‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 67 sur 92 · I. Dans les Décapodes · texte numérisé non relu

I. Dans les Décapodes

Le cœur des Décapodes (crabes^ homards, écrevisses, bernards-ermites , etc.) est aussi un cœur aortique, comme celui des mollusques. Il reçoit le sang des branchies par un gros vaisseau (i), qui remonte de la région ventrale , où il se porte sur la longueur du thorax , pour recevoir lui-même ce sang par des vaisseaux latéraux. Du moins c'est ainsi que j'ai vu la chose dans le bernard-C ermite.

Mais il m'a semblé voir, dans le homard, que les veines des branchies se rendent directement, par deux troncs, dans les deux côtés du cœur. Sitôt qu'on injecte une des grosses veines des branchies, on voit la liqueur arriver au cœur, par la voie que je viens d'indiquer.

(1) En ajoutant ici <i.dc chaque côté» la description de M. Cuvier serait assez conforme à la nature et à celle qu'il donne plus loin des veines branchiales du homard. Il faudrait encore supposer qu'il a pris la branche veineuse qui s'élève de la branchie la plus reculée, pour le gros vaisseau qui remonlc de ia régioa ventrale, etc.

Le cœur donne de cette même partie postérieure un autre vaisseau artériel (i) qui se porte directement en arrière, et se distribue aux organes de la génération et aux muscles de la queue. La partie antérieure donne un nombre d'autres artères , variable selon les espèces (2).

Chaque pédicule de brancliie contient deux vaisseaux principaux , un artériel (externe) et un veineux (interne). Les veineux vont tous dans le cœur, et, comme nous Tavons dit , par un seul tronc de chaque côté, dans les décapodes.

Les artères branchiales ne viennent pas du cœur. On a beau injecter celui-ci, la liqueur ne passe point aux branchies, quoiqu'il soit aisé de la faire passer des branchies au cœur.

La circulation des crustacés est donc la même que celle des mollusques gastéropodes; une circulation double, mais dont le système aortique est seul garni d'un ventricule. Le cœur des crustacés, même des décapodes, n'a point d'oreillette , et je ne lui ai point encore vu de valvules (3).

Je n'ai pas besoin de dire que le sang lancé dans les artères par le cœur, doit se rendre dans la veine-cave par des veines ; c'est une nécessité évidente (4).

(1) Nous TavoDS décrit sous le nom d^aorte ventrale.

(2) Nous avons vu que ce nombre est, au contraire, toujours le même, suivant MM. Audouin et Mitne-Edwards,

(3) MM. Audouin et M'dnc-E dwards en ont trouvé aux embouchures des deux veines branchiales et des trois principales artères.

(A) La veine-cave qui dirige le sang vers les branchies ne paraît pas exister comme canal bien circonscrit, bien évidemment et complètement formé, dans les ordres qui suivent les stomapodes. Dans les ligies les injections épanchées dans la cavitC commuuC) ont passC fsicUcmeut (Uns les vais|e(iux des branchies.

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Ainsi je me vois , avec plaisir, dans le cas de rétracter ce que j'ai pu dire dans quelques-uns de mes écrits précédents, sur Faction purement absorbante des branchies des crustacés; et je reconnais que leur circulation pulmonaire est complète , comme celle des animaux supérieurs et comme celle des vers à sang rouge.

[ Nous ajouterons quelques détails à ce qui vient d'être dit, sur la structure du cœur des décapodes.

Cet organe est situé sous la partie moyenne du bouclier thoracique et de la peau dorsale sous-jacente, dans une cavité particulière, dont les parois sont tapissées intérieurement par une membrane séreuse. Celle-ci forme un plancher qui sépare le cœur d'une portion du foie et des organes de la génération. Le cœur a sa membrane propre, qui pourrait bien être la continua^ tion de celle qui tapisse la loge qui le renferme, et dont l'ensemble constituerait un péricarde ordinaire.

Sa forme est ramassée, ovale, prismatique, ou polygone. Elle varie d'ailleurs un peu d'un genre de brachy- ^flsfr^ à l'autre ; elle varie davantage d'un brachygastrek un macrogastre, ou du homard^ de la langouste ou de Vécrevisse, par exemple, au crabe tourteau.

Les faisceaux musculeux qui composent ses parois sont dirigés dans différents sens , et en partie détachés les uns des autres , intérieurement, de manière à rendre sa cavité trcs-anfractueuse.

On y reconnaît toujours huit embouchures, six pour les artères du corps, et deux pour les veines branchia-

( Mém. cité de MM. Audouin ci j\l Une-Edwards, p. 92.) Ainsi l'action absorbante des branchies, queM.Cuvier avait adoptée dans ses écrits précédents, et qu'il dit abandonner, semblerait constatée pur cette expérience, pour les ordres inférieurs tic celte classe.

SECT. IIÏ. MOtVEMENT DU FLI IDE NOL'RllICTER. 433

les. Dos six ouvertures qui répondent aux six aortes, les trois postérieures , qui sont les plus considérables, sont garnies, soit d'une valvule de chaque côté, soit d'un re bord membraneux circulaire et continu qui en tient lieu. Il y a de même des valvules aux deux embouchures des veines branchiales.

Dans le homard, le cœur est une pyramide à quatre faces , dont la base est en avant et le sommet en arrière ; celui-ci est assez fortement tronqué.

La face ventrale du cœur est plate. Les faces latérales «ont dirigées obliquement en bas. La face dorsale est un peu convexe et laplus large ; onne voitqu'elle dececôté.

L'aorte ventrale a une large embouchure sans valvule, percée à l'extrémité postérieure et inférieure de la pyramide ; de sorte que cette artère se continue avec la face ventrale du cœur.

Les artères hépatiques ont chacune une large embouchure oblique , qui se voit très en avant sur la face latérale du cœur ; les deux valvules qui les bordent, les réduisent à une fente étroite, oblique de dehors en dedans et d'arrière en avant. De ce dernier côté elles touchent au bord de la face inférieure.

Les embouchures des veines branchiales sont plus grandes , moins obhques et plus longitudinales , trèsrapprochées de la face dorsale ; leurs valvules ne s'aperçoivent pas aussi bien dès le dehors.

\Jaorte moyenne et les aortes latérales antérieures ont leurs trois embouchures dans la partie laplus avancée du cœur.

La connaissance de la structure du cœur , dans les crustacés décapodes , et des dispositions des principaux vaisseaux qui s'y rendent et qui en partent, leurs rap- 6. 28

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ports avec les branchies, rend bien évident le mode de circulation de leur fluide nourricier.

Il est tel, en général, que M. Cuvier l'avait déterminé depuis long-temps (voir p. Zi5o et /pO? ^^--^ ^^ première édition de cet ouvrage. Mais nous nous empressons de reconnaître, en même temps, qu'on doit à MM. Audoidn et M Une-Edwards de l'avoir constaté par plusieurs expériences décisives sur les animaux vivants , et précisé dans tous ses détails , par un grand nombre d'observations anatomiques.

Il en résulte : i° Que le sang arrive dans chaque artère branchiale par des sinus ou des dilatations veineuses, qui se voient à la base des pyramides branchiales et qui le reçoivent, à la manière des veines-caves, de toutes les parties du corps;

â° Qu'il suit, dans cette artère, la face externe de chaque pyramide branchiale, et, dans la veine, la face opposée de ces pyramides ;

5* Que le sang parvenu dans ce dernier vaisseau, ne peut aller qu'au cœur, en suivant les veines qui sont la continuation de ce vaisseau interne , et qui s'élèventde la base de chaque pyramide branchiale, sous la voûte des flancs , jusqu'au tronc de la veine pulmonaire de chaque côté, lequel est formé par la réunion des branches correspondantes,

4° Que, sauf les deux embouchures des deux troncs pulmonaires, les six autres ouvertures dont le cœur est constamment percé , répondent à des artères qui portent le sang dans toutes les parties du corps;

5° Qu'il ne peut retourner au cœur que par les deux troncs pulmonaires, et conséquemment après avoir traversé les branchies. ]

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