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Bouche des Branchiopodes

Les petits Entomostracés , qui font partie des Branchiopodes , premier ordre de cette sous-classe , avaient été encore peu examinés à regard des organes de la bouche , lors de la publication de notre première édi-

» et M. Latreifte ses aptères tétracères , ressemble aux crustacés par la » multiplicité de ses mâchoires, comme par ses quatre antennes, si même » elle ne doit leur être entièrement associée. »

J'ai cru devoir le conserver, dans cette note, pour l'histoire de la science.

(1) De la deuxième section du même ordre des isopodes.

128 XXIIIe LEÇON. ORGANES REP. DES ANIM. ARTICULÉS.

tion. Dès lors ^intéressantes recherches ont été faites dont nous allons donner une analyse.

Dans la première section de cet ordre , celle des Lophyropes , l'appareil buccal examiné dans le genre cypris , famille des osiracodes , se compose , en premier lieu , d'un labre et d'une lèvre. Les mandibules portent un palpe tri-articulé , et une petite branchie, comme le 4e pied -mâchoire des décapodes. Elle s'appuie sous le test par son extrémité supérieure ; l'inférieure, qui est libre, a son tranchant fortement denté. On trouve de plus deux paires de mâchoires. La première* paire porte une branchie considérable , qui tient à la hanche ou à la première pièce, dont le bord interne s'articule avec quatre articles rangés à côté Fun de Pautre, et dirigés vers la ligne moyenne du corps. Leur bord libre de ce côté est hérissé de longs cils. La seconde paire de mâchoires, beaucoup plus petite, se compose de deux articles , dont le second porte un palpe dorsal (1).

Les daphnides , qui appartiennent à la même section des Lophyropes , ont un labre arrondi attaché au bord d'un chaperon , deux mandibules, et deux mâchoires. Cet appareil est placé en arrière de l1 extrémité antérieure du corps, aiguë et recourbée en bas, formée par les valves , et qu'on pourrait comparer au rostre des décapodes.

Chaque mâchoire qui a son extrémité libre en arrière , porte sur le bord supérieur de cette extrémité quatre crochets cornés dont la pointe est 'dirigée en avant et en haut.

(1) Mémoire sur les cypris, par Hereule-Eug. Straus, inséré parmi ceux du Muséum d'hist. natur. de Paris, t. VII, p. 47 et 48, et pi. I.

Les mandibules descendent verticalement du plafond des valves vers la bouche, entre le labre et la mâchoire correspondante. Leur tranchant est uni et sans dentelure (1) ; elles n'ont point de palpe.

La seconde section des Branchioyodes , celle des Phyllopes, comprend, en premier lieu , les limnadies ( Ad. Brong. ) qui ont deux mandibules et une seule paire de mâchoires.

Les mandibules sont en forme de poire. Elles sont articulées sous le test par leur extrémité supérieure, et se joignent encore par le bord antérieur de leur base, qui est leur extrémité inférieure et triturante. C'est sur ces deux points fixes qu'elles se meuvent, comme autour d'un axe. (2)

Remarquons que le nombre des mâchoires est en rapport inverse avec celui des pieds.

Les branchipes Latr. , et les chirocépliales ( Bened. Prévost), (3) ont l'appareil de la bouche très analogue à celui de Yapus. Le labre est en forme de bec grand et très développé, dans le b?*anchipe stagnai, recouvrant la partie triturante des mandibules, comme cela se voit dans Fapus. Il est moins grand , à proportion ,

(1) Mémoire sur le daphnia, par Hercule-Eug. Straus, pi. XXIX, et p. 399 et 400 du t. V des Mémoires du Muséum d'hist. natur.

(2) Mémoire sur le limnadie d'Hermann, par A. Brongniart. Mémoires du Muséum de Paris, t. VI, p. 85.

(3) Journal de physique, t. LVII, p. 37 et 89. Pour le chirocephalus ; et la monographie de Schœffer, intitulée : Apus pisciformis, etc., in-4" de 24 pages, avec une planche coloriée. Norimbergae 1752.

Je conserve ces deux dénominations, parce que je viens d'examiner des individus mâles et femelles, évidemment semblables à ceux décrits par ces deux observateurs. Ils diffèrent tellement qu'ils appartiennent, au moins, à deux espèces bien distinctes, sinon à deux genres, ainsi que Je soupçonne M. Audouin (article BRANCHIPE , Dict. classique d'hist. natur.).

i;>0 XXIll# LEÇON. ORGANES RË>. DBS ANIM. ARTICULES.

dans le chirocéphale. On voit dans l'un et dans l'autre, de chaque colé du labre, en avant, deux renflements qui sont les mandibules, dont on découvre l'extrémité triturante , dans le hranchipc , en relevant le labre. En arrière de ces deux renflements, en sont deux autres qui sont les premières mâchoires. Nous n'en avons pas vu de secondes, comme dans l'apus.

Faut-il décrire comme partie accessoire de la bouche, comme un organe préhensile, ces singulières cornes semblables aux mandibules du cerf-volant , qui composent le premier article de la tête du hranchipe, et qui présentent ici , à la partie interne de leur base, une sorte d'andouiller. (1) Elles portent deux longs filets grêles , pris mal à propos pour des secondes antennes , et qui sont remplacés, dans le chirocéphale, par une production en feuille dont le bord est comme frangé, laquelle est enroulée sur elle-même dans l'état de repos.

D'ailleurs les deux cornes se réunissent, dans ce dernier, par la ligne moyenne, en dessous, à une petite proéminence en forme de labre , et elles semblent sortir de chaque côté d'un gros bourrelet en forme de sac, qui renfle beaucoup la tête du chirocéphale, et qui ne se voit pas dans le hranchipe.

La femelle a, dans le Chirocéphale, la tête divisée en deux cornes simples , comme tronquées , portant plusieurs petits filets non articulés. Elles sont plus grêles chez la femelle du Branchipe.

Si l'on considérait comme des mandibules les deux cornes que nous venons de décrire et qui sont modifiées en appendices préhensiles, il y aurait deux paires

(l) Les corpora triangalaria. Schœffer, O. C. flg. V, VI, VII-3.

de mâchoires dans les branchipes et les chirocéphales , comme dans les apus. ]

Dans les apus, l'appareil buccal se compose de deux mandibules robustes et dentées ; puis de deux paires de petites mâchoires sans palpes; [ la première ressemble assez , par sa forme , à celle d'une mandibule, et la seconde, plus petite, a son dernier article en palette courte et ciliée. ]

11 y a ensuite vingt-six autres paires de larges feuillets qui ressemblent à des mâchoires par leur base , et à des branchies par le reste de leur étendue , et dont la première porte quatre palpes en forme de soies articulées , dont trois fort longs , que quelques uns ont pris pour des antennes. Ces vingt-six paires de feuillets occupent presque tout le dessous du corps.

[Ils n'appartiennent plus à la bouche et leur nombre, comme dans les branchipes et les limnadies , est en raison inverse des appendices de cette partie.

T. Les Poécilopes.

Lesecondordredela sous-classe des Entomostracés, celui des Poécilopes , comprend des animaux errans et des animaux fixés sur d'autres animaux , vivant de leur sang, qu'ils sucent avec un appareil buccal particulier. Cet appareil , organisé dans tous sur le même plan, a dû subir de grandes modifications , suivant les usages que l'animal en lait.

a. Les Xiphosures.

Les premiers forment la famille des Xiphosures, composée du genre limule. ] L'espèce appelée lunule géant (monoculus polyphemus Lin.), a cinq paires de ma-

choires , courtes , comprimées , hérissées de petites épines , portant chacune un très grand palpe en forme de pied , à quatre articulations , terminé par une serre semblable à celle des pieds de devant des écrevisses. Les serres de la première paire sont très gonflées dans le mâle , et n'ont qu'un seul doigt ; celles de la dernière sont petites , et accompagnées de quatre lames écailleuses, [en forme de doigt, portées, ainsi que le tarse, par Farticle qui répond à la jambe. Cette dernière paire est encore remarquable parce qu'elle a comme une double hanche , dont l'extérieure supporte un article aplati, élargi en palette, ou arrondi à son extrémité. M. Savigny le compare au flagre des pieds-mâchoires des décapodes. ]

En avant de ces mâchoires est la lèvre supérieure , prismatique , portant deux palpes Inarticulés , terminés en serre [ qu'il serait plus juste de comparer à des mandibules (1), sinon pour leurs usages, du moins pour leurs rapports. ]

La lèvre inférieure est en arrière de la dernière paire de mâchoires; elle est formée de deux lames dentelées. [L'orifice du pharynx se voit au milieu de toutes ces hanches qui tiennent lieu de lèvre ou de mâchoires. En général , ces cinq paires d'appendices buccaux , qui sont à la fois masticateurs par leur base , préhensiles par leur extrémité , et locomoteurs par leurs longues proportions, pourraient très bien être comparés, pour la position, aux cinq paires de mâchoires des crustacés décapodes, et, pour la composition, aux mâchoires, surmontées d'un palpe, des aranéides.]

(I) Savigny, 0. C. p. 110 et 117.

b. Les Siphonostômes.

La seconde division des Pœcilopès, celle des Siphonostàmes , indique, par le nom qu'elle porte, une bouche en suçoir, attribut des animaux parasites. Cependant son organisation peut être ramenée , en tout ou en partie , à celle des Entomostracés qui ont des mâchoires.

Dans les uns, la bouche se compose des mêmes parties, mais devenues tellement rudimentaires qu'on a de la peine à les distinguer (le genre Ergasilus. Nordm.).

Dans les autres, il y a un suçoir composé de la soudure des deux lèvres, qui renferme des organes analogues aux mâchoires ; l'appareil buccal présente de plus , à l'extérieur , des mandibules et des mâchoires accessoires rudimentaires , ou des palpes : tels sont les Caligideset les Lernei formes ; enfin la trompe ou le suçoir peut être plus simple, et ne contenir aucune mâchoire, ainsi que nous allons le décrire dans XArgule foliacé et dans le genre Lamproglena Nordm.

a. Parasites avec lf appareil buccal rudimentaire .

Dans les espèces du genre Ergasilus qui ont beaucoup de rapports avec les lophyropes, et particulièrement avec les cyclopes, mais qui en diffèrent parleurs habitudes parasites, vivant sur les branchies des poissons, l'appareil buccal se compose de pièces proéminentes, à peine sensibles , dans lesquelles on peut reconnaître un labre , une lèvre et deux paires d'appendices maxillaires. A cet appareil de pièces devenues rudimentaires pour la succion il faut joindre les deux longs appendices préhensiles, articulés à l'extrémité de la tête, corn-

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posés chacun (Tune hanche, d'une cuisse, d'une jambe et d'un long crochet recourbé et pointu, au moyen desquels F animal s'attache aux poissons.

(S. Siphonostômes à suçoir, sans mâchoires intérieures.

Il y a d'abord le genre argide, dont la bouche est une trompe protractile et rétractile (1), très flexible, terminée en pointe acérée , que traverse un canal , sorte de tube capillaire qui conduit dans l'œsophage. Suivant liermann fils , il y aurait, en avant delà trompe, deux paires d'appendices préhensiles ou maxillaires rudimentaires (2).

Un autre genre, nouvellement établi par M. Nordmann, le lamproglena pidchella, a une trompe composée de plusieurs pièces cartilagineuses ; elle fait une saillie marquée un peu en avant de la base de la seconde paire d'appendices préhensiles , qui sont les analogues des mâchoires des autres crustacés. Ces appendices préhensiles sont terminés chacun par trois ongles mobiles, qui paraissent avoir leurs muscles, comme ceux des pieds des insectes. L'article qui les supporte est lui-même fléchi ou étendu , par un fléchisseur et un extenseur, contenus dans l'article précédent.

Avant cette seconde paire d'appendices préhensiles, il y en a une autre très près de l'extrémité, à la hauteur de l'œil , qui est plus grande , également très arquée en dedans , et terminée par un seul crochet. Cette pre-

(1) Mémoire sur l'argule foliacé, par Jurine fils. Annales du Muséum d'hist. natur., t. VII, p. 431, et pi. XXVI, fig. 9 et 16.

(2) Mémoire aptérologique, par J. F. Hermanii fils. Strasbourg 1804. PI. V, fig. 3, et pi. VI, fig. 11.

mière paire cTappendices préhensiles répond , à notre avis, aux mandibules des autres crustacés (1).

y. Les Siphonostômes à mâchoires comptises dans le suçoir.

Les Caliges ont le suçoir situé un peu avant la seconde paire d^ppendices préhensiles, ou de crochets ; il forme une proéminence assez solide , élargie à sa base, dont le bord est soutenu par deux pièces cartilagineuses courbées en arceaux , qui sont comme la terminaison des deux lèvres dont la réunion formecette sorte de trompe.

La peau qui recouvre ce bord libre est hérissée d\me couronne de poils très courts. Deux petites proéminences de la base de cette trompe pourraient passer pour des rudiments de palpes. Dan? l'intérieur de ce même suçoir se trouvent deux mâchoires. (2)

Le Binoculus Fabr. de la même famille a de même une trompe conique placée entre la seconde paire des appendices préhensiles. Elle renferme deux mâchoires formées dJune branche longue et grêle, fixées au bout de cette trompe, et ayant leur extrémité armée de neuf petites dents crochues , recourbées en dedans.

Le bord antérieur de la trompe se continue en deux appendices cornées , dont l'extrémité est arquée et qui semblent répondre aux mandibules. (3)

(1) Mémoires pour servir à l'histoire des animaux sans vertèbres, par le docteur Al. de Nordmann, 2e cahier, p. 3 et 4, et pi. I, fig. 4 et 9. Berlin 1832. (En allemand.)

(2) V. les Mémoires de M. Nordmann, déjà cités, p. 19. M. Cuvier avait pensé que ce suçoir était simplement organisé, comme celui «les poux. Prem. édit. de cet ouvrage, t. III, p. 308.

(3) V. l'ouvrage de M. de Nordmann, iùid., p. 33 et 34.

i#(j XXIU* LEÇON. ORGANES RÉP. DES ANIM. ARTICULÉS.

On voit encore à la base de cette trompe deux paires de courtes appendices , dont la plus longue a deux articulations qui supportent des pinceaux de poils. On dirait des rudiments de mâchoires accessoires.

Dans le genre Epachtes paradoxus , Fappareil buccal ne s^écarte pas essentiellement de celui des genres précédents.

La trompe renferme deux mâchoires armées de dents. A sa base se voient deux paires d^ppendices que nous regardons comme des rudiments de mâchoires surnuméraires, plutôt que comme des palpes (1).

Dans le Dichelesthium , la trompe est placée entre la deuxième paire d^appendices. Le bord de son ouverture est frangé. Les mâchoires qu'elle renferme (â) se composent chacune de trois branches , dont la moyenne est la plus longue et la troisième la plus courte.

Il y a , de chaque côté de cette trompe (3) , trois appendices maxillaires, dont le premier est bifide, le second plus long , terminé par une lame dentelée , et le troisième est très court.

La bouche du Nicothoë (Auà. et Milne-Edw.) serait aussi armée d'un suçoir et d^appendices maxillaires extérieures peu distinctes , parmi lesquelles nous croyons devoir compter les pieds-mâchoires , terminés par un crochet à trois pointes , qui sont beaucoup plus développés. (4)

(1) Nordmaim. O. G p. 46.

(2) Suivant M. de Nordmann. O. C. p. 43.

(3) Suivant Hermann {Mémoire a ptérologique), qui les regarde comme des pulpes, et pi. V, fig. 7 et 8 et U.

(4) Mémoire sur le Nicothoê, par MM. V. Audouin et Rlilne-Edwards. Annales des se. natur., t. IX 1826, p. 345, et pi. 49, flg. 1-9.

Nous ne savons si cette trompe contient des mâchoires comme celle des Caligides, ou si elle en est dépourvue comme les genres suivants ?

Il paraît que les Lernées, dont les formes si étranges et l'organisation , en apparence très simple , les a fait placer parmi les intestinaux cavitaires , sont des Entomostracés siphonostômes , déformés par leur vie parasite. (1)

Leur appareil buccal est assez généralement le même que celui des Siphonostômes précédents.

Le plus souvent il existe entre la première paire d'appendices préhensiles une trompe conique, dans laquelle sont renfermées deux mâchoires ; tandis que sa base extérieure est garnie de deux paires de très petites appendices.

Cette trompe, évidemment formée par la réunion et le prolongement des deux lèvres , a à sa base deux paires d'organes rudimentaires , que l'on peut regarder comme les rudiments des mâchoires surnuméraires des autres crustacés (2).

B. Bouche de arachnides.

La classe des Arachnides est aussi distincte de celle des autres animaux articulés par son appareil buccal que parle reste de son organisation. Examinons cet appareil dans les principaux groupes qui la composent.]

(1) Ainsi que l'avaient présumé MM. Judouin et il//7/2«?-Edwards, à l'occasion du nicothoë, et d'après l'observation de M. Surrirny du Havre, qui avait vu dans les œufs d'une lerneocère, de petits animaux à membres articulés, ressemblant à ceux desentomostracés nageurs, et dont la forme était bien différente de celle de la mère.

(2) V. M. de Nordmann. O. C.

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