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Les Annélides abr anches

Ce troisième ordre des Annélides comprend des animaux de régime très différent, et dont le canal alimentaire doit varier suivant ces habitudes.

Dans le lombric de terre , la cavité buccale a pour paroi un cylindre musculeux, analogue à celui que nous avons décrit dans les mollusques , qui finit entre le quatrième et le cinquième anneau du corps. L'œsophage qui en sort est un canal assez large, dont le calibre égale celui du rectum ; il ne tarde pas à se dilater en un jabot, ou estomac membraneux, pyriforme, qu'un étranglement, qui a lieu vis-à-vis du quatorzième anneau, sépare du gésier. Celui-ci a les dimensions, la forme et la couleur d'un pois ordinaire. Les parois en sont épaisses et musculeuses. On trouve , parfois , sa

membrane extérieure injectée de vaisseaux sanguins d'un beau rouge carmin.

Immédiatement après , le canal intestinal prend la couleur jaune verdâtre qu'avait ce jabot. Il présente d'abord un plus grand diamètre que tout le reste de l'intestin ; il se compose de six paires de boursouflures régulières , séparées par de profonds étranglements. Cette première portion est l'analogue du duodénum des mammifères; elle a à peu près le huitième de la longueur de Fintestin.

Les six huitièmes qui suivent présentent moins de calibre, des étranglements moins profonds et des boursouflures moins saillantes. Enfin, dans le dernier huitième, Fintestin a perdu encore de son diamètre, qui est devenu égal ou à peu près, c'est-à-dire sans boursoufflure ni étranglement bien prononcés. Ce dernier huitième est le rectum.

Dans toute l'étendue du canal intestinal, il y a, dans la cavité commune qui le renferme, des diaphragmes (1) qui se prolongent des parois de celte cavité autour des étranglements qui divisent Fintestin. Ces diaphragmes sont d'autant plus prononcés, que les étranglements et les boursouflures sont plus marqués. Ils s'effacent peu à peu à mesure qu'on les observe plus en arrière, et finissent par ne plus étrangler Fintestin dans son dernier huitième.

Il est remarquable que dans tout l'espace occupé par les estomacs , ces diaphragmes ne soient que des replis de la membrane péritonéale qui parait tapisser la cavité commune; tandis que plus avant, vis-à-vis

ft) Première édition, 1. îv, p. \h%.

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de l'œsophage, ils ont l'apparence musculeuse, et plus en arrière, ils montrent du moins plus d'épaisseur.

L'intérieur et la structure des parois du canal alimentaire ne sont pas moins intéressants à étudier que sa forme et ses apparences extérieures.

La cavité de l'œsophage est divisée par ces diaphragmes en étranglements correspondants, du moins dans sa première moitié.

La membrane interne du jabot forme de nombreux plis irréguliers.

La face interne du gésier est au contraire tout unie et sans plis, excepté vers sonjssue dans l'intestin. Ses parois sont relativement très épaisses et très musculeuses.

Sauf les inégalités produites par les étranglements successifs , la cavité de l'intestin paraît également unie.

Elle renferme dans les trois quarts de son étendue, le long de sa paroi supérieure, dans la ligne médiane, un cordon qui paraît composé, du moins dans sa première moitié, de plis transverses comme empilés les uns à la suite des autres. La dernière moitié de ce cordon, d'un plus petit diamètre, a l'apparence d'un canal à surface unie. Nous l'avons injecté au mercure , et nous avons remarqué que la partie plissée , à surface anguleuse, était, comme tout le reste, un canal continu qui se déplisse alors, en faisant beaucoup de sinuosités.

Nous le regardons comme une veine mésentérique intérieure, enveloppée par la membrane interne de l'intestin, et versant le suc nutritif, à mesure qu'il se forme, dans un tronc principal du système sanguin qui se voit

en dehors de la même face dorsale de l'intestin (1). Il nous paraît comparable à la veine mésentérique qui se trouve dans l'épaisseur d'une valvule, sorte de mésentère intérieur de certains squales (2). Comme il se termine, en avant et en arrière, par un cul-de-sac, M. Morien l'appelle tijplw-sole, canal aveugle (3).

On le trouve parfois injecté de vaisseaux sanguins formant un réseau à mailles régulières.

Dans les 1S aides , le canal alimentaire, beaucoup moins compliqué que dans les lombrics, va droit et sans faire de sinuosités, de la bouche à l'anus. On y distingue un œsophage, canal grêle et assez long; un estomac , poche ovale ou alongée , dont les parois sont minces et présentent des cercles réguliers de grains glanduleux , et un intestin qui en est séparé par un étranglement, et dont le calibre est plus considérable que celui de l'estomac (1).

Au reste , ces divisions du canal alimentaire , au moyen d'étranglements , se multiplient lorsque la naide en éprouve dans les parties correspondantes de son enveloppe cutanée , pour se propager par scissures.

Les Sangsues, ou mieux les Hirudinées, qui forment une famille assez nombreuse, se nourrissent les unes en suçant le sang des autres animaux , les autres en dé-

(1) De nouvelles recherches que je viens de faire me confirment dans cette opinion, que je trouve déjà exprimée dans mes notes qui datent de 1806.

(2) Annales des se. natur., deuxième série, t. III, pi. 10 et 11.

(3) O, C p. 139 et pi. II, fig. 5, pi. XI et XII. fig. 1 et pi. XVI etXVIII, fig. 1, 2 et 5.

(4) Nova act. phys. mecl. Bonœ 1828, t. XIV, p. 1. Mémoire de M. Gruithuisen sur les Nais diaphana et diastropha, pi. XXV.

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vorant des animaux mous , tels que des planaires, des mollusques , des lombrics , ou d'autres annélides.

Les genres de cette famille qui ont la première habitude, ont un estomac très dilatable, formant une grande poche très compliquée, à laquelle viennent s'ajouter , dans certains genres , une ou deux appendices cœcales d'une grande capacité , susceptibles , comme l'estomac, d'une considérable extension, afin de pouvoir contenir la grande quantité de sang , que la succion peut y verser en peu d'instants.

L'intestin est petit, parce que cette espèce de nourriture laisse peu de résidu; et le passage de l'estomac dans l'intestin est un canal presque capillaire, communication dont on a môme nié l'existence (1).

Au contraire, les Hirudinées qui se nourrissent de proie, ont un estomac dont la cavité n'est pas divisée , et se continue largement et directement avec l'intestin. Les cœcums de cet estomac, quand ils existent, sont tellement petits qu'ils ne peuvent plus être que des organes de sécrétion; et l'intestin a une grande capacité soit pour contenir une partie de la proie, lorsque l'estomac ne suffit pas , soit pour recevoir les résidus plus abondants que laisse une pareille nourriture.

Pour exemple du premier type organique , nous décrirons d'abord le canal alimentaire de la sangsue médicinale (hiriido medicinalish.).] Après un œsophage petit, court , en forme de bouteille , à plis intérieurs longitu- ^ dinaux, vient un estomac large, à parois minces, et

divisé, d'espace en espace, par des diaphragmes mem-

(1) Recherches sur le genre Hirudo\ par MM. Pelletier et Huzard fils. Journal de pharmacie t rôars 1 ft^r» .

braneux ; qui le rétrécissent beaucoup , ne laissant qu'un trou dans leur milieu. Très peu en-deçà du pylore , l'estomac se divise en deux ccecums , qui marchent parallèlement au canal intestinal , et sont presque aussi longs que lui.

[Il en résulte que ce viscère est une vaste poche qui remplit presque entièrement la grande cavité qu'intercepte toute la peau de la sangsue. Les ccecums en sont deux grands appendices , latéraux et postérieurs , dont les parois ont la même structure , et dont la cavité se continue avec celle de la poche médiane principale.

Lorsque la sangsue suce le sang, ces trois poches s'emplissent immédiatement, et produisent ce développement, si rapide et si connu, de tout son ' .ps. On les trouve alors pleines de sang , et encore bL long-temps après ; tandis qu'il n'y a dans l'intestin qu'une pulpe noirâtre (1).

Les diaphragmes nombreux qui divisent la cavité de l'estomac, en un certain nombre de cellules, répondent aux étranglements qui séparent les boursoufflures, qui rendent sa surface intérieure si inégale. La partie principale de l'estomac communique, par deux ouvertures latérales étroites, dans les deux ccecums qui la continuent en arrière. Peu après , on voit sur la ligne

(1) C'est donc par erreur qu'elles avaient été considérées, dans la première édition de cet ouvrage, comme des cœcums intestinaux, erreur quia été répétée dans l'ouvrage, d'ailleurs très recomniandable, de iVf . Moquin-Tandon, ayant pour titre : Monographie des Hirudinées. Paris, 1827. Il y a , dans la Zoologie médicale , t. IIe pi. XXIX, flg 19 et 20, deux bonnes figures du canal alimentaire de la sangsue médicinale; elles sont conformes, pour l'essentiel, à celles que j'ai faites il y a vingt ans , •t que je publierai dans l'atlas de cet ouvrage.

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moyenne*une troisième ouverture , qui aboutit à l'intestin. Elle donne dans un petit boyau pylorique, en forme d'entonnoir , dont l'orifice, ou le pylore, est extrêmement étroit et percé au milieu d'une valvule qui empêche le retour des substances alimentaires dans l'estomac.

Le canal intestinal a une très petite capacité, relativement à ce dernier viscère. C'est la mesure du peu de résidu excrémentitiel que doit laisser, après la digestion, une nourriture aussi substantielle que le sang. ]

Sa membrane interne , qui est opaque, montre une infinité de petites rides transversales , également distantes; elle s'élargit vers l'anus qui est fort petit, et dont quelques uns ont même nié, mal à propos, l'existence.

[On peut distinguer facilement un premier intestin , dont la membrane interne a les plis qui viennent d'être décrits, et dont le calibre, déjà très petit, va un peu en diminuant avant de se terminer. Un très petit canal étranglé le sépare du second, qui est très court, dilaté, de forme ovale, lisse et sans plis intérieurs.

Valbione muricata , et sans doute les espèces congénères, ont un canal alimentaire qui se rapporte encore au même type des hirudinées suceuses de sang.

L'estomac va en s'élargissant jusqu'aux deux tiers de la longueur du corps; ensuite il diminue peu à peu jusqu'à l'extrémité opposée.

Sa cavité est divisée, comme dans le genre hirudo , par de nombreux diaphragmes (1).

Le pylore, ou l'embouchure de l'intestin, est vers \e

(1) Première édit. p. 14°: du t. IV.

milieu de la longueur de ce très long boyau qui forme l'estomac ; de sorte que toute la partie de ce dernier viscère , qui est au-delà de cette embouchure , est un profond cul-de-sac ou appendice cœcal, analogue aux deux que nous avons décrits dans le genre précédent.

L'intestin s'étend sur la paroi supérieure du cœcurn stomacal , en faisant plusieurs courtes sinuosités dans son trajet jusqu'à l'anus.

Les clepsines ont leur cavité stomacale se prolongeant, de chaque côté, dans huit ou neuf poches étroites et profondes, en forme de cœcums (1).

Il faut encore ranger les bdelles Sav., les hœmocharis Sav. ou piscicola Lam., les branckio bdelles et les branchelïwns, parmi les hirudinées suceuses de sang, ou les véritables sangsues, chez lesquelles le tube alimentaire doit être approprié, dans sa structure, à ce genre particulier d'alimentation. Nous ne faisons qu'indiquer ici ces genres, en attendant que des observations positives viennent confirmer notre prévision.

Les Hirudinées qui vivent de proie ont un appareil alimentaire d'une tout autre forme; il diffère même du type précédent dans tous ses détails. Les diaphragmes qui divisent l'estomac des hirudinées suceuses de ^ang, et qui sont si utiles pour retenir le sang dans les poches qu'ils ferment, contre les efforts de contraction de l'enveloppe commune, empêcheraient la proie de pénétrer dans ce sac digestif; aussi sa cavité plus ou moins extensible en est-elle entièrement dépourvue.

(1) M. Audouin , article Sangsue du Dict. classique d'hist. nat., pour la Clepsine binocle et la clepsine aplatie.

Ensuite l'issue de l'estomac dans l'intestin est plus large, afin de laisser un libre passage aux matières alimentaires, moins atténuées que dans Palimentation précédente. Enfin , le canal intestinal devait avoir aussi beaucoup plus de capacité , pour contenir les résidus plus abondants de cette espèce de nourriture. .

Les genres hœmopis Sav. (1) et nephelis Sav., dont le genre trochetia ne paraît pas différer, appartiennent à ce type.

Nous le décrirons en détail dans deux espèces confondues mal à propos l'une et l'autre sous le nom de sangsue de cheval.

La première est Y hœmopis sangnisorba Sav. (2).

La partie principale ou médiane de l'estomac est la continuation d^un œsophage assez large ; elle a un diamètre égal dans son premier tiers, un peu inégal et celluleux dans le reste de son étendue.

Son fond se prolonge aussi dans deux cœcums, étendus de chaque côté de l'intestin, comme dans la sangsue médicinale; mais ici, au lieu de deux larges poches, ce ne sont plus que deux canaux étroits et moins longs , dont la cavité n'est plus propre à recevoir des aliments, et dont les parois ne peuvent plus guère servir qu'à la sécrétion d'un suc gastrique.

Le pylore est une ouverture assez large, et l'intestin présente, surtout au commencement , un assez grand diamètre. Cette première partie de l'intestin se distingue

(1) Il faut considérer comme synonymes les genres Pseudobdella de M. de Blain ville, et Aulastoma. Moq. Tand.

(2) Délie Chiaje est , je crois, le premier qui ait figuré son canal alimentaire, dans les Memorie sulla storia e noto/nia, etc., 1. 1, pi. I, flg. 10.

N apoli, 1823.

encore par la disposition de sa membrane interne, qui y forme de très larges plis transverses et ondulés, pressés les uns vers les autres, et cependant épais et de couleur blanc -jaunâtre. Cette même membrane est unie dans l'intestin moyen, etplisséeen long dans le rectum.

Nous devons dire que les individus sur lesquels nous avons fait ces observations avaient trois dents parallèles formées de plaques imbriquées , dont le bord est relevé , en avant, de plusieurs petites dentelures (1).

L'autre espèce , connue sous le nom de sangsue de cheval (2), a aussi trois dents parallèles, qui m'ont paru de même composées de lames imbriquées , portant chacune une dentelure dans leur milieu , dirigée en avant.

Ici l'estomac est un boyau grêle, dilatable, à calibre assez égal , sans aucune boursoufflure et sans cœcum, dont la longueur est d'environ les deux tiers de tout le canal alimentaire. Il a intérieurement huit plis longitudinaux qui s'effacent après sa première moitié, et sont remplacés par des rides longitudinales très fines et très nombreuses.

L'intestin commence par deux dilatations latérales, entre lesquelles s'insère le pylore , qui est largement ouvert. Son calibre va ensuite en diminuant, quoique!

(1) Ces dents sont difficiles à observer, et sujettes à tomber ; de là, je pense , le caractère du geDre Aulastoma de M. Moquin Tandon , et Pseudobdella de M. de Blainville , établis sur des individus du genre Hœmopis , auxquels cet accident était arrivé. La description que ces auteurs ont publiée du canal alimentaire de ces deux genres, conforme d'ailleurs à la figure publiée antérieurement par Délie Chiaje , et à celle que MM. Brandt et Ratzebourg ont insérée plus tard dans leur zoologie , me confirme dans cette opinion.

(2) C'est celle figurée dans le Mémoire déjà cité de MM. Pelletier et Huzard fils, pi. 1 , fig. 16.

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se conserve plus gros que celui de l'estomac , quand il est vide ; il se dilate de nouveau vers la fin, qui répond au rectum. Le duodénum est distinct par les larges plis ondulés et transverses de sa membrane interne, qui s'étendent dans les culs-de-sac qu'on voit au commencement de cet intestin. L'intestin moyen a la même membrane sans pli, ainsi que le rectum.

Le canal alimentaire des nephclis paraît avoir beaucoup de rapport avec celui que nous venons de décrire, puisqu'il est aussi tout d'une venue et sans poche latérale (1). Aussi regardons-nous cette seconde espèce de sangsue de cheval comme appartenant à ce dernier genre.]

ARTICLE IV

DE L'ANUS OU DE L'iSSUE DU CANAL ALIMENTAIRE, DANS LES ANIMAUX ARTICULÉS.

[Les animaux articulés étant symétriques, comme les vertébrés, ont de même l'anus opposé à la bouche, et placé constamment dans la ligne médiane du corps.

Il n'est pas toujours précisément dans l'axe du corps, à l'extrémité de cette ligne; mais on le trouve quelquefois plus rapproché de la face dorsale ou de la face ventrale. Il existe encore des différences remarquables dans les rapports de cette issue avec les organes de la génération ou autres.

(1) V. la Monographie de M. Moquin Tandon, déjà citée, p. 124, et pi. III, fig. 1, 2 et 3.

A. Dans les Crustacés.

L'anus a pour caractère général d'être percé sous l'extrémité postérieure du corps, à la face inférieure du dernier anneau , et d'être entièrement séparé des organes de la génération, dont les issues sont toujours plus en avant , et avec lesquels il n'a aucun rapport. Sa position d'ailleurs et celle de l'intestin indiquent qu'on a tort d'appeler queue, dans les décapodes , la suite des anneaux étroits de l'abdomen , et que les dénominations de brachiures et de macroures, par lesquels on désigne les deux divisions de cet ordre, devraient être changées, ainsi que nous lavons déjà exprimé, en celles de brachigastres et macrogastres.

L'anus , dans Yécrevisse commune , est une courte fente longitudinale située au milieu de la face inférieure du dernier anneau de l'abdomen. Les bords de cette fente sont renflés comme ceux d'une vulve, et sont rapprochés par une paire de muscles qui s'attachent en avant au bord moyen du dernier anneau , et se portent de là directement en arrière, sur les lèvres de la fente anale.

Dans les langoustes, il y a de chaque côté de la fente longitudinale que forme l'anus deux lames verticales solides qui se rapprochent par leur face interne, comme deux couvercles.

Dans les crabes (portunus puber), l'aspect est différent. L'extrémité du rectum semble à découvert par sa paroi inférieure, quia des cannelures longitudinales. Son issue est ronde et resserrée probablement par un sphincter. Le bord supérieur de l'anus forme un épais bourrelet ; on y trouve d'ailleurs les deux muscles fié-

chisseurs du dernier segment que nous venons de décrire dans l'écrevisse. Cette position superficielle , et pour ainsi dire à nu de l'extrémité du rectum , est une suite de la flexion habituelle de la queue contre le thorax, position qui préserve cette partie de toute lésion.

Les Pagures (le P. strié Lat.) ressemblent aux crabes à cet égard, comme par leurs branchies lamelleuses, etc. Leur anus est rond; il y a deux plaques en cœur près de son bord inférieur.

Dans le limule cyclope, parmi les Pœcilopodes , l'anus est une fente longitudinale qui se voit sous la base de la queue, au-delà de la carapace.

B. Dans les Arachnides.

Cette issue du canal alimentaire , du moins dans les arachnides pulmonaires , est, de même que dans les crustacés, tout-à-fait indépendante des organes delà génération; ce n'est que la terminaison du rectum. Ce caractère commun pourrait être ajouté à plusieurs autres qui rapprochent ces deux classes.

Dans les aranéides fileuses, l'anus est une fente transversale percée au milieu d'une petite proéminence, qui se voit à l'extrémité de l'abdomen , sur la ligne médiane, au-dessus des papilles qui servent de filière.

Dans les Scorpions, qui appartiennent aux pédipalpes, il faut chercher cette issue dans l'intervalle membraneux qui unit l'avant-dernier anneau au dernier , c'està-dire à celui qui forme le crochet. L'on voit à la face dorsale ou supérieure de cette membrane inter-arliculaire une très petite papille, au milieu de laquelle l'anus est percé. L'issue du venin en est séparée de toute

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