De ï orifice buccal et des lèvres
Couverture de la bouche est entourée d'un cercle charnu et dentelé à son bord libre, qui recouvre et cache entièrement, quand l'animal le veut, les deux mâchoires ou le bec . [ Ce cercle charnu répond aux deux lèvres des animaux articulés, réunies ici en une seule. C'est un cône tronqué, dont la base est en dedans du cercle des pieds , et dont la partie tronquée répond au bord libre des lèvres formant l'orifice buccal. Ce bord est un peu papilleux dans les poulpes , et le cône dermomusculeux, en question, est la seule enveloppe molle des mâchoires ; mais dans les seiches et les calmars , il y en a deux autres.
La plus interne est un repli cutané et musculeux très épais, dont la surface est hérissée, de toutes parts, de nombreuses papilles ; c'est la lèvre interne. Vient ensuite un autre repli plus mince et plus développé , non papilleux; c'est la lèvre moyenne : ces deux lèvres répondent à la seule qui existe dans les poulpes.
Enfin , les espèces de ces deux genres ont encore plus extérieurement un troisième repli de la peau , qui tient aux huit bras de même longueur par autant de brides qu'il y a de bras. Les parois de ce troisième repli interceptent une cavité octogone dont le bord a des cirrhes qui répondent aux brides sus-mentionnées.
La lèvre des poulpes renferme entre ses deux replis des fibres longitudinales qui vont en rayonnant du bord de cette lèvre à la face interne du cercle cartilagineux qui supporte les pieds. Ce sont ces faisceaux musculeux qui dilatent l'orifice buccal et mettent les mâchoires à découvert.
ART. Ier. BODCHE ©ES MOLLUSQUES EN GÉNÉRAL. 7
Le bord de ce même orifice, dans les poulpes , renferme sans doute des fibres circulaires de même nature formant un sphincter; mais elles sont très difficiles à apercevoir; seulement ce bord nous a paru plus épais et plus opaque que le reste de la lèvre.
Dans les seiches et les calmars , on voit bien évidemment de nombreux faisceaux circulaires , formant un épais sphincter dans l'épaisseur de la lèvre intérieure.
11 y a aussi un ruban évident de fibres qui ont cette même direction dans la lèvre moyenne. Ce ruban est situé un peu en deçà du bord de cette lèvre.
Quant à la lèvre extérieure , elle a dans toute retendue de son bord des fibres circulaires ; mais son côté ventral est remarquable par son épaisseur, due en partie à des fibres de même nature.
La boucbe du nautile est cachée dans une première enveloppe, analogue peut-être à ce que nous avons appelé la lèvre interne où troisième lèvre dans les seiches et les calmars , laquelle lèvre interne est liée aux bras. Cette enveloppe est composée d'une sorte de capuchon épais, musculeux, du côté dorsal, et de trente-huit appendices tactiles et peut-être un peu locomoteurs ; chacun de ces appendices est formé d'une gaîne cylindrique renfermant un tentacule cannelé circulairement, qui sort de cette gaîne , ou y rentre, sans doute à la volonté de l'animal.
Plus en dedans , la bouche est entourée de quatre lobes membraneux , deux supérieurs plus internes , et deux inférieurs plus rapprochés du bec, bordés chacun de douze tentacules plus petits , mais semblables aux premiers, auxquels chaque lobe labial fournit une gaîne. Ces quatre lobes seraient , à notre avis , les ana-
8 XXIIe LEÇON. ORGANES REPARAT. DES MOLLUSQUES.
logues de la seconde lèvre ou de la lèvre moyenne des seiches et des calmars.
Enfin, la troisième lèvre a son bord tellement divisé en lanières ou papilles , qu'il paraît frangé. Cette structure papilleuse rappelle encore celle de la lèvre interne des calmars et des seiches (1). ]
Dans tous les céphalopodes , les mâchoires sont au nombre de deux , et représentent un bec de perroquet, [avec cette différence que la mâchoire qui déborde et enveloppe Fautre , est située du côlé du ventre , et répond conséquemment à la mandibule ou à la mâchoire inférieure des animaux vertébrés. Nous la nommerons ventrale , et celle qui lui est opposée, dorsale ; ces rapports ne changeant pas, quelle que soit la situation de Fanimal. ] L'une et Fautre sont bombées, crochues, ayant leurs pointes très acérées. Elles sont composées d'une double lame d'une véritable corne, très épaisse et d'un brun foncé , dont les bords opposés à la partie triturante s'amincissent et se perdent dans la masse charnue que nous venons de mentionner.
[La lame interne, dans la mâchoire dorsale, s'élargit et se prolonge beaucoup en arrière, pour se placer sous les muscles qui doivent agir par elle.
Dans la mâchoire ventrale, c'est aussi cette lame in-
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(1) Voyez le Mémoire de M. Owen sur X animal du Nautile. Annales des sciences naturelles , t. XXVI.
Cet auteur, à la vérité, adopte d'autres analogies et pense que les quatre lobes formant ce que nous déterminons comme la lèvre moyenne, sont les analogues des bras de la seiche ; les deux plus rapprochés du bec seraient les analogues des deux longs pieds, et les lobes supérieurs ceux des huit pieds les plus courts .
ART. Ier. BOUCHE DES MOLLUSQUES EN GENERAL. 9
terne qui conserve la même direction d'avant en arrière, en se prolongeant assez de ce côté pour servir de levier aux muscles qui doivent mouvoir cette mâchoire.
La lame externe forme deux ailes qui s'élèvent verticalement sur les côtés de la sphère buccale , en faisant un angle droit avec la lame interne.
Ces deux mâchoires présentent généralement cette différence de forme dans les différens genres de céphalopodes, de manière qu'on peut toujours distinguer par ce caractère la mâchoire ventrale de la dorsale. Celle-ci, quoiqu'entrant dans la première, n'est pas toujours la moins crochue ni la moins étendue.
Dans le nautile , les mâchoires sont de forme analogue; c'est aussi la mâchoire ventrale qui engaine la mâchoire dorsale ; mais celle-ci n'a pas la lame externe prolongée dans une direction verticale. L'une et l'autre sont d'ailleurs beaucoup moins crochues que dans \es céphalopodes à deux branchies. Leur Lord est épais et dentelé, et durci par de la substance calcaire. On voit que ces mâchoires sont plutôt laites pour briser des crustacés ou des coquillages , que pour couper une chair molle. ] C'est au moyen de ce vigoureux instrument que ces animaux [coupent et dépècent les poissons , les mollusques nus, ou] brisent les crabes et les coquillages dont ils se nourrissent.