‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 12 sur 170 · De la trompe · texte numérisé non relu

De la trompe

Plusieurs gastéropodes nuds, comme les doris , [les ihélhys , les phyllidies , les pleurobranches , ] et le plus grand nombre des gastéropodes testacés , comme les buccins, les murex, les volutes, [les turbo, les janthines, les plérocères , les cabochons , les cyçrées, les cônes, les olives, les vis , les ovules, parmi les Pectinibranches; les flroles, les carinaires , les ptérotrachées , parmi les Hétéropodes ;\esvermets, parmi les Tubulibranchesjles Scutibranches,] etc. , ont une trompe charnue, cylindrique ou conique , qui leur est très utile pour saisir leurs aliments au loin.

Elle n'est pas simplement pourvue des mouvements de flexion et d'un alongement borné, comme celle de l'éléphant ; mais elle peut rentrer dans le corps , en se repliant au-dedans d'elle-même , et en sortir, en se développant comme un doigt de gant , ou comme les

(J) O. C Mémoire sur la testacelle, etc., p. 7 et 8. (2) Même ouvrage. Me'm. sur le dori$,p\. I , f. 2, 3.

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cornes du limaçon , et tant d'autres parties des mollusques qui se meuvent de la même manière.

Nous Pavons surtout observée dans le huccinum undatum. On peut se la représenter comme un cylindre replié en lui-même, ou comme deux cylindres qui s'enveloppent , et dont les bords supérieurs sont unis, de manière qu'en tirant en dehors le cylindre intérieur, on l'alonge aux dépens de l'autre, et qu'en le repoussant, on le raccourcit et on alonge l'extérieur, mais du côté interne , parce que ce cylindre extérieur est fixé aux parois de la tête par son bord inférieur.

Qu'on se représente maintenant une multitude de muscles longitudinaux, tous très divisés par leurs deux extrémités.

Les lanières de leurs extrémités internes se fixent aux parois du corps ; les autres, aux parois internes du cylindre intérieur de la trompe, dans toute sa longueur, et jusqu'à son extrémité.

On conçoit que leur action doit faire rentrer ce cylindre et toute la trompe en dedans.

Lorsqu'elle y est, une grande partie de la surface interne du cylindre intérieur vient à faire partie de l'externe du cylindre extérieur, et c'est le contraire lorsque la trompe est alongée et sortie : les insertions des muscles varient de la même manière.

L'alongement du cylindre intérieur, par le déroulement en dehors de l'extérieur, est produit par les muscles intrinsèques et annulaires de la trompe. Ils entourent toute sa longueur, et c'est en se contractant successivement qu'ils la chassent en dehors. Il y en a surtout un près de l'endroit où le cylindre extérieur

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s'attache aux parois de la tête, qui est plus robuste que lous les autres.

Lorsque la trompe est alongée, ses muscles rétracleurs, en n'agissant pas tous a la fois, ont pour emploi de la fléchir de côté et d'autre, se servant réciproquement d'antagonistes pour cet office.

Cette description peut servir aussi pour le murex tritonis. Seulement la trompe y est beaucoup plus courte à proportion.

Dans ces mollusques à trompe, l'œsophage (1 ) est très long et se replie en ondulations pour pouvoir suivre tous les déplacements de la trompe, dans laquelle il forme lui-même un troisième cylindre concentrique aux deux autres.

Les Gastéropodes, pourvus d'une trompe longue ou courte, n'ont point de mâchoires ou n'en ont que de rudimentaires ; tels sont les buccins, les murex, les volutes, les huilées, etc.; et parmi les gastéropodes nus, les doris, les théthys, les onchidies, etc. On leur trouve seulement quelquefois les côtés du fond de la trompe revêtus de plaques un peu cartilagineuses (2); il y en a de telles dans les doris, les buccins, les murex, les patelles.

Les oscabrions n^ont également point d'organe masticatoire.

(1) Je pense que ce canal qui renferme la trompe, dont l'orifice est ut près de celui de son ouverture, \is-a-vis la langue, est le pharynx,

et que l'œsophage ne commence qu'au-delà de la trompe. D.

(?.) Ces plaques qui encadrent pour ainsi dire la série de lames linguales,

sont des mâchoires rudimentaires. D.

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La forme et le nombre des mâchoires ne sont pas aussi constants dans les Gastéropodes que dans les céphalopodes.

Dans les colimaçons ordinaires et dans les limaces, il n'y en a qu'une, qui est la supérieure; elle forme un croissant dont le bord concave est découpé en dentelures nombreuses dans le colimaçon, [ lesquelles sont le prolongement des cannelures de Ja face antérieure de la mâchoire.

Il n'y a qu'une dent au milieu du tranchant de la mâchoire dans la limace.

Les It/mnées et les planorbes, qui appartiennent au même ordre des Pulmonés, ont trois mâchoires, une plus grande supérieure et deux inférieures plus petites. ]

Dans les tritonies, parmi les Niidibranches, la forme des mâchoires ne peut être mieux comparée qu'à celle des ciseaux avec lesquels on tond les moutons ; seulement, au lieu déjouer sur un ressort commun, les deux lames jouent sur une articulation, et au lieu d'être plates elles sont un peu courbes : ces mâchoires sont latérales ; leur mouvement se fait de droite à gauche ; le tranchant de l'une glisse sur celui de l'autre, et elles sont toutes deux fort acérées.

[Dans les hursatelles , il y a deux mâchoires en forme de gros crochets, semblables à celles des néréides (I).

Les scyllées ont, comme les tritonies, une mâchoire à deux lames tranchantes. ] Dans Yaplysie , parmi les T ectïbr anches , il n'y a pour toute mâchoire qu'une plaque mince, légèrement cornée, garnissant l'intérieur

(1) Egypte. Mollusques , pi. Il, f. 2-8 jusqu'à 2-13.

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de chaque coté de la bouche. [ Cette lame cornée, seule trace de mâchoire, se voit dans les huilées comme dans les aplysies.

Les ver mets , parmi les Tuhulihranches , ont leur trompe garnie de deux plaques maxillaires que Ton décrit hérissées de crochets ; mais il serait possible qu'on n'eût pas distingué la série des lames linguales qu'elles encadrent ordinairement (1).

Il est vrai que dans la carinaire , l'intérieur de la trompe est garni de deux plaques ovales, portant chacune deux rangées de dents recourbées (2). Ces dents ou crochets arment, en général , la trompe des Hétéropodes, et y tiennent à deux plaques maxillaires. Dans ces deux cas , la langue et les mâchoires sont réunies non-seulement, mais encore confondues. Cependant, comme l'organe est pair, il tient plus des mâchoires que de la langue.

Parmi les Gastéropodes pectinibï anches , Y ovule, qui n'a qu'une courte trompe, est pourvue d'une petite mâchoire supérieure en fer à cheval (3) , tandis que la vis tachetée , qui a une longue trompe, n'a ni mâchoire, ni langue (4).

Dans la caljptrée, qui n'a pas de trompe , les lèvres semblent armées de petits crochets qui tiennent lieu de mâchoires (5).

(1) Voir l'Atlas du Voyage de M. le docteur Riippel. Planches des anim. sans vertèbres.

(2) Annales des se. nat., t. XVI, p. 108, note de M. Cortin sur la carinaire de la Méditerranée.

(3) Voyage de l'Astrolabe. Zoologie, par MM. Quoy etGaimard,pl. LXIX. 0) Ibid ; fig. 6.

(5) Mémoire sur la calyptrée^AV M. G. D. Deshayes. Annales des se. uatur., t. III, p. 338 et pi. XVII.

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Les buccins ont les plaques linguales tendues entre deux cartilages (1), qui sont évidemment les mâchoires.

C'est la même disposition dans les Scutihranches. Vhatiotidea, dans sa cavité buccale, deux plaques latérales, minces, sans dentelures, seuls vestiges de mâchoires (2). ]

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