TOTAL
Il serait possible, ajoute M. Thenard, à ce tableau analytique qu'il adopte , que les sulfates et les phosphates fussent dus à l’action des reins ; car les autres liquides du corps ne nous offrent que peu de ces sels. Le soufre contenu dans l’albumine et la fibrine serait alors converti en oxide; il en serait de même du phos-
ART. I. DE L'URINE DES VERTÉBRÉS. 549 voici le tableau de celles qui entrent dans sa compo- |
| phore de la matière grasse (1).
(4) Nous avons déjà parlé (t. vr, p. 42) de cette oxidation qui doit avoir lieu dans les reins ; c'est à M. Thénard que nous aurions dû en attribuer la première idée, Voir son Zraité de Chimie, sixième édition, t. v, 4836.
550 xxx1° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
D’après Proust, l'urine contiendrait, outre les substances que l’on y a admises jusqu’à présent, du soufre, de l’acide carbonique, de la résine et une substance noire particulière. |
Ce liquide n’est d’ailleurs plus le même, lorsque, au lieu d’avoir été recueilli d’un sujet adulte, le matin, au moment de son lever, comme on l’a fait pour déterminer sa composition la plus constante, on examine celui rendu immédiatement après les repas, ou par des hommes malades, par des vieillards, ou par des enfants. Les aliments dont on se nourrit, les odeurs même dont on est affecté, peuvent encore en modifier la composition.
L’urine de fœtus est sans couleur, sans odeur et presque muqueuse. Celle des enfants ne donne que très-peu d’urée; elle est chargée d’acide benzoïque, et ne contient pas de phosphates terreux.
Les sels et l’acide urique augmentent dans celle des vieillards ; on y trouve plus ou moins de substance mucilagineuse.
Soit l’urée, [soit l'acide urique,] à en juger par le petit nombre d'analyses qui ont été faites, constituent la partie essentielle de l’urine des animaux vertébrés. [Nous allons en présenter un résumé, en suivant l’ordre des classes. |
A. Dans les Mammiftres.
[La nature des aliments ayant la plus grande influence sur la composition de l'urine, nous exposerons d’abord les résultats des analyses de l'urine des Carnassiers , puis celle des Phytivores.
a. Parmi les Carnassiers, l’urine de lion et de tigre royal a été analysée par Vauquelin ; elle est composée, d’eau, d’urée, de mucus, d’ammoniaque libre, de phosphate de soude, de phosphate d’ammoniaque, d'hydrochlorate d'ammoniaque ; de sulfate de potasse en grande quantité, d'une trace de phosphate de chaux et de chlorure de sodium (1).
Ce chimiste célèbre fait remarquer, comme conséquences de cette analyse :
1° Que ces urines sont alcalines au moment où elles sont rendues ;
2° Qu’elles ne contiennent pas d'acide urique ;
3° Qu'on n'y trouve que quelques traces de phosphate de chaux ;
& Qu'il y a très-peu d’hydrochlorate de soude, tandis que l’urine de l'homme en contient beaucoup ;
5° Qu'il y a une grande quantité d’urée. 11 pense que l’ammoniaque ne se forme que dans la vessie.
b. Les analyses de l'urine des Mammifères phytivores, c’est-à-dire qui se nourrissent de toute espèce de substances végétales, ont été plus multipliées. Nous pouvons du moins rapporter celles de plusieurs Rongeurs, de quelques Pachydermes et de deux Ruminants. C’est encore bien peu pour la perfection que la science des compositions et décompositions moléculaires opérées sous l'influence de la vie, doit atteindre un jour.
L'urine de castor, suivant Wauquelin (2), a beaucoup de ressemblance avec l’urine des herbivores ordipaires ; elle en diffère cependant par l’abse nce de mu-
——————— tr mi
(4) Annales de Chimie, 1. 82, p. 197,— (2) Annales de Chimie,t . 82, p. 204,
559 xxxI° LECON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES
riate ( d’Aydrochlorate d'ammoniaque ) et par la présence d'une quantité notable de carbonate et d’acétate de magnésie.
Cette urine est composée d’eau, d’urée, de mucus animal, de benzoate de potasse, de carbonate de chaux et de magnésie ; d’acétate de magnésie ? de sulfate de potasse, de chlorure de potassium et de sodium, de
matière colorante végétale , d’un peu de fer, qui pour-
rait bien être provenu, ainsi que le pense Fauquelin, du vase de fer blanc dans lequel l’urine avait été reçue.]
Le même chimiste a trouvé dans l'urine de lapin, de l’eau, de l’urée, du mucus, des carbonates de chaux, de magnésie, de potasse; du sulfate de potasse ; du chlorure de potassium ; du soufre.
[ L'urine de cochon d'Inde a une composition analogue, et ne renferme, d’après l'analyse de Wauquelin, ni acide urique, ni phosphates terreux ou alcalins.
L'urine de rhinocéros est trouble, jaune, et a quelque chose de l'odeur des fourmis écrasées. Abandonnée à elle-même, il s'y forme un dépôt jaunâtre de carbonate de chaux et de magnésie, d’une matière animale azotée, de silice et d’oxide de fer ; elle contient d’ailleurs de l’urée, de l’hippurate de potasse et les sels ordinaires.
L'urine d’éléphant n’a pas d'hippurate ; mais elle renferme beaucoup plus durée que celle de rhinocéros ; elle est troublée, comme celle-ci, par des carbonates de chaux et de magnésie qu’elle tient en suspension. Suivant M. Fogel, qui a donné ces analyses, l’urine de ces deux Pachydermes ne contient pas d'huile rousse, que l’on croyait exister assez généralement dans l’urine des herbivores. ]
ART. I. DE L'URINE DES VERTÉBREÉS, 553 L'urine du cheval, très-onctueuse et très-odorante , est composée, suivant Fourcroy et Fauquelin, de:
| JET 9 0 (9 | CASSER RSR «+ 0,940 Rs 2 Dale ss à s à 005007 Sous-carbonate de chaux, .. .. . . . .. 0,011 Sous-carbonate de soude. . . . . . . . . . 0,009 Benzoate de soude, , . . . . . . . “6 #00 Chlorure de potassium. . . + . . . . + . 0,009
Il y a quelquefois du sulfate de re Ces chimistes ont encore reconnu (1) dans l'urine de cheval, de l'huile rousse, qu'ils regardent comme le principe colorant et odorant de ce liquide. [Mais M. Chevreul, en admettant ce résultat, observe que cette matière grasse se compose de deux principes immédiats, au moins, l’un colorant et l’autre odorant (2).
L’urine de chameau ayant été examinée par le même chimiste, il en a retiré : de l’eau en grande quantité; une matière animale coagulable par la chaleur, des carbonates de chaux et de magnésie, de la silice, des traces de sulfate de chaux ; des traces d’oxide de fer ; du carbonate d’ammoniaque provenant sans doute de l'altération de l’urée; du chlorure de potassium, du carbonate de potasse et du sulfate de soude en petite quantité; de l’acide benzoïque (acide hippurique) uni, sans doute, à la potasse; de l’urée ; une huile rousse (3).]
L'urine de vache est également onctueuse au toucher ; elle a une odeur forte et particulière, composée d’eau, de beaucoup d’urée, d’une matière animale extractive , de carbonate, sulfate d’hydrochlorate et de
(4) Annales de Chimie, t. 67, p. 309. — (2) Dictionnaire des Sciences Naturéelles , article Urine, t, 56, p. 552. —(5) Annales de Chimie , t, 67, p. 895.
554 xxxi° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
benzoate de potasse ; elle ne contient ni sel, ni acide phosphorique. [C’est une ancienne analyse de Rouelle, que nous conservons ici, faute d’en connaître une plus complète. ]
B. Urine des oiseaux.
Les autruches et les casoars sont les seuls, parmi les oiseaux, qui aient des urines liquides et aqueuses, qu’ils peuvent réunir dans un réservoir, et rendre par intetvalles en abondance et séparément des excréments.
Vauquelin a profité de cette circonstance pour analyser l’urine de l’autruche d'Afrique ; il l'a trouvée composée d’eau, d’acide urique, de mucus, de substance huileuse, d’hydrochlorate d’ammoniaque, de sulfate de potasse et de chaux, de sous-phosphate de chaux. L'acide urique en fait la soixantième partie ; cet oxide et les sels s’y trouvent en plus grande proportion que dans l’urine humaine.
Les autres oiseaux rendent leur urine solide avec lès excréments. Fourcroy et Fauquelin ont reconnu dans ceux de vautour, d’aigle, de poule, de tourterelle une certaine quantité d’acide urique.
La proportion d’acide urique, dans les excréments des oiseaux, varié singulièrement, suivant la nourriture animale ou végétale, suivant la proportion de l'azote des aliments. Elle était de 0,02 dans les excréments d’une poule qui ne pouvait se nourrir que d'herbes ; de 0,14 dans ceux d’un faisan nourri d'orge ; ceux d’un faucon nourri de chair en étaient presque entièrement formés (1). |
RS
(1) Annales de Chimie, 1, 76, p. 34, et. 56, p. 258, pour la singulière histoire du Guano.
ST
c. Urine des Reptiles
[ L’urine de Sauriens, etcelle des Ophidiens , les Crocodiliens exceptés, dont l'anus est longitudinal, sort du cloaque comme un cylindre de pâte molle, que la lèvre postérieure de l’anus, qui borne en arrière cette fente transversale, repousse, à mesure, contre ces commissures. Il en résulte que cette pâte, moulée en cylindre ou en cône par le cloaque, qui se contracte sur elle pour l'expulser, est contournée en spirale, et que cette forme se conserve plus ou mois sensiblement dans les morceaux d'urine que rendent ces animaux, et qui, durcis promptement à l'air, prennent la solidité des pierres tendres.
Schreibers (1) a publié, déjà en 1815, que des {ezards et des seps, qu'il conservait vivants, rendaient avec leurs excréments, et en premier lieu, un morceau de substance blanche comme de la craie, de forme cônique ou ovale, ou de forme irrégulière, et parfois raboteuse, qu'il a reconnu être leur urine ; il a trouvé cette urine solide, composée presque en entier d’acide urique (94 parties, en poids, sur 100, avec 3,92 de phosphate calcaire ).
Je ne connaissais pas cette intéressante observation, lorsque j'ai eu l’occasion de remarquer, en 1835, qu’un caméléon, que j'ai gardé vivant pendant cinq mois, rendait ainsi, séparément de ses excréments, de petites
(4) Sur l'urine des lézards, par C. Schreibers , Annales de Physique , ete. De L. W. Gilbert, t. 43, p. 83. Leipsig , 4813 ; en allemand.
556 xxxl° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
pierres d'urine, ressemblant à un moule de coquille turbinée. Elles étaient de même presque entièrement composées d'acide urique (1). Il faut observer que ces animaux ne boivent pas.
C'est à F’auquelin que l’on doit la première observa-
tion de cette singulière consistance et composition de l'urine pour l'ordre des Ophidiens, et de son durcissement à l’air en une masse blanche crayeuse.
11 l'a trouvée presque entièrement composée d'acide urique , sauf un peu d’ammoniaque, de potasse et de soude combinés à l'acide urique, et aussi un peu de phosphate de chaux et de matière animale.
Les Chéloniens et les Batraciens ont une urine bien différente ; elle est liquide, aqueuse, limpide ou peu colorée. [| F’auquelin a reconnu qu’un dépôt trouvé par Vicq-d'Azyr, dans une vessie de tortue, était composé de muriate de soude , de phosphate de chaux, de matière animale et d'acide urique. Il a trouvé plus tard de l'acide urique dans l’urine même.
[MM. Lassaigne et Boissel (2) indiquent de l’urée et de l'acide urique et différents sels à base d’ammoniaque , de soude, de potasse et de chaux, dans l’urine de Ja tortue des Indes. L'urine de la tortue géométrique et de la tortue franche, analysée par J. Davy, lui a montré de l'acide urique (3). Stoltz en a découvert dans l'urine de l’'émyde d'Europe. Cependant MM. J. Muller et Magnus (4) n'ont trouvé qu’un peu d’urée, sans
(1) Cette forme turbinée, dont on voit des traces dans quelques coprolithes, n'a fait présumer que, parmi les pierres qui ont recu cette dénomination, il pourrait s’y trouver des urolithess (/nstitut, 4855, p. 84 et 97.) — (2) Journal de Pharmacie , t. vr, p. 381.-— (3) Archives de Phys. et d’Anat., 1835, p, 214. — (4) Trans, Philos. pour 1818.
acide urique, dans l’urine de la tortue éléphantine, dont la maladie avait pu produire cette différence.
John Davy (1) a examiné l’urine de la rana taurina et du pelobates fuscus ; celle de la première ressemblait à de l’eau, était à peu près transparente et avait l'odeur du serum ; celle du pelobates était jaune paille limpide. Lapesanteur spécifique de ces urines était de 1005; elles tenaient en dissolution du chlorure sodique, de l’urée
et un peu de phosphate calcique ; il n'y avait pas d’acide urique. |
ARTICLE IN
Des reins dans les animaux vertébrés.
Ce sont les organes qui séparent l'urine. Ils existent dans tous les animaux vertébrés, et sont constamment au nombre de deux. Leur structure, comme nous le verrons, y présente deux grandes différences.
Dans les trois dernières classes leur canal extérieur y prend naissance par un grand nombre de racines (2).
Dans les mammifères, au contraire, l’uretère commence par une ou plusieurs parties évasées en forme d’entonnoir, qui reçoivent l’urine de canaux excréteurs d’un autre ordre.
(4) Annales de Chimiect de Physique, t. A8, p. 437.— (2) Nous ne changeons pas cet ancien texte, qui attribue trop généralement à tous les ovipares cesramifications des urétères dans la substance du rein. Chez les poissons, les tubes urinifères qui composent cette substance, viennent aboutir à l’uretère, et ce ne sont
pas les branches ou les rameaux de ce canal qui pénètrent dans le rein, à leur rencontre,
558 xxxI° LEÇON. DE L’URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
[On a signalé, dans ces derniers temps, une autre différence très-remarquable, entre les trois classes des ovipares et celle des mammifères, relativement à l’origine et à la distribution des veines sanguines de leurs reins, qui s’y diviseraient comme la veine-porte dans le foie. Nous en avons parlé (t. vi, p. 245-265, passim) et nous fixerons de nouveau, dans cet article, l'attention du lecteur sur cet arrangement organique et fonctionnel. ]
A. Dans l'homme.
Position, volume et forme générale des reins. Ms sont fixés dans l'abdomen, de chaque côté de la colonne vertébrale, et comme plongés dans un tissu cellulaire graisseux, de manière que le droit, pressé par le foie, descend un peu plus que le gauche, qui a particulièrement au-dessus de lui l'estomac et A rate. E a justement comparé leur figure à celle. d’un hari-
; leur bord interne présente une échancrure ou un
sinus dans lequel s’introduisent les vaisseaux sanguins et les nerfs. Le péritoine recouvre seulement d’une manière lâche leur face extérieure, mais ne les enveloppe pas.
b. Composition organique des reins. Ils sont enveloppés par une membrane propre, blanche, demitransparente, de nature fibreuse, qui adhère fortement à leur surface. On y distingue deux sortes de substances : l’une, appelée médullaire, forme sept, huit ou neuf cônes à base convexe, dont les sommets convergeni dans l’échancrure du rein, où ils sont détachés l'un de l’autre, et figurent autant de mamelons ; elle
Te M
ART. Il. REINS DES VERTÉBRÉS. 559
est pâle dans ces derniers, et rouge dans le reste de son étendue. On y remarque un grand nombre de stries blanchâtres, qui vont en divergeant des mamelons vers la circonférence de chaque rein.
L'autre substance, plus rouge, formant l'extérieur des reins, porte le nom de corticale ; elle pénètre même entre les cônes de la médullaire. Le défaut de stries, dans la première, et la différence de nuance, séparent d’une manière assez tranchée ces deux substances.
c. Vaisseaux sanguins et lymphatiques, et nerfs des reins. Chaque rein recoit de l’aorte une artère considérable (rarement deux, et plus rarement trois), qui s'en détache à angle droit, parvient bientôt dans les sinus, s’y divise en plusieurs branches, qui s’introduisent dans la substance des reins, et dont les rameaux et les ramuscules vont toujours en se divisant jusque près de leur surface. Quelques-uns percent cette surface et se terminent dans la graisse qui les recouvre. Ces ramuscules ne s’anastomosent pas entre eux; ils ont une marche plus droite dans la substance tubulée, tandis que dans la corticale ils sont très-flexueux et comme zoulés en petits pelotons.
Les veines diffèrent des artères en ce que leurs ramuscules s’anastomosent fréquemment entre eux, et forment d’abord un réseau remarquable à la surface de chaque rein. Leurs principales branches se réunissent toujours en une seule , placée dans l’échancrure au-devant de l'artère, et qui se rend dans la veine cave.
Les vaisseaux lymphatiques des reins sont très-nom- | breux. Ces organes reçoivent leurs nerfs du plexus rénal ; ils accompagnent leurs artères. i
d. Structure intime des reins. Les derniers’ ramus-
560 xxxl‘ LECON. DE L’URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
cules des artères se changent en partie en veines et se terminent, pour l’autre partie, dans les conduits urinifères (1).
C'est dans la substance corticale que ces changements ont lieu. Entrelacés avec les petits pelotons des ramuscules artériels [les corpuscules de Malpighi et le réseau capillaire sanguin ], les conduits urinifères y sont extrêmement fins et flexueux ; ils grossissent dès qu'ils sont arrivés dans la substance tubuleuse, se réunissent successivement en avançant de la circonférence au centre, composent des faisceaux qui dessinent les stries qu'on y remarque, et se terminent par plusieurs orifices béants dans la petite fosse qui se voit au sommet de chaque mamelon.
[ La structure intime des reins de l’homme et des mammifères, ainsi que celle des autres classes des vertébrés, est bien mieux connue qu’à l’époque de la rédaction précédente (faite en 1805). C'est surtout à Huschke (2) et à J. Muller (3) que la science est redevable des principaux progrès qu’elle à faits à cet égard. Ces anatomistes sont parvenus, entre autres, à démontrer que les tubes urinifères ne communiquent pas dans les polotons vasculaires artériels qui constituent les corpuscules de Malpighi.
Ces tubes naissent comme de petits cœcums, simples ou bifurqués à la surface ou près de la surface
(4) Je laisse subsister ce texte de mon ancienne rédaction, qui exprime l'opi= nion de Ferrein, soutenue encore par des anatomistes d'un grand mérite, tels que M. Berrès, etc. ; tandis que M. Huschhe, J. Muller, etc., pensent démontrer que les artères ne se terminent pas dans les conduits urinifères.
(2) Tiedemann und Treviranus Zeitschrift, Bd. 1v. — (3) De Glandularum secernentium Structura penitiori, Leipsig, 1885.
ART, H. DES REINS. 5b4 de la substance corticale, le plus ordinairement sans dilatation à leur origine. Hs sont plus ou moins flexueux dans toute l'étendue de la substance corticale chez Jhomme et la plupart des mammifères, où seulement près de sa surface (dans le rein du cheval) (1).
En passant de la substance corticale dans la substance tubuleuse ou médullaire, ils se redressent peu à peu, de sorte que dans cette dernière partie du rein ils sont dirigés, comme les rayons, de la circonférence au centre, c’est-à-dire dans le mamelon où ils ont leur embouchure. Dans leur marche concentrique, ils se réunissent successivement, dichotomiquement, ou par deux ramuscules qui forment un rameau; par deux rameaux qui forment une branche, etc.
Is sont séparés, jusque dans la substance corticale, par faisceaux assez distincts, comprenant les tubes qui appartiennent à chaque mamelon, et qui viennent s’y terminer. Ce sont les ramilications des vaisseaux sanguins qui les séparent; ces ramifications forment partout des réseaux, par leurs nombreuses anastomoses; mais entre les cônes de la substance tubuleuse celles-ci sont moins fréquentes et les mailles des réseaux plus allongées. C'est plus particulièrement le réseau capillaire de la substance corticale dont les ramuscules artériels qui sortent des pelotons ou des corpuscules de Malpighi font partie, qui est, avec les tubes urinaires d’origine, le siége de la sécrétion du rein.
Ces pelotons ou corpuscules de Malpighi , qui s’injectent facilement par les artères, sont composés de
PS
{4) Zbid., pl. xiv, fig. 9.
062 xXxI° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES,.
ramuscules artériels repliés sur eux-mêmes et se continuant ensuite dans le réseau capillaire sanguin de cette substance (1).
Les tubes urinifères des reins de l’homme ont dans les papilles 0,01/453 p. p. ; au milieu de la substance médullaire, 0,00489 p. p.; dans la substance corticale, de 0,00140 — 0,00188 p. p. Ces conduits urinifères sont aux corpuscules de Malpighi, relativement à leur diamètre, comme 1-53. Le diamètre des plus petits vaisseaux sanguins des reins de l'homme est de 0,00037 p.p. — 0,00098; celui des Corpuscules de Malpighi 0,00700 , de sorte que ces corpuscules sont 13-18 fois plus grands. Ces mesures sont de M. Jean Muller. ]
e. Uretère où canalexcreteur des reins. Un ou plusieurs mamelons sont embrassés par une gaîne membraneuse de forme cônique, que l’on appelle calice ou entonnoir ; chaque rein a de cinq à huit de ces entonnoirs, qui se réunissent dans son sinus pour former un réservoir commun, ou bassinet. L’urine passe de ce dernier dans l’uretère, canal également membraneux, qui descend le long des lombes, pénètre dans le bassin, se glisse derrière la vessie urinaire, perce obliquement son bas-fond de manière à former un pli qui permet l'entrée de l’urine dans cette vessie et l'empêche d’en sortir. Ce canal, ainsi que le bassinet et les calices, sont formés de deux tuniques : une externe, propre, forte, résistante, [en continuité avec la membrane propre des reins; ] l’autre interne, muqueuse, très-mince,
(4) On aura une id'e bien nette de cette structure en étudiant les fig. 1-17, surtout la fig. 111, de la pl. xx des /cones Physiologicæ, publiées par M. R. Wag-
ner, Leipsig, 1839,
ART. {l. DES REINS. 563
qui tapisse leur cavité [et semble un prolongement de la membrane des conduits de Bellini].
B. Dans les mammiferes.
Les reins des mammiferes sont essentiellement semblables à ceux de l’homme dans leur structure intime. Le sang s'y rend et s'en retourne par des vaisseaux analogues, qui se distribuent dans leur intérieur de la même manière. On y distingue de même deux substances, ayant la même apparence que celles des reins de l’homme; mais ceux des mammiféeres présentent des variations dans leur position, leur forme, l’épaisseur relative des deux substances; le nombre ou l'absence des mamelons, d'où dépendent le nombre ou l'absence des entonnoirs et la présence ou le défaut d’un bassinet, et enfin dans leur division en reins plus petits. |
Au contraire de ceux de l’homme, c’est le droit qui est toujours le plus avancé ; 11 dépasse quelquefois le gauche’ de la moitié de sa hauteur, et même davantage, etil se creuse dans la partie correspondante du foie une fossette où se loge le sommet de cette partie avancée. Leur forme est le plus souvent semblable à celle qu'ils ont dans l’homme ; cependant on les trouve à peu près globuleux dans les chats, les coatis, les tatous, etc. ; très-allongés dans le paca, le cochon, le porc-épic ; à peu près cylindriques dans le /ama ; courts et triangulaires dans le cheval.
La différence la plus importante qu'ils présentent est relative à leur division. On sait que dans le fœtus humain, ils sont composés d’un nombre variable (9-17) de reins plus petits, plus ou moins distincts, dans cha-
564 xxxi° LEÇON. DE L'URINE ET DES ORGANES URINAIRES.
cun desquels on distingue deux substances, un niamelon et un calice. Ces petits reins se confondent ni l'adulte.
Ceux de plusieurs mammifères conservent dans tous les âges une division analogue ; on n’en voit, à la vérité, que des vestiges dans les reins des chats ; leur surface a quelques grandes bosselures séparées par des sillons peu profonds. Mais dans le bœuf et l'éléphant les lobes de chaque rein ou les petits reins sont déjà bien séparés ; on en compte vingt-six à trente dans le premier, et quatre seulement dans le dernier. Ils sont bien plus distincts encore dans l’ours des Alpes, la loutre commune , les Carnassiers amphibies et les Cetacés, chez lesquels leur division est telle qu'on les compare à des grappes de raisin. Ce sont, à la lettre, des aglomérations de reins plus petits, de forme polygonale, parfaitement semblables, pour la structure, aux plus grands. Dans la loutre, on en compte dix dans chaque rein; il yen à de quarante-cinq à cinquante-six dans les ours ; cent vingt à cent quarante dans les phoques . et plus de deux cents dans le marsouin, le dauphin et le rorqual jubarte (1).
[ À quelle loi cette particularité de forme estelle soumise ? Ce qu'il y a de plus évident, c’est son rapport avec le séjour dans l’eau ; puisqu'on l’a observée chez tous les mammifères aquatiques monodelples , dont les reins ont paru d’ailleurs plus grands, à proportion, que chez les mammifères terrestres. L'oruithorhynque, parmi les mammiferes MmATSUpPIauT aquatiques, ne les a pas divisés, Le volume absolu semblerait aussi
45 D'après J, Huoter:; Trans. Philos, pour 1787.