Des organes internes de la respiration
Dans l'Insecte parfait.
[Les trachées de la plupart des coléoptires sont tubulaires. C’est ainsi qu'on les trouve, sans exception, chez les Colcoptères hétéromeres, tétramères et trimres ; et, parmi les pentamères, ne carnassiers Lerrestres, î brachélytres et les clavicornes. .
Voici maintenant les exceptions : parmi les bent mères et dans la famille des Carnassiers, les dytisques, insectes aquatiques, ont, dans le thorax, deux vésicules en communication avec le reste du sÿstème trachéen, qui est tubulaire partout ailleurs.
Parmi les Palpicornes, de cetie méme section des Pentamères, les Aydrophiles, qui ont le même genre de vie que les dytisques, ont de sembables vessies dans l’abdomen. | L’hydrophile brun (hydr. piceus) a quatre grosses vessies aériennes à la base de l'abdomen.
ART. III. DANS LES INSECTES. 481 Comme c’est un insecte aquatique, elles lui servent
peut-être, comme la vessie natatoire des poissons, à s'élever ou à s’abaisser dans l'eau (1).
[Ce sont en même temps des réservoirs d’air pour la respiration.
La tribu des Buprestides, dans la famille des Serri- cornes, fait une exception ; les tubes trachéens y sont interrompus par un grand nombre de vésicules abdo- . minales ou thoraciques.
Toute la grande famille des Lamellicornes se distin- | gue par des chute vésiculaires. | Ces trachées sont
d’un blanc mat, et renflées partout en petites vésicue
- des, à parois très-minces, de figure tantôt ovale, tantôt irrégulièrement déchiquetée; elles représentent à l’œil, [ avec les tubes trachéens décroissants, qui réunissent ces vésicules, | des arbres très-chargés de feuilles. C’est ainsi qu'on les voit dans les hannetons, les scarabes, les bousiers, les cerfs-volants, etc. On n’en retrouve point de semblabies, ainsi que nous venons de le voir, dans
la plupart des autres familles de cet ordre.
[La distribution générale de ces trachées tubulaires LIN 7 Venir est la suivante. Îl y a autant de troncs ires extrèmement courts (tubes d'origine de { sr 0 que de stigmates. De ces troncs primaires nt environ seize troncs secondaires, dont cinq NE six plus importants, et les autres beaucoup plus
- petits.
(4) M. Suhow les a représentées, pl. 1v, fig. 27 de son Mémoire sur l’organisation des Insectes. Journal de la physique organique, par M. Heuzinger, 1. 11 Eisemach , 1828,
de 31
482 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAY. DES ANIM. ARTICULÉS. l'y en à un, quelquefois deux (par exemple, dans le hanneton), qui vont en avant et en arrière joindre le ironc primaire des stigmates le plus voisin du même côté. C'est la suite de ces troncs de communication longitudinaie, qui compose les grands troncs latéraux longitudinaux. D'autres troncs secondaires moins grands
forment, en s’unissant à leur symétrique, du côté op-
posé, une communication transversale. Le reste de ces troncs secondaires se modifie et se distingue dans ces - différentes parties.
= Le premier tronc primaire n’a de tube de communication que pour le second stigmate; le tronc secondaire
qu'il envoie en avant se distribue à toutes les parties
qui sont au delà de son origine, De même, le dernier de ces troncs primaires n’a de tube de communication que pour l’avant-dernier. En arrière, le tronc primaire ne fournit que des tubes de distribution de l'air, qui se ramifient dans les parties voisines.
Les troncs primaires sont de très-courts cylindres, suspendus au bourrelet interne des stigmates, quelquefois dilatés en une sorte de poche; as parois sont de même nature que celles des autres tubes trachéens (1).
On n’a signalé jusqu'ici qu'une exception à cette règle. Dans l’hæmaticherus heros, le tronc primaire, qui comprend un stigmate du mésothorax, forme une caisse écailleuse, irréguliérement ovoide, dure, élastique, de couleur jaunâtre. Cette caisse a la membrane
(4) Telle est celle qui correspond à la première paire de stigmates dans le hannelon, Voir l'ouvrage cité de M. Strauss, pL 7, fige 4: Le
de son fond percée par les embouchures d'environ cent cinquante trachées, dont les deux principales se distribuent jusqu’à la tête (1).
Les troncs primaires de l'abdomen ont la structure ordinaire, celle des trachées.
D'autres fois le tronc primaire est à peine distinct de la courte caisse qui constitue le stigmate, qui semble s'aboucher immédiatement avec le grand tronc trachéen longitudinal de son côté. C’est de ce grand
| tronc que partent la plupart des branches et des rameaux qui se distribuent aux organes (2). LT = Les trachées vésiculaires ne se Fes dans leur
distribution générale, des trachées hu que par l'existence d’un certain nombre de vésicules, qui inter-
rompent la continuité des branches ou des rameaux de celles-ci, et dont l’ensemble augmente considérablement la capacité du système respiratoire.
Les priones, parmi les Longicornes, ont une troisième espèce de trachées que M. L. Dufour a cru devoir distinguer des tubulaires et des vésiculaires. C’est une sorte de parenchyme composé d’un tissu de ramifications trachéennes innombrables, extrêmement fines, et de globules adipeux, formant une couche qui tapisse l'intérieur du thorax.
Cet appareil respiratoire reçoit l’air immédiatement des jHagrtes thoraciques (5) à
& Note sur les organes respiraloires des Capricornes, par M. Pictet, Annales | des Sciences Naturelles, t. vI1, p. 63,
(2) L. Dufour, Mémoire cité, pl. 24, fig, 2 pour le ccrabus auratus, et M. Su- { how , Mémoire cité, pl. 1v, fig. 27, pour l’ydrophilus piceus. | (3) Anuales des Sciences Naturelles, t, 8, p. 24, et pl. 22.
484 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM, ARTICULÉS.
b. Dans les Larves.
Toutes les larves de Coléoptères ayant des trachées tubulaires, ceux qui ont à l'état parfait des trachées
vésiculaires, éprouvent une transformation bien remar-
quable dans leur système respiratoire interne.
Aussi, M. Cuvier avait-il parlé de cette différence, en …
ces termes, dans l’ancien texte de cet ouvrage :] Il se fait un changement bien considérable chez les Coléo-
ptères AT a larve, au lieu destrachées
vésiculaires de l’Insecte parfait, a des faisceaux de trachées cylindriques, argentées et très-fines, se rendant de chaque stigmate sur toutes les parties voisines.
[ C’est dans la larve de l’oryctès nasicorne que €. Sprengel (1) a vu une membrane tendue immédiatement sur le cadre interne de la caisse, et percée d'environ seize embouchures de différentes grandeurs, dont cinq ou six appartiennent à des troncs trachéens considérables. Dans ce type, il n’y a pas de tube, ni de poche trachéenne intermédiaire, entre la caisse du stigmate et ces premiers troncs. |
Les larves des Coléopteres aquatiques ont en général les principaux orifices aériens près de l’anus pour pouvoir plus facilement chercher l'air. Les deux troncs latéraux de leurs trachées sont énormes, sans doute pour faire une plus forte provision de ce fluide, et les branches en partent comme des filets minces et cylin-
(4) Op. cit., pl. £, fig. 4.
ART. III. DANS LES INSECTES. 485 driques. J’ai observé, entre autres, cette disposition dans les larves d’hydropliles.
[Cette grande proportion des trachées principales fait que ces organes servent de réservoirs d'air, et qu'ils ont le double usage de contenir une provision de ce fluide pour la respiration, et de diminuer la pesanteur spécifique de la larve pour faciliter ses mouvements dans l’eau. |