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Bouche des Echinodermes pédicellés

Les étoiles de mer (astéries) n'ont point de dents; leur bouche n'est qu'une ouverture ronde et membraneuse , qui conduit à l'estomac par un œsophage très court , lequel peut quelquefois se renverser en dehors, surtout quand l'animal a faim.

Les épines de la surface externe du corps , les plus voisines de la bouche , peuvent bien , en s'inclinant vers celle-ci , servir à retenir la proie , mais ce ne sont pas pour cela des dents proprement dites.

[V astérie orangée a , à la base des cinq rayons qui entourent la bouche , comme cinq mains composées d'autant de doigts , dont les moyens sont plus longs , qui s'entrecroisent et se recouvrent à l'extérieur de l'orifice buccal. Les cinq mains partent de cinq proéminences olivaires placées régulièrement autour de la bouche, dont la surface présente plusieurs rangées régulières de petits tubercules.

Ces espèces de doigts ou ces épines inclinées sur la cavité buccale , sont des tentacules ossifiés , et conséquemment, dans notre manière de voir, une lèvre divisée et durcie comme le reste des téguments.

Entre ces épines et l'orifice du sac alimentaire , il y a un espace vide qui est proprement la cavité buccale.

Mais le pharynx ou Feutrée proprement dite du canal alimentaire est bordé d'une membrane plissée f sorte de

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lèvre intérieure , qui a les mêmes apparences , dans Y astérie orangée du moins , que le reste des parois de l'estomac , et dont le bord se divise en lobes que ranimai paraît avoir la faculté de porter au dehors (1) , ou de faire rentrer dans la cavité stomacale.

Dans une asteria paposa , qui a treize rayons , je trouve les bases de ces rayons assez éloignées les unes des autres , et laissant à découvert un disque membraneux , formé par cette lèvre intérieure qui est ici très comparable pour les apparences à celle qui recouvre les mâchoires des poulpes. Celte lèvre est percée d'une ouverture circulaire , dont le bord présente à peu près autant de lobes qu'il y a de rayons. Ces lobes sont, en plus grande partie, un prolongement de la membrane interne de l'estomac , qui double la face interne de cette lèvre , et , en plus petite partie , un prolongement de la membrane externe de cette même lèvre , qui est la continuation de la peau. Aussi paraît-il que ranimai peut les retirer dans son estomac et en fermer l'orifice, en contractant, comme une pupille, la lèvre que nous décrivons ; elle a sans doute , pour cet effet , des fibres circulaires. Les fibres longitudinales destinées à dilater son ouverture forment en dehors de nombreuses cannelures dirigées dans ce sens. ]

Les Oursins sont peut-être, de tous les animaux sans vertèbres, ceux qui ont l'appareil buccal construit de la manière la plus admirable.

Leur enveloppe extérieure qui est , comme on sait ,

(1) « Chaque astérie présentait cinq vésicules pendantes , rangées sy- ? métriquement autour de la bouche ; les unes égalaient une grosse s aveline, les autres n'avaient que la grosseur d'un pois. » Ann. des se. nat.t t. IX, p. 219 et 220. Observations de M. Eude Dcslon champs.

très dure, de substance calcaire, présente un grand trou que ferme la masse de la bouche , attachée à son bord par des ligaments et des muscles, mais mobile jusqu'à un certain point.

L'ouverture du test qui répond à l'orifice buccal est plus grande que cet orifice; elle est fermée, en partie, par une lèvre circulaire percée d'un orifice de même forme, à travers lequel l'appareil dentaire et masticatoire peut faire plus ou moins de saillie. ]

La charpente osseuse de cet appareil a quelque ressemblance avec une lanterne à cinq pans. Cette comparaison a déjà été saisie par Aristote.

Le but de tout l'appareil est de maintenir et de mouvoir cinq dents qui entourent la petite ouverture ronde par où les aliments entrent; ces dents, qui s'usent par la mastication à leur partie extérieure , sont, comme les incisives des quadrupèdes rongeurs , excessivement longues , et d'abord molles en arrière , mais s'y durcissent à mesure qu'elles se détruisent en avant.

L'appareil qui porte ces dents est composé de pièces fixes et mobiles.

Les pièces fixes sont adhérentes au dedans de la coquille, tout autour du trou contre lequel est attachée la masse de la bouche.

Elles consistent en une ceinture circulaire, saillante en dedans, avec cinq élévations plus saillantes encore, et percées de manière qu'on peut les comparer à des arches de pont ou de portes.

Les principales pièces mobiles, celles qui forment le corps de la masse orale , sont cinq pyramides triangulaires qui divisent la grande pyramide ou lanterne pentagonale de la bouche.

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Deux faces de chaque pyramide répondent à celles des deux pyramides voisines. Ces faces sont finement striées en travers. Leurs bords internes ne se touchent point, de manière que f arête qu'ils devraient former est remplacée par une solution de continuité.

La face dorsale ou externe de chaque pyramide est bombée, épaisse et percée vers sa base d'une ouverture triangulaire ou circulaire, plus ou moins grande, selon les espèces. Son côté interne porte une rainure dans laquelle passe le corps de la dent, et il s'y peut mouvoir longitudinalement, mais non dans un autre sens. Son extrémité sort par la pointe de la pyramide, et les cinq pointes étant rapprochées autour de l'ouverture de la bouche, c'est aussi là que les cinq dents aboutissent.

Du reste, les pyramides sont creuses, et leurs faces ne touchent pas exactement celles des pyramides voisines; mais elles sont réunies par une masse charnue, qui peut les rapprocher. Son effet est de faire serrer les cinq dents les unes contre les autres, et de rétrécir l'ouverture de la bouche.

Le canal œsophagien passe entre les cinq pyramides. Les côtés des bases de celles-ci , par lesquelles elles se touchent , sont réunis deux à deux par cinq pièces ou poutres osseuses, disposées comme des rayons, et qui se rapprochent vers l'œsophage, comme vers leur centre. Chacune de ces poutres réunit les côtés adjacents des bases des deux pyramides, en s'articulant avec elles d'une manière lâche.

Le troisième côté de la base de chaque pyramide, celui qui fait la base de sa face dorsale ou externe, forme, pour sa part, un des pans de la base de la pyramide générale ou du pentagone. Dans la position na-

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turelle, ces côtés répondent aux intervalles des arches de la ceinture fixe. Ces arches répondent, par conséquent, aux angles de la pyramide pentagonale.

Vingt muscles agissent de la ceinture fixe sur cette pyramide pentagonale, et peuvent la mouvoir en totalité ou faire mouvoir, les unes sur les autres, les cinq pyramides triangulaires qui la composent.

Dix de ces muscles vont des intervalles des arches aux faces externes des cinq pyramides. Lorsqu'ils agissent tous ensemble, et qu'en même temps les chairs qui joignent les pyramides les unes aux autres se contractent, la masse entière de la bouche est portée en avant, ou vers le dehors du corps.

S'ils agissent séparément, ils inclinent cette masse et rendent son axe oblique , en faisant converger l'extrémité interne de cet axe du côté des muscles qui agissent. Si l'un d'eux agit, et que les muscles particuliers qui joignent sa pyramide aux deux voisines se relâchent, il porte la dent de cette pyramide plus en dedans que les autres, etc.

Les dix autres muscles partent des arches saillantes de la ceinture osseuse , et vont en rayons aboutir aux pointes des pyramides, de manière que chaque pointe reçoit des muscles de deux arches voisines.

Comme les arches saillent en dedans, ces muscles sont inclinés vers l'extérieur de la coquille ; ainsi leur effet, lorsqu'ils agissent tous ensemble, est de faire un peu rentrer en dedans la masse de la bouche. Quand ils agissent séparément, et que les muscles qui joignent les pyramides se resserrent , ils inclinent la masse de la bouche, en faisant converger l'extrémité externe de son axe du côté du muscle qui agit.

Quand les muscles qui joignent la pyramide partielle à ses voisines se relâchent , l'effet des muscles dont nous parlons à présent est de faire reculer la dent de cette pyramide et de récarter de l'ouverture de la bouche.

Ainsi , sous ces trois rapports , ces muscles qui viennent des arches sont les antagonistes de ceux qui viennent de leurs intervalles. Si les uns et les autres agissent ensemble, ils deviennent en commun antagonistes de ceux qui joignent ensemble les pyramides , et leur effet est d'écarter celles-ci les unes des autres, et d'élargir non seulement rentrée de la bouche , mais tout le passage laissé à l'œsophage au travers de Taxe de la grande pyramide pentagonale.

Outre ces vingt muscles qui agissent immédiatement sur la pyramide pentagonale et sur ses parties , il y en a dix autres qui agissent sur elle par le moyen de cinq osselets qu'il est temps de décrire.

Ils sont faits en demi-cercle et très grêles ; ils sont placés chacun dans le même plan que Tune des cinq poutres dont nous avons parlé. Une des extrémités de chaque arc s'articule avec l'extrémité interne de la poudre correspondante. L'autre vient, au dessus et en dehors de son extrémité externe , se bifurquer comme un Y. Une membrane pentagonale unit et affermit leurs extrémités voisines du centre. Les deux branches de l'Y reçoivent chacune un muscle venant du milieu

de l'intervalle le plus voisin de la ceinture fixe , de manière que chacun des cinq intervalles donne un muscle aux deux Y les plus voisins.

On conçoit aisément la force que doivent avoir ces muscles , agissant par de tels leviers , pour incliner la masse de la bouche dans tous les sens.

382 XXIVe LEÇON. ORG. d'aLIM, DES ANIM. RAYONNES.

Chaque dent peut être considérée comme un long prisme triangulaire, dont les deux pans postérieurs feraient des angles rentrans. La partie qui sort delà pointe de la pyramide est très dure ; mais elle se ramollit de plus en plus en arrière , et elle foi me une longue queue molle , flexible , qui ressort en arrière de la base de la pyramide, et se replie comme un ruban. Cette partie molle a un éclat très soyeux, et même métallique; elle se déchire par le moindre effort.

La forme de dents que je viens d'indiquer est celle de Yechinus esculentus. Dans d'autres espèces, comme Yechinus cidaris , au lieu d'être en prisme, elles sont en demi-tube, et leur extrémité usée obliquement forme le cuilleron , etc.

Tous les Oursins , proprement dits ( Cidaris , Klein ) , et à ce qu'il paraît tous les sous-genres qui ont le corps bombé et la bouche centrale , ont l'appareil de la bouche semblable à celui que je viens de décrire. Quant à ceux qui ont la bouche centrale et le corps très déprimé, les clipéaslres de Lam. , ils ont aussi une masse ovale , composée de cinq pièces osseuses , destinées à porter chacune une dent; mais cette masse est très déprimée, comme un gâteau divisé en cinq secteurs. Les faces par lesquelles les secteurs se touchent ne sont pas striées. Quoiqu'il y ait aussi des fibres pour les unir, elles sont seulement percées de pores fins et réguliers. Leur face , opposée à l'ouverture , est relevée à ses côtés de lames saillantes et fines ; l'autre face l'est quelquefois aussi. Leurs dents ne glissent point dans des rainures, mais sont attachées fixement , ont la forme d'un cylindre comprimé , usé obliquement au bout qui sert. Le bout opposé est mou , comme dans les précédents , mais

ne se prolonge pas en forme de ruban. Les muscles extérieurs , qui agissent sur l'appareil , se réduisent à peu près à rien.

Ceux des oursins , qui ont la bouche oblique et garnie d'une lame de la coquille avançant sous elle, comme les spatangues et les cassidules (Lam. ), n'ont point de dents ni de masse osseuse propre à les porter. Il y a seulement autour de l'ouverture de leur bouche une peau garnie de petites pièces écailleuses , semblables à celles de la coquille, mais non assez serrées pour priver de flexibilité cette partie, qui peut, jusqu'à un certain point, rentrer et sortir, en se déroulant comme une trompe, au gré de l'animal.

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