C. Dans les Amphipodes
$S L Des branchies.
[ Ce sont assez généralement des branchies vésiculeuses attachées à la base de leurs pieds thoraciques, et plus ou moins découvertes entre les deux rangées de ces pieds. Dans ce cas, ces appendices sont évidemment des organes analogues aux lames branchiales des décapodes, qui ont été modifiés pour la respiration.
On a décrit, dans les ancces, les pranizes, les typhis, les apseudes, etc., des branchies arborescentes, situées sous la queue. De là la dénomination de phytibranches que LATREILLE avait donnée au groupe dans lequel il réunissait ces différents genres, dans la première édition du Règne animal.
Les crevettines ont certainement des branchies vésiculeuses, Nous les avons constatées dans la crevette des ruisseaux, Où ces bourses sont attachées à tous les pieds, à commencer de la seconde paire.
Les phronimes ont six vésicules branchiales entre les dernières pattes.
L'hiella a une double lame attachée à la hanche de
ART. L DANS LES CRUSTACÉS. 429 la plupart des pieds thoraciques (1), qu'on pourrait considérer comme l'analogue des lames ou des vésicules branchiales d’autres amphipodes. Cependant, M. Straus décrit, comme appendices branchiaux, les doubles paires de lames en forme de feuille et ciliées, qui sont attachées, comme appendices natatoires souscaudaux, aux sept derniers segments du corps, C’est une détermination analogue à celle de Latreille pour d’autres amphipodes, les phytibranches, dont nous avons déjà fait mention. |
$ IT. Du mécanisme de la respiration.
[ Chez les crevettines, M. Miinx-Enwanps a observé que les vésicules branchiales étaient couvertes, du côté extérieur, par les pièces épimériennes des quatre premiers anneaux thoraciques, et par l’article basilaire des trois dernières paires de pattes: les mouvements des fausses pattes abdominales produisent un courant d’arrière en avant qui renouvelle l’eau autour de ces branchies ainsi encaissées (2). Quant aux branches arborescentes sous-caudales, ai tant est que cette détermination, que nous n'avons pu vérifier, soit exacte, les mouvements de natation de l'animal doivent suflire pour renouveler l’eau autour de ces organes, |
(4) Mémoire sur l’{liella, par M. Straus-Durekhcim. Mémoires du Muséum de Paris, t. 48, p. 51, et pl. 4, fig. 9,10, 44 et 42, g. h. — (2) Respiration des Crustacés, Mémoire cité, p. 430 dut. x1 des Annales des Scienees Naturelles, deuxième série.
430 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
D. Dans les Lœemodipodes.
$S LE Des branchies.
[Les crustacés de cet ordre ont des branchies fort simples; ce sont des lames vésiculeuses, ou des tubes tenant à quelques-uns des segments moyens du corps, à côté des membres, ou remiplacant ceux-ci.
Ainsi, nous avons vu, dans la chevrolle linéaire (caprolla lincaris), deux vésicules ovales, suspendues de chaque côté du troisième segment du corps, et autant au quatrième, au lieu d’autres membres.
Dans les leptomères (leptomera pedata), c'est à l'intérieur des trois paires de pattes intermédiaires que sont attachées les vésicules branchiales (1).
Les cyames les ont un peu diffcrentes, suivant les espèces. I y a, le plus ordinairement, un tube simple trés-allonge, attaché de chaque côté du troisième et quatrième segment du corps, au lieu de membre; ce serait en tout quatre branchies. M. Roussel de Vauzéme, à la vérité, décrit et figure ces tubes comme doubles ou bifurqués, après un court pédoncule commun, dans le cyamus ceti (2). Nous les avons trouvés simples dans des individus de la même espèce, mais avec une rainure longitudinale, suite de leur affaissement, qui leur donnait une apparence double.
(1) Iconographie du Régne arimal, pl. 19, fig. — (2) Annales des Sciences Naturelles, deuxième série, 1. 1, p. 248, et pl. 8, fig. 4, 2 et 5,
Le même satant les a vus simples dans le cyame errant et le cyame grêle.
Un individu encore plus petit que cette dernière espèce, et d’une espèce différente, distingué par la forme des segments du corps, arrondis et séparés de chaque côté dans le quart de leur largeur, avait quatre lames branchiales vésiculeuses au lieu de tubes. ]
S II. Mécanisme de la respiration.
[Le mécanisme de la respiration, dans ces branchies découvertes, est dépendant du mouvement du liquide dans lequel l'animal est en repos ou s’agite. Il se complique des mouvements des membres, lorsque les branchies sont annexées à ceux-ci. |
E. Dans les Isopodes.
$ I. Des branchies.
a. Considérations générales.
[Cet ordre de crustacés se distingue, entre autres, par la nature, par la position et par la forme de ses organes de respiration.
Constamment placés sous les derniers anneaux du corps, ce sont en partie des lames operculaires ou protectrices, ayant au moins la consistance du parchemin ; en partie des feuillets ou des vésicules membraneuses respiratrices ou branchiales, à parois molles et trèsminces. Ces lames de différentes sortes, où qui peuvent être toutes respiratrices, comme dans les bopyres, à en
juger du moins par leur nature melle et perméable, sont rangées par double série symétrique. Leur plus grand nombre normal paraît devoir être de dix pour chaque série. Quand il y en a moins, on trouve ce nombre complété, dans quelques cas, par des lamelles rudimentaires (l’aselle d'eau douce), situées où seraient les lames principales, dans le plan géntral. Outre ces lames ou lamelles du plan général, il existe souvent des lamelles très-petites, accessoires, en avant et en dehors des cinq paires de lames de chaque série.
Quelquelois il y a une paire de ces lames accessoires très-développées, et formant comme un volet qui s’ouvre ou se ferme sur les branchies (les Zdotéides).
Les dix lames de chaque série, quand elles existent, sont toujours rapprochées deux à deux, et articulées sur une même partie du segment sous-caudal correspondant, soil immédiatement, soit par l’intermédiaire d’un pédicule. Nous appellerons lame recouvrante la plus extérieure de chaque paire, et lame recouverte la plus intérieure.
Parmi les lames qui sont développées, la première, qui est en même temps la plus extérieure et Ia plus forte, est souvent assez grande pour couvrir tout l'appareil branchial. C'est alors un véritable opercule, un organe paraissant uniquement protecteur.
Les lames branchiales vésiculaires sont essentiellement respiratrices. Ce sont des lacunes dans lesquelles le fluide nourricier est épanché momentanément pour l'acte de la respiration. Leur vide peut être divisé en canaux parallèles, ou arborescents, ou disposés en réseau, par des adhérences de la membrane interne de ces vésicules, qui dessineraient l’un ou l'autre de ces
ART. I. DANS LES CRUSTACÉS. 433 arrangements. C’est ce que j'ai déjà indiqué et décrit dans les feuillets branchiaux des limules (1) et dans ceux des crabes.
Des feuillets analogues, qui sont très-minces, transparents, encore un peu de nature cornée, comme des opercules, à peine membraneux, forment un passage des lames operculaires aux James vésiculeuses : de sorte qu'on ne peut pas toujours décider si ces feuillets ou même ces lames operculaires sont exclusivement protectrices et non respiratrices. Nous avons méme constaté que les lames recouvrantes, chez les cloportes, ont un vide dans leur épaisseur, qui est le siége d’une cireulation active. En effet, ces lames recouvrantes, assez molles dans l'état frais, et cependant résistantes, y sont composées de deux feuillets doublés par un sac membraneux, dont la cavité forme une lacune dans laquelle le sang s'épanche et se meut. d
I n’y a qu'une nuance, quelquefois insensible, entre une de ces laines recouvrantes ou operculaires, considérablement amineie, mais conservant encore un peu de cette consistance du parchemin des opercules, et les parois mernbraneuses des vésicules. On conçoit que leur arrangement intérieur, pour la circulation, peut être le même; que la circulation peut s’y faire de la mème manière; mais que l'action du fluide ambiant, pour la respiration, peut être plus ou moins facilitée ou empêchée par les parois plus minces où plus épaisses de ces James; plus perméables pour la respiration, ou
(4) Mémoire sur quelques points de l’organisation des limules, etc., lu à J’Académie des Sciences, 1855.
434 xxx° LEÇON. SECT. 11. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. plus denses pour protéger l'appareil contre les agents extérieurs.
I y a donc, dans l’ordre des Zsopodes, comme dans tous les autres Crustacés, du moins d’après nos propres observations, un appareil de respiration essentiellement aquatique ou branchial.
Cet appareil se compose de lames saillantes, cornées ou membraneuses, dans l'épaisseur desquelles le sang pénètre et circule pour y recevoir l’action du fluide respirable. La plus extérieure de ces lames peut n'être que protectrice et operculaire, comme celles qui soutiennent les feuillets branchiaux des limules,
De très-simples modifications dans cet appareil ont suffi pour donner à quelques {sopodes, qui sont généralement, comme les autres Crustacés, des animaux aquatiques, la faculté de vivre dans l'air humide. Il a suffi d'empêcher la dessiccation des feuillets respirateurs ou des vésicules membraneuses respiratrices, en augmentant l'étendue et la consistance des lames qui les recouvrent, et en arrangeant leur mécanisme de manière qu'elles conservent toujours une lame d’eau entre elles et la vésicule respiratrice ou le feuillet respirateur qu elles protégent, \ *
Les détails descriptifs dans lesquels nous allons entrer, en prenant successivement nos exemples dans les sections de cet ordre, telles que Latreille les a établies dans le Règne animal de Cuvier, feront mieux com-
prendre ces génicralités. ]
b. Descriptions varticulières. ,
1° Les Bopyres, genre parasite de la première sec-
ART. 1. DANS LES CRUSTACÉS. 433 tion, ont, sous les segments de la queue, cinq paires de lames branchiales, diminuant considérablement de grosseur de la première à la dernière, se recouvrant très-peu, sauf la pénultième, qui cache assez la dernière. Leur bord se relève vers le haut, de maniere à former un godet à leur base. Ces lames n’ont point de vésicules entre elles ou derrière elles. Ce sont conséquemment les vessies branchiales elles-mêmes, soit en totalité, soit en partie.
Nous commençons ici par un exemple exceptionnel, puisqu'il n'y a que cinq lames au lieu de dix pour chaque série. C’est qu'ici les lames operculaires semblent manquer. Elles étaient inutiles pour cet animal parasite, qui vit sous la carapace de crustacés décapodes, constamment protégé par cette carapace.
2° Les Zsopodes de la deuxième section, ou les Cymothoadés, ont à la fois des lames branchiales protectrices et respiratrices, disposées par double série, sous les derniers anneaux du corps. Chaque série se compose de cinq paires de lames, qui sont les unes, en plus petit nombre, de nature cornée ; dont les autres sont des vésicules ou des feuillets membraneux. Il y a en outre et assez souvent des lamelles rudimentaires.
Les cymothoés ont dix lames branchiales dans chaque série, sessiles ou rapprochées par paires. Nous avons du moins observé ce nombre dans le cymothoë æstrum et dans une espèce plus petite, encore indéterminée.
La première et la plus extérieure de ces lames est operculaire non-seulement par sa position extérieure, mais encore par sa consistance cornée et par son éten-
- due, qui lui permet de recouvrir les neuf autres lames branchiales; ioutes sont minces, et paraissent avoir
436 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. leur capacité divisée en un réseau très-compliqué de petits canaux s’anastomosant souvent.
Il existe, en outre, un lobule rudimentaire en dehors et en avant de chaque paire de lames.
Nous avons trouvé de mème cinq paires de lames branchiales, pour chaque série, dans une espèce du sous-genre {vonece ; mais les deux lames de la première paire y sont operculaires. La plus antérieure est une lame cornée assez étendue pour recouvrir toutes Îles lames d’une même série ; la seconde est encore tresévidemment de consistance et de nature cornée, quoique très-mince. Les lames des quatre paires suivantes sont toutes vésiculeuses et d’un blanc opaque. La lame recouvrante de chaque paire est plus large que la lame recouverte.
Les lames branchiales de l’antlocra bivittata sont encore au nombre de cinq paires pour chaque série, toutes bien développées ; maisici il y en a un plus grand nombre qui prennent la consistance cornée et abandonnent la forme vésiculeuse (1).
Ce sont d’abord les deux de la premiere paire, dont la plus extérieure estun grand opercule de forme ovale, fixé sur un méme pédicule avec la lame suivante, qui est très-mince et transparente. Cette forme lamelleuse, en feuillet très-imince, se voit encore dans les deux lames de la seconde paire, et dans les lames recouvrantes des trois dernières paires. 11 n’y a que les lames recouvertes de ces trois paires qui soient vésiculeuses.
(4) Voir l'ouvrage sur l'Egypte, pl. 11, fig. 40 et 44 des Crustacés, pour deux espèces de ce genre.
ES
Quatre pédicules supportent, comme le premier, les quatre dernières paires de lames, Deux lobules rudimentaires sont attaches au-devant et au-dehors de chacune d'elles. Nous avons remarqué des traces de canaux réticulés sur les lames recouvertes de chaque paire. Ce réseau avait absolument l'apparence de celui des feuillets branchiaux dans les limules.
Dans les rocineles, c'est à peu près la même composition. Les cinq paires de lames sont de même pédiculées. Les deux premières ont la consistance du parchemin, la forme ovale, le bord cilié, et sont portées sur un large pédicule carré; elles sont moins grandes à proportion que chez les anilocres, et ne recouvrent qu'incomplétement Îles lames suivantes. Le feuillet recouvrant de chacune des quatre dernières paires est cornée, quoique tres-mince, et Je feuillet recouvert est membraneux sans paraitie dilaté en vessie.
Il est remarquable que, dans ce genre, où les feuillets branchiaux, qui prennent, par leur consistance, le caractère de lames operculaires et sont plus nombreux; le premier de tous, qui fait plus essentiellement les fonctions d'opercule, soit plus petit, et recouvre moins complétement les suivants, que lorsque ceux-ci ont plus besoin de protection, par leur peu de consistance.
5° Parmi les spheromides, ou les isopodes de la troisième section, la sphérome cendrée, Latr. (S. serratum, LEacu ), nous a montré, dans ses branchies, plusieurs caractères tres-remarquables. Contrairement à la plupart des genres de la section précédente et de la sui-
438 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS
vante, il v a plus de lames operculaires que de lames vésiculeuses (1).
La région sous-caudale, qui renferme les branchies, forme une cavité assez profonde, qui rappelle la cavité branchiale des limules.
Chaque série de lames branchiales se compose de dix lames, réunies par paires. Les trois premières paires différent beaucoup des deux dernières : leurs deux lames sont petites, triangulaires, et de nature cornée.
L’externe. ou la lame recouvrante, plus petite que l’in- , , q
terne, est pyriforme, et disposée très-obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière. Elle est articulée au segment sous-abdominal, correspondant par un pédicule quirépond au sommet de cette pièce triangulaire. De longs cils raides, qui garnissent Le bord libre de cette lame, surtout à sa base, viennent s’entre-croiser avec ceux de la lame correspondante de l’autre série.
La lame interne ou supérieure est très-peu recouverte par la première, et remplit le vide que celle-ci laisse en dedans et en avant. Elle forme un triangle dont le sommet est, au contraire de l’externe, directement en arrière. Celle de la deuxième paire porte à sa base, du côté interne, un stylet coudé en arrière, et se portant dans cette direction, le long de la ligne médiane, au delà de cette lame. On dirait voir un des appendices générateurs des cloportes, quoiqu'il ne soit pas dans la même position.
nee
(1) Latreille dit que les branchies , dans cette section, sont vésiculeuses, à nu, et disposées longitudinalement par paires. Ces généralités ne peuvent s'appliquer au sphérome cendré. (Régne Animal, &. 1v, p. 486.)
Dans la troisième paire, la plaque interne est beaucoup plus grande que l’externe.
La quatrième et la cinquième paire se composent d’une lame operculaire extérieure et d’une lame branchiale respiratrice très-particulière par sa structure. Les opercules de ces deux paires sont grands, concaves du côté de la branchie qu'ils protégent, de forme irrégulièrement triangulaire, ayant leurs angles arrondis, et leur sommet dirigé en arrière et recourbé vers le haut (1).
Celui de l’opercule de la seconde paire porte cinq tubercules saillants qui le distinguent.
Les deux seules lames branchiales, essentiellement respiratrices, qui existent dans cet appareil, et qui sont protégées, comme nous venons de le dire, par les deux dernières lames operculaires, doivent être décrites en détail.
Toutes deux ont une assez grande étendue, moindre cependant que leur lame recouvrante, à laquelle elles sont attachées par leur bord le plus avancé. Leur forme est celle d’un ovale qui aurait été replié en dedans, ou d’un triangle dont les angles auraient été plus ou moins tronqués et arrondis. Leur contour est un bourrelet d’où partent, du côté interne, un nombre variable de plis vésiculeux parallèles, qui vont aboutir, en se portant obliquement en arrière, vers le côté interne de la lame, celui de la ligne moyenne. La première de ces deux lames respiratrices a six ou sept plis semblables sur
(4) Latreille semble avoir remarqué cette disposition, lorsqu'il dit des spheromides : « Leurs appendices branchiaux sont reccurbés intérieurement.
440 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
chaque face; la seconde, qui est plus étendue, en a dix. Ces plis forment autant de vésicules, qui divisent la vessie principale ; elles sont remplies d’un sang grumelé, blanc de lait, dont leurs parois transparentes prennent la couleur, comme celle des poches branchiales ordinaires. Le bourrelet auquel elles aboutissent, ou celui duquel elles partent, paraît contenir leur canal afférent ou efférent. C'est sans doute par ce canal qu'elles communiquent entre elles ; c'est aussi ce bourrelet qui maintient ces plis. Des qu'on l’enlève de chaque côté, tous disparaissent, et la lame branchiale qu'ils divisaient se trouve réduite à une simple poche, composée, comme à l'ordinaire, d’une double membrane.
On ne peut s'empêcher de faire remarquer ici combien ces deux lames branchiales respiratrices sont protégées : 1° par leur position enfoncée dans une cavité branchiale assez profonde; 2° par leur lame operculaire respective, dont l'étendue et la forme concave est si bien arrangée pour s'adapter à leur ampleur et à leur épaisseur ; 3° enfin par les trois paires précédentes de lames operculaires, qui sont petites et séparées pour ne pas empêcher l'accès de l’eau aérée jusqu'aux vésicules branchiales, mais dont le bord libre est garni de lonvues soies propres à empêcher les corps étrangers d'y pénétrer (1).
Le sphérome géant (sphæroma gigas, Lxacun ) a la
(4) M. Savigny, d'ailleurs si exact et si pénétrant dans ses recherches, a bien figuré les lames operculaires des sphéromes, Egypte, pl. 41 des Crustacés, fig. 4-5, mais il n’a pas reconnu la structure plissée des feuillets vésiculeu x.
ART. I. DANS LES CRUSTACÉS. 443 même organisation branchiale. Dans une espèce de la Méditerrance, les plis des deux paires de vésicules étaient beaucoup plus nombreux et plus fins; il y en avait jusqu'à vingt-cinq pour chaque vésicule.
4° Les branchies des Zdoteides, qui forment la quatrième section des isopodes, sont aussi sous-caudales et vésiculeuses ou lamelleuses. Elles ont un opercule pour chaque série, lequel est composé de deux pièces jointes bout à bout, et immobiles l’une sur l'autre. Cet opercule s'ouvre sur la ligne médiane comme un battant de porte (1). Il est articulé par une grande portion de son bord externe, sous le bord correspondant du dernier segment du corps, et doit être considéré comme un appendice de ce dernier segment, qui aurait pris ici un haut degré de développement. Il ne doit pas compter, à noire avis, dans la série des lames branchiales.
Dans l’idotea tricuspidata, Drsx., chaque opercule est une lame cornée, résistante, joliment ponctuée de petits points noirs, articulée dans les trois quarts antérieurs de son bord externe, sous le bord correspondant des trois anneaux de l'abdomen. Ces deux opercules recouvrent complétement et ferment exactement la cavite branchiale.
Les lames molles et minces, vésiculeuses, que cette cavité renferme, sont au nombre de dix de chaque côté, tenant par paire à un seul pédicule, qui les meut de manière à leur donner une position verticale, On les trouve dans cette position, lorsque l’animal respire ac-
(1) Règne Animal, t, 1v, p. 49, et Egypte, pl. 41 des crustacés, fig. 6,
442 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS tivement, ce qui a fait penser qu'elles lui servaient d’or ganes de natation; mais leur peu de consistance me fait douter qu'elles puissent avoir cet usage.
Dans le stenosoma lincare, LExacu, c'est absolument la même structure ; seulement les lames branchiales sont ici plus étroites.
° Dansla cinquième section, celle des Asellotes, nous avonsexaminé, avec soin, l'appareil branchial de l’aselle d'eau douce, et nous lui avons trouvé plus de rapports dans l’organisation de ses branchies, avec les isopodes de la deuxième section qu'avec ceux de la troisième et de la sixième.
Il y a en effet un grand opercule qui recouvre toute la série suivante des lames branchiales qui sont des feuillets minces ou des vésicules respirantes. Sous ce grand opercule se voit d’abord une vésicule allongée, petite, attachée à son angle interne. Cette première paire de lames branchiales operculaire et vésiculeuse est suivie de deux autres, dont la lame recouvrante nous a paru, dans beaucoup d'individus, un simple feuillet comprimé et mince, et dont la lame recouverte était seuie, dilatée en vessie ou vésicule. d
Les deux paires de lames branchiales qui seraient nécessaires pour compléter le nombre normal de dix, semblent remplacées par un appareil rudimentaire ; (déjà indiqué vaguement dans la figure 2 de l'aselle d’eau douce, du Dictionnaire des Sciences naturelles). Cet appareil se compose, en avant, d’une Jame ovale de chaque côté, pédiculée, portée sur une pièce carrée. Gette lame tient lieu de la première paire de lames branchiales.
La seconde paire est représentée par un grand pédi-
cule recouvert d’une membrane plissée, et supportant, par son bord libre et postérieur, en dehors, une lamelle bi-articulée, tenant lieu de pièce operculaire recouvrante. à bord cilié; et en dehors, une vésicule trèspetite, représentant une lame branchiale vésiculaire ou respirante.
Ajoutons, pour compléter la description de l’appareil branchial de l’aselle d'eau douce, que ses lames branchiales respirantes, vues au microscope, ne montrent aucun réseau, mais un dépôt sanguin incgalement répandu dans leur poche, et lui donnant une apparence marbrée.
6° La sixième section des isopodes, celle des Cloportides, a, comme la troisième, ainsi que nousl’avons déjà observé, plus de lames operculaires que de vésiculeuses branchiales (1).
On trouve, dans la ligie océanique, cinq lames branchiales operculaires pour chaque série, analogues à celles des cloportes, et se recouvrant de même. La pre-
| mière est cordiforme ; elle a un petit appendice anté- | rieur. La seconde est plus grande; elle a un lobule ex- | terne, qui en est profondément séparé. La troisième est
la plus grande. La quatrième et la cinquième sont un
| peu moindres. Elles sont articulées à l'extrémité d’une | côte, qui forme la portion inférieure de la queue correspondante. Elles se meuvent sur ce point de dedans
en dehors, et d’arrière en avant, comme des volets. Les
| | deux premiers de ces opercules n’ont point de vésicules
développées. On voit, en place, une expansion mem-
(4) Nous concluons qu'il faudrait rapprocher es sphéromides des eloportides.
444 XXX° LECON. SECT. 14. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. braneuse, qui tient à la côte qui supporte lopercule; l'expansion qui répond au premier opercule nous a paru moins prononcée que celle du second.
Mais chacun des trois derniers recouvre une vésicule branchiale aplatie, dont la surface montre des élévaüons et des enfoncements irréguliers correspondant aux canaux qu'interceptent ces vésicules, et qui sont plus où moins remplis de fluide nourricier.
Leur aspect, vu au microscope, est entierement analogue à celui des lames branchiales des /imules, ou des lames branchiales des crabes.
Les auires sous-genres de cette section que nous avons observés (les cloportes, les porcellions et les armadilles) n’ont de mème que trois vésicules branchiales peu développées, pour cinq lames operculaires. Le plus grand nombre normal, celui de &ix lames branchiales operculaires ou vésiculeuses, n’existe dans aucun de ces genres; mais nous verrons tout-à-l'heure que les lames operculaires doivent être considérées comme servant à la respiration.
Les cloportes propres ont cinq paires de lames branchiales en double série, attachées sous les derniers anneaux du corps. Ces lames sont extrèémement minces, transparentes, et paraissent avoir dans leur feuillet externe et aérien, au moins la consistance du parchemin. Larges à leur base, qui est en avant, arrondies par leur bord externe, elles se prolongent en arrière en pointe aiguë. Les cinq lames d’une série se recouvrent comme des tuiles.
Les vésicules branchiales sont protégées par les trois dernières de ces lames operculaires. Elles sont attachées, où du moins elles se continuent par un pédicule
à une apophyse qui se voit vers la ligne médiane du segment sous-caudal correspondant.
La transparence et l’extrème minceur des lames operculaires permet d’y observer les mouvements rapides des globules sanguins. Ils semblent tomber, comme des grélons, avec une grande irrégularité, dans la capacité de ces lames.
Les porcellions et les armadilles se distinguent des cloportes par la présence d’un corps blanc arborescent contenu dans lépaisseur des deux premières paires d’opercules, plus rarement des cinq paires.
Dans les porcellions et les armadilles, les lames branchiales operculaires, également au nombre de cinq par série, m'ont paru généralement plus larges, moins longues ; elles sont encore partagées, mais d’une maniere moins tranchée, en une portion interne triangulaire et en une portion externe arrondie, formant comme un talon, du moins dans les deux premières lames.
Ces deux premières paires, au moins, renferment entre leurs deux feuillets un corps blanc de lait, quelquefois même un peu jaunâtre. Ce corps se voit particulièérement dans la partie externe ou le talon de chacune de ces lames; il s'étend un peu au delà, en se rapprochant de la ligne médiane, et en se déployant de ce côté et en avant. Logé dans une fossette du feuillet externe ou inférieur, qui est plus consistant et comme corné, il produit, dans la face externe ou aérienne de cette laine, une bosselure à l'endroit correspondant à la fossette.
Du côté interne ou de la face supérieure de la même lame, le corps blanc est recouvert par un feuillet mou et simplement membraneux.
446 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
C'est surtout de ce côté qu'on peut découvrir la structure de cet organe. Un peu en decà du bord de la lame branchiale, à peu près à la partie moyenne de Ja longueur transversale du corps blanc, se voit une fossette ovale, qui parait comme une boutonniere. Observée au microscope, cette fossette, en posant la lame un un peu de champ, montre dans le fond de la cavité quelques points noirs, qui paraissent être les embouchures des canaux dontce corps serait composé. Ces canaux sont arborescents, et se ramifient en avant et en dehors, de manière que leurs derniers ramuscusles, qui forment la circonférence du corps blanc de ces deux côtés, semblent de fines trachées, et que la couleur blanc mat de la partie épaisse du corps blanc se change ici en un blanc argenté.
Dans une espèce nouvelle? de porcellion qui se trouve à Paris et à Strasbourg, et qui se roule en boule, comme les armadilles, toutes les cinq paires de lames branchiales sont pourvues de cette sorte de trachée aérienne circonscrite, dont la grosseur va en diminuant de la première à la cinquième. C’est du moins le nom que nous croyons pouvoir donner à ce corps blanc, et l'usage que, nous présumons qu'il peut avoir (+).
(4) Latreille, dès 4814, annonçait à l'Institut, que les cloportes respirent par une partie jaunâtre percée d’un trou et contenant à l’intérieur de petits filaments, qui se voit dans leurs quatre premières paires de lames sous-caudaies. (Histoire des progrès des Sciences Naturelles, par M. Cuvrer, & nr, p. 315. Paris, 4828.) Le même auteur écrivait dans le Hègne animal, édit. de 4817: Les écailles branchiales et supérieures au-dessous de la queue ont une rangée de petits trous donpant passage à l'air. Enfin, dans le même ouvrage (deuxième édit., 4829), il répète que dans les cloportides terrestres, les premiers feuillets du dessous de la queue offren tune rangée de petits trous où l’air pénètre el se porte aux orsanes de respiration qui y sont renfermés. M. Milne-Ldwards a adopté cette manière de voir de Latreille. Voir pl. 74, fig. 4, m. et 4, 1, du diègne animal.
Observé au microscope sur le vivant, on voit facilement une circulation de globules sanguins dans le vide de la lame qui renferme É COrpS blanc. Ces globules se portent évidemment vers les ramifications de la circonference de ce corps, qui ont l'aspect brillant et argenté des trachées; ils disparaissent entre ces ramificaons.
Dans les cloportes, qui n’ont pas de corps blanc, on peut suivre les mouvements des globules dans toute l'étendue des lames, qui paraissent contenir de grandes lacunes; mais il y a des parties, à la vérité, où cette admirable circulation est plus visible, où les courants de globules sont plus nombreux.
En général, c’est le long du bord externe des lames que parait s'effectuer leur retour. Cependant il y en a aussi qui partent de ce bord pour se diriger vers la ligne moyenne, et comme pour parcourir, dans ce sens, toute l'étendue transversale de la lame. Îls arrivent vers l’angle externe de la lame, où ils passent dans le vaisseau efférent. C’est aussi vers cet angle que le vaisseau afférent les verse dans la lacune de la lame. Ces deux vaisseaux ne forment point de lacune hors de la lame : ils sont placés à la base l’un devant l’autre, et on y voit les globules du sang y circuler en sens contraire.
Concluons de ces observations que, dans les cloportes, les lames sous-caudales ont encore complétement la structure des james branchiales des autres isopodes ; tandis que, dans les porcellions et les armadilles, il y aurait, dans les deux premières lames de chaque série, une sorte de trachée circonscrite pénétrant dans a lacune de cette lame à la rencontre du sang qui sy meut.
ET
448 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
Quantaux trois autres lames, les choses se passeraient comme chez les cloportes, ce seraient encore des branchies; mais des branchies qui peuvent respirer dans l'air, parce que leur arrangement est tel, qu'il reste toujours une lame d’eau entre les James operculaires et respiratrices (1).
Lorsque toutes les lames ont des corps blancs, comme nous l’avons observé dans l'espèce de Porcellion dont nous avons déjà parlé, la transformation serait plus complète. Ce serait le plan des organes de respiration des insectes, qui apparaitrait modifié, en ce que l'organe est circonscrit, à proportion de l'étendue de la lacune qui existe dans les réservoirs du fluide nourricier.
Cependant cette maniere de voir et d’expliquer la signification des corps blancs, n’est pas partagée entierement par M. le professeur Lereboullet. Cetanatomiste, qui a étudié ces corps avec moi, n’a pas trouvé, dans des observations qu'il a faites plus tard seul, que leurs ramifications fussent tubuleuses. Il considère ces ramifications comme des membranes laciniées flottant dans les lacunes de la lame, et servant à diviser le sang qui se meut dans cette lacune (2).
Enfin dans les T'ylos, dont M. Mrrxe-Enwanrps forme un groupe distinct des cloportides, sous le nom de Tylosiens, il existe un appareil branchial tout particulier.
(4) Gette existence d'organes de respiration de deux natures ne serait pas plus étonnante que ee qui a lieu parmi les vertébrés, chez les Batraciens perennibranches , el chez quelques arancides, qui ont à la fois des poumons et des trachées ; à la vérité, dans ce dernier cas, ce sont des organes de respiration de même nature, mais de structures difiérentes.
(2) Voir le Mémoire Sur les organes respiratoires des Crustacés isopodes, par MM. Davernoy et Lereboullet, dans l'Institut, 49 décemb. 4839, p, 448 et suivantes ; et les Comptes rendus de l'Acad, des Sciences , 4°" semestre de 1840.
ART, I. DANS LES CRUSTACÉS. 449 Des lames operculaires incomplètes, attachées, comme les volets operculaires des {dotüides, sous l’extrémite -des anneaux sous-eaudauxÿ se portent de là, en travers. vers la ligne movenue. Ces lames tiennent au troisième, au quatrieme et au cinquième anpeau abdominal. Le vont en augmentant de la première à la troisième, de sorte que la paire de celles-çàses touche presque sous L \liene sbdoiiinale, | L. < Ces lames protégent linparfaitement les branchies proprement dites. Celles-ci sont logées dans une cavité sous-abdominale analogue à celles des sphéromides.” Elles consistent dans quatre (peut-être cinq) branchies de chaque côte, dont chacune se compose d’une série transversale de petites poches, ouveites en dessous par une fente linéaire, et renfermant Ge nombreux petits canaux arhorcseents, dass lesquels le fluide nd ier doit pénétrer pour la respiration.
Au premier cou d d’œi}, lorsq: ont compare la figure de cet OFHANS ; Mécribtion des
ubliée par M. Savigry (1) avec notre branchies des spher omes. on est tenté
d'y voir beaucoup de rapports; mais les différences se raient bien plus sensibles d’après la dot que nous venons de Gonner, en suivant celle publiée par
M. Mine-Ediwards (2). ] S IL Du mécanisme de la respiration.
Les lames operculaires qui proteégent les vésicules branchiales sont constaniiment articulées par un pédi-
(4) Dans le grand ouvrag e sur PEgypic, Crustacés, pl. 43, fig. 4.— (2) listoire Naturelle des Crusiarss 2, pe 187 et 15,
de 20
450 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. cule, ou une partie saillante de leur bord antérieur, à la partie externe du segment sous-caudal le plus rapproche. Cette articulation est telle que, dans les mouvements de respiration, les deux lames operculaires correspondantes, se soulevant par leur bord interne et postérieur, qui sont libres, s'écartent lun de l'autre et de la ligne moyenne, où se montre une ouverture plus ou moins bäillante, qui conduit le fluide respirable entre ces lames operculaires ou respirairices et sur les vésicules branchiales, quand elivs existent distinctes des premières Chaque lame branchiale doit avoir, pour ses mouvements, au moins un muscle abducteur et un adducteur; ce qui reste à vérifier.
Il est à remarquer que, dans les cloportes, les porcellions et les armadilles, 1 s'écoule toujours une certaine quantité de liquide aqueux d’entre les lames operculaires, lorsqu'on les soulève fortement, surtout d’entre celles des cloportes. Ge liquide paraît destiné à tenir les lames branchiales humectées, età les maintenir dansun état de mollesse nécessaire à leur perméabilité pour la respiration. Îl se conserve entre elles dans ieurs mouvements modérés d'écartement. De sorte que l'air n'est mis en contact avec le sang des lames respiratrices des cloportides en général, du moins par leurs faces qui se touchent, qu’à travers cette lame aqueuse,
Cette circonstance fait comprendre, pour les cloportides, la nécessité d’une habitation humide et à l'abri de l’action desséchante de la lumière, et la possibilité de vivre dans l'air, à cette double condition.
Si l'on se rappelle que. chez les porcellions et les armadilles, chaque lame respiratiice, contenant un corps blanc, à son feuillet externe on inférieur de nature
cornée, et son feuillet supérieur seulement membraneux, et que la boutonnière, au fond de laquelle paraissent des trous présumés respirateurs, est ouverte entre ces deux feuillets, on concevra que l'action du muscle abducteur, dirigée sur le feuillet inférieur, pourra l’écarter davantage, ouvrir cette boutonnière, et servir à dilater le vide de Ja lame, s’il existe, qui communiquerait par ces trous avec l'extérieur, pour l’inspiration. L’expiration modérée arriverait naturellement par l’application des feuillets les uns contre les autres. Ce n’est au reste qu'avec réserve que nous donnons l'explication de ce mécanisme, après toutefois l'avoir beaucoup étudié sur le vivant. ]
F. Dans les Branchiopodes.
S I. Des branchies.
[ La détermination desorganes de la respiration, dans ces animaux, qui sont, en partie, microscopiques, où à peu près, n'est pas tellement certaine qu'elle ne doive être acceptée avec quelque doute, I faudrait, pour que cette détermination fût considérée comme incontestable, qu’on eût démontré que le sang qui doit respirer dans ces organes, s’y rend des différentes parties du corps, comme dans les décapodes, etc., et qu'il se porte des branchies au cœur, avant de retourner aux mêmes parties du corps. C'est ce qui n’a pas été prouvé jusqu’à présent.
Dans la première section Ges Branchiopodes, celle des Lophyropes, les cypris ont une lame branchiale de chaque côte, atiachée à la première paire de mâchoires,
452 xxx° LECON. SECT. IT. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. dont le contour supérieur porte une rangée de dix-neuf filets très-longs (1). Il y aurait encore, à la base des mandibules, une petite lame branchiale, avec cinq dicitations (2};:
La détermination des branchies, dans les daphnies, varie aussi, suivant les observateurs. M. Straus n'accorde cette fonction qu’à la lame bordée de soiesbarbues, qui se voit à la base de la troisième et de la quatriéme paire de pattes (5). Latreille regarde encore comme respiratrices toutes les soies terminales des autres paires de pieds (4).
Les Phyllopes, dénomination des crustacés de la seconde section du même ordre, ont, à la partie inférieure du corps, une double série d’appendices foliacés, servant à la fois d'organes de natation et de respiration. (On trouve en effet, dans leur composition compliquée, des lames aplaties, à bord cilié, vésiculeuses, tenant au premier article de ces appendices natatoires, et servapi porliculièrement à la respiration.
Dans la limnadie d’Hermann, de la famille des Cératephthaimes, 1 y à vingt-deux pattes branchiales. Chaque patte se divise en deux branches, dont linterne, fortement ciliée, est plus particulièrement considérée comme servant à la respiration (5).
L'artemia salina, qui appartient à la même famille des Cérato; hthalmes, à où4e pattes thoraciques de chaque coté, lorsqu'elle est complètement développée, que
(4) L'émoire surles Cypris, par M. EH, Straus. Memoire du Muséum, € vit. — (2) Éatreille, Règne animal, t 1v, p. 159, — (5) Mémoire sur les Daplhnies, Règne andioal, tv. — (4) Règne animal, & 1v, p. 465. — (5) Mémoire sur la Limnadie, par Ad. Brongniart, Mémoire du Muséum de Paris, 1. vr, 1520.
ART. I. DANS LES CRUSTACÉS. 453 l'analogie porte à considérer comme branchiales. Ces pattes sont composées de quatre articles. Le dernier représente une palette ovale, bordée de poils ciliés, dont les cils sont disposés comine les barbes d’une plume. Une autre rame membraneuse tient en arrière aux deux premiers articles, Elle est formée d’une membrance très-mince et d’une série de poils branchiaux, cilés dans la seconde moitié de leur longueur. Le second et le troisième article supportent un feuillet membrancux, à bord arrondi, garni de poils raides, en petit nombre, ciliés ; ce feuillet remplit l'intervalle de la palette et du feuillet postérieur,
Enfin il y a un corps vésiculeux, ovale ou globuleux, attaché au second article par un pédicule, qui est peut-être le seul ou le principal organe de la respiration {1).
Les branchipes ont onze segments thoraciques, portant chacun une paire de pattes branchiales, composées chacune de trois articles aplatis et garnis de cils barbus (2).
Enfin dans les apus (monoculus apus, L.), nous avons compté environ cinquante paires d’appendices natatoires, autant de james branchiales principales, qui leur sont attachées, et environ quarante lames branchiales accessoires, qui sont vésiculeuses.
La lame vésiculeuse est plus en dedans, sur la face dorsale de l’appendice; et la lame principale plus en
(4) Histoire d’un petit crustacé, artemia salina, Leacr., par M. N. Joly ; Montpellier, 4840, pl. x, fig. 42, etur, fig. 4, 2, 8. — (2) Latreille, Règne animal, t. 1v, p. 174,
45 XYX° LEGON. SECT, IL. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS, dehors, de forme et de proportion variée, suivant la paire à laquelle elle appartieat. Cette lame branchiale est cilice, La vésieule de Ta onzième paire de nageoires est déjà très-petite, comparativement à celle des premières paires. |
$ IL Du mécanisme de la respiration.
[Les organes de respiration étant extérieurs etan nexés aux organes du mouvement, ils ont les uns et les autres un mécanisme commun; et les premiers n'offrent à cet égard rien de particulier que nous devions décrire dans cet article. |
G. Dans les Pœcilopodes.
$ L Des branchies.
[Nous ferons connaitre, en détail, celles des Xyphoeures où des Limules, qui constituent cette famille des Paæcilopodes, les ayant étudiées avec soin.
Ces branchies ne sont pas des paquets de petites fibres très-nombreuses, concentriques, appliquées les unes sur les autres, Comme on la écrit et répété partout (1). Elles se composent de larges feuillets membraneux, d’une minceur extrème, groupés en autant de séries distinctes qu'il y a de branchies, au nombre de cent cinquante à cent soixante, et conséquemment de quinze à seize cents pour chaque individu.
* L a — — — ROSE
ke (4) Eutre autres Mechel, op. cil., t. 1v, p. 49.
Les feuillets de chaque série, ou de chaque branchie, se recouvrent de hauten bas, de manière que le supérieur. ou le premier, est, en méme temps, le plus extérieur, et que le suivant dépasse un peu le bord du précédent.
La forme de chacun de ces feuillets est celle de la moitié d’un ovale ou d’un cœur, dont la partie la plus large serait dirigée en dehors. Les derniers cependant sont semi-circulaires, nière que les premiers sont aussi Îles plus petits, et
Si k À
eurs dimensions varient de ma-
qu'ils vont en augmentant, ou du inoibs en conservant la plus grande dimension, jusqu'au delà du cent trentième ; à partir de
nuent un peu jusqu’au dernier, qui conserve cependant une dimension beaucoup plus grande que le premier.
Afin de pouvoir résister à l’action de l'eau, sans changer de forme, sans faire de plis. ces feuillets, au lieu d’être doublés par une lame cartilagineuse ou osseuse, comme ceux des branchies des poissons, sont soutepus, dans toutleur bord libre, par un filet corné qui les cercle, pour ainsi dire, etles distend, Ce filetest un peu plus fort dans la portion de ce bord qui reste toujours extérieure; ce qui contribue, avec la forme et les lignes d’attaches des feuillets, à produire cette plus grande épaisseur que présente leur série de ce côté, et qui avait déjà été remarquée par Latreille.
Ce même bord libre est cilié ou hérissé de soies protectrices dans toute son étendue, mais plus fortes et plus nombreuses dans sa partie extérieure.
Ces soies ne différent pas, en apparence, de celles qui se voient sur les deux surfaces des pieces cornées
avant-dernière dixaine, ils dimi-