I. Les Cavitaires
n'ont point de vaisseaux faciles à démontrer, qui conduiraient par un chemin déterminé le chyle, ou le suc nourricier formé par le canal alimentaire , dans des troncs vasculaires, dont les ramifications le porteraient dans toutes les parties du corps.
Ce fluide passe à travers les parois de l'intestin dans la cavité viscérale, d'où il s'échappe en abondance dès qu'on ouvre le ventre d'une ascaride ; et c'est par une pure supposition qu'on a parlé de vaisseaux absorbants, qui le porteraient des parois de ce canal à la peau. Ces parois, examinées avec soin par un observateur habile, ne lui ont fait voir aucun vaisseau (i).
Le fluide nourricier imprègne tous les organes contenus dans la cavité viscérale , et pénètre dans les lacunes de leur tissu. Le tissu spongieux ou vésiculeux qui tapisse les parois de cette cavité, qui adhère surtout aux muscles longitudinaux sous-cutanés, en est particulièrement humecté.
Ces vésicules nombreuses, qui adhèrent d'un côté à la peau (s) , par un de leurs pédicules, et de
(1) M. J. Cloquet, Anatomic des vers inicstihanx, etc. Paris,1825, p. 30.
(2) L. H. Bo\d^nm, Enthclmlnthica , Isis, 1821, et LU Schmaltz, Tabulœ Anatomiam Entozoorum illustrantes. DresdajctLipsia;, 1815, tabl. xvi, f. 39-A7.|
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l'autre aux parois du canal alimentaire par leur second pédicule, joueraient -elles un rôle comme réservoirs du fluide nourricier , ou comme servant à son élaboration? C'est ce que nous ne pouvons pas décider.
Des conduits, qui ne sont que des lacunes assez régulières, dirigés entravers, pressés les uns vers les autres, très-nombreux conséquemment, allant d'une ligne latérale à l'autre, sur la face abdominale et sur la face dorsale, font aussi partie de cet appareil vasculaire sous-cutané (i).
Enfm deux canaux qui régnent de chaque côté , dans toute l'étendue du corps, dans lesquels on reconnaît un vaisseau délié, dont la couleur varie, mais qui n'a pu être injecté, et ne montre aucune ramification, constitue tout ce qu'on a découvert de vaisseaux nourriciers dans V ascaride lomhricolde [2),
Ce double canal a été comparé tout récemment par M. Morren au vaisseau dorsal des insectes. Ce savant lui a reconnu, à un grossissement de trois cents diamètres, des parois très-épaisses, élastiques, et une cavité qui fait paraître l'organe applati (3).
Dans le strongle armé, on a vu sous le canal intestinal, le long de la ligne moyenne de l'abdomen , un tronc vase ul aire qui se ramifie à droite et à gauche , et dont les rameaux semblent être en communication avec les vésicules de la ligne latérale : elle se compose
(1) M. Cloquel, Op. cit., pi. 2, f. 3.
(2) Ibid. , pi. II, f. 3, et pi. m, f. 1/i, D, E, D.
(ô) liemarqucs sur i'an.atomie de t'astarlcle lombrieoldc , pur M. Cli. Morrcn, Anmlas des Se, Nat., t. x, p. 316.
SECTION II. HÉSEUVOIRS DU FLUIDE NOCRIUCIEU. ^73
encore, comme dans les ascarides, d'un vaisseau extrêmement fm et délié (i).
Cet appareil vasculaire sous-cutané, analogue à celui que nous avons décrit dans les ascarides , est la seule trace de vaisseaux, ou de réservoirs circonscrits, que l'on connaisse dans ces animaux. Encore est-il incertain que sa fonction ne soit que de contenir et de diriger le fluide nourricier.
Comme dans les ascarides , le réservoir principal de ce fluide me paraît être la cavité viscérale.
Doit-on prendre pour des vaisseaux sanguins , ce grand nombre de vaisseaux blancs , dont les ramifications aboutissent aux parois extérieures du canal alimentaire , et dont les troncs semblent se terminer brusquement et isolément à la peau (2) ?
Les Linguatules (Pentastoma, Rudolphi) quoiqu'ayant un système nerveux plus développé que les autres cavitaires, avec ganglions cérébraux, n'ont pas un système vasculaire sanguin moins rudimentaire. On ne leur connaît aucun tronc central; seulement on a décrit une membrane vasculaire extrêmement délicate , qui adhère fortement à la ligne ventrale et à la ligne dorsale de l'intestin; mais qui s'en détache sur les côtés. Elle forme des prolongements tubuleux qui vont joindre la peau, et s'abouchent à de petits troncs vasculaires qui se ramifient dans la couche la plus extérieure du derme (3). Nous les regardons comme analogues à
(1) Aug. H. Westrumb, Bcltrag ztir Anaiomic de» itrongjlus armatus, in Isis, 1822, et Ed. Scbmaltz, tabl. xviii, f. 13.
(2) Nous en avons déjù parlé, p. 408, note 1 du t. v.
(3) Diesing, Monographie der Gatlung Pcntastoma; Annaleu der TVicncr Muieums der Naturgeschichlc, Wicn, 1855, p. 7 et 8, cttabl. 1, f. 3, /i, 5 et 13.
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ceux que nous venons d'indiquer dans le strongle géant.
Voilà certainement quelque rapport vasculaire entre l'intestin et la peau. Mais, dans ce cas-ci encore, nous sommes forcés de considérer la cayité viscérale comme le principal réservoir du fluide nourricier, et nous ne voyons aucun tronc principal qui déterminerait le mouvement et la direction de ce fluide. ]