‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 4)Chapitre 9 sur 170 · XXII* LEÇON. ORGANES RBPARAT. DES MOLLUSQUES · texte numérisé non relu

XXII* LEÇON. ORGANES RBPARAT. DES MOLLUSQUES

notant pas emboîtées sur des os de même forme comme le bec des oiseaux, les muscles qui les meuvent ne pouvaient pas, comme dans ces derniers, opérer par l'intermédiaire des os auxquels ils se seraient fixés. D'un autre côté, la substance cornée du bec des seiches ou des autres céphalopodes , croissant par juxta-position , devait être en contact immédiat avec la partie de la peau intérieure qui lui sert de matrice , et qui a pour fonction d'en accroître la racine par l'addition de couches successives. Il en est résulté que les muscles destinés à mouvoir ces mâchoires , agissent sur elles sans s'y attacher, puisqu'ils en sont séparés par la peau intérieure, mais en les enveloppant. H y a dam leur disposition et dans celle de l'arrangement des replis de la peau, dans ce double but de l'accroissement et de Faction de ces mâchoires , une pénétration , un entrelacement, un recouvrement réciproque, qu'il faut étudier dans la nature pour bien le comprendre , et dont on ne peut se lasser d'admirer le mécanisme. Il prouve que les mâchoires des céphalopodes sont des appendices de la peau, plutôt que des appendices du rudiment de squelette qui subsiste chez ces animaux. Le plus extérieur des muscles des mâchoires est un releveur,ou si Vonveut un adducteur de la mâchoire ventrale.

11 descend de la ligne médiane du cercle cartilagineux, face interne et supérieure, forme un mince et large ruban , lequel contourne en descendant la masse de la bouche , et se termine en bas à la ligne médiane de cette masse. •

C'est immédiatement sous ce muscle que se voit le muscle rétracteur de la masse buccale , dans laquelle sont comprises les mâchoires et les lèvres moyenne et

ART. I#r. BOUCHE DIS MOLLUSQUES EN GENERAL. 11

interne. Il se compose de plusieurs couches de fibres qui partent du pourtour du cercle cartilagineux, particulièrement de ses parties latérales et inférieures, dont les faisceaux forment de chaque côté un demi-cône musculeux. Leur couche interne va se terminer dans la lèvre interne, et l'externe dans la lèvre moyenne. Un épais ruban se détache de ce dernier muscle , et va se fixer à la partie moyenne de la mâchoire dorsale, entre ses deux lames. Il doit contribuer à l'ouvrir en la tirant dans l'abduction.

Le muscle qui paraît jouer le rôle principal dans la mastication , est le constricteur commun des deux mâchoires; c'est une masse très épaisse, enveloppant et entourant circulairement la lame interne de ces mâchoires , qui se prolonge vers l'anneau cartilagineux céphalique. Ses fibres musculaires partent d'une ligne tendineuse médiane , qui répond à la mâchoire ventrale , et se continuent sans interruption dans tout le pourtour de la masse buccale , en contournant ^appendice de la lame interne de la mâchoire dorsale.

Ce muscle doit rapprocher les deux mâchoires avec une grande force.

Ses anneaux les plus éloignés de l'extrémité du bec , ceux qui ceignent l'extrémité opposée de la lame interne de chaque mâchoire, en rapprochant ces extrémités Tune de l'autre, doivent écarter la partie tranchante par un mouvement de bascule, et ouvrir le bec. Ils forment ainsi V abducteur commun des mâchoires (1).

Dans le nautile , la masse buccale est portée en

(1) Mémoire de M. Cuvier, sur les Céphalopodes, 0. C. PL III, flg, 5 t.

avant ou retirée vers le cartilage céphalique, par quatre muscles rétracteurs et un protracteur.

Celui-ci forme une gaine semi-circulaire très forte, qui passe au-dessus des mandibules , et se prolonge de chaque côté , jusqu'aux appendices labiaux inférieurs.

Les rétracteurs supérieurs vont des extrémités du cartilage céphalique jusqu'à la rainure qui est entre les deux lames de la mâchoire dorsale. Les inférieurs s'étendent du corps de ce même cartilage à l'appendice labial inférieur (1).

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