VINGT-SIXIÈME LEÇON
DU FLUIDE NOURRICIER, DE SES RESERVOIRS ET DE SON MOUVEMENT DANS LES MOLLUSQUES.
[Nous continuerons, dans cette leçon, l'ordre d'exposition que nous avons suivi dans la leçon précédente, avec cette différence , cependant, que nous ne séparerons pas la description du cœur, qui fera la partie principale du second article, de celle des vaisseaux sanguins ; les détails descriptifs que nous donnerons de ceux-ci n'étant pas assez nombreux , ni assez importants pour les séparer de ceux qui concernent le cœur de ces animaux. ]
ARTICLE I
DU FLUIDE NOURPJCIEn,
[Nous voudrions pouvoir présenter une histoire complète du fluide nourricier dans les mollusques, en le considérant sous le triple rapport de sa composition organique , de ses propriétés physiques et de ses éléments chimiques.
Ce que nous en dirons, expression fidèle de l'état actuel de la science, prouvera combien elle est encore arriérée à cet égard. Lesang'des mollusques se compose, comme celui des vertébrés, de vésicules et de plastique.
358 XXVl*^ LEÇON. CIRCUIATION DANS LES MOLLUSQUES.
Les vésicules sont sans couleur ; elles ne renferment pas de matière colorante, la membrane qui les forme est inégalement granulée ou ridée. Elles ne contiennent pas de noyau. C'est sans doute cette absence de noyau qui leur permet de prendre différentes formes dans le sang d'une même espèce. Ainsi Poli représente des globules du sang dans Varca glycimeris , les uns comme ronds, les autres comme ovales et pointus (i).
M. Sliultz en a trouvé de ronds, d'ovales et d'elliptiques dans l'huître (2).
Dans la paludine vivipare^ il y en a de ronds, d'ovales et de forme rhomboïdale (3). Cependant les plus communs, dans l'une et l'autre, sont oviformes.
Leur forme est ovale dans les bipliores.
Leur nombre est très-variable. C'est dans le sang des céphalopodes qu'il y en a le plus. Parmi les gastéropodesy M. Carus en a compté trente, dans un demigrain de sang de limaçon.
Les bivalves ont généralement peu de globules.
Dans les biphores , les globules sont assez résistants, suivant M. Fan Hasselt^ qui les a trouvés blancs.]
Les mollusques ont le sang transparent, ou tout au plus un peu bleuâtre. [Tel est celui du colimaçon^ tandis que le sang de la limace noire est d'un blanc opaque très-pur, qui fait paraître ses vaisseaux sanguins pulmonaires comme s'ils étaient injectés par du lait.] Les mollusques, où l'on a cru voir du sang rouge, n'ont en réalité, de cette couleur, que certaines liqueurs sécrétées dans des organes particuliers.
(1) Testacea utriusque Siciliœ, p. ^8, tabl. ii, f. 10.
(2) Op. cit., tabl. ïi, f. 10. - (3) Ibid, f. 12.