‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 43 sur 92 · ART. V. DU MOUVKMENT DU SANG · texte numérisé non relu

ART. V. DU MOUVKMENT DU SANG

ARTICLE Y

Du MOUVEMENT ET DE LA DIRECTION DU FLUIDE NOURRICIER DANS TOUS LES ANIMAUX EN GENERAL, ET PLUS PARTICU- LIÈREMENT DANS LES ANIMAUX VERTÉBRÉS.

Les tomes IV et V nous ont montre tout ce qui concourt à la préparation et à la production du fluide destiné à réparer les pertes et àrétablir la composition des orj;anes du corps animal : en un mot le chyle [ou le fluide nourricier non élaboré] est fait.

Dans les zoopliytes le chyle est élaboré et passe dans les parties, à mesure qu'il se fait. Dans les insectes et les araclinides trachéennes ^ il va les baigner à mesure qu'il se fait ; [il y trouve des trachées qui le soumettent à l'action dépuratoire du fluide ambiant] et elles ne tardent point à se l'approprier. Dans les animaux supérieurs ou dans les animaux vertébrés, il y a une opération intermédiaire : un fluide particulier, toujours en mouvement dans un système propre de vaisseaux, nourrit seul les parties d'une manière immédiate, et c'est lui qui a besoin d'être renouvelé par le chyle.

C'est le mouvement continuel de ce fluide propre, [de ce sang dont nous avons fait connaître la nature au commencement de cette leçon], qu'on nomme circulation.

La circulation [ou ce mouvement du fluide nourricier dans un système de vaisseaux clos] n'a donc lieu que dans les classes supérieures , savoir : les types des

vertébrés^ des woUusqiies, dans les annélides, les crustacés , [et les arachnides pulmonaires parmi les articulés^ et dans les éc/ii?iodermes pour le type des zoophytes. Encore verrons-nons que, dans les classes des deux derniers types qui viennent d'être indiquées, les réservoirs de ce fluide , à travers lesquels il dirige son mouvement , ne sont pas aussi achevés, aussi complets que dans les deux premiers types.]

11 faut considérer dans la circulation deux parties principales, les agents qu'elle emploie et les routes qu'elle trace au sang. Ces routes sont surtout intéressantes à connaître dans la partie qui conduit le sang à l'organe respiratoire : l'une des principales utilités de la circulation est en effet de contraindre le sang à passer sans cesse, en plus ou moins grande quantité, dans un organe où il peut éprouver l'action médiate ou immédiate de l'oxigène, et comme les qualités du sang dépendent beaucoup, ainsi que nous le verrons dans la leçon de la respiration , du plus ou moins de force de cette action et du degré de modification qu'il en reçoit, et que toutes les parties du corps, étant nourries par le sang, participent à ses qualités, il arrive que la nature entière d'un animal est en quelque sorte déterminée par la distribution de ses organes circulatoires, et par la route que cette distribution trace au sang.

De là dérive l'importance de la structure du cœur en histoire naturelle, et la justesse des caractères que l'on en tire pour former des classes. Cette importance avait été devinée, plutôt que démontrée, par des hommes de génie ; mais ce n'est que dans ces derniers temps qu'on a pu l'établir sur des principes rationnels.

On appelle la circulation qui se fait dans les pou-

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