Système respiratoire externe
a. Des Coléopières à l'état parfait.
FA
[Le système respiratoire externe est constitué ici, coume dans tous les insectes dans leur dernier état, par des stigmates, dont nous aurons à examiner le nombre, la position, la grandeur relative, la forme et l'organisation. Les stigmates sont rangés symétriquement, de chaque côté du corps, sur les côtés de la poitrine, et le long du bord de la face dorsale de l’abdomen.
La première paire est dans le prothorax ; la seconde dans le mésothorax, entre l’origine des élytres et des ailes (1).
Il y en a ensuite huit paires qui répondent aux anneaux de l'abdomen, ou sept seulement, la dernière étant souvent oblitérée, On n’en trouve même que cinq
(4) Latreille, Règne animal, ?. 1v, p. 254.
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paires dans la casside verte (1). J'en ai trouvé encore une de moins dans le scarabé Hercule mâle et femelle. Le premier stigmate abdominal se voit en avant du premier segment de ce nom, dans une position verticale, et dans une peau molle qui réunit ce segment au métathorax; les trois autres sont situés transversalement et dans une position horizontale, sur le bord de la région dorsale de l'abdomen, de manière que eur angle interne répond aux lignes de jonction des quatre premiers segments dorsaux. Les autres segments n'en ont pas.
Les stigmates thoraciques sont généralement plus allongés et moins saillants que les stigmates abdominaux. Ceux de la première paire se voient dans la cavité du prothorax, et ceux de la seconde dans un derme ligamenteux qui unit le mésothorax à la poitrine.
Les stigmates abdominaux sont placés dans une bande souple des téguments, qui borde la région dorsale et réunit les segments moins longs de cette région avec ceux du ventre, qui dépassent les premiers.
Ils sont généralement plus petits que les stigmates thoraciques, et protégés par les élytres, qui les récouvrent. Cependant les deux dernières paires (la huitième et la neuvième) font exception, dans quelques cas, et pour la position et pour la grandeur. Ces stigmates peuvent être aussi grands que les thoraciques, et ils sont plus en dedans que les précédents, dans les lignes de jonction des trois derniers segments.
(4) L. Dufour, Annales des Sciences Naturelles, t. 8, p. 19.
Les stigmates forment généralement une caisse dont le cadre extérieur plus grand et l'intérieur plus petit dépassent les téguments en dehors comme en dedans. et «ont de substance écailleuse. Le cadre intérieur donne attache à la trachée d’origine, ou au tronc primare. Il peut être d’un diamètre bien moindre que le cacre extérieur, et sert à resserrer plus ou moins la communication de la glotte du stigmate dans Ja trachée.
Les stigmates des Carnassiers terrestres ont généralement deux valves intérieures, interceptant une fente transversale ou un peu oblique, garnie d’un duvet extrêmement fin, plus marqué dans les stigmates thoraciques. À l'extérieur ils forment un bouton saillant brun, luisant, de substance écailleuse et de forme ellipsoide ou sphérique.
Dans beaucoup d’autres Coloptères, chaque stigmate a l'apparence d’un disque ovale, aplati, ou même concave, en entonnoir, que circonscrit une pièce cornée un peu saillante, appelée péritrème par M. Audouin.
La fente pneumatique se trouve toujours dans le sens du plus grand diamètre du disque ; elle est interceptée par deux lèvres ou par deux valves qui sont attachées au dedans des deux plus grands côtés opposés du péritrème. Elles peuvent être de grandeur très-inégale (par exemple, dans les dytisques), ce qui porte la fente pneumatique plus ou moins hors du grand axe de l’ellipse que forme le stigmate.
Les deux valves (dans les dytisques), ou celle d’un côté seulement (dans les kydrophiles), peuvent être soutenues par des arbuscules de substance brune, cornée, qui s'étendent transversalement jusqu’au bord de la valve, en produisant des ramifications de plus en
plus nombreuses; de sorte que leur terminaison, qui garnit l'ouverture intérieure du stigmate, a l'air de houppes touffues (1).
Dans d’autres cas, les parois intérieures de la casse du stigmate sont soutenues, jusqu’au bord de l’oriice interne de cette caisse, par des nervures transversiles irrégulières, se réunissant au cadre de cet orifice ; c'est ce qui se voit dans le hanneton.
Dans le scarabé hercule, chaque stigmate abdominl montre extérieurement un cadre saillant en forme d’ellipse ; l’intérieur se rétrécit en entonnoir, et présente dans le fond une fente étroite, garnie de petites barres transversales crénelées, de couleur blanche, fixées au fond de cette cavité.
Le péritrème des stigmates abdominaux, dans les cpricornes (hæmaticherus heros), a l'apparence, comme dans les carnassiers terrestres, d’un bouton saillant, ovoïde, assez ouvert, par une fente en ligne courbe, en dedans de laquelle se voient deux valves, ayant le bord libre garni de poils simples (2).
Dans la cassida verte, les stigmates abdominaux, au nombre de cinq seulement, sont ronds et percés dans une plaque écailleuse ovale de couleur foncée.
Je reviendrai sur la structure des stigmates et de ces glottes trachéennes en parlant du mécanisme de la respiration.
(1) Voir C. Sprengel, op. cit., pl. nr, fig. 29, pour le dytiscus circumfleæus, et pl. 11, fig. 22 pour l'hydrophilus caraboïdes ; et M. Léon Dufour, Mémoire cité, pl. 21, fig. 1-2-4, pour le carabus auratus ; fig. 8 pour le lucanus cervus ; fig. 6 pour l’hæmaticherus heros, et fig, 7 pour la eassida viridis.
(2) Règne Animal, insectes, pl ar, fig. 40,
b. Dans l’état de larve.
Les Coléoptéres à l'état de larve, qui ne vivent pas dans l’eau, ont généralement neuf paires de stigmates. La première est au premier segment du corps; le deuxième et le troisième segment, qui répondent à ceux qui portent les ailes dans l’état parfait, en manquent; les huit suivants en montrent autant de paires (1). se.
Les larves aquatiques des dytisques et des kydrophiles n'ont que deux stigmates ouverts de chaque côté de l'anus, et qui introduisent l'air dans les grandes trachées longitudinales que nous avons décrites.
Les stigmates des larves de Lamellicornes sont circulaires, et composés d’un péritrème large, de même forme , et d’un disque concentrique, percé d’une trèspetite ouverture.
Le péritrème est large, de substance cornée, incomplet dans l’oryetés nasicorne.
Dans la larve du hanneton, le disque, formant une valvule complète, est percé pour les embouchures des trachées d’origine,
Ce peu d'exemples suffira pour montrer les grandes différences qui existent dans la structure des stigmates, suivant qu'on les étudie dans l’état parfait, ou dans la larve.
(1) Latreille, Règne Animal, t 1v, p. 294. — (2) Voir C. Sprengel, op. cit., pl. 11, fig, 2-:-5-G-20, et Règne animal, pL 1, fig. 6et 6 a. pour l’oryctés nasicorne.
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En général on doit dire que ces embouchures extérieures de l'appareil respiratoire interne, sont encore mieux gardées par leur organisation, dans ce dernier état, contre l'entrée des corps étrangers ; ce qui était nécessaire pour que les diverses substances terreuses ou ligneuses, dont les larves sont entourées, n’ayent pas d'accès dans leurs glottes trachéennes. ]
F. Dans les Orthopteres.
[Dans cet ordre, dont la larve ne diffère de l’insecte parfait que par le développement des ailes, nous n'avons à indiquer aucune différence, entre l’un et l’autre état, pour ce qui concerne l'appareil pneumatique.
1° Système respiratoire interne.
Les Orthoplères coureurs, qui ont tous deux des antennes sétacées, et les genres des Orthoptères sauteurs, qui ont des antennes de même forme, tels que les grillons et les sauterelles proprement dites, ont des trachées tubulaires. Elles sont vésiculaires dans les criquets. On a même remarqué que les espèces qui volent, ont l'appareil pneumatique plus développé, les vessies aériennes plus grandes; tel est le criquet de passage ; tandis que cet appareil est beaucoup moins considérable dans le gry{iis pedestris, qui ne vole pas (1).
(4) M. Marcel de Serres, Annales du Muséum, t. xvirr, p. 450, et Mémoire du Muséum , L.1v, pl. 111, pour le système trachéen des Truxalis nasutus ; et pl. 1v, pour celui de Ja mantis religiosa.