‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 3)Chapitre 74 sur 92 · C.) Dans les Oursins · texte numérisé non relu

C.) Dans les Oursins

[Il n'y a plus ici que deux systèmes vasculaires, l'intestinal et le cutané-locomoteur.

1 ° Système vasculaire intestinal.

Il a pour organe central (i), un véritable cœur situé près de l'origine du canal alimentaire , fusiforme , long de deux lignes , à parois brunâtres , composées de libres entrelacées. Ce cœur verse dans le système artériel le sang qu'il a reçu , par son extrémité opposée , d'une sorte de veine pulmonaire. L'aorte qui en naît donne immédiatement une branche qui se distribue à l'œsophage et dans les muscles de la lanterne. Une autre branche suit le bord interne du canahdimentaire, et s'y divise en ramilications nombreuses et déliées (2).

Au bord opposé ou externe du canal alimentaire , se voit un autre vaisseau qui va comme lui en augmentant de diamètre, depuis l'origine de ce canal jusqu'à sa partie moyenne , et décroît en se portant de ce point vers l'anus. 11 reçoit des parois de l'intestin un grand nombre de petits rameaux , et il en produit beaucoup du côté opposé qui se distribuent à la membrane interne de la cavité viscérale. Ce vaisseau, qui contient un fluide de couleur plus claire que le précédent, d'un blanc jaunâtre, est à la fois (3) une \eine mésenté-

(1) Dans VEchinus suxat'Uis, L., d'après M, Tiedemann, Op, c<7., labl. 10, f , 1, i. — (2) Ibid., h, h, /, /. — (3; Op. cU., p. 81 et labU 10, m, m.

riquc et une artère pulmonaire; en supposant que les vaisseaux qu'il envoie au péritoine soient plus particulièrement destinés à faire subir au fluide qu'ils contiennent l'action de l'élément ambiant, qui pénètre dans cette cavité pour la respiration.

Nous ne voyons pas au reste pourquoi les vaisseaux capillaires des parois intestinales et des ovaires ne subiraient pas de même cette action , puisqu'ils sont aussi baignés par la partie du fluide ambiant qui a pénétré dans la cavité viscérale.

Quoiqu'il en soit, ce sang paraît revenir au cœur par des brandies vasculaires qui se rendent dans un anneau qui entoure l'extrémité de l'intestin (i). C'est de cet anneau que part un tronc veineux (3) qui monte directement sur le cœur , et s'y termine dans l'extrémité opposée à celle qui produit l'aorte.

M. Tiedemann , dont nous venons de suivre les observations, les a faites sur une seule espèce.

M. Dclle-Chtaje en a vu plusieurs appartenant aux genres echinus^ spatogtts et cldaris. Il a trouvé, comme dans les astéries, un anneau œsophagien et même deux, formant le centre de communication entre le système sanguin viscéral et le système cutané-locomoteur.

L'organe que Tiedemann a si positivement décrit comme le cœ^ur , ne serait qu'une vésicule de Poli^ telle que celles que nous avons décrites dans les astéries. ]

2°, Système vasculaire catayié-^locomotcur.

Dans les Oursins j on voit plus particulièrement les

(1) ibid. , f, a, g. -^ (2) jbid., /u

SECT. II. KÉSEUVOIIIS DU FLIJIDK NOURUICIER. 4^9

grandes artères de l'enveloppe donner un petit rameau pour le faire passer au travers de chacun des petits trous de cette enveloppe, et pour aller par là nourrir les pieds, les muscles des épines, et les autres parties molles extérieures. Je pense que ce sont ces vaisseaux là que Monro a pris pour des absorbants.

[Ces grandes artères commencent par cinq vésicules (i) situées sous les branches en forme d'Y de l'appareil de la mastication , elles s'élèvent le long de la ligne médiane de chaque ambulacre , fournissent à mesure de nombreuses petites branches transversales de chaque côté, desquelles partent des rameaux de communication pour chaque vésicule des pieds, diminuentpeu à peu de diamètre, et se terminent vers l'extrémité anale (2).

Au reste, la disposition des principaux troncs vasculaires de ce système, varie suivant la forme et l'arrangement des ambulacres , dont les différences servent , entre autres, à caractériser les genres de cette famille.

Il est remarquable que les vésicules de différentes formes et dimensions auxquelles ils aboutissent par leurs branches ou leurs rameaux , sont loin de se terminer en totalité dans les pieds à ventouse, mais se continuent pour la plupart dans des tubes ciliés d'un côté (3) ou des deux côtés (4), ou plusieurs fois pinnés (5).

Ces organes , que M. DcUe-Clitaje appelle des pieds pinnés , ou soyeux, ou bipinnés , sont, à notre

(1) Suivant M. Tiedcmann, Op. cU., tabl. 10, f. 2, f,

(2) Ibi(l.,f. 2, ,7,,i,s ctfitç. 1,5', i%

(3)Delle-Clnaje, Op. a<.,tabl. xwi, f. 10, cl 1 f, dans Vl^clnnus nciipoUlanus. Ih) IbiU., f. 5, cydaris. — (5) Ibkl. , f. 8, /; cl 13.

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avis, de véritables branchies, et me persuadent que les deux systèmes vasculaires viscéral et cutané doivent communiquer ensemble , ainsi que l'indique l'auteur que nous venons de citer. ]

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