‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 91 sur 133 · ST PSG ES 5 AR SE CP · texte numérisé non relu

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fibres aponéyrotiques qui remplissent cet intervalle. Aide des fibres transversales du pharynx, qui vont d’un os pharyngien à l’autre, ce muscle doit agir avec beaucoup de difficulté pour rapprocher ces deux os l’un de l'autre, en faisant glisser leurs dents contre la dent supérieure. Leur action, comme l’on voit, appartient plutôt à la déglutition qu’à la respiration; mais leur histoire ne pouvait être séparée de celle des précédents.

[L’adducteur n’est pas toujours, comme dans les cyprins , un muscle à deux ventres. Dans la baudroye, les fibres circulaires obliques du pharynx, qui s’attachent au bord inférieur des os pharyngiens, font l’oflice d’adducteur de ces 0s.]

Les muscles des os pharyngiens inférieurs sont particulièrement forts et multipliés dans la carpe et en général dans les cyprins, chez lesquels ces os sont de véritables mâchoires inférieures, armées de fortes dents, propres à broyer, et qui broyent en eflet les aliments contre une espèce d’enclume fixée sous la partie postérieure de la base du crâne. (Voy. lec. xvrit, p. 6:12 du t. 1v, 1° partie, pour les os, et leçon xvn, p. so2etsuiv., pour les dents.)

Afin d'exercer cette action, ces os avaient besoin d’être plus mobiles qu'ils ne le sont ordinairement ; voilà pourquoi [ils sont mus à la fois par les muscles des pharyngiens inférieurs et par les analogues des pharyngiens supérieurs.

Le meunier a deux petits muscles coraco-pharyngiens, ou plutôt coraco-syntranchiaux , qui s'attachent en arrière, sur l'extrémité antérieure des os coracoïdes, traversent le tubercule que forment en avant les deux os pharyogiens réunis, et vont se fixer sur un ligament

médian, qui attache les extrémités réunies de ces os à la dernière paire d’arceaux.

Les rétracteurs des pharyngiens ou les coraco-pharyngiens supérieur el inférieur, sont disposés comme dans le plan ordinaire; seulement ils ont ici une grosseur proportionnée au levier qu’ils doivent mouvoir.

H y à des rétracteurs où des synbranchiaux pharynsiens, et un digastrique adducteur que nous avons décrits.

Les élévateurs des pharyngiens inférieurs forment trois paires de muscles analogues à ceux qui agissent, dans le plan ordinaire, sur les os pharyngiens supérieurs. Ce sont d’abord :] 1° Un muscle extrêmement fort, fixé supérieurement sur les côtés de la base du crâne, derrière l’adducteur de l’opercule, et qui s’attache d’autre part à l'extrémité supérieure de l'os pharyngien de son côté. Il le soulève en le tirant un peu en dehors.

2° Un autre muscle attaché au bord interne de cette même extrémité; [il se porte de là presque verticalement et un peu en dedans, sous la partie correspondante de la base du crâne, où il a son attache fixe]. Ge muscle tire l'extrémité supérieure des os pharyngiens en haut et un peu en dedans.

3° Un troisième muscle fort, qui tient par son extrémité antérieure à la partie moyenne des os pharynsiens, et va obliquement, en arrière et en dedans, se fixer à l'extrémité postérieure de l’apophyse occipitale, a pour emploi de tirer les os pharyngiens en rrière.

c. Muscles de l'appareil hyoide qui agissent indirectement sur l'appareil branchial.

Outre les muscles propres aux branchies et qui les meuvent immédiatement, nous ne devons pas oublier d’en indiquer ici deux paires qui, quoique n’agissant sur les ares que d’une manière médiate, n’en ont pas moins une grande influence sur leurs mouvements. Ce sont deux muscles irès-forts, qui forment en arrière la paroi inférieure de l’abdomen, et plus en avant celle de la poitrine, s’attachent à la partie inférieure des premières côtes, puis à celle de l’os en ceinture, le coracoïde, et passent de cet os, rapprochés l’un de l’autre, à la face supérieure de l'os en forme de cœur, ou du corps de l’hyoïde. Istirent cet os en arrière, et, par son moyen, les extrémités antérieures des branches hyoiïdes, la langue et toutes les extrémités inférieures des arcs branchiaux , qui sont en même temps portés en bas; ils ouvrent, sans doute, ces arcs avec plus de force et avec plus d’effet que tous les muscles propres des branchies, que nous avons dit être destinés au même usage. [Ces muscles ont été indiqués (t. 1v, 1° Partie, p. 546) comme les analogues des sterno-hyoidiens. |

B. Mécanisme de la respiration dans les Poissons cartilagineux.

S I. Des cavités branchiales.

a. De leur nombre, de leur position et de la structure de leurs parois.

{Le nombre des cavités branchiales est loin d’être le 7 17

200 xxIX° LEÇON. ART. V. RESPIRATION ÉRANENIALE, même dans cette grande sous-division de la elasse des poissons.

1°. L'Ordre des curtilagineux à branchies libres tend déjà à varier, du moins pour la famille des chimères 3 mais celle des sturoniens n’a qu’une cavité branchiale de chaque côté, disposée exactement comme celle des poissons osseux. Elle s’en distingue principalement par une composition plus simple de l’opercule.

Les polyodons, qui forment un genre très-rapproché des esturgeons, n’ont de même qu’une cavité branchiale de chaque côté, avec un opercule plus complet, ainsi que nous le verrons tout-à-l'heure.

Les chimères forment le passage entre les poissons à branchies libres et les poissons à branchies fixes ; elles n’ont, en apparence, qu’une seule cavité branchiale de chaque côté, à en juger par l'orilice extérieur unique ; mais pour peu qu'on y pénètre, on observe quatre poches branchiales à cloisons incomplètes (1).

2°. Dans le deuxieme Ordre des cartilagineux, ceux à branchies fixes, les Sélaciens ont toujours cinq cavités branchiales de chaque côté, formant une double série latérale immédiatement derrière la téte. On voit que le nombre de ces poches respiratrices est égal à celui des fentes branchixles de la plupart des poissons os= seux qui ont quaire arceaux. Aussi la composition des branchies, dans les Selaciens, est-elle bien plus rapprochée qu'on ne le pense communément, de celle des

(4) M. Cuvier a très-bien indiqué cette circonstance ( Aégne Animal, p. 851); mais le texte de cet ouvrage indique cinq cavités branchiales ; on n’en trouve que quatre dans Ja chimére arctique.

poissons osseux. Les parois des poches, ou les cloisons qui séparent les branchies des premiers, ne sont qu’une extension d’un commencement de cloison qui se voit dans ces derniers, entre les deux séries de lames que supporte un même arceau ; extension qui co-existe avec un développement simultané de l’opereule membraneux.

L'appareil branchial est à la vérité moins avancé que dans les poissons osseux, et il occupe dans les Sélaciens un plus grand espace, résultant de la séparation des branchies en un certain nombre de poches distinctes. Mais sa situation relative n’est pas changée pour cela. On le trouve toujours suspendu, pour ainsi dire, entre l’hyoïde qui est en avani et la ceinture cartilagineuse qui tient lieu des os de l'épaule, en arriere.

. Il en résulte que les mouvements de l’hyoïde et ceux de l'épaule influent plus ou moins sur ceux des organes de la respiration. On retrouve, dans ces rapports, ceux qui existent entre ies imémes appareils dans les vertébrés à poumons.

Dans l’autre famille de ce dernier orûre, celle des Suceurs , le nombre &es poches branchiates est géuéralement de sept, rarement de six, pour chaque série latérale (1).

(4) Il y aurait même une espèce de l’ancien genre Heptatrème, Dumériz, qui n'aurait que six poches branchiales à droite, ct sept à gauche; c’est le Bdellostama Heterotrema &e J. Müller. Cette asymétrie singulière ne serait-elle pas une variété accidentelle ? Je suis d’autaut plus porté à le croire, qu'un exemplaire du Gastrobranchus cæcus, que je dois à l'amitié dont m'honore M, Jocubson, a sept cavités branchiales; tandis que Bloch, Evrard Home, ei J, Müller n’en figurent que six dans le même poisson,

292 xxIx° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCUIAIE,

La structure de ces poches n'est pas la même dans les différents genres de cette famille, Les lamproyes, ainsi que les ammocétes, les ont moins compicies que les myxinoides. Elles n’ÿ sont composées que par les deux diaphragmes musculo-aponévrotiques qui séparent chaque poche de la suivante et de a précédente. Je ne parle pas de la paroi antérieure de la première poche, ni de la paroi postérieure de la dernière, qui ont des limites analogues aux Jimites ordinaires. Ces diaphragmes, qui supportent les lames branchiales, s’attachent en dehors sous les grands muscles fléchisseurs, et, en dedans, au canal branchial et conséquemment entre chaque ouverture extérieure ou intérieure.

Dans les myrinoïdes, au contraire, chaque sac branchial, formé par une sorte de plèvre épaisse et blanche (du moins dans la myrine glutinosa)., en une poche ronde, compacte, indépendante de la précédente et de la suivante, dont les paroïs sont bien distinctes des muscles consiricteurs qui l’entourent; cette poche ne s'ouvre dans le pharynx, ou en dehors, que par l’intermédiaire d’un canal plus ou moins long, à parois

musculeuses et contractiles. |

D. Communication des cavités branchiales avec la cavité buccale.

1°. Dans les Cartilagineux & branchies libres.

[Les Sturoniens n'offrent rien à cet égard de bien particulier.

Îl y à cinq fentes branchiales, comme dans la majorité des poissons osseux, qui vont en diminuant d'é-

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