A4 XXX° LEGON. SECT. I. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS
Ce bouclier, qui reste mou dans les pagures,estmême déborde par la partie inférieure des dernières pyramides branchiales.
Cette circonstance, et la nécessité de conserver leurs | branchies humectées, est peut-être la principale cause qui porte ces animaux à se retirer dans des coquilles, et à les trainer ainsi avec eux quand ils vont à terre. ]
5° De l'issue de la cavité branchiale, et de la soupape qui l’ouvre ou la ferme.
[ L'issue de chaque cavité branchiale est toujours située à Ja base et au-dessus des appendices maxillaires, et sous la racine de Ja mandibuie. C’est l’aboutissant d’un canal, dans lequel cette cavité se termine en avant. Une lame branchiale’ cartilagineuse, attachée à la seconde mâchoire, à pour fonction de fermer ou d'ouvrir cette issue, et de produire, par la fréquence et la rapidité de ses mouvements, la sortie de l’eau qui a pénétré dans la cavité branchiale.
Nous avons déjà fait connaître cette lame arrondie CE. V,; Ds DUT, pour les brachyures, et p. 110 pour les écrevisses et les macroures) (1); on pourra lire (p.111) que la seconde plaque branchiale est toujours large et courte (au moins dans les brachyures), semi-lunaire, et placée à l'entrée de la cavité branchiale, comme un opercule.
(1) On trouvera celle du niaia squinado figuréce avec ses muscies, pl. 3, fig. 5, du 1. u des Annales des Sciences Naturelles, deuxième série, à la suite du Mémoire déja cité de M. Milne-Edwards, sur la respiration &@es crustacés,
ART. l: DANS LES CRUSTACÉS. 115
M. Milne-Edwards (1), dans des expériences qu’il a faites d'abord avec M. Æudouin, et qu'il a suivies plus tard isolément, a démontré toute l'importance de cette plaque dans le mécanisme de la respiration de ces animaux, pour déterminer la sortie de l’eau des branchies sur les côtés de la bouche.
Ce n’est pas en comprimant les branchies, mais en tournant sur son axe et en prenant dans le canal branchial qu'elle occupe, ou en versant au dehors alternativement, une certaine quantité d'eau, que cette plaque détermine la sortie de ce liquide, hors de Ja cavité branchiale. L'existence constante de cette Jame dans tous les décapodes, et son articulation particulière, les muscles qui la meuvent, prouvent l'importance de son emploi. L'étude de cette lame dans l'écrevisse, et des mouvements qu'elle y exerce dans l’état de vie, nous en a donné la conviction.
En effet, dans cet animal, le canal pour la sortie de l'eau est courbé en à et descend de la partie supérieure de la cavité branchiale , en se portant en avant, jusque sous la mandibule. C’est une sorte de chéneau que forme, vers le haut, un rebord de Ja partie la plus avancée du bouclier.
Une soupape, étroite et allongée, la plaque que nous décrivons, se meut sur la base de la seconde mâchoire, à laquelle elle tient dans le milieu de sa longueur, par une articulation en genou. Elle y exerce des mouvements de bascule extrêmement fréquents, par lesquels elle recoit ou rejette au dehors de sa moitié postérieure,
(1) Histoire Naturelle des Crustacés , 1 1, p. 88, et Némoire cité,
436 xxxX° LEÇON. SECT. 11. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
une partie de l’eau des branchies, et détermine ainsi le courant de cette eau vers les appendices maxillaires.
Les deux branchies qui tiennent au cinquième appendice maxillaire , celle qui est attachée au quatrième, la large lame branchiale membraneuse et le premier article du palpe appartenant au troisième appendice, qui sont placés de même à l'issue de la cavité branchiale, doivent, par leur position et leurs mouvements, contribuer à ce courant. |
4°. Des lames branchiales accessoires non respiratrices , appartenant aux pieds-mächoires OU AUX p ieds ambulalotres.
[Tous les Brachyures, ont des lames (1) corn ées ou de consistance de parchemin, dont les bords sont hérissés de soies comme des brosses, et qui tiennent à Ja hanche des derniers appendices maxillaires, de manière qu'elles participent à tous leurs mouvements. Nous les avons décrites à l’occasion de ces appendices CRM NID ENEIUDE
Leur position, relativement aux branchies, est la suivante: Celle qui appartient au cinquième appendice maxillaire (au pied-mâchoire externe) est d’abord large à sa base, et déborde par son bord antérieur, fortement garni de poils, Ja circonférence de l’entrée de la branchie qui est au-devant de la hanche du premier pied, et dans lequel elle est placée comme une valvule ; après Sin liste Ps NE du Ré di LÉ RES
(4) Elles ont été désignées aussi sous le nom d’appendices flabelliformes ; mais c’est improprement; celte épithète appartient à l'extrémité dn palpe (palpus
flagellifermis), le fouet, M. Cuvicr ne leur donne nulle part d'autre dénomination que celle de lame,
ART. I. DANS LES CRUSTACÉS. AAT quoi cette lame, d’abord valvulaire, devient branchiale en se coudant pour se porter d'avant en arrière à l'exterieur de toutes les branchies thoraciques. La lame branchiale du pénultième appendice maxillaire, se place entre Ja voûte des flancs et les branchies thoraciques antérieures; c’est la plus petite. Enfin, la troisiéme, qui appartient au {roisième appendice maxillaire se sise au-devant de la UE nor M A
1. Fe cenonr.s c'est nn la sn ne ct la seconde la plus petite. Cependant j'ai trouvé dans l’Aomola spinifrons celle du troisième appendice large et courte, mais aussi triangulaire.
Nul doute, à noire avis, que dans les Brachyures, qui sont tous pourvus de ces fames branchiales, elles ne jouent un rôle important dans le mécanisme de la respiration ; c'était l'opinion de M. Cuvier, qui s’est exprimé ainsi qu'il suit dans l’ancien texte (de cet ouvrage ) des Lecons. |]
Cenime le rebord du thorax qui les embrasse (les branchies } est inflexible, il a fallu un mécanisme particulier pour renouveler l’eau qui abreuve les branchies. Il s'opère par deux lames (1) presque de substance de parchemin, articulées sur le thorax [ par l'intermédiaire ] (2) des mâchoires, très-allongées, et se portant obliquement, l’une en dedans entre les
(4) 11 fallait diretrois. — (2) I y avait: près des mâchoires. J'y ai substitué par l'intermédiaire, pour lPexactitude de ce texte, et conformément d’ailleurs à ce qu’on pourra lire t. v, p. 402 et 4065: « Que les Machoires portent pla plupart, sur le côté extérieur de leur racine ou de leur hanche, une lame »membrancuse, etc. »
Â18 xxx° LEÇON. SECT. IT. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. branchies etle corps, l’autre en dehors entre ces mêmes branchies, et le rebord du thorax qui les recouvre. Ces deux James, en comprimant les branchies, expriment l’eau des intervalles des lames, et en cessant de pressér, elles en laissent rentrer de nouvelle.
[Dans les locustes et les écrevisses, parmi les Macroures, 11 y à des plaques éranchiales accessoires, nonseulement aux pieds-mâchoires, mais encore à tous les pieds. Elles servent à supporter des branchies, ainsi que nous l'avons vu en décrivant ces organes, ou simplement à en séparer les différents groupes.
Dans lécrerisse, celle du premier pied-mâchoire est large et membraneuse; elle occupe le canal branchial en dehors de la plaque de Ja seconde mâchoire. Les plaques des seconde et troisième mächoires, etcelles qui sont attachées aux hanches des pieds ambulatoires, sont des tiges branchiales.
Dans les scyllares, les plaques des trois pieds-mâchoires sont imcembraneuses, hérissées de filaments et trés-larges. Ici les branchies sont, comme dans les homards, en forme de pyramides, et non en panaches, comme dans les écrevisses,
Les deux types de plaques branchiales que nous ve- :
nons de décrire correspondent avec ces deux types de branchies.
Dans le second type, celui des scyllares, des homards, des nephrops, chacune des lames branchiales accessoires qui appartiennent aux pieds ambulatoires est placée derrière et en dedans de la branchie atiachée à ce pied, et la sépare de la branchie thoracique correspondante, Les picds-machoires en ont de semblables.
Ici la consistance de ces plaques est souvent trop faible pour comprimer les branchies.
M. Cuvier, en ne considérant que celles du homard, qui sont résistantes, avait eu l'idée de cette compression pour tous les décapodes. C’est ce qui lui a fait dire, ] les pyramides hérissées des décapodes macroures sont placées par groupes, entre des lames verticales comme elles, dont une remonte derrière chaque groupe. Ces James sont attachées à Ja première articulation des pieds, et les pieds ne peuvent se mouvoir sans faire mouvoir les lames, et sans qu'il s'exerce sur les branchies une compression ou un relâchement.
[Mais le véritable usage de la plaque attachée à la seconde mächoire, qui sert de soupape ou de valvule pour la direction de l’eau (1), lui avait échappé. Cependant ilavait bien observé le courant de ce liquide.] D y a, de plus, deux lames en avant, tenant à deux mâàchoires encore plus antérieures que celles dont nous avons parle, et qui ne supportent point de branchie; cependant elles se portent obliquement sur ces organes, etcontribuent aussi à leur compression. C’est par l’action de toutes ces lames que l’eau contenue entre toutes les branchies vient sortir aux deux côtés de la bouche.
[Dans les Salicoques, on ne trouve plns de lames branchiales accessoires attachées aux pieds ambulatoires. Une partie des pieds-mâchoires peuvent en manquer,
ou les ont très-petites. Ainsi, dans les penées, elles sont
| petites et fourchues (2).
(4) Ainsi que MM. Mine-Edwards et Ar louin Yont démontré, (2) Histoire Natureile des Crustacés, pl. 29, fig. 4 et 5,
490 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
Les pontophiles (pontophilus pristis) ont une lame considérable attachée au premier pied-mâchoire, ayant un lobe postérieur perpendiculaire et un lobe antérieur horizontal, plus considérable encore. Cette lame ést épaisse etcomime vésiculcuse, Le second pied-mâchoire et le troisième en supportent de très-petites, de substance plus mince.
Dans le pasiphaë sivado, il y a une lame rudimentaire au premier pied-mächoire; le second et le troisième nous ont paru en manquer.
Le bouclier, comme dans les palémons, joint mal, et donne un facile accès à l’eau qui doit pénétrer sur les branchies.
Celles-ci sont toutes attachées au rebord du thorax.
Dans les genres pénée et sicyonte, Epw., il y a des lames branchiales, qui séparent les groupes de branchies, lesquelles sont toutes attachées au thorax, audessus des pattes-mâchoires ou des pattes ambulatoires. Mais la lame branchiale du pied-mâchoire externe
manque dans ce dernier genre | (1).
o° De la position relative et des attaches des branchies, considérées dans leur rapports avec le mécanisme de la
respiration.
[Nous avons vu que les Décapodes brachyures ont la plus grande partie de leurs branchies fixées au rebord
(4) Aunales des Sciences Naturelles, & 49, p. 840, Mémoire Gc M, Mince E vai ds,
inféricur du thorax, c’est-à-dire sur un plan immobile. Il n’y a que les deux petites branchies RUB A aux deux pieds-mâchoires extérieurs, dont la première est rudimentaire et manque quelquefois (dans les dromies et les homoles), qui, étant attachées à la hanche de ces pieds-mâchoires, sont fixées à un levier très-court, dont les mouvements peuvent déplacer un peu ces branchies.
Nous ferons remarquer la coïncidence de cette disposition des branchies thoraciques des Brachyures, avec des cavités branchiales fermées ; l'absence des lames branchiales attachées aux pieds ambulatoires, ou de,branchies attachées à ces pieds; et le grand développement des lames branchiales non respiratrices ap partenant aux trois pieds-mâchoires, ainsi que leur disposition en dehors ou en dedans de la plupart des branchies thoraciques.
Cet ensemble de caractères distingue essentiellement le mécanisme de la respiration dans tous les Brachyures. On les observe même dans les homoles et les dromies, quoiqu'ils différent des autres genres de ce | groupe naturel, et se rapprochent du groupe suivant | par le nombre de leurs branchies.
| La division des Macroures est loin d’avoir le même | ensemble de caractères. À en juger du moins par les | | genres que avons pu examiner, il y a dans les familles | de ce groupe plusieurs types, dans l’ensemble, comme | dans les détails du mécanisme de leur respiration.
Le premier type est celui des Anomaux. Aucune | des branchies, dans les pagures, n’a une attache mobile ; toutes sont fixées aux flancs. Les lames branchinles pédo-maxillaires sont rudimentaires et
(ei
422 xxIX° LEÇON. SECT. IT. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
n'ont plus d'emploi. Les pieds ambulatoires en manquent absolument, Aucune branchie n’a donc d’attache mobile, ni de levier tenant aux pieds-mâchoires, qui vienne renouveler l’eau. Mais le liquide respirable entre largement dans la cavité branchiale par le rebord toujours bâillant d’un bouclier mou, et qui ne recouvre pas même entièrement toutes les branchies. Celles-ci se dessécheraient bien vite à Pair, quoiqu'elles soient en lames, et feraient périr l'animal, s'il n'avait l'instinct de tenir la plus grande partie de son corps dans une coquille. L'eau, qui ne sort pas par la fente baillante du bouclier, peut encore être attirée sous les côtés de Ja bouche par Ja valvule attachée à Fa seconde mâchoire, dont lPexistence constante dans tous les décapodes démontre l'importance, ainsi que l’a trèsbien observé M. Milne-Edwards.
Dans les galathées, c'est le même plan que dans les pagures. Nous avons fait connaître Ja structure de leurs branchies lamelleuses. Elles sont toutes sur le rebord du ihorax, et n’ont point de lames branchiales aecessoires pour les tenir séparées, Le pied-mächoire externe a une petite Jame accessoire,
Le bouclier a un rebord inférieur qui descend à la rencontre des pieds, comme dans les seylares, et l’entrée des cavités branchiales est une petite ouverture au-devant du premier article de chaque pied ambulatoire.
Pari les locustes etles Lomards, nous avons vu qu'un ou deux pieds-machoires (1) et les pieds ambulatoires
(1) Dans les Nephrops, le pied-machoire externe porte une branchie ; Les autres en manquent,
donnent chacun attache, par leur hanche, à une branchie dela rangée inférieure; tandis que les branchiesthoraciques, formant une rangée supérieure, se fixent au plan immobile des flancs. Des lames branchiales attachées aux pieds ambulatoires servent à séparer les groupes de branchies, quand elles ne sont pas changées elles-mêmes en branchies, comme dans les écrevisses. L'eau peut pénétrer par tout le rebord du thorax dans la cavité branchiale. Ge liquide est aussi attiré au-dehors par la valyvule bi-maxillaire. Tout est arrangé pour qu'ilse renouvelle facilement et fréquemment autour des branchies, qui, étant divisées en tubes, me paraissent moins propres pour respirer l'air en nature, et pour supporter son action desséchante. Aussi les crustacés de ces deux familles sont-ils essentiellement aquatiques, et ne vivent-ils que peu de temps hors de l’eau. Il semblerait mème, à en juger par la promptitude avec laquelle les écrevisses meurent quelquelois dans l’eau d’un vase, que le courant des ruisseaux ou des rivières soit nécessaire pour suppléer au mécanisme imparfait qui doit renouveler l’eau autour de leurs branchies.
Enñn, dans les Salicoques, les branchies, Le plus souvent moins nombreuses que dans le groupe précédent, mais de nouveau lamelieuses, comime das les pagures, Stnt disposées de même le long des flanes.
La lane branchiale de la seconde mâchoire, trèsdéveloppét, remplit ici sa fonction importante dans le mécanisme de la respiration; tandis que les lames des pieds-mäclnires peuvent manquer en partie, ainsi que nous l’avns vu, en décrivant ces lames, rester peütes, ou prentre un plus grand développement; mais,
424 xxx° LECON. SECT. {. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. dans tous ces cas, elles ne semblent être que des auxiliaires de la valvule bi-maxillaire.
Le bouclier thoracique, restant toujours bâllant, laisse un libre accès à l'eau qui vient respirer. ]
B. Dans les Stemapodes.
S I, Des branchies.
[Ge sont aussi des branchies en tubes, comme celles des Locustes et des Homards, et non lamelleuses, comme celles de tous les autres Décapodes. Elles ont d’ailleurs pour caractère essentiel, d’ètre extérieures et attachées à des anpendices natatoires du thorax ou de l'abdomen.
L'ordre des Stoemapodes, auquel M. Milne-Edwards réunit, ainsi que nous l'avons déjà dit, les Schizopodes de Larreinix, afin de ne laisser parmi les Décapodes que des Malacostracés, dont les branchies sont entermées dans une cavité latérale du thorax, comprend tous les autres Malacosiracés avant des yeux pédonculés, et dont les branchies flottent à découvert Cet ordre se compose encore de quelques crustacés, auxquels il est difficile d’assigner des organes particuliers de respiration, et qui paraissent respirer par les téguments.
Les T'hysannpodes (1} ontles Branchies atta:hées à la base des huit paires de pattes thoraciques, et cepen-
Sn
(4) M. #ilne-Edwards, Histoire Neturelle des Crustacés, pl. 40, fig. 8, tre, p. 464.
dant à découvert. Leur structure, analogue à celle des squilles, se compose d'un pédoncule creux, qui se divise en deux branches de grandeur inégale, qui s’écartent presque horizontalement l’une de l’autre; de leur intervalle se détachent successivement des anneaux, qui produisent à leur tour et de la même manière un certain nombre de ramuscules. Ces branchies, ou tubes ramifiés, toujours soumises à l’action de l'élément ambiant, sont aussi remarquables par leurs proportions, qui vont en augmentant d'avant en arrière.
On a décrit, dans le genre Cynthie, Tnomws., des branchies attachées à l'extrémité du gros pédoncule de ces pattes et en arrière des lames terminales. Aux fausses pattes abdominales ces branchies seraient composées d’un filet ou tube grêle bifurqué, dont les deux branches seraient enroulées.
Doit-on regarder comme des branchies, dans les mysis, le premier article de l'appendice externe des membres thoraciques? ou la lame branchiale pédomaxillaire de la première paire? Aucun autre organe d’ailleurs ne paraitrait, sans cela, exercer spécialement les fonctions de la respiration, et il faudrait ici l’attribuer aux téguments.
Les trois genres précédents appartiennent à une première famille des Stomapodes, celle des Caridioides.
Celle des Bi-cuirassés, composée des phyllosomes et des amphions, pourrait bien aussi respirer par les tégu-
ments, qui sont minces et transparents. On attribue, à | la vérité, cette fonction aux appendices flabelliformes
| (4) M. Mine-Léhwards, op, cit. , pl. 40, fig. 5.
426 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
attachés vers le tiers de la longueur de leurs sept ou huit paires de pattes.
La troisième Famizre des Stomapodes, celle des Unicuirassés, Comprend, entre autres, | les Mantes de mer (squilla, FaB.). Ici la queue porte en dessous cinq paires de nageoires, formant de larges rames membraneuses et ciliées, divisées en deux grands lobes, un extérieur, un peu antérieur, et un intérieur, un peu postérieur. C’est à la racine du premier, à son bord interne, que tient la branchie.
Elle est formée d’abord d'un pédicule conique, composé des deux gros vaisseaux. Il en part une rangée de tubes cylindriques, qui vont en décroissant de la base de ce pédicule à sa pointe, et ressemblent à un jeu d'orgue ; chacun d’eux se courbe et forme une longue queue conique et flexible, qui porte elle-même une rangée très-nombreuse de longs filaments, flottant comme des cordes de fouets; chaque branchie en offre un noinbre extrémement considérable, et, vue légèrement, n'a l'air que d’un gros pinceau. Ce n’est qu’en écartant les filaments qu’on voit la belle régularité de leur insertion et de leur triple dégradation. Je n'ai pas besoin de dire que chaque filament contient deux vaisseaux ; chaque queue et chaque tube aussi, tout comme Je pédicule général (1).
[Les squillerichtes ont des branchies développées, de méme structure et dans la même position ; tandis que les erichtes n’ont à leurs fausses pattes abdominales que
(4) 11 est probable au contraire, si j'en juge par l’analogie avec Ta structure des branchies de lécrevisse, que les filaments ou les dernières divisions de ces
branchies sont des lacunes et ne contiennent pas de vaisseaux.
des branchies rudimentaires; celles des alimes sont encore plus douteuses. C'est à la base externe des premiers appendices abdominaux, qu'il faut en chercher les traces, en forme de tubercule pédonculé (1).
Ces différents exemples d'animaux très-rapprochés par leurs formes extérieures, qui varient tant par un organe dont la fonction est si essentielle à la vie, prouvent que, dans les animaux inférieurs, qui vivent dans l'eau, la respiration peut être localisée, ou s'exercer par son organe général, les téguments, devenus assez minces, à cet effet; sans que les autres rapports organiques de ces animaux en soient essentiellement changés.
Doit-on considérer, dans les sguilles, comme des branchies supplémentaires, les appendices vésiculeux, aplatis, attachés à la base de leurs membres thoraciques, qui sont les analogues, pour la composition, des lames branchiales de ces membres, dans les décapodes? Des observations sur la circulation de ces animaux pourraient seules le décider. Je sens d’ailleurs combien de pareilles observations auraient été nécessaires pour lever toute espèce de doute sur la détermination des branchies de plusieurs genres de cet ordre. ]
S II. Du mécanisme des branchies.
[Dans les Stomapordes, les branchies, lorsqu'elles existent, étant extérieures et fixées aux membres thoraci-
ques où abdominaux, leur mécanisine n’est pas séparé | de celui de ces membres. |
(4) M. Miüne-Edwards , op. cit.,t. 11, p. 506.
428 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
M. Cuvier avait remarqué depuis long-temps, au sujet des squilles, que les branchies attachées sous la queue et flottant librement dans l'eau, se meuvent
comme les nageoires, et sont même battues entre les
deux lobules de celles-ci; il n’a donc point fallu de mécanisme particulier pour y renouveler l’eau.