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ART. III. DANS LES INSECTES. 497 servir que de réservoirs ; car ils donnent tout leur air par des branches transverses, aux deux autres troncs plus minces, qui rampent, comme à l'ordinaire, sur les côtés du corps, et qui fournissent de trachées toutes les parties ; il naît de chacun de ces derniers troncs une branche récurrente, qui, après avoir croisé sa correspondante, marche le long du canal intestinal, et lui envoie une infinité de filets.
Il est probable que l'air contenu dans ces divers troncs suit une marche déterminée et relative aux divers besoins des parties qu’il a à vivilier.
[ La larve des éphémères n’a que deux troncs trachéens longitudinaux, qui recoivent l'air par des troncs transverses fort courts, ayant leurs radicules dans six paires de feuillets vésiculeux rangés de chaque côté de l’abdomen. |
b. Dans les Névroptères à l'état parfait.
Les quatre troncs et les deux branches récurrentes se retrouvent dans la demoiselle parfuite; mais ils ne tirent plus leur air de l'anus; l’animal, vivant dans l'air, le recoit par ses stigmates thoraciques, et il y a près de chacun une vésicule qui sert sans doute de réservoir. Il y a aussi, le long du dos, une rangée impaire de vésicules plus grandes. =
[Les Libellules ont, comme on le voit par ces détails, des trachées vésiculaires à l’état parfait, et des trachées tubulaires à l’état de larve et de nymphe.
498 xxx° LEÇON. SECT. 11. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
2° De l'appareil de la respiration externe, Ou, interne absorbant l'air respirable.
a. Dans les larves.
Les larves terrestres des Névropteres qui sont en plus … petit nombre que les larves aquatiques, ne présentent | rien de particulier dans leur appareil de respiration ex- :
térieur.
Mais les larves aquatiques sont pourvues, ainsi que nous l'avons déjà dit, d’un appareil particulier, com-
posé de branchies pneumatiques, organisées pour puiser
dans l’eau l'air qui s’y trouve o et pour le verser immédiatement dans des trachées.
On distingue sept à neuf paires de stigmates dans les larves de libellules; mais ces stigmates sont oblitérés, comme ceux des nèpes (1). ]
Chez les libellules propres et les aeshnes, ces organes, qui absorbent l'air combiné à l’eau, sont dans le rectum, où pénètre cette eau pour la respiration. Ce sont de très-petits tubes, rangés en petits groupes, Sur dix rangs, qui représentent cinq longues feuilles pennées.
[ Chaque foliole de ces grandes feuilles, au nombre de quinze à dix-huit par rangée, est elle-même divisée profondément, et représente une palme frangée. ]
Le rectum donne dans le corps autant de petites tra-
(4) Réaumur, Histoire Naturelle des Insectes, t. vi, p.368,
chées qu'il a de petits tubes en dedans, et les trachées se rendent toutes dans quatre troncs qui parcourent toute la longueur du corps (1).
[ Dans le genre agréon de la même famille, les branchies pneumatiques sont à l'extérieur. L'appareil se compose de trois grandes feuilles ovales, à bords striés, attachées au dernier segment du corps (2).
Beaucoup d’autres larves aquatiques des insectes de cet Ordre ont, pour appareil éranchio-pulmonaire, des appendices lamelleuses foliacées, ou filamenteuses, dont le nombre, la forme et la structure diffèrent quelquefois d’une espèce du même genre à l’autre; qui peuvent même exister, ou manquer, dans des espèces congénères (les Phryganides, les Perlides).
Chez les larves d’éphémères, ce sont des nageoires en forme de houppes, réunies ordinairement par paires, au nombre de six ou de sept, de chaque côté des anneaux de l’abdomen, et dans lesquelles on voit ramper les radicules des trachées (3).
Les larves de semblides, qui sont également aquatiques, ont des branchies pneumatiques analogues: ce sont des filets articulés, et rameux ou pectinés, dans
(4) Voir le Bulletin de la Société Philomatique de Paris, janvier 1798, et pl. ; fig. 2. A. B. C., et Mémoire de la Société d'Histoire Naturelle de Paris, où M. Cuvier a fait connaître pour la première fois cette organisation singulière, décrite trente années plus tard par M. Suhiow, Mémoire cité, et pl. 1, fig. 42. — (2) Réaumur, Mémoire cité, t. vi, a représenté pl. 38, fig. 9 , ces organes qu'il appelle des avirons, Voir encore Carus : Découverte d’une circulation dans Jes larves des Névroptères, Leipsig, 4837. — (3) Swammerdam, Bibl, natur, pl. xui et xiv. féeumur, Mémoire pour servir à l'Histoire des insectes, t. vi, pl. 42, fig. 40, et pl. 45, fig. 4-2-4, et Sukhow, Mémoire cité, pl. xx, fig. 21 et 22.
500 xxx° LECON. SECT. 11. RESFIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
lesquels on voit ramper des trachées. Ils sont attachés de même sous les côtés de l'abdomen (1).
Les Perlides ont cela de remarquable avec les phryganides que des espèces du même genre peuvent avoir, les unes des organes de respiration externe, etles autres en manquer. Chez les perles, ce sont des paquets de filets vésiculeux, au nombre de six, disposés par paires, et flottant de chaque côté du thorax (2).
Dans la famille des Plicipennes (les Phryganides de M. Pictet), leur existence ou leur forme sont variables, ainsi que nous l'avons déjà dit, suivant les espèces.
Danslaphryganea striata (5),ce sont des vésicules simples, coniques, communiquantavec les troncs trachéens principaux par une ou deux trachées, qui prennent naissance dans leurs parois.
Dans les larves des séricostomes, des mystacides et de quelques espèces des genres Hydropsyche et Rhyacophile, l'appareil branchio-pneumatique est plus compliqué. Il se compose de paquets d’arbuscules, ou de houppes de filets vésiculeux, rangés sur les deux lignes médianes latérales, ou au-dessous de ces lignes (4).
Il y a même, dans les Lydropsyche, de petits cæœcums rétractiles, qui se déploient au-dehors, vers le milieu du dernier anneau, à l’endroit où s'ouvre l’anus. Ils paraissent au-dessus de deux pédicules portant des crochets et terminés par des touffes de poils.
(4) Voir Sukow, Mémoire cité, t. nr, fig. 23 et 24. — (2) Annales des Sciences Naturelles, t xxvir, pl 5, fig. 40. Mémoire de M. Pictet sur les métamorphoses des perles. — (3) Recherches sur l'anatomie des Phr;ganides, pl. ur, fig. 5 et 6, 4 vol. in-4°. Genève, 4834. — (4) Ibid., pl. 1v, fig. 6 et 7, et tüig. 42 et 43 pour l'hydropsyche afomaria ei sencæ, et fig. 21-22-23 pour le
Rhyacophile vulgaris,
D’autres espèces de ces mêmes genres, suivant
M. Pictet, n'ont aucun organe externe, et leurs stig-
mates y paraissent consiaunnent entourés d’une couche d’air.
b. Dans l'Insecte parfait.
La première section de cet Ordre, celle des Subulicornes, comprend d’abord les Lilellules, qui ont, à l'état parfait, deux paires de stigmates thoraciques très-développés et sept paires à l'abdomen.
Les autres Névroptères ont généralement ces deux paires de stigmates thoraciques et cinq ou six paires de stigmates abdominaux. La première paire thoracique est entre le prothorax et le mésothorax, et la seconde paire entre le mésothorax et le métathorax.
Les stigmates des Libellules sont ovales et fermés par une double lèvre (1) dans la seconde paire thoracique; ceux de la première paire présentent une grande fente un peu arquée. |
J. Dans les Hyménopteres.
1° De l'appareil respiratoire interne.
[ Cet ordre d’Insectes, à métmorphose complete, montre de grandes différences dans son système de
trachées, suivant qu'on les observe dans la larve ou dans l'état parfait,
(1) C. Sprengel, op. cit., p. 7, et pl. n11, fig. 26,
502 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
Toutes les trachées des larves sont tubulaires, et à tubes étroits et peu développés.
Dans l’insecte parfait, les trachées sont vésiculaires.] M. Cuvier avait déjà observé, dans notre première édition, que les kyménopteres ont deux grosses vessies aériennes à la base de leur abdomen, avec quelques petites {1). [Ces grandes vésicules abdominales s’étranglent pour pénétrer dans le thorax, s’y dilatent de nouveau, et finissent en avant par une trachée tubulaire, qui se ramifie dans la tête (2).
Les sphex n’en ont que dans l'abdomen, où les petites cependant sont assez multipliées, derrière la vessie principale ; mais les tubes trachéens de la tête et du thorax seraient très-développés (3).
Les guëpes ont aussi de petites vessies aériennes dans le thorax et la tête.
Les sirex n’en ont que dans l’abdomen et le thorax.
En arrière des deux grandes vésicules abdominales, celles-ci donnent dans deux tubes trachéens, qui fournissent une quantité de ramuscules, et deviennent confluents vers l’anus.
2° De l'appareil de respiration externe.
Cet appareil n'offre rien de particulier dans l’Insecte
parfait, sinon, que la seconde paire de stigmates est percée, chez beaucoup d’hyménoptères; ceux à abdo-
(4) Siwammerdam, op. cit., pl. xvir, fig. 1x, pour celles de l'abeille domestique. — (2) Voir le Mémoire de M. L. Dufour, sur les scolia, Journal de Physique de 4828. — (3) Meckel, op. cit., & 1v, p. 29.
men pédiculé, dans le métathorax, ou plutôt dans le demi-segment abdominal qui s’y trouve réuni (1).
La première paire de la même région est recouverte par une petite écaille (tegula), qui s’avance du bord postérieur du prothorax, et qui est immédiatement sous l’origine des ailes antérieures (2).
Les anneaux de l'abdomen proprement dit, au nombre de sept, portent six paires de stigmates.
Il y en a jusqu’à dix dans les larves, entre autres dans celle de l'abeille domestique.
Celles qui vivent dans l’intérieur des chenilles pourraient bien n'avoir d’ouverts, ou de perméables, que les derniers stigmates de l'abdomen , qu’elles mettraient enrapport, comme certaines larves de diptères (les ocyptères, etc.), avec l’un des stigmates de l'animal aux dépens duquel elles vivent. ]
K. Dans les Lépidopteres.
1° Du système respiratoire interne.
Les mieux connus, parmi les organes de respiration des Insectes, ont été long-temps ceu x des chenilles, par la belle anatomie que Lxoner (5) en a faite. De chaque côté règne un tronc à peu près cylindrique (4), qui reçoit l'air par dix stigmates ; les branches les plus nom-
(4) Voir Latreille, Règne animal, t, 1v, p. 264 et 294.
(2) Burmeister, Manuel d’Entomologie, t,1 , p. 176, et pl. vr, fig. 4 et 2.
(3) Traité anatomique de la chenille qui ronge le bois de saule, par Pierre Lyonet. À La Haye, 4760, pl. x, fig. Let 2, et fig. 3-6.— (4) Lyonet le représente comme applati au milieu de sa largeur.
504 xxxX° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULES.
breuses qui en sortent partent en rayonnant, précisément des endroits où ces stigmates répondent, [ D’autres branches moins ramassées, moins groupées, ou plus petites, naissent successivement du même tronc, dans les intervalles de celles-ci, et se rendent aux muscles des faces ventrale et dorsale du corps. | Le commencement du tronc donne des branches plus fortes que les autres, qui se rendent à la tête. Nous disons ici une fois pour toutes, qu'aucune partie n’est dépourvue de ces vaisseaux aériens, et que les propres membranes de leurs troncs en reçoivent elles-mêmes de petites branches.
Les trachées de la chenille sont robustes, opaques et d'une belle couleur d’argent, due cependant en partie au reflet de l’air qui les remplit; car leur éclat disparait, ainsi que celui des trachées des autres familles, quand elles sont macérées et remplies d’eau ou d’esprit de vin. Celles du papillon ont un tout autre aspect; elles sont plus minces, moins nombreuses et plus dilatées, et garnies presque partout | des restes du corps sraisseux, Ou | de petits corps elliptiques, de substance grasse, de couleur jaune ou blanche; c’est du moins ainsi que je les ai vues dans l’atalante et dans le grand paon de nuit, sans doute après leur sortie de la chrysalide.
[Meckel (1) a trouvé lestrachées des papillons, qui se rendent aux organes de la génération, plus dévelop- Docs.
Les Papillons diurnes n’ont que des trachées tubu-
(4) Op. cit, t. vi, p. 34.
laires ; mais les Crepusculaires et les Nocturnes ont une double rangée de petites vésicules abdominales, qui répondent aux stigmates de cette partie. On en trouve même quelquefois une ou deux placées l’une devant l’autre, beaucoup plus considérables, près de la base de l'abdomen, comme chez les hyménoptères et les diptères.
Ce développement des trachées était sans doute nécessaire pour diminuer la pesanteur spécifique du corps, et pour que le vol füt possible avec un plus grand développemeut de l'abdomen. Meckel a remarqué que l'existence de deux seules vésicules, très-petites dans le bombyzx quercifolia, et celle de sept paires de ces vésicules, outre deux plus grandes impaires, dans le sphinx euphorbiæ, bombyæx dispar et salicis, s’accorde parfaitement avec le vol lourd et rare du premier, et le vol facile et rapide de ceux-ci.
2° Des organes de respiration externes.
Les Lépidoptères ont quatre stigmates thoraciques. La première paire est entre le prothorax, le mésothorax, et la seconde paire entre cet anneau du milieu et le dernier.
L'abdomen, qui n’a que six à sept anneaux, n’est
| percé que de six ou cinq paires, au plus, de stig-
mates.
Dans les chenilles, le second et le troisième segment du corps manquent de stigtnates, ainsi que le dernier.
| Tous les autres segments en sont pourvus. Il y en a en | tout neuf paires. Les stigmates des huit dernières pai-
res sont un peu plus grands, dans la chenille du cossus
506 xxx° LEÇON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS. ligniperda, que ceux de la première paire, et plus allongés.
Ils sont circonscrits par un cercle écailleux brun, le péritrème, et paraissent autant de petites fossettes assez profondes, de couleur jaune, entourées de ce cadre brun ; leur fond porte deuxlèvres m obiles, ayant chacun un muscle; ces lèvres se recouvrent en se rapprochant, ou s’écartent l’une de l’autre, dans les mouvements de respiration de la chenille. Ces deux lèvres sont garnies de petites tiges brunes, ramifiées, que Lyonet compare à de petites branches de sapin, qui garantissent la glotte de chaque stigmate de l'entrée des corps étrangers, et à travers lesquels l'air doit filtrer.
Quelquefois ces valves paraissent crénelées, et peuvent, en se rapprochant, fermer complétement la glotte (1).
Quelques espèces de chenilles, qui vivent dans l’eau, et qui appartiennent au genre ÜHydrocampe, de la division des Noctuelles, paraissent avoir des paquets de filets de byssus sur les côtés du corps, dans des points qui répondent aux stigmates des autres chenilles. Ces filets renferment des trachées, et constituent des.branchies pneumatiques (2).
C’est le seul exemple de cette sorte d’organes de respiration, parmi les chenilles.
(4) Sprengel , op. cit., pl. 1x, fig.16.
(2) Voir De Geer, Mémoires, vol. 4, partie 3, pl. 87, fig. 5 et 6.
ART. INT. DANS LES INSECTES. 507 LL, Dans les Diptères.
p 1° Système respiratoire interne.
a. Chez l'Insecte à l'état parfait.
M. Cuvier avait exprimé, dans notre première édition, que les Diptères ont, comme les hyménoptères, au moins deux vessies considérables à la base de labdomen. [Il peut en exister bien davantage : ainsi les asiles propres ont dix paires de ces poches pneumatiques (1). Elles coexistent d’ailleurs avec quatre troncs trachéens principaux, dont deux plus considérables aboutissent dans ces vessies aériennes.
Il est remarquable que l’existence de ces poches, que le développement des capacités aériennes, en général, dans les Diptères, comme dans les Hyménoptères, comme dans tous les autres insectes, est, toutes choses égales d’ailleurs, en rapport avec la rapidité et la durée de leur vol.
L’hippobosque du cheval, qui a des ailes, a des trachées vésiculaires dans le corselet, et des trachées tubulaires seulement dans l’abdomen (2).
Le mélophage commun, qui est sans ailes, et n’a que des trachées tubulaires, confirme ce rapport très-intéressant (5).
(4) Marcel de Serres , ap. cit., t. rv, p. 362.
(2) Annales des Sciences Naturelles, t. vi, p. 299. Recherches anatomiques de M. L. Dufour, sur l’hippobosque du cheval. — (3) Mémoires posthumes Lyonet. Mémoires du Muséum d’Histoire Naturelle, .xvut, pl. 2, fig. 41-16,
508 xxx° LECON. SECT. II. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
b. Chez les larves.
Les trachées ne sont jamais que tubulaires, comme dans tous les autres ordres de la classe.
I yen a, assez généralement, quatre troncs principaux, dont les deux externes et latéraux, plus étroits, recoivent l'air des stigmates par de petits tubes de commupnication, et les deux internes et dorsaux ont un plus grand diamètre. Ceux-ci, dans les larves aquatiques, sont très-considérables, et naissent à l’extrémité du corps, des stigmates tubuleux ou non, qui sont à cette extrémité (1). C’est le même développement proportionnel, la même disposition que nous avons déjà décrits dans les larves d’kydrophiles et de dytisques.
Dans leslarves parasites, il peut y avoir un plus grand nombre de petits tubes d’origine, qui prennent naissance dans les stigmates couverts de plaques anales et dans des stigmates latéraux, et qui portent l’air dans les troncs ou réservoirs principaux (2).
2° Système respiratoire externe.
a. À l'état parfait.
Les Dipteres, comme les autres Insectes hexapo-
des à l’état parfait, ont quatre stigmates thoraciques. Les deux antécédents sont sur les côtés, ou aux extré-
Voir Swarimerdam, op. cil, ft. , pl. 4, fig. 4, pour les tracbécs de straliome. — (2) Réaumur, Mémoire, pl, 1, fig. 6-2-40.
north ne D 0 es ar eie Hire
ART. IHM. DANS LES INSECTES. 509 mités articulaires du mésothorax. Les deux postérieurs sont percés près de l'origine des balanciers.
Ceux de l’abdomen varient avec le nombre des anpeaux apparents. On en compte cinq, six ou sept paires. Latreille en a observé cinq paires seulement d’abdominaux, et deux paires thoraciques, en tout sept paires, dans le mélophazge commun; tandis que Lyonet en figure neuf paires (1).
Chaque stigmate est un bouton sphérique, aplati, saillant en dehors et en dedans des téguments, tra versé par un canal rond, dont lorifice extérieur est couvert d’une membrane plissée et percée au miliéu, et dont les parois sont garnies de poils dirigés en dedans et en dehors.
b. Chez les Larves et les Nymphes.
Les Larves et les Nymphes, dont le séjour peut être dans l’eau, dans le corps d’autres larves, ou dans toutes sortes de substances, et qui ne communiquent qu’indirectement et d’une maniere plus ou moins difficile avec l'atmosphère, nous démontreront, par l’organisation et le mécanisme, souvent très-compliqués, de leurs stigmates, et par l'instinct qui les porte à s’en servir le plus avantageusement possible, combien la respiration est une fonction importante, essentielle, pour l'entretien de la vie des corps organisés.
(4) Mémoires posthumes , imprimés parmi ceux du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, t, xvm, pi. 1, fig. 2et3,
540 xxx° LEÇON. SECT. IL. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
La plupart des larves de cet ordre ont deux stigmates à l'extrémité postérieure du corps et deux autres à l’extrémité antérieure, dans le premier anneau. C’est le type général de celles qui vivent dans l'air, ou en communication facile avec l’atmosphere (1).
Quant aux Nymples, il y a quelquefois des différences bien singulières dans leurs organes extérieurs de respiration, relativement à ceux de la larve.
Nous allons les indiquer rapidement, ainsi que les modifications les plus remarquables du type que nous venons d’esquisser dans les larves. Ces modifications, ainsi que nous pourrons nous en convaincre, tiennent aux nécessités qu'entraîne le séjour de certaines de ces larves dans l’eau ou dans des substances irrespirables.
Parmi les VNémoceres, première famille de cet Ordre, les larves aquatiques de la division des Culicides et du . genre Cousin proprement dit, ont, sur le pénultième anneau de l’abdomen, un stigmate tubuleux, rétractile, qu’elles prolongent à la surface de l’eau pour y puiser l’air nécessaire à la respiration.
Ce tube est l’aboutissant des deux trachées qui viennent s'ouvrir près de son extrémité, et suivent là continuation des grands réservoirs trachéens. Cette extrémité, et le dernier anneau du corps, sont garnis de soies qui facilitent à cet insecte le moyen d’elever et de soutenir cette partie de son corps à la surface de l'eau.
4) Voir pour ce type, la larve de la mouche à viande. Réaumur, Mémoires, tv, pl 22, fig. 3 et 4.
La nymphe, au contraire, qui ne change cependant pas d’habitation, reçoit l’air par deux tubes en entonnoir qui s'élèvent de chaque côté de son thorax (1).
La nymphe aquatique, d'un genre voisin, celui des Anophèles, aurait de semblables tubes respirateurs thoraciques; tandis que la larve porterait à l'extrémité postérieure de son corps des branchies pneumatiques soyeuses, au lieu d’un tube respirateur (2); si tant est que des stigmates à tube court, ou sans embranchement tubuleux, ne soient pas restés cachés, entre ces soies, aux yeux des observateurs.
Dans les larves, également aquatiques, des Chironomes, de la division des Tipules, la larve a deux tubes respirateurs à l'extrémité du corps; et la xymphe cinq arbuscules de branchies pneumatiques sur chaque côté du thorax, qui répondent aux stigmates thoraciques de l’insecte parfait (5).
Les nymphes des Simulies auraient aussi de semblables branchies pneumatiques en arbuscules; tandis que la larve montre deux tubes respirateurs caudaux, et deux thoraciques (4).
De semblables tubes respirateurs se voient assez généralement dans les #ymphes de cette famille, dont les larves vivent dans le terreau, le tan des vieux arbres, et qui ont déjà des stigmates thoraciques plus apparents, mais non tubuleux,
(4) Voir Swammerdam, op. cit., pl. xxx1, fig. 4-8, et Réaumur, Mémoire, t. av, pl. 44, fig. 14. — (2) Archives de Wiedemann pour la zoologie et la zootomie, t, 1, pl. 3. En allemand, — (3\ Réaumur, Mémoires, t. v, pl. v, fig. 3, 4 et 5 pour la larve, et fig. 6, 7, 8 et 9 pour ia nymphe. Réaumur compare les panaches de la nymphe aux ouies des poissons (p. 36 ) pour l'usage. — (4) Archives d’Entomologie de Thon, t, 11, pl. 2, d’après Verdet, '
519 xxx° LECON. SECT. II. PESPIPAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
H n'y a même que de simples stigmates non saillants, composés d’une plaque circulaire écailleuse, ayaut au milieu une ouverture en forme de pupille, dans plusieurs larves aquatiques de tipules. Ils sont situés à l'extrémité postérieure du corps, entre une couronne de tentacules rétractiles de différentes dimensions, suivant les espèces (1).
Les larves de stratiomes, de Ta famille des Notacanthes, montrent une organisation analogue à celle des cousins proprement dits. Les trois derniers anneaux de leur corps sont allongés en tube et successivement rétrécis, de manière à terminer leur corps en forme de queue. Celle-ci a son extrémité entourée d’une couronne rayonnante de poils plumeux, qui servent, comme chez les cousins, à la soulever et à la suspendre à la surface de l’eau, tandis que le corps de la larve reste submergé (2). Les tubes trachéens principaux ont leur origine par une double embouchure, dans un stigmate qui s'ouvre entre les rayons de cette couronne. L’air paraît devoir sortir par deux autres stigmates de l’extrémité antérieure du corps, où se terminent les mêmes grandes trachées.
Parmi la nombreuse famille des Æthériceres, kes larves d’Aélophiles ont un appareil respiratoire externe analogue à celui des stratiomes. Les derniers anneaux du corps sont de même allongés et rétrécis en forme de queue, également garnie de poil à son extrémité ; mais
(4) Réaumur, t. v, pl. 1, fig. 6, 9 et 40, pour le tipule des prés, et €. 1v, pl. 14, fig. 9 et 10. — (2) Voir Swammerdam , op. cit., pl. 39 et 40, et Réau= mur, t 1v, pl. 43, fig. 6 et pl. 22, fig. 44 ; et Zatreille, Règne animal, t,
ici les anneaux se déploient comme destubes de lunette
d'approche, et sont susceptibles de s'étendre de ma-
nière à atteindre plusieurs fois la longueur du corps.
C’est, comme dans les stratiomes, à leur dernière extré-
mité qu'aboutissent, par une seule embouchure, les deux troncs trachéens principaux. La larve a soin de maintenir ce stigmate tubuleux à la surface des eaux bourbeuses, ou de celles de latrines, dans lesquelles elle vit, en allongeant sa queue à mesure que les eaux sélèvent (1).
L'expiration a lieu par deux stigmates percés dans le premier anneau du corps, auxquels vont aboutir les mêmes troncs trachéens qui prennent leur origine dans la queue.
C’est aussi par une sorte de siphon caudal que les larves de plusieurs espèces d’ocyptères, qui vivent dans le corps d’autres insectes, respirent en faisant pénétrer ce tube dans un des stigmates thoraciques de ces animaux (2).
Les larves d’œstrides, dont les unes vivent dans des abcès de la peau, que leur présence entretient; les autres dans l'estomac ou le gros intestin; d’autres enfin dans les sinus frontaux et maxillaires des mammifères domestiques ou sauvages, ont leurs stigmates situés sous une plaque écailleuse de l'extrémité postérieure du corps, qui paraît comme tronquée. Il y a, sous cette sorte de bouclier, deux stigmates qui versent l’air dans deux gros troncs trachéens (3).
(1) Voir Swammerdam , pl. xxxvinr, fig. 14, H. B., et Latreille, op. cit. p.492 et 493. — (2) Mémoire de M. Léon Dufour, Annales des Sciences Naturelles, t. x, p. 248, — (5) Voir Réaumur, t. 1v, pl. 84, fig. 17,
FE
514 xxx° LEÇON. SECT. 11. RESPIRAT. DES ANIM. ARTICULÉS.
C’est aussi, à peu de différences près, l’organisation d’une larve attribuée au genre Conops, qui a été observée par MM. Audouin et Lachat (à) ; seulement il y a
deux plaques distinctes, en forme de haricot, et, au Le lieu de fentes stigmatiques que paraît avoir le bouclier … des oestres, les plaques de larves de conops seraient per-
cées de trous capillaires. |
$ I. Du mécanisme de la respiration dans les Insectes.
[Nous étudierons successivement ce mécanisme dans
les Insectes à respiration aérienne, c'est-à-dire, qui prennent immédiatement dans l’atmosphère, l'air que renferme leurs trachées; et dans les Insectes à respiration aquatique, ou qui prennent cet air dans l’eau aérée,
au moyen des organes particuliers que nous avons dé-
crits sous le nom de branchies pneumatiques. ]
A. Chez les Insectes à respiration atmosphérique.
[ Ce mécanisme se divise en deux parties distinctes : la première se compose des ouvertures extérieures par lesquelles le fluide respirable entre dans les trachées ou dans les réservoirs aériens de ce fluide.
La seconde se rapporte à la mobilité des parois du système trachéen ou des cavités viscérales, et aux moyens qui peuvent les dilater ou les resserrer, pour attirer l'air extérieur dans les voies aériennes de la respiration, où pour l'en expulser.
(4) Mémoire de la Société d’Histoir e Naturelle de Paris, t, L Paris, 4823,