‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 60 sur 170 · Les Annelides A branches · texte numérisé non relu

Les Annelides A branches

Les unes ont la bouche en forme de trompe plus ou moins protractile (les Naïades) ; d'autres Font bordée de deux lèvres de forme différente, que l'animal peut développer plus ou moins , ou contracter , mais qui sont d'ailleurs peu étendues (les Lombrics). L'orifice de la bouche forme une fente transversale et son intérieur ne renferme aucune mâchoire.

Dans les Hirudinées , les lèvres sont beaucoup plus développées , la supérieure quelquefois beaucoup plus que l'inférieure (les Néphelis); dans les différents genres de cette famille, elles forment par leur réunion, complète dans les Alhiones et les Hœmocharis , incomplète dans tous les autres , et par leur développement considérable , une véritable ventouse, un organe de succion approprié à cet usage, ayant le plus souvent, au fond de la cavité conique qu'il limite , trois mâchoires de forme variée et différemment disposées suivant les genres.

Mais tous , comme dans plusieurs familles des Annélides dorsi-branches , n'en sont pas pourvus. ]

Les Sangsues officinale et médicinale , et en général les espèces du genrelRrudo, ont trois petites mâchoires cornées formant trois saillies demi- circulaires, disposées en rayons dans l'intérieur de leur bouche ; le bord en est tranchant et finement dentelé en scie : c'est avec cet instrument qu'elles entament la peau.

[ Les mâchoires d'une espèce que nous rapportons encore au genre Hirado, et qui a été classée improprement sous le nom de la Sangsue du cheval , dans le genre Hippobdella Bl. (Hœmopis Sav. ) auraient une double rangée de dentelures mousses à leur tranchant. Ces mâchoires sont d'ailleurs en cône et non en lames comprimées.

Elles sont ovales et sans dentelures dans le genre £ délia , Savigny.

Dans les Uœmopis {hœmopis vorax. Sav. la sangsue des chevaux proprement dite) chaque mâchoire est formée par une série de lames imbriquées , portant une ou plusieurs dentelures relevées , comme les lames qui arment la langue des céphalopodes. Ces mâchoires sont faites plutôt pour accrocher une proie que pour entamer la peau (1). Une semblable structure est en rapport avec les mœurs de ces animaux qui dévorent leur proie tout entière, et ne se contentent pas d'en sucer le sang. Il faut rapporter à ce genre l'espèce qui a servi à établir le gemedulostomaNoQ. Tand. oaPseudo-BdellaBLAixv., qui était , à ce que je présume du moins , une hœmopis, dont les James maxillaires étaient tombées.

(1) MM. Brandt et Ratzebourg sont les premiers qui aient fait connaître eette structure, du moins dans la figure qu'ils ont publiée. O. C,

188 xxiii1' ij;i;on. ok<;aïnks kéi\ i>i:s amm. articulés.

Dans les genres Hœmacharis ou Piscicola et Albione Sav., elles ne forment que trois points saillants. Ce sont des niàehoires rudimentaires.

Enfin elles manquent dans le genre Nèphelis Sav.

La ventouse orale a d'ailleurs un développement différent, suivant les genres. Les deux lèvres peuvent être complètement réunies en un seul godet, restant habituellement renflé, comme dans les genres Hœmocliaris et Albione. Elles restent un peu distinctes dans les autres genres , ou du moins n'y forment^ elles pas cette cupule dilatée.

Les Clepsincs sont celles des Hirudinées , où ces lèvres sont le moins développées ; mais les espèces de ce genre ont une languette tubuleuse, retirée au fond de la bouche dansfétat de repos, très exsertile et qui conir plète l'appareil de succion de ces animaux. ]

ARTICLE II

[Nous trouverons dans ce type, comme dans celui des Mollusques , de grandes différences suivant les classes. 11 y en a même quelquefois entre les genres d'une même famille, que l'on ne peut pas toujoui's expliquer , malgré les considérations du régime , des habitudes aquatiques ou aériennes , et celles principalement de tout l'appareil d'alimentation , dont les glandes salivaires ne sont qu'un des rouages , qu'on me permette celte expression,

Nous aurons encore souvent l'occasion de voir que, dans cet appareil compliqué, telle ou telle circonstance organique tient lieu de telle autre.

En général, les animaux qui vivent dans l'eau, parmi les vertébrés , n'ont pas de glandes salivaires. Cette loi se reproduit dans les articulés.

Les Crustacés et les Amiélides, qui sont , pour l'immense majorité, des animaux aquatiques, n'ont généralement pas de glandes salivaires ; si Ton borne l'acception de ce mot à des corps glanduleux ne faisant pas partie des parois du canal alimentaire, et versant dans l'origine de ce canal, par un conduit excréteur particulier, l'humeur qu'elles séparent.

Mais il ne faut pas perdre de vue que de petites vésicules,.de petites poches, faisant, pour ainsi dire, partie des parois du canal alimentaire; ou des capsulés pins développées, ayant pour fonction de séparer un suc gastrique, qu'elles versent dans l'œsophage ou dans l'un des estomacs , peuvent tenir lieu de glandes salivaires.

Enfin , nous avons déjà vu , en décrivant les organes d'alimentation dans les Mollusques acéphale-, que la bile paraissait y remplacer à la fois le suc pancréatique et la salive.

C'est ce qui peut avoir lieu également dans les animaux articulés. ]

À. Dans les Crustacés.

Je n'ai pu voir encore d'organe particulier d'insalivation dans les Crustacés', mais ils sont suppléés dans les Décapodes, du moins par la circonstance; que voici : leurs branchies , situées au côté du corps , sous les rebords de leur cuirasse , y sont comprimées et agitées

190 XXIIIe LEÇON. ORGANES RÉ>. DES ÀNIM, ARTICULÉS.

par des feuillets cartilagineux qui tiennent aux mâchoires et aux pieds ; et lors de la compression , l'eau qui abreuve ces branchies coule le long de ces feuillets et vient sortir aux deux côtés de la bouche. Ainsi , lorsqu'on tire un Crabe ou une Ecrevisse de l'eau , on lui voit rendre beaucoup d'écume par ces deux endroits-là. Il est donc probable que cette eau , quoique étrangère au corps , peut servir à humecter les aliments quand le Crustacé mange hors de Feau. Quand il mange dans l'eau , il n'a pas besoin de salive , et est dans le même cas que les Cétacés et les Poissons.

[Cependant, on a voulu considérer, dans ces derniers temps , comme une glande salivaire un corps jaune ou verdâtre , déjà figuré par Rœsel (1), qui , dans YEcre* visse flaviatile , est situé horizontalement sur la partie antérieure du plancher du céphalo- thorax , précisément au-dessus de la capsule auditive. Celle de la pierre stomacale vient s'appuyer sur lui , sans y adhérer.

Ce corps est en rapport intime avec une membrane extrêmement fine , d'apparence séreuse, qui se continue avec celle de la capsule auditive.

Lorsqu'on a enlevé la croûte qui le revêt , et qui ne paraît pas organisée , on trouve qu'il se compose d'un canal replié sur lui-même , d'un assez grand diamètre composé de deux tubes , dont l'extérieur plus grand , diaphane, en renferme un plus petit, à parois opaques, plissé et flexueux.

Est-il en communication avec l'œsophage ou le pharynx? Alors la conjecture qui nous détermine à en

(1) Insecten Belustigungeriy t. II.

parler ici, et qui nous a porté à en étudier la structure, se vérifierait.

Nous adoptons la détermination de MM. Brandt et Ratzehourg (1 ) , au sujet des glandes , dont le canal excréteur, dans les Cloportides parmi les Isopodes , joint le canal alimentaire immédiatement après le gésier. Le rapport de leur canal excréteur nous les fait envisager, avec ces savants, plutôt comme remplissant les fonctions du foie, que comme des glandes salivaires proprement dites , ainsi que Pavait pensé Ramdohr.

Des poches cœcales, dont les parois sécrètent une humeur analogue à la salive, qu'elles verseraient immédiatement dans le principe du canal alimentaire , remplaceraient très bien les glandes salivaires; de même que les cœcums pyloriques , dans les poissons , tiennent lieu de pancréas.

On trouve, entre autre^, de semblables poches, que nous décrirons avec le canal alimentaire , dans les Daphnies , qui appartiennent aux Entomostracés (2). ]

B. Dans les Arachnides.

Page 1