‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 42 sur 170 · I. Les Arachnides pulmonaires · texte numérisé non relu

I. Les Arachnides pulmonaires

a. Nous trouvons d'abord la famille des Aranéides /lieuses , qui ont deux fortes mandibules, ne pouvant servir à trancher , mais armées à leur extrémité d'un crochet mobile. On pourrait contester à ces organes la qualité de mandibules , puisqu'ils ne servent pas à mâcher : mais leur position et l'analogie ne permettent pas de la leur refuser. [Latreille, à la vérité, les compare aux antennes , dont elles occupent la place , en avant du céphalo-thorax; de là le nom de Chélicères qu'il leur donne. Il observe encore qu'elles diffèrent des mandibules par la direction de leurs mouvements, qui est d'avant en arrière, plutôt que latérale.

Le crochet mobile qui les termine est supporté par un article principal , de forme cylindrique ou conique, dans une rainure duquel il se replie du côté interne. L'extrémité de ce même article est quelquefois profondément dentelée en peigne, par cinq dentelures supérieures , structure qui sert à la Mygale maçonne , pour construire les galeries souterraines dans lesquelles elle se retire. D'ailleurs, ce même article donne passage au canal excréteur d'une glande venimeuse contenue dans le céphalo-thorax , qui se prolonge dans le crochet jusqu'à sa pointe, percée pour l'issue de ce venin.

Ainsi , cette première paire d'appendices buccaux est plutôt une arme offensive qu'un instrument de mastication ; mais elle sert d'organe préhensile.

Sous les mandibules ou les chélicères se voient les mâchoires. Ce sont deux lames minces, moins grandes que les mandibules > à forme large , mais plus ou moins

différente suivant les genres (1) , dont le bord interne est cilié, et dont la base porte extérieurement, sur une espèce de talon , un palpe grêle et long , à cinq articles de différentes grandeurs ; rarement y en a-t-il un sixième en forme de crochet terminal (la Mygale calpéienne). Entre les deux mâchoires se voit une pièce carrée , ovale, oblongue, ou d'autre forme , qui tient lieu de lèvre. Elle est ciliée à son extrémité.

Enfin la bouche des Aranéides fîleuses renfermerait, suivant Lyonet, une languette interne qui servirait à sucer les fluides nutritifs de leur proie (2).

b. Les Pédipalpes. Nous venons de dire que les mâchoires , outre leur usage dans la préhension des aliments,] servent encore à porter des palpes toujours très longs et en forme de pieds. Ces palpes sont énormes dans les Scorpions où ils ressemblent aux pattes d'écrevisses; et dansles Phrynes, où ils forment une arme redoutable , [ terminée, non en pince, mais en griffe , noyant qu'un crochet mobile. Ils ont donné lieu à la dénomination de Pédipalpes , par laquelle on désigne la seconde famille des aranéides pulmonaires.

Les mandibules , dans cette famille , sont toujours en pince , c'est-à-dire quelles ont un doigt mobile et un immobile.

Il y a une lèvre , comme dans la famille précédente, et deux mâchoires analogues formant de même le premier article des palpes.

Dans les Scorpions , les deux mandibules se meuvent bien évidemment dans le sens latéral en se rapprochant

(1) Tableau des aranéides, par C. A. Walckenaer. Paris, 1805.

(2) Mémoires du Muséum d'hist. natur., t. XVIII, pi. X, fig* 4, 5 «t 20, «tp. 461,402 et 460.

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et même en se croisant un peu. Elles se fléchissent aussi par le bas. Les deux doigts qui les terminent sont fortement dentés , cVst Fextéi ieur qui est mobile. Elles forment un appendice préhensile assez puissant pour déchirer une proie en morceaux, et les transmettre entre les mâchoires qui les écrasent. Celles-ci ne sont autre chose que le premier des six articles des longs palpes terminés par une forte pince, qui caractérisent les scorpions. Chaque mâchoire a une surface triturante assez large , dont la partie intérieure est aplatie et le bord externe et inférieur un peu dentelé ; tandis que , plus haut et plus en dedans , cette même surface triturante présente un bourrelet charnu, hérissé de poils, dont la peau se continue avec celle de la langue. Celle-ci, placée exactement entre les deux mâchoires, est charnue , conique , hérissée de poils à sa pointe , relevée au milieu , déprimée sur les côtés, qui s^élargissent quand les mâchoires s'écartent Tune de l'autre. Elle tient à un corps écailleux, ayant deux branches inférieures qui se dirigent vers les hanches de la première paire de pattes, et deux branches latérales qui se portent dans les mâchoires avec lesquelles elles sont soudées (1).

Plus en dehors et au dessous de la langue se voient les deux lèvres dont chacune semble comme la hanche de la première paire de pattes , de même que la mâchoire est celle des palpes (2).

(1) C'est cette pièce écailleuse que M. Treviranus regarde comme une sorte d'os hyoïde. Sur la structure des arachnides, par G. R. Treviranus. Nurnberg, 1812,in-4°, p. 5, et tabl. I, fig. 6, /,o. (En allemand).

(2) Cette description est faite d'après le àuthus palmatus. Var. a flavus. Hemr et Ehreïvb.

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