II. STRUCTURE DES POUMONS
Chaque bronche se continue dans l'intérieur des poumons, avant de s’y terminer. Elles se portent, dans la tortue grecque, jusque vers la partie la plus reculée des poumons, sans changer de diamètre d’une manière bien sensible, et communiquent avec les grandes cellules qui composent ces viscères, par dix à douze larges orifices , dont les bords sont relevés pour former un commencement de canal, et sont comme déchirés.
Dans les tortues de mer, les bronchés pénètrent de même dans l'intérieur des poumons jusqu'à leur extremité postérieure , mais en diminuant, à mesure, de diawètre : leurs parois y sont criblées de trous, par lesquels elles communiquent dans les cellules pulmonaires,
[Ajoutons à cette description, que la bronche s’introduit dans le poumon un peu en arrière de son sommet; qu'elle est superficielle et rapprochée de sa face inférieure ; qu’elle la parcourt d’avant en arrière , plus près de son bord interne que de l’externe, et qu’elle conserve des cerceaux grêles, irréguliers dans plus de la moitié de sa longueur (environ trente).
Outre les petits orifices dont ses parois sont percées, dans leur seconde moitié seulement, et lorsqu'elles sont dénuées de cerceaux, on en voit, du côté interne, une série régulière de douze à quatorze p plus grands, qui diminuent de diamètre à mesure qu'on les observe plus en arrière. Il y en a même en avant, dans la portion de la bronche armée de cerceaux, une seconde série, du côté externe, de six ou sept grands orifices. Tous ces orifices PRRTAT à des sacs, ou à des cellules principales dont se compose chaque poumon.
Ces bronches forment donc un canal plus complet, avantles parois plus soutenues, plus résistantes dansles
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chélonés que dans les tortues de terre. C'est une ressemblance, ou du moins une analogie évidente, nous ne pouvons nous empêcher de le faire remarquer, avec ce que nousavonsobservé danslesmammifères aquatiques; quoique, dans les tortues, le but de cette organisation, : relativement à l'embarras de la circulation pulmonaire, durant la submersion des vertébrés à double circulation, n'existe pas.]| |
Les ouvertures de la bronche, que nous avons dit être au nombre de dix à douze, dans la tortue grecque, communiquent dans autant de poches séparées dont les parois sont composées de même de cellules polygones, dans lesquelles il y en a de plus petites. Chacune de ces cellules est bordée par des cordons blanchâtres, et comme tendineux , qui semblent destinés à soutenir leurs parois, et attachentles sacs aux orifices de la bronche, en se fixant à leur bord. Les poches, ou les cel lules principales, sont beaucoup moins grandes et plus " nombreuses dans les tortues de mer, et répondent au ” crand nombre d'orifices dont la bronche est criblée; mais on y remarque de même les nombreux cordons qui . Û forment et soutiennent les cellules, et donnent aux poumons de ces animaux l'apparence d’un tissu caverneux. ar
[On voit, par cette description, que le tissu pulmonaire des chéloniens est, en général, celluleux. Leurs poumons sont d’abord partagés en grandes poches ou cellules transversales, situées de chaque côté de la bronche, dont les internes sont moins profondes que les externes , par suite de la position de ce canal, qui marche, comme nous l'avons dit, d'avant en arrière, plus rapproché du bord interne de chaque poumon.
til. STRUCTURE DES POUMONS, 151
Le nombre de ces grandes cellules latérales varie dans les differents genres de cet ordre.
J'en ai compté sept à huit, de chaque côté, dans la tortue coui. Boyanus n’en indique que sept en tout, dans l'émyde d'Europe. y en a autant que de grands orifices dans la bronche des chélonés ; mais ici ces grandes cellules sont moins distinctes, parce que la structure du poumon est beaucoup plus celluleuse, ou se compose de cellules plus compactes. À cet égard, je trouve une grande différence entre les tortues de terre-et les chélonés.
Dans les premieres, les parois des grandes cellules sont divisées en cellules polygones, dont l'entrée est soutenue par un cordon élastique assez gros. Elles en renferment plusieurs séries qui vont en décroissant dans leur profondeur, et qui sont bordées et soutenues par des cordons plus fins, jusqu’à ce que leur fond réponde à la paroi extérieure du poumon.
Dans les chélonés, le tissu pulmonaire, plus compacte, est formé d’un réseau à mailles plus serrées, dont le cordon est très-dur et résistant. Les principales cellules latérales, dans lesquelles conduisent les grands orifices de la bronche, sont plus petites ; et le nombre des petites dans le même espace m'a paru plus grand. ]