de leur sang.
Meckeldi cherché à le démontrer par des tables comparatives du poids du corps et de celui du cœur. Mais la grande différence de quelques observations prouve qu'elles n'ont pas été faites d'après des données uniformes. Tantôt l'époque du développement des œufs ou de la laite donnait trop de poids relatif au corps ; dans d'autres cas les observations ont été faites sans dire si l'on avait compris ou défalqué le poids du pédicule artériel, dans la somme du poids du cœur.
Nous avons trouvé le cœur relativement grand dans les lamproies qui ont beaucoup de sang et de vastes réservoirs de ce liquide.
Mei'kel indique les dacty (aptères et les exocets, qui jouissent d'une grande énergie de DK)Uvement , et les clupés qui ont de grandes branchies , comme ayant le cœur plus grand que les autres poissons.
Les pleuronectes ^ poissons sédentaires, l'auraient, au contraire, proportionnémentplus petit.
L'étendue de sa poche adhérente et ses limites sur ces trois parties du cœur des poissons, seraient, au besoin, plus faciles à démontrer sur le cœur de Vestur^ geon qui offre, à cet égard, une particularité remarquable. Le péricarde y forme , dans toute cette étendue de la poche interne, mais particulièrement autour du ventricule et du bulbe , des boursoufllures ou de petits sacs, ayant l'apparence de lobes ou de lobules, qui masquent extérieurement la véritable figure du cœur. Les uns sont vides et celluleux^ d'au-
340 XXV^ LEÇON. SECT. lïl. nÉSEKVOIRS DU SANG.
très, et ce sont particulièrement ceux du ventricule, sont remplis dune substance spongieuse, caverneuse, très-vasculaire, de couleur foncée. Au reste leur nombre et leur développement varient beaucoup d'un individu à l'autre, à en juger par trois exemplaires que nous avons examinés. Meckel n'a trouvé aucune communication entre les cavernes de ce corps spongieux et les cavités du cœur. Il le considère comme une sorte de thymus (j )• ]
La capacité de VoreUleite excède ordinairement celle du ventricule; ses parois sont assez minces, peu musculeuses, ayant cependant des colonnes de cette nature, formant des cavités ovales contenues les unes dans les autres, ou ramifiées irrégulièrement. Sa situation varie un peu , ainsi que le lieu de son embouchure. Elle recouvre le ventricule et le déborde même sur les côtés et en avant , dans les roussettes et les émissoles^ parmi les scjuales , les raies ^ les gades, etc.; mais sa position la plus générale est en avant de lui. Dans ce dernier cas , son embouchure est à la base du cœur; tandis que dans le premier cette embouchure est percée au milieu de sa face supérieure. Elle est généralement bordée, dans le ventricule, de deux valvules semi-lunaires , dont les angles tiennent aux pa-
(1) Meckel ayant fait connaître (op. cit., t. v, p. ICI) qu'à l'époque où nous nous occupions ensemble de rccherclies d'anatomie (en 18o4), nous avions eu TidOc que ces productions n'étaient que de la graisse, j'ai relu la note de cette ancienne observation, que voici : a Le sac du péricarde qui revOt le cœur de mVcsttirgeon, est dilaté en une foule de petits culs-de-sac semblables ù ceux qui ■»se forment autour des gios intestins et remplis d'une matière d'apparence «graisseuse. La surface du cœur et de l'oreillette en est toute recouverte et vdéli^uvée. » f''ulsa/vay Kâirculer, httlil, JJavr, ont décrit cette particularité de structure, dont je n'avais pas cru devoir parler dans ma rédaction, pour n'avoir jpas syfilsajnp^eîjt reconru sa nrjuro vayculnire et sponfïicuse,