Bouche des Stomapodes
[Les Stomapodes ayant leurs branchies à découvert sous les anneaux de Fabdomen , Fappareil de la bouche n'est plus compliqué ici par des rapports de fonction avec la respiration. Aussi ont-ils moins d'appendices maxillaires proprement dits.
Dans les Unicuirassés , outre les cinq paires d'appendices préhensiles, dont la seconde paire est la griffe,
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lesquelles répondent aux cinq paires de pieds thoraciques des décapodes , il n'y a que trois paires d'appendices maxillaires non compris les mandibules. ]
Les Mantes de mer, par exemple (squilla Latr. ;, ont les mâchoires de la première paire extrêmement grêles et alon gées , en forme de pied , et terminées par une articulation dilatée, arrondie , et par un crochet mobile (1). Elles font réellement l'office de pieds et non de mâchoires , et n'ont aucun palpe dorsal.
La deuxième paire est une longue plaque , échancrée trois fois à son bord interne.
[Elle est compliquée de beaucoup de petites pièces formant deux séries longitudinales. La série interne est la mâchoire proprement dite ; elle a son bord libre, qui est du côté de l'ouverture buccale , fortement cilié , et elle se compose de cinq petites pièces courtes et plates, non compris la pièce articulaire qui supporte l'autre partie , sorte de pulpe soudé à la mâchoire et composé de trois articles. Cette mâchoire correspond, pour sa composition , à celle que nous avons décrite comme la troisième dans les crustacés décapodes ; il y a déjà , dans celle-ci , un commencement de soudure entre la palpe et la mâchoire. ]
La troisième est bifide ou bilobée, et dirigée en travers sur l'ouverture buccale ; son lobe postérieur est élargi en forme de palette et cilié ; l'anté-
(1) Ce sont les deux premières , en commençant par les plus extérieures. Ces prétendues mâchoires, avec les quatre paires suivantes, en comptant d'avant en arrière, répondent réellement aux dix pieds thoraciques des décapodes ; tandis que les six pattes natatoires sont organisées comme les fausses pattes des décapodes macroures, quoique plus développées.
rieur est pointu à son extrémité, et porte sur le dos trois ou quatre longs poils raides, formant un pinceau qu'on pourrait prendre pour un palpe.
[ Cette paire serait , à notre avis , en comptant de l'intérieur à l'extérieur , la première des mâchoires. Elle a des rapports de composition avec la seconde paire de mâchoires des crustacés décapodes dont elle présente la moitié antérieure. ]
Enfin la quatrième et dernière, qui est une simple plaque [ ovale, ciliée à son bord libre , répondrait à un lobe de la lèvre postérieure, tel que nous l'avons déterminé dans le premier ordre des crustacés.
La lèvre antérieure est très développée ; elle termine un chaperon pyramidal d'une grande étendue. ]
Quant à la mandibule, c'est bien la plus singulière de toutes. Elle se divise en deux parties , une antérieure cachée sous la lèvre , dirigée selon Taxe du corps , pointue et portant deux rangées de petites dentelures; l'autre postérieure, transverse, dont le tranchant va de bas en haut (l'animal étant sur le ventre), et porte une rangée de dentelures plus fortes. Chaque mandibule a une plaque triarticulée et pointue.
[Les alimes (Leach.) ont la même forme singulière de mandibules (1).
Dans les Stomapodes hicuirassés ( les Phjllosômes ) , l'appareil buccal paraît encore se simplifier. Je ne vois qu'un labre, deux mandibules et deux mâchoires. Celles-ci sont aussi bifides, comme les premières mâchoires des squilles (2).
(1) Voyage de la coquille, planche des crustacés, n* 4, fig. 10.
(2) Voyage de la coquille, planche des crustacés, n° 5, fig. 1 et 1 A, 1 Bs
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On peut compter encore parmi les appendices préhensiles de la bouche, la première paire de pieds, qui sont tellement raccourcis, qu'ils ne peuvent plus servir à la locomotion.
3, 4 et 5. Bouche des Amphipodes, des Lœmodipodes et des Isopodes.
Les trois ordres suivants , qui comprennent tous les crustacés de la première sous-classe , dont les yeux sont sessiles, ont une conformité remarquable dans les organes de la bouche. Il y a toujours une paire de- mandibules, palpigères dans les deux premiers, et sans palpe dans le dernier. Le labre est nul ou développé ; la lèvre inférieure est ordinairement développée.
Il y a deux paiVes de mâchoires qui répondent assez aux deux ou trois premières paires des décapodes , et quelquefois deux palpes recouvrant tous ces organes et dont la base a des articles qui se prolongent en avant, comme les lobes d'une double lèvre. Nous trouverons cette disposition dans le genre suivant, qui appartient aux amphipodes.
Les crevettes {Gammarus Fabr.) ont un labre à bord entier et arrondi. Une lèvre , qui semble composée par la réunion de deux mâchoires , aux côtés de deux lobes labiaux (1) ; cette lèvre a une forte échancrure mitoyenne.
La mandibule, de forme conique , terminée par de fortes dents , porte à sa base dorsale un palpe triarticulé et pileux.
La première mâchoire a deux lobes , l'antérieur
(1) M. Savigny l'appelle langue bifide. O. C. pi. IV, fig. 1-e.
aplati et élargi en palette , le postérieur divisé en peigne à son extrémité libre.
La deuxième mâchoire , analogue par sa composition à la deuxième des stomapodes , est aussi divisée en deux parties longitudinales , terminées chacune par un grand article plat et cilié à son bord.
Enfin il y a un palpe articulé et crochu, une sorte de pied mâchoire, dont le premier et le troisième article ayant une portion libre en avant et en dedans, sont regardés comme des lobes d'une lèvre auxiliaire par M. Savigny (1).
La bouche de Yhieïla, qui, suivant M. Straus, lie les Amphipodes aux Isopodes , a deux mandibules palpigères à bord tranchant, anguleux, non denté. Elles sont suivies de deux paires d'appendices préhensiles lamelleux, ou de deux paires de mâchoires, composées chacune d'un premier article , qui est formé comme la hanche, et d'une seconde partie bilobée et ciliée à son bord, dont un des lobes est mobile et forme un article distinct.
Le labre, ou la lèvre supérieure, se compose d'un chaperon qui se termine par un tubercule arrondi. La lèvre inférieure a une large base ; son bord libre porte deux lobes courts et plats , triangulaires, qui en sont comme les palpes.
Le labre n'est proprement que le chaperon qui est immobile (2).]
Parmi les Lœmodipodes, les cyames (cyamiis Latr.), ont deux palpes articulés , [ qui sont les appendices
(1) O. C. pi. IV, flg. 1-6, b*, c*.
(2) Mémoire sur les hiella , par M. H. Straus. Mémoire du Muséum d'hist. natur.y t. XVIII, pi. IV, fig. 3, 4, 5, 6, 7.
préhensiles les plus rapprochés de la bouche, que Ton pourrait comparer aux pieds , pour leur composition , et nommer pieds-mâchoires. Ils tiennent à une large plaque mitoyenne , que M. Savigny appelle lèvre auxiliaire (1).
La lèvre proprement dite est plus avancée , et composée de deux pièces jointes sur la ligne moyenne (2).
Plus en avant s'articulent les secondes mâchoires, ayant le bord de leur extrémité hérissé de crochets , et un pinceau de soie , un peu en -deçà et en dedans de cette extrémité ; un palpe biarticulé tient à leur face dorsale.
Les premières mâchoires , placées à peu près à la hauteur de la langue de chaque côté , ont une forme unique, aplatie , recourbée en dedans , se terminant par une pointe cornée, et plus petite que les secondes qui les recouvrent (3). La langue est alongée , bifide à son extrémité , et légèrement soyeuse (4). Les mandibules sont fortes , pyramidales, à base large , à sommet libre , divisé en deux parties , hérissées chacune de cinq dents, et sans palpe. Enfin le labre est quadrangulaire et échancré.
Dans les Isopodes , nous décrirons plus particulièrement la bouche des cloportes (5), de la famille Aes cloportides.]
(i) o. c. pi. V, fig. \-b.
(2) O. C. pi. ibidy fig. 1-m.
(3) O. C pi. ibidy fig. 1-e qui suit. Voir aussi la langue.
(4) Suivant M. Roussel de Vauzême , dont nous avons adopté ici les déterminations. Mémoire sur le cyamus ceti. Latr. Annales des se. natur., deuxième série, t. I, p. 241 et suiv., et pi. 8.
(5) Le texte de la première édition commençait ainsi :
« ï.a famille des cloportes, dont j'ai fait mes gnathaptères polygnathes ,
Elles ont la lèvre inférieure divisée bien clairement en deux moitiés ; elle est plane, couvre les mâchoires, et porte un très petit palpe sur son angle extérieur. Viennent ensuite deux paires de mâchoires , minces, oblongues, dont la deuxième est dentelée au bout; elles n'ont pas de palpes. La mandibule est forte, dentelée, et porte un petit palpe conique.
Les organes de la bouche se rapetissent excessivement dans les espèces parasites , comme les cymoiho'ès (1 ), où il n^y a que deux paires de mâchoires semblables à de petites écailles minces, des mandibules petites , coniques , mousses et sans dents , et au milieu du tout , une petite langue conique.
[Nous avons déjà vu une langue dans les cyames. Cet organe paraît propre aux espèces parasites qui sucent leurs aliments.]