ART. V. MOUVEMENT DU SANG
mons, petite, et celle du reste du corps, grande circulation.
La grande circulation consiste en général en ce que tout le sang qui revient des parties par des vaisseaux appelés veines, dont les rameaux aboutissent à des branches, et celles-ci à des troncs qui se réunissent tous en un tronc commun, retourne ensuite à ces mêmes parties par d'autres vaisseaux appelés artères, entre lesquels le sang se partage ; le tronc commun se divisant en branches, celles-ci en rameaux, et ainsi de suite, jusqu'à ce que les dernières divisions des artères échappent à l'œil, de même que leur réunion avec les premières racines des veines.
Si le tronc commun des veines communiquait directement avec le tronc commun des artères , il n'y aurait donc qu'une seule circulation ; le sang, revenu au centre, retournerait directement aux parties pour revenir encore, et ainsi de suite ; mais c'est ce qui n'arrive jamais entièrement.
Le sang, arrivé au tronc commun des veines, avant de rentrer dans le tronc commun des artères, se réel i vise en tout ou en partie dans l'organe pulmonaire. C'est là qu'il éprouve l'action de l'oxigène par des moyens que nous expliquerons dans la leçon de la respiration, et dont le principal consiste dans la multiplication de surface qui résulte de cette division même.
Il peut arriver que la division soit telle, qu'aucune gontle de sang ne puisse retourner dans le tronc des artères avant d'avoir passé dans le poumon par la petite circulation; c'est qu'alors le tronc des veines du corps donne tout entier dans le tronc artériel propre à cette petite eirculalion. Les branches de ce tronc
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produisent à leur tour des veines dont le tronc se rend ensuite tout entier dans celui des artères du corps, ou de la grande circulation double. Si, au contraire, le tronc commun des veines du corps, au lieu de se distribuer tout entier aux poumons, nV envoyait qu'une branche, et que le reste du sang qu'il aurait apporté, rentrât directement dans le tronc commun des artères du corps, la petite circulation ne serait qu'une fraction de la grande , plus ou moins considérable, selon que la branche qui lui serait consacrée serait plus ou moins forte ; il n'y aurait qu'une partie du sang qui respirerait à chaque circuit , et les artères porteraient sans cesse dans les parties du sang qui y auraient déjà passé sans avoir refait son tour dans les poumons ; le sang et les parties qu'il nourrirait participeraient moins (toutes choses égales d'ailleurs) aux qualités que l'oxigène peut leur communiquer.
C'est ce qui arrive dans les reptiles ; leur circulation pulmonaire n'est qu'une fraction de la grande, plus ou moins forte, selon les [ordres, les familles et les genres], et produisent aussi dans ces différents groupes des effets gradués, selon sa force.
Les autres classes , savoir : les mammifères , les oiseaux, les poissons, les mollusques, ont une circulation double, et aucune parcelle de leur sang ne peut retourner dans la grande circulation qu'après avoir passé par la petite.
Mais il ne faut pas croire pour cela que l'effet définitif de la respiration soit le même parce que la circulation est la même; les moyens respiratoires peuvent être différents, et comme ils sont un des facteurs, le produit peut être fort altéré par leur différence.