‹ Lecons d'anatomie comparée (volume 5)Chapitre 92 sur 133 · GEO RTE OR EE · texte numérisé non relu

GEO RTE OR EE

SON MÉCANISME DANS LES POISSONS. 293 tendue de la première à la dernière. La première est bornée de même, en avant, par les branches hyoïdes, et la dernière par de petits os pharyngiens inférieurs. Ces fentes sont garnies, de chaque côté, par un rang de productions plates et pointues, assez consistantes, qui

se voient même sur les os pharyngiens. Le nom de pa-

pilles ne leur conviendrait plus, à cause de leur grandeur.

Dans la chimère arctique, il n'y a que quatre fentes branchiales, le dernier arceau n'étant pas séparé du pharyngien qui le suit.-Leur proportion va de même en diminuant de la première à la quatrième. Il n’y à qu’un rang de papilles sur le bord antérieur de chaque arc, peu développées, et cependant plus petites sur le dernier que sur le premier.]

2°. Les Curtilagineux à branchies fixes.

[Les Selaciens ont toujours cinq fentes branchiales qui

répondent à la partie la plus reculée de la cavité buccale ou au pharynx.

Leur position, assez distante, semble prolonger en arrière cette dernière partie. Leurs bords s’y trouvent garnis de papilles, qui rappellent les productions plus fortes des poissons osseux. Dans les squales, elles ressemblent beaucoup plus que dans les raies, par leur forme et leurs proportions, à celles que nous avons étudiées dans la premiére sous-classe. Elles diminuent de méme sensiblement de la première à la cinquième; et c’est surtout la piece branchiale supérieure de chaque arc, qui finit par n'être plus séparée de la suivante.

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Les Suceurs se divisent, sous ce rapport, en ceux qui ont un canal branchial, une sorte de trachée-artère, ce sont les lamproyes ; et en ceux dont les poches branchiales s'ouvrent dans un long pharynx, ce sont les ammocetes et les myxinoïdes. 4

Dans les /amproyes (la lamproye marine}, la cavité buccale est séparée de la cavité pharyngienne par un détroit dans lequel se trouve la langue, dont les mouvements de va et vient ouvrent ou ferment cette communication.

La cavité pharyngienne. assez profonde (1), a, dans son fond, deux ouvertures au-dessus l’une de l’autre; la supérieure est le commencement de l’œsophage, l’inférieure conduit dans le canal des branchies, sorte de trachée-artère que présentent ces poissons, par une disposition organique exceptionnelle dans cette classe. Entre ces deux embouchures, il y a une espèce de voile membraneux, dont le bord libre, dirigé en avant, est festonné de manière à présénter deux pointes et trois échancrures semi-lunaires, dans la lamproye marine, et porte quatre très-longues papilles (d'environ 0,005 mm. ). Îl doit pouvoir couvrir l’une ou l'autre communication, suivant les besoins de l’animal.

Ce même voile forme, dans le commencement du canal branchial, deux valvules semi-lunaires, dirigées en arrière, qui doivent fermer ce canal, toutes les fois que l’eau tend à refluer des branchies dans la cavité

pharyngienne. | "Li

(4) Nous n'avons pas été assez explicite à ce sujet, 1. IV, première Partie, p. 403.

Le canal branchial, qui a exactement la longueur de l’espace occupé par les branchies, communique de chaque côté par sept larges orilices dans les quatorze poches branchiales. Leur bord postérieur est saillant, et l'antérieur rentrant, Cet arrangement facilite l'entrée de l’eau qui arrive de la bouche, et rend sa sortie des poches branchiales plus difficile, en faisant que l’eau, qui aurait pénétré dans le canal branchial par un orifice postérieur, pousserait le bord libre de l'orifice suivant contre cet orifice.

Dans l'ammocète, nous avons déjà dit que les poches branchiales s'ouvrent par autant de très-larges embouchures, dans un long pharynx, au-delà duquel seulement commence l’œsophage. Ce pharynx parait comme un crible analogue à la cavité buccale des clupés, dans lequel on ne voit, en haut et en bas, que les larges ouvertures des poches branchiales et les fentes qui indiquent les intervalles des lames.

C’est encore la même disposition dans les myæinoidres, relativement à la communication du pharynx dans les capsules branchiales; avec cette différence cependant que lesembouchures qui conduisent du long canal pharyngien, dans chaque sac branchial, sont très-petites, et qu’elles ne donnent pas immédiatemeut dans chaque poche, mais dans un petit canal qui s’y rend, ]

c. Issue exterieure des cavites branchiales ; disposition organique qui tient lieu d'opercuie.

1°. Dans les Cartilagineux à branchies libres.

[L'issue extérieure des branchies est unique dans Les

296 xx1x° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

Sturoniens, comme dans l'immense majorité des poissons osseux. La cloison commune qui sépare les doubles séries de lames branchiales ne s'étend que jusqu'au tiers de leur hauteur, et laisse libres et détachées de l’opercule, toutes les lames de chaque arc branchial, ainsi que cela se voit dans le plan ordinaire. Sous ce rapport, les Sturoniens sont des poissons à branchies libres; mais leur opercule est très-incomplet pour sa composition, et n’a plus de mouvements propres.

Cet opercule couvre cependant complétement l'ouverture extérieure des branchies. 11 n’est formé que par la pièce préoperculaire des poissons osseux, ainsi que nous l'avons déjà dit (t. KV, Part. 1, pag.164), et par la peau qui le recouvre et le déborde, de manière à s'étendre sur toute l’ouverture branchiale. Cette pièce n’a d'autre mouvement que ceux que lui imprime le temporal, contre lequel elle est appliquée.

La partie membraneuse mobile de l’opercule des poissons osseux manque absolument ici, ainsi quelesrayons branchiostèges qui la soutiennent, quand elle existe.

Dans le polyodon feuille, la fente branchiale est plus étendue en dessus, que dans aucun autre poisson; mais elle se termine en bas bien en decà de l’arc mandibulaire. L’opercule est plus complet que dans les êsturgeons; il est formé essentiellement de la pièce mobile à laquelle on réserve plus particulièrement le nom d’opercule. Cette pièce estcomposée d’une plaque cartilagi-

neuse et de rayons de même nature, soutenant une par--

tie membraneuse. Cette partie membraneuse s'étend en bas, et s’unit comme une sorte de membrane branchiostège, mais sans rayons, à la peau inter-mandibulaire.

Dans la chimère arctique il n’y a de même qu’un orifice extérieur large, ovale, situé au-devant de la nageoire pectorale. La peau, qui s'étend sur toute la cavité branchiale, comme dans les anguilliformes, renferme un rudiment d’operculeet des rayonsoperculaires; nous y reviendrons en décrivant l'appareil hyo-branchial.]

2°. Dans les Cartilagineux à branchies fixes.

[Les Sélaciens ont cinq orifices extérieurs de chaque côté (les squales), ou bien à la face inférieure du corps (les raies).

Ces orifices sont des fentes transversales dans cellesci, ou verticales dans ceux-là, dont la dernière touche à la nageoire pectorale.

La peau quiles circonscrit forme comme deux lèvres, dont l’antérieure, doublée de fibres musculaires, s’applique sur la postérieure,

Dans les lamproyes, parmi les Suceurs, il y a sept ouvertures branchi4les extérieures de chaque côté; ce sont de petits orifices ronds, dont les lèvres qui les circonserivent sont disposées d’une manière inverse de celles des orifices internes, c’est-à-dire que c’est le bord antérieur qui forme une lèvre mobile et contractile, ainsi que nous venons de le dire pour les Sélaciens, dépassant cette ouverture et pouvant la fermer en s’appliquant contre elle; elle a, à cet effet, des fibres musculaires transversales, sous-cuianées, qui revêtent l’anneau cartilagineux qui entoure cette ouverture, et la rend béante quand la contraction musculaire ne la ferme pas. Le bord postérieur du même orifice porte,

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en dedans de la poche branchiale, deux valvules en forme de languette qui servent à fermer cet orifice en dedans, MA que la lèvre extérieure et antérieure le ferme en dehors. Ces valvules sont plus développées, à proportion, dans Ja lamproye marine que dans la fluviatile.

Les ammocetes ont le même nombre d'ouvertures extérieures semblablement disposées.

Dans la petite famille des Myæines, les heptatrêmes, Duuéris (Bdellostoma, 3. Murrer), ont de même autant d’orifices branchiaux extérieurs, distincts, qu'il y a de poches branchiales. Mais le nombre de ces poches est de six ou sept, suivant les espèces. Nous avons dejà dit qu'à ces orifices aboutissent de petits canaux qui vont obliquement s'ouvrir dans chaque poche.

Les gastrobranches ont une organisation un peu différente. Chacun de ces conduits membrano-musculeux d’un même côté se rend à un orifice unique percé sous le ventre, à côté de celui du côté opposé; de sorte que le plus long etle plus intérieur est le pre mier, et le plus court ri dernier. |

L'orifice droit est d’ailleurs plus grand que le gauche, parce qu'il est en même temps laboutissant du canal œsophago-cutané (1). s

(4) Ce canal établit une communication immédiate entre l’origine de l’œsophage et l'extérieur, communication bien extraordinaire , sorte d’évent profond, dont j'ai omis de parler en décrivant Pœsophage de ces animaux. ( Voir Æv. Home, Lectures of Comparat. Anatomy, Labl, xzvur, fig. 3; et J. Muller, op. Cit., pl. vas, fig. 45, c.f.)

$ I. De l’hyoide et des arcs branchiaux , ou de la charpente kyo-branchiale considérée dans é différentes familles des Cartilagincux.'

[Nous décrirons successivement ces deux appareils dans les deux ordres et les différentes familles de cette sous-classe, afin de faire mieux comprendre le mécanisme dont ils font partie, et de parvenir à ce but physiologique, s’il est possible , indépendamment de toute idée théorique sur la détermination des différentes #50 ces qui entrent dans leur composition.

Nous avons déÿà traité de l’hyoide dans notre t. IV, 1° Partie, à l’occasion de la déglutition ; mais en le considérant ici, dans ses rapports avec les organes de respiration, nous cherchercns à compléter son histoire anatomique et physiologique. ]

a. {ans les Cartilag oineux à branchies libres. 1°, Dans Les Sturoniens.

[æ. De lhyoide. L'appareil hyoïde des, poissons de cette famille ne diffère pas essentiellement des poissons osseux. Il se compose, à la vérité, seulement des branches hyoïdes ou des cornes antérieures, et d’un cartilage intermédiaire qui peut être considéré comme un uro-hyal: I] n’y a point d’osselet ou de cartilage hors de rang qui répondrait au basi-hyal. Chaque branche est formée elle-même d’un petit cartilage styloide arrondi en cœur, qui n’est séparé de l'extrémité inférieure du temporal que par l'exMARIlS supérieure et

300 xx1x° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

postérieure du jugal (temporal articulaire), sous laquelle il s'articule (t. IV, 1° Partie, p. 165). L’autre pièce de la corne hyoïde répond aux deux grandes pièces principales des branches hyoïdes dans ES poissons osseux et aux deux préartic ulaires. Elle est dirigée obliquement en avant et en dedans, comme à l’ordinaire, à la rencontre de la pièce cartilagineuse intermédiaire qui s’unit à sa semblable et au cartilase synbranchial.

il résulte de cette liaison de la branche hyoïde avec le iemporal par l'intermédiaire de l'extrémité supérieure du Jjugal, que tous les mouvements d’adduction et d'abduction que ce cartilage exerce sur les côtés du crâne, agissent non-seulement sur l’opercule qui lui est adhérent, mais encore sur les branches hyoïdes. Le temporal est ici encore plus évidemment mobilisé, pour le mécanisme de la respiration, et ses muscles ont, à cette fin, une force extraordinaire.

Le protracteur, en le portant énergiquement dans l'abduction, entraine l'opercule dans la même direction, ainsi que les br anches hyoides, dont l'angle s'ouvre, dans ce cas.

Le rétracteur produit un effet contraire, c’est-à-dire qu'il ferme l’opercule, rapproche les branches hxoïdes en fermant leur angle et par suite les branchies.

Charpente de l'appareil branchial. La charpente de l’appareil branchial de l'esturgeon est absolument organisée sur le plan des poissons osseux ; mais comme il n'y à qu’une partie des pièces qui s’ossifient, et que les autres restent cartilagineuses, celles-ci ne montrent pas, d’une manière aussi évidente, leur forme et leurs terminaisons.

On sait qu'il y a quatre arceaux, comme dans la généralité des poissons osseux. Le premier est au moins une fois plus épais que les autres. Il a une pièce branchiale osseuse et une pièce articulaire cartilagineuse. La première est unie avec la pièce branchio-articulaire d'un cartilage.

Les trois ares suivants sont composés de la même manière. En arrière du quatrième se trouvent des os pharyngiens inférieurs, en partie osseux. Il y a des cartilages synbranchiaux qui sont en même temps interbranchiaux, c'est-à-dire qu'ils unissent une paire d’arcs branchiaux à l’autre.

Il ÿ à aussi des rudiments osseux de sur-articulaires, du moins pour le premier arceau.]

2°. Dans les Chimères.

[x. L'hyoide se compose d’un basi-hyal et des cornes antérieures.

Le basi-hyal est un petit cartilage situé plutôt en avant de la symphyse des cornes, qu'entre leurs extrémités, mais qui s'élève comme un prisme au-dessus du plancher de la cavité buccale, où il remplit la fonction de cartilage lingual, et où il est recouvert d’une membrane linguale molle et papilleuse.

Chaque branche hyoïde est composée d’une pièce très-forte, remplaçant les deux pièces moyennes et les préartieulaires des poissons osseux, et d’un cartilage styloïde large et plat, qui est comme suspendu à la muqueuse palatine. Douze rayons branchiostèges, plutôt tendineux que cartilagineux, descendent de la face inférieure de chaque corne hyoïde, en dedans de Ja

Lo

302 xx1x° LEÇON. ART. v. RESPIRATION BRANCHIALE,

peau, qui tient lieu d’opercule membraneux, et servent à supporter une demi branchie.

À l'extrémité inférieure du cartilage styloïde, s’articule un rudiment de pièce operculaire de forme triangulaire, dont la substance est la même que celle de ses rayons, et qui en produit elle-même, de son bord inférieur, qui est très-long, environ quatorze de différentes grandeurs. j

B. L'appareil branchialse compose de quatre arceaux, quoiqu'il n’y ait que trois branchies complètes et deux demi-branchies, une en avant sous l’opercule, et l'autre en arrière, attachée au dernier arceau, qui lui-même est joint au pharyngien inférieur.

Chaque arc a sa pièce branchiale, qui est la principale. Les trois premiers ont une pièce branchio-articulaire, qui est courte et large. Le dernier en manque : aussi son branchial est-il attaché, par l'extrémité supérieure , au pharyngien inférieur.

Îl y a trois cartilages sur-articulaires. Le premier suspend à la voûte palatine le premier et le second arc branchial. Le second se joint au troisième arc, et le quatrième s’unit à la fois au dernier arceau et au pharyugien interieur. [tient lieu de pharyngien supérieur.

Chaque arceau à un çartilage articulaire inférieur. Ce cartilage est divisé en avant et en dedans, dans les trois premiers arceaux; il se porte en arrière, au-devant de la grande plaque synbranchiale dans le dernier.

1! y à un petit synbranchial cylindrique entre la première paire d’articulaires, qui sont rapprochés. Les deux seconds articulaires restent écartés de la ligne moyenne; imais ils s’articulent avec la pièce branchiale

nor

du premier arceau. Dans l’espace membraneux que laissent entre elles les paires suivantes d’articulaires, il y à deux petits cartilages synbranchiaux de forme arrondie, qui envoient des ligaments ou des productions cartilagineuses incomplètes aux articulaires qu'ils précédent et qui les suivent. Ces ligaments interceptent quatre espaces quadrangulaires, qui se touchent par leurs angles, rangés le long dela ligne moyenne, et non par leurs côtés.

Enfin il y a, en arrière, une plaque synbranchiale considérable, de forme ovale, dont l’extrémité antérieure sert plus particulièrement à réunir la dernière paire d’arceaux et les pharyngiens inférieurs.

Ceux-ci sont deux cartilages de la forme des pièces branchiales, qui tiennent par un fort tendon commun au dernier arceau, à l'os coracoïde et à tout l'appareil de l'épaule.

Cette union fait dépendre le mouvement des branchies des mouvements des cartilages de l’épaule et de la nageoire pectorale. |

b. Dans l'Ordre des Chordroptérygiens à branchies fixes. 1°. Les Squales.

[La composition de l'appareil kyo-brancial, dans les Squales ordinaires, est la suivante :

a. L’hyoide est formé (dans la petite roussette, Île milandre, etc.) d’une plaque de grandeur médiocre arrondie, en avant, qui tient lieu à la fois de corps hyoïde et de cartilage lingual, et qui rappelle, par sa forme, le corps hyoiïde des batraciens. La ressemblance augmente, lorsque l’on considère les deux

304 xx1x° LECON. ART, V. RESPIRATION BRANCHIALE, branches qu'il produit en arrière, et qui vont, en s'écartant, se joindre par des ligaments à l'extrémité de la pièce branchiale du premier arceau. Ce sont évidemment les deux cornes postérieures ou thyroiïdiennes de l’hyoïde du plan général, et plus particuliérement des batraciens, lesquelles sont destinées à mettre l’appareil hyoïde en rapport avec l'appareil branchial,

La plaque hyoïde (ou le basi-hyal) n’a pas toujours la forme que nous venons d'indiquer. Celle de l'aiguillat estun arc étroit ettransversal, qui s'articule bout à bout avec les cornes antérieures (1).

Dans l'ange, sa position avancée hors de rang et sa forme ramassée, plus grande, la rapprochent de celle des chimères. C’est ici plutôt un cartilage lingual,

Les branches hyoïdes ou les cornes antérieures sont très-fortes dans les roussettes; elles ont exactement la forme de la pièce branchiale des arceaux. Leur extrémité inférieure est de même fourchue, pourles attaches des ligaments qui la fixent au corps hyoïde et à ses cornes postérieures. Son extrémité supérieure se continue | bout à bout avec los carré (le temporal articulaire), de manière à former un arc avec lui, comme la pièce branchiale des arceaux en fait un avec la pièce branchio-articulaire. Des rayons branchiaux, qui tiennent à ces deux pièces, augmentent encore la ressemblance. Un fort ligament unit la corne hyoïde antérieure à la mandibule, de manière que les mouvements d’un des deux appareils se communiquent à ceux de l'autre.

es

(4) M. Raihke, op. cit,, pl. ur, fig. 8-6. :

[6 Charpente des branchies. 1] y a quatre arceaux normaux, pour autant de branchies complètes. Chaque arceau se compose essentiellement d’une pièce branchiale et d’une pièce branchio-articulaire. Ces pièces vont un peu en diminuant de la première à la dernière. Dans la roussette, le milandre, ete., la branchiale du premier arceau a son extrémité inférieure fourchue. La fourche antérieure se joint à la corne hyoïide postérieure, La fourche arrondie, qui est en arrière, s’unit à la fois à la fourche antérieure de la branchiale suivante, et à une pièce articulaire, dirigée obliquement en arrière et en dedans, à la rencontre de celle du côté opposé.

Il y à une seconde piece articulaire semblable, qui se trouve dans les mêmes rapports avec Le deuxième ct le troisième arceau, puis une troisième qui lie de même le troisième et le quatrième. Ces trois pièces articulaires forment plus particulièrement, avec les trois premières pièces branchiales, trois angles saillants en avant, dont le postérieur est placé dans l’angle rentrant de celui qui précède (1).

L'ange (squalus squatina, L.) a de méme trois pièces articulaires qui continuent Îles trois premiers arceaux (prem. édit., t. IV, p. 576).

La pièce branchio-articulaire des poissons osseux est séparée ici en ses deux parties : l’une branchiale supérieure, servant à supporter une partie @es lames bran-

(4) M. Æathhe en représenie quatre n. n.n,n., fig. 5, pl. 11 de l'ouvrage cité; cette figure donne une idée exacte de Pappareil hyo-branchial des deux genres Roussette et Milandre.

En” 20

306 xx1x° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

chiales, réunie avec l'inférieure par articulation trèsmobile; c’est la plus courte ; l’autre articulaire, plus longue, servant plus particulièrement à suspendre les branchies sous la colonne vertébrale. Elle est remarquable par une apophyse que présente en bas son bord postérieur, laquelle rappelle Fapophyse de la partie correspondante dans les poissons osseux (1).

Les pièces branchiales inférieure et supérieure sup portent seules les lames branchiales, et produisent de leur convexité les rayons cartilagineux qui donnent attache au muscle diaphragme qui sépare les séries de lames (2).

Les deux synbranchiaux des poissons osseux sont représentés, dans les squales, par une ou plusieurs plaques cartilagineuses médianes, auxquelles viennent se joindre, de chaque côté, les pièces articulaires et les pharyngiens inférieurs.

Comme la principale est ordinairement assez reculiée, le premier articulaire ne l'atteint pas, mais il s’unit quelquefois à une tres-petite pièce synbranchiale antérieure (3). | |

Dans l'ange (squalus squatina, L.), la pièce synbranchiale est grande, ayant trois longues apophyses en ar-

(4) On pourra voir ces différentes pièces dans l'ouvrage cité de M. Rathke, pl. 11, fig. 2, pour le premier arceau Hienchial, et fig. 5 pour le quatrième; (&) est notre branchial, (4) la partie branchiale du branchio-articulaire, (e) la parie articulaire, £t (d) la pièce articulaire du pharyngien.

(2) Dans mes anciennes notes, je lis que je n'ai pas trouvé ces rayons dans les arcs branchiaux de l’émuissale (mustelus, Cuv. ) ; mais seulement sur les cornes hyoides et le temporal articulaire ; tandis que j'ai constaté leur existence dans le squale nez, parmi les amies et dans l'ange.

(3) Cela se voit, entre autres, dans laiguillet. Voyez M. Rathhe, op. cit,, tabl, ui, fig. 5, c. 4

rière , dont les deux latérales s’articulent avec la dernière paire d’arceaux, et bout à bout avec les pharyngiens inférieurs.

7. Pharyngiens. [Le dernier arceau peut être consi= déré comme un arc pharyngien (1). En effet, il ne porte pas de branchie, et borne en arrière, comme à l’ordinaire, la dernière fente branchio-buccale. Sa pièce inférieure est plus large, plus épaisse que les pièces branchiales des arceaux. Elle s’unit, par son extrémité inférieure, à la plaque synbranchiale unique, ou à la postérieure, quand il y en a deux. Sa pièce supérieure est un petit cartilage qui va joindre l’apophyse de la pièce articulaire supérieure du quatrième arc branchial.

d. Côtes sternales et tertébrales. Pour compléter la description de la charpente branchiale des squales, nous devons indiquer ici de petits arceaux cartilagineux, au nombre de trois, qui sont attachés sous les téguments de la face inférieure du corps, à la circonférence du diaphragme musculo-tendineux, qui sépare les deux séries de lames de la deuxième, troisième et quatrième branchie. Leur extrémité, inférieure, celle qui s'approche de la ligne moyenne, est épaisse et fourchue. L'autre est eflilée et très-mince ; elle atteint à peine la partie inférieure de l’orifice branchial.

Je les ai observés, dès 1804, dans les roussettes et

(4) Je le trouve déjà sous ce nom dans mes anciennes notes qui datent de 1804, notes que javais l'habitude de prendre après chaque dissection.

308 xxix° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIAIE,

l'émissole, et dans ce dernier, j'en ai vu de semblables entourant la circonférence des branchies du côté supérieur. Celles-ci seraient des rudiments de côtes vertébrales, tandis que les premières sont des vestiges de côtes sternales.

Cet appareil, qui paraît ici pour la première fois dans la classe des poissons, s’y montre à l’état rudimentaire ; nous le retrouverons plus complet dans les suceurs. |

I nous semble démontré que les organes de la respiration, dans les squales, sont de nouveau placés dans la poitrine, dont les parois seraient plus complétement organisées que dans les autres poissons.

Il fait voir encore que les arceaux qui supportent les lames branchiales ne sont nullement des côtes. ]

2% Dans les Rates.

[«. De l'hyoide. Cet appareil est plus difficile à déterminer dans les raies que dans les squales.

Le basi-hyal n’y forme pas plus que dans les chondro-ptérygiens à branchies libres et dans les squales, une pièce hors de rang, comme dans les poissons osseux. Il est confondu!, avec l’uro-hyal, en une seule pièce médiane transversale, qui s'étend sous le plancher de la cavité buccale, entre les deux premiers arceaux, de chaque côté.

Le premier arceau, celui qui ne supporte que la premiére série de lames branchiales, est considéré, par ai plusieurs anatomistes, comme remplaçant les branches

hyoïdes (à). Cette détermination peut être soutenue par la position de cet arceau et par une partie de ses rapports. Mais il faut avouer que s’il s'articule avec le basihyal, le second arceau participe encore davantage à cette union.

En effet, le corps hyoïde s’unit, de chaque côté, plutôt à la pièce branchiale du second arceau qu’à celle du premier, qu’il reçoit seulement après cette réunion.

On peut encore objecter que cette branche hyoïde a été transformée, du moins pour sa composition et pour sa forme, en un arceau branchial. Elle est en effet composée comme les autres arceaux, de deux parties mobiles l’une sur l’autre, la pièce branchiale et la branchio-articulaire, qui peuvent être rapprochées de même par un muscle adducteur, placé dans sa concavité. Seulement ce premier arceau, ne devant supporter qu'une série de lames, est plus faible que les suivants ; ses deux pièces ont des rayons branchiaux, qui du reste doivent être comparés aux rayons branchiostèges des cornes hyoïdes des poissons osseux.

La pièce branchio-articulaire de ce premier arceau est suspendue derrière l’articulation supérieure du temporal articulaire par un fort ligament; tandis que cette liaison n’a jamais lieu, pour les cornes hyoides des poissons osseux, que par l'extrémité inférieure de la même partie. Ce même ligament est commun à la pièce branchio-articulaire du second arceau.

Enfin, dans aucun autre cas, les branches hyoïdes ne forment d’arceau à pièces mobiles; ce sont toujours

(4) Meckel, op, cit., t, vr, p. 205, et Rathke, op. cit,, t. m1, fig, 5, a

310 xx1x° LECON. ANT. V. RESPIRATION BRANCHIALE ,

des leviers inflexibles et non brisés, composés de plusieurs pièces, qui suspendent médiatement l'appareil branchial sous la partie la plus reculée du crâne.

Ces réflexions doivent nous justifier suffisamment d’avoir considéré (en 1804) ce premier arceau de l’appareil hyo-branchial comme le premier des branchies, et de ne pas l'avoir déterminé comme une branche hyoïde.

Cependant sa position et ses rapports me font pencher, en ce moment, pour cette dernière détermination, qui a d’ailleurs l’avantage de rapprocher la composition de l'appareil hyo-branchial des Raïes, de celle de ce même appareil dans les poissons osseux. Seulement, tout en saisissant ces ressemblances théoriques, il ne faut pas perdre de vue les différences organiques que je viens d'indiquer en détail.

B. Appareil branchial proprement dit. Les arceaux normaux sont en même nombre que dans les squales, il y en a quatre de chaque côté.

Chaque arceau se compose de même d’une pièce branchio-articulaire. Celle-ci est également séparée en deux pièces distinctes, excepté dans le dernier arc, une branchiale supérieure, l’autre articulaire supérieure.

La branchiale supérieure, et la branchiale inférieure, sont larges, et supportent, comme l’arceau hyoïde,] au plus onze à douze rayons cartilagineux, soudés à leur convexité, et qui s'élèvent en divergeant entre les deux rangées de lames attachées à chaque arceau ; mais de telle sorte qu’ils touchent immédiatement à la série de lames de la paroi antérieure de chaque poche branchiale; tandis qu'il y a un muscle entre ees inêmes rayons et la série postérieure de la poche

qui précède. Outre qu'ils soutiennent ces lames, ils servent encore au mouvement des branchies, comme nous le verrons bientôt.

[La partie concave de chaque arceau estcreusée d’une fossette profonde, tout près de larticulation des portions supérieure et inférieure, pour l’attache du muscle addueteur des pièces branchiales principales et articulaires.

Les articulaires supérieurs des trois premiers arceaux sont grêles, et placées obliquement en arrière sous la vertèbre cervicale. (Prem. édit., t. IV, p. 374.)

En arrière de l’extrémité articulaire du premier cartilage branchial normal, se voit dans la rate ronce un mince cartilage articulaire inférieur. Plus en arrière on en voit encore deux autres, dont l’un part de l’intervalle des deuxième et troisième branchiaux, et l’autre de celui des troisième et quatrième de ces cartilages. Ils se réunissent sous la ligne moyerne, en partie à la plaque synbranchiale ou médiane , en partie à la pièce inférieure de l’arc pharyngien.

I n'y aurait que deux articulaires très-petits dans le rhinobatus rostratus (1). On en trouve un pour chaque arceau dans la torpille marbrée, Risso (2), et celui du premier s’y trouve articulé au bout d’une fourche de la plaque moyenne qui à l'air de le multiplier.

Il y a dans les raies, conme dans les squales, un ou deux cartilages synbranchiaux en forme de plaques assez larges, qui réunissent en bas les arcs branchiaux de chaque côté, par l'intermédiaire des petites pièces

oo

(4) M. Rathke, op. cit., pl. au, g. 5, c. c, — (2) Ibid., op, cit. , fig. 6,

312 xx1x° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCILIALE ,

articulaires que nous venons de décrire. Comme ils sont très-reculés, les pièces qui peuvent être considérées comme des pharyngiens inférieurs viennent aussi sy joindre. ]

Dans la raie batis et la raie bouclée, le cartilage médian est composé de deux larges pièces, dont l'intérieure est fourchue, et la postérieure prolongée en fer de lance. [Cette fourche peut être formée de deux pièces distinctes, qui ont l'air ajoutées aux pièces articulaires inférieures, comme dans la raie bouclée et la torpille marbrée. |

La première pièce est ovale dans la raie pastenaque (R. pastinaca ).

[ Outre les deux pièces grêles qui forment la fourche dans la torpille, il n’y a qu’une plaque cordiforme.

7. Des pharyngiens. Nous avions dit (1" édit., t. IV, p. 977), en ne considérant que l'emploi de l'arc pharyngien, qu'il tenait lieu de branche hyoïde, pour suspendre les branchies à la colonne vertébrale. Mais cet emploi est départi, en arrière, aux arcs pharyngiens, comme aux cornes hyoïdes en avant; et ceux-ci, en unissant l'appareil branchial aux os de l’épaule, lient le mécanisme des branchies à celui de l'extrémité thoracique. «

Cet arc pharyngien est composé de ] deux fortes piéces ; la supérieure s'articule sous la vertèbre cervicale, derrière le quatrième are branchial ; l’inférieure aboutit à la partie postérieure du cartilage intermédiaire ; toutes deux se rapprochent l’une de l’autre, la supérieure en descendant, l'inférieure en montant en arrière et en dehors, et se réunissent à angle aigu [au devant et sur le côté du cercle cartilagineux formé par les os

de l'épaule , ] vis-à-vis de l'articulation de la nageoire pectorale. [Cette position, qui détermine leurs rapports, doit faire considérer ces arcs comme pharyngiens.

Ils ne supportent point de branchies et bornent en arrière, ainsi que les pharyngiens des poissons osseux, la derniére fente branchiale; enfin ils répondent au pharynx de ces poissons. |

° [ Les Suceurs

S'éloignent beaucoup de tous les autres poissons par la charpente de leurs branchies, qui est ici entièrement extérieure. Il n’y a plus d’arceaux cartilagineux sur lesquels viendraient s'appuyer les lames branchiales (1), ni les rayons de même nature qui divergent , dans les sélaciens , de la convexité de ces arcs vers la circonférence des branchies.

Les petites côtes branchiales des squales sont fort développées dans les Suceurs et forment une espèce de cage thoracique trés-remarquable , qui a pour effet de soutenir les parois des poches branchiales et de maintenir ces cavités développées.

Cette cage se compose d’autant de bandes ser neuses qu'il y a de branchies, lesquelles descendent sur les côtés du corps, depuis la ligne moyenne dorsale et le tube vertébral qui s’y trouve, jusques à la ligne médiane abdominale, où elles aboutissent à une

(4) Meckel en sunpose l'existence, seulement il les dit très-faibles ; op. cit., t. vI1,p. 219. On en trouve des traces dans les ammocètes, où ce ne sont plus que des ligaments.

314 xxIx* LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE ,

bande cartilagineuse longitudinale occupant cette ligne comme un sternum.

Ces espèces de côtes, arrivées au niveau des orifices branchiaux , se détourneut pour les circonscrire en avant, ou s’interrompent pour aller se joindre à la bande qui précède ou à celle qui suit. Elles sont composées d’une chaîne d’arceaux irréguliers, qui se joignent dans le sens longitudinal, mais aussi dans le sens transversal.

Dans les ammocctes, la cage thoracique est moins compliquée; elle ne se compose que des cercles osseux, qui sont moins larges et ne s’envoyent point de branches communiquantes (1).

Daus les lamproies, la cage pectorale a en avant une branche qui s’unit au temporal ; en arrière elle forme une capsule qui renferme le cœur.

Les analogies de cette cage branchiale n’ont pas été expliquées de la même manière par les anatomistes. Nous venons de la décrire avec M. Cuvier (2), comme un développement des côtes branchiales. C’est aussi l'opinion de M. Ratkke (op. cit.). Meckel la compare à l'appareil hyoïde et aux pièces operculaires ou aux rayons branchiostèges des poissons 0sseux. «

M. G. Born veut que les bandes cartilagineuses transversales soient des arcs branchiaux, et la bande médiane inférieure, les pièces moyennes qui réunissent les arcs dans les poissons osseux. Il objecte que si l’on

(1) Mémoire pour servir à l'Histoire du Monde Animal, par H. Rathke. Halle, 4825, pl. 11, fig. 9 et 40. En allemand, —(2) Règne Animal, t. 11, p. 202 et 203.

considérait cette cage comme répondant aux côtes, il faudrait supposer que le nerf pneumo-gastrique est situé hors du thorax (Ann. des Sciences Naturelles , tome xl, pag. 26).

La cage pectorale et toute autre partie de la charpente branchiale manque dans les Myæines, dont l’organisation, sous ce rapport, s’écarte de celle de tous les animaux vertébrés.

Les arcs branchiaux sont remplacés dans les ammocètes, par de simples ligaments qui donnent attache aux lames , dont la direction est perpendiculaire à ces arceaux ligamenteux. ]

$ EL. Âuscles des branchies.

a. Dans les Cartilagineux à branchies libres.

1° [Les branchies des Sturoniens, ainsi que nous l’avons dit, sont écartées et rapprochées par le même mécanisme qui écarte et rapproche les branches hyoïdes. Ce sont les deux muscles protracteur et rétracteur du temporal , qui produisent particulièrement cet effet en agissant secondairement sur les branches hyoïdes et sur les arcs branchiaux.

Il y a d’ailleurs, immédiatement sous la peau, l’analogue du mylo-hyoidien, devenu un adducteur-des opercules ; ses fibres vont transversalement du bord inférieur d’un opercule à l’autre.

Le coraco-hyoidien, muscle assez fort, qui va du cartilage coracoïde à la branches hyoïde , en tirant cette branche en arrière , doit servir à ouvrir les arcs branchiaux.

2° Dans les Chimères, les branchies sont ouvertes par des coraco-pharyngiens, qui s'élèvent de la partie inférieure de chaque coracoïde, à la plaque synbranchiale et au cartilage pharyngien inférieur. Ils s’étendent même sous la ligne moyenne, mais un peu de côté, jusqu’au premier articulaire, et doublent dans cette direction la paroi postérieure de la cavité branchiale. Ce sont des muscles très-puissants.

Des coraco-maxilliens très-forts doublent la peau qui sert d’opercule aux branchies. Ils doivent servir à les comprimer. Les premiers sont des abducteurs, ceuxci des adducteurs.

Les mouvements des coracoïdiens qui peuvent s'incliner en avant, et s’approcher de la ligne moyenne, ou s’en éloigner en se portant en arrière et en prenant la direction perpendiculaire, portent tout l'appareil branchial dans l’adduction ou l’abduction.

Les branches hyoïdes, en particulier, sont portées dans la rétraction par un coraco-hyoïdien , muscle grêle qui va directement à la ligne médiane, à côté de son symétrique, depuis chaque coracoïde ou basi-hyal; et par un coraco-cératoidien, qui vient s'attacher à côté du précédent, à l'extrémité de la branche hyoide.

Enfin les branchies sont tirées dans l’abduction‘par un abducteur supérieur, qui s'attache sous le crâne, se dirige obliquement en descendant en arrière vers les trois plaques sur-articulaires, à la face supérieure desquelles il envoie des languettes tendineuses.]

b. Dans les Cartilagineux à branchies fixes.

1° [ Les Sélaciens, qui ont des arcs branchiaux, diffèrent beaucoup à cet égard des Suceurs.

Les muscles des branchies dans cette première famille doivent se distinguer suivant qu'ils viennent du dehors s'attacher à l’appareil hyoide où branchial.

Si l’on se rappelle ce que nous avons dit de la situation de leurs branchies, entre l'appareil hyoïde et l’épaule, on pourra prévoir que les muscles qui agissent sur les branchies de ces poissons, doivent appartenir, en partie, à l’un ou l’autre de ces appareils, et montrer de l’analogie avec ceux des poissons osseux.

Il ya en eflet, dans les Raies : &. Un coraco-hyoidien, musele beaucoup moins fort que son analogue dans les poissons osseux. [ci c’est un ruban étroit qui se détache de la masse commune des muscles sous-branchiaux fixés au cartilage transverse (le coracoïde); son attache mobile est à l’extrémité de l’hyoïde, avant son élargissement pour s’articuler aux premiers arcs branchiaux.

Parmi les muscles qui servent particulièrement à ouvrir les arcs des branchies, en tirant en bas leur portion inférieure, nous indiquerons les analogues des deux coraco-pharyngiens inférieurs des poissons osseux.

Nous avions déjà trouvé cette analogie pour le premier (1° édit. t. IV, pag. 380), quoiqu'il eût son attache mobile au cartilage moyen des branchies.

C'est: B. Un coraco-synbranchial, | musele très-fort, ; lequel est fixé en arrière et en dehors, par un tendon | épais, au grand cartilage transverse, et se portant obliquement, enavant et en dedans, sous le cartilage moyen des branchies, où il s'attache d'autre part, rapproché de son semblable. En tirant ce cartilage en arrière et en bas, ce muscle doit ouvrir à la fois les arcs des branchies qui s’y réunissent de chaque côté.

[ Le second est, par ses attaches : y. Un coraco-pharyngien. On le trouve au-dessus du précédent ; il est très-fort et s'étend du cartilage transverse, sous toute l'étendue du cartilage qui va joindre la plaque synbranchiale, et que l’on a comparé à un pharyngien inférieur.

Pour rendre l’analogie plus évidente encore, nous dirons que ces deux muscles limitent en bas la cavité où se trouve le cœur, de même que les coraco-pharyn= giens limitent cette même cavité du côté inférieur, dans les poissons osseux.

Au reste, l’'abduction des branchies, dans les Rates, ou plutôt l'ouverture des arcs est opérée à la fois par toute la masse musculaire qui se trouve sous la face inférieure et moyenne des deux séries de branchies, et qui se divise et se porte dans différentes directions, pour se terminer : 1° À la branche transverse tenant lieu de basi et d’uro-hyal, et former un coraco-hyoïdien. 2° Au cartilage styloide, qui tient lieu de temporal, et constituer le coraco-temporal ; 5° À a partie moyenne de chaque branche de Ja mâchoire inférieure, d’où résulte les coraco-géniens ; 4° À son tiers antérieur pour former les coraco-marillaires. De sorte que la bouche est ouverte par leur action, en méine temps que la cavité buccale se trouve dilatée.

Nous avons décrit ces muscles à l'occasion des mäâchoires et du cartilage hyoide qui les suspend au crâne (t. AV, 11° part., pag. 188 et 190). Si nous en parlons ici, c’est simplement pour compléter ce que nous devions dire du mécanisme de la respiration.

d. 1] faut encore indiquer ici l’analogue des abducleurs supérieurs des poissons osseux, qui n'existent pas

dans les Rates, dont les arcs branchiaux sont fixés à la | vertèbre cervicale; mais dans les squales (le rochier), dont les ares sont plus détachés de cette vertèbre.

Ces muscles, que nous appellerons Supérieurs et protracteurs des arceaux, partent en convergeant de l’extrémité antérieure du cartilage cervical, et se portent directement en arrière à l'extrémité du premier cartilage | articulaire , qui est dirigée de ce côté. Ce sont des protracteurs de ce cartilage et de son arceau.

Il y a en même temps deux muscles interarticulaires ; ! l’un qui va de l’apophyse qui est vers la base du premier articulaire, à l'extrémité postérieure du second articu-

laire.

| L'autre qui se rend du deuxième au troisième ar- |ceau. Ce sont les analogues des abducteurs supérieurs des poissons osseux.

| D'ailleurs les branchies sont plus mobiles, plus déta- |chées de l’axe vertébral, que dans les raies.

n. Les Sélaciens ont encore les muscles propres des arcs branchiaux. | Ghaque arc branchial est fermé par un muscle court, épais et cylindrique, situé en travers dans l’angle que forment les deux pièces branchiales [de chaque arceau, lesquelles sont creusées de deux fos- Isettes assez profondes, où s’attachent les deux extrélimités de ce muscle,

[ Nous avons décrit son analogue dans les poissons osseux, lequel appartient surtout au quatrième arceau; du moins chez la baudroye.

D’autres muscles appartiennent essentiellement aux parois du sac branchial. Tel est le muscle qui fait partie du diaphragme branchial, que nous décrirons plus loin. | Tel est encore :

3920 xxix° LECON. ART V. RESPIRATION BRANCHIALE,

6. Le Muscle constricteur commun des branchies.] Dans les raies et les squales les branchies sont rapprochées à la fois par un muscle qui les enveloppe toutes ensemble, de manière qu'il n’y a que le côté des branchies, qui répond à l’intérieur de la bouche, qui ne soit pas contenu dans le sac qu'il forme. À la face inférieure du corps, ses fibres sont parallèles et dirigées d'avant en arrière, sous les téguments, auxquels elles adhèrent. On y remarque cinq intersections tendineuses, qui répondent à la circonférence externe des muscles interbranchiaux. [A la face supérieure du corps, il est de même sous-cutané et adhérent aux téguments; on y. voit les mêmes intersections tendineuses qu'en bas.

Dans l'épaisseur du corps d’une face à l’autre, il est contourné par le grand cartilage antérieur de Ia nageoire pectorale, qui ceint avec les branchies, la tête et le museau de l'animal. | Ce muscle est interrompu dans une bande qui répond à la largeur des ouvertures branchiales. Lorsqu'il se contracte, il rétrécit considérablement les cavités des branchies, et doit en faire jaillir l'eau avec force.

… | Muscle constricteur des orifices branchiaux. Dans les intervalles des orifices branchiaux , je trouve des faisceaux sous-cutanés transverses, qui ont consèquemment une direction opposée à ceux du muscle précédent, lesquels se dirigent, de ces intervalles, en dehors, pour s'attacher à une aponévrose sous-cutanée , qui est entre la peau et Ies grands muscles de la nageoIre.

Ce muscle me paraît avoir pour emploi de tendre le bord libre des orifices branchiaux, en l’appliquant contre ces orifices, et conséquemment de les fermer,

2° Les Suceurs

[Manquant d'arcs branchiaux, le mécanisme des mouvements de dilatation et de contraction de leurs poches branchiales, ne pouvait être le même que dans la famille précédente.

Les muscles des branchics appartiennent ici plutôt à l'appareil operculaire qu’à l'appareil hyo-branchial.

a Dans les Lamproyes et les Ammocètes, il y a :

Un muscle constricteur commun des branchies. Toutes les branchies de la cage pectorale tiennent entre elles par des faisceaux musculeux dirigés en travers, avec plus ou moins d’obliquité, depuis la ligne médiane supérieure jusqu'à la ligne médiane inférieure.

Un Muscle du diaphragme ; on en voit des traces contre les cloisons aponévrotiques qui forment les parois antérieures et postérieures des arcs branchiaux. Ce sont des faisceaux musculeux qui recouvrent cette aponévrose. Nous les décrirons avec le diaphragme branchial. j

Le constricteur des orifices branchiaux, analogue à celui que nous venons de décrire dans les sélaciens, composé de même de fibres transversales, qui appartiennent à la lèvre antérieure de ces orifices, revêtent sous la peau le cartilage qui les borde, et le compriment contre la lèvre postérieure. Son élasticité rend cette ouverture béante, dès l'instant que l'action de ces fibres a cessé.

Les branchies se trouvent encore déprimées par les deux longs fléchisseurs du corps, l’'abdominal et le dorsal, que la série des orifices sépare.

39% xxxix° LEÇON. ART. V. RESPIRATION PRANCHIALE,

L'élasticité de la cage cartilagineuse réagit contre l'effet de ces puissances, ct leur sert d’antagoniste pour développer les cavités branchiales.

Les Myæinoïides ont aussi un constricteur commun des capsules branchiales qui descend de la ligne moyenne dorsale, et dont les rubans contournent et enveloppent ces capsules immédiatement sous les grands n muscles fléchisseurs du corps.

Ces derniers doivent aider le constricteur dans son action déprimante. | LR

C. Du diaphragme branchial, comme faisant partie du mécanisme de la respiration dans la Classe des Poissons.

[ Nous avons déjà dit quelque chose, en parlant de la structure des branchies, de ce moyen d’union des Ja-

mes branchiales d’une même série, et de séparation des

deux séries de lames d’une même branchie.

Dans cet article (1), nous nous proposons de le décrire avec plus de détails afin de faire mieux com-

prendre cette partie du mécanisme de la respiration

des poissons, qui appartient aux branchies proprement dites.

Le mot générique de diaphragme, employé souvent comme synonyme de cloison ou d’un plan qui sépare, ne peut donner lieu iei à aucune équivoque, par la désignation spécifique de branchial que je lui donne.

(4) Cet article est extrait de mon Mémoire sur de mécanisme de la respi= ration dans les Poissons, inséré dans le n° du mois d'août, des Annales des Sciences naturelles, annce 4559

Je le distingue ainsi du diaphragme proprement dit, ou de cette cloison immobile, seulement aponévrotique ou fibro-séreuse, et nullement musculeuse, qui sépare la cavité abdominale de la cavité cardiaque, au milieu et en bas, et des deux cavités branchiales sur les côtés, soit immédiatement, soit par l'intermédiaire des os huméraux.

Nul doute que cette dernière cloison ne soit l’analogue du diaphragme des mammifères par sa position et son usage de séparer les cavités que je viens de désigner.

Mais le diaphragme des poissons, qui est principalement abdomino-cardiaque, ettrès-peu abdomino-branchial, n'ayant plus d'emploi dans le mécanisme actif de Ja respiration, puisqu'il n’est plus musculeux, à perdu deux rapports essentiels de structure et d’usag, avec le diaphragme des mammifères.

Ces deux rapports se trouvent au contraire dans leur diaphragme branchial. Etudions-le d’abord dans les poissons osseux.]

S LL Diaphragme branchial dans les Poissons osseux.

[x. Dansle congre, la partie musculaire de cet appareil est très-développée, probablement par suite des obstacles qu'éprouve l’eau de la respiration pour sortir de la cavité branchiale, à travers l'issue étroite qui lui est ouverte au-dehors, et conséquenmment à cause de la lenteur de son renouvellement. I fallait y suppléer par un appareil musculaire qui agitât les lames branchiales dans l'intérieur de la poche qui les renferme.

Ici le diaphragme n'a que le quart de la hauteur des

324 xxIX° LECON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE,

plus longues lames, et la moitié seulement des plus courtes.

Les petits muscles très-prononcés qui sont dans l’épaisseur du diaphragme forment deux séries parallèles, comparables, pour cette disposition, aux deux séries marginales que nous décrirons dans l’esturgeon; répondant, pour la position, à la série basilaire des grands muscles interbranchiaux du même poisson.

La partie membraneuse de ce diaphragme est trèsmince, et sa partie musculeuse beaucoup plus épaisse.

La première se compose de deux lames externes et d’une lame mitoyenne qui n’est peut-être que celluleuse. Dans l'intervalle de ces trois lames sont deux rangées de petits muscles, qui ont leur point d’attache fixe sous la base saillante de chaque lame branchiale. Es descendent en se rapprochant immédiatement, et en joignant leurs faisceaux charnus, jusque très-près du bord libre du diaphragme ; là chaque muscle de la série d’un côté s'incline, en devenant tendineux, vers le bord interne de la lame nets à laquelle il envoie son te] 1don, € qui par: ait longer cette lame ] jusqu’à son extrémité.

La partie charnue de chaque petit muscle, qui ei proprement qu'un faisceau musculeux principal; compose évidemment de plusieurs faisceaux plus Det qui ne paraissent appartenir à un seul muscle que parce qu'ils aboutissent à un tendon commun.

En partageant le diaphragme par son axe, du bord libre à sa base, on sépare assez bien les deux rangées de ces muscles, qui appartiennent à chaque série de lames.

Ces petits muscles sont parallèles entre eux; assez

SON MÉCANISME DANS LES POISSONS. 325 généralement, ceux de deux lames voisines d’une même série sont plus rapprochés et alternent avec les muscles de la série opposée.

Cet appareil musculeux, très-prononcé et très-important lorsqu'on le considère dans son ensemble, a pour effet, ainsi que nous l'avons dit en commençant cette description, d’agiter la partie libre des lames branchiales dans la poche qui les renferme ; et comme cette partie libre et flottante est très-longue, on peut en conclure que leur action pour renouveler et multiplier les points de contact entre la surface respirante des lames et le fluide respirable est très-importante.

Le congre nous paraît être l’exemple du type le plus commun, sinon pour le développement proportionnel, qui est considérable, du moins pour l’arrangement des muscles inter-branchiaux.

b. Dans le Saumon. J'ai trouvé un type semblable dans le saumon. Le diaphragme branchial atteint seulement ici les deux cinquième de la hauteur des lames. Il y a des muscles parallèles en double rang, analogues à ceux du congre. Il semble aussi qu’il y en ait deux pour chaque lame.

Lorsqu'on observe la coupe transversale d’une paire de lames, on voit ces muscles, réunis en un faisceau dans l’axe du diaphragme, aboutir à un tendon commun qui se bifurque pour se prolonger le long du bord interne de la partie libre de chaque lame. Ge tendon paraît encore se diviser ou se bifurquer, dans le sens de la longueur, entre les deux lames d’une même série.

ce. Dans les môles. L’està M. A lessandrini que l'on doit la découverte ct la première description des muscles

326 xxIx° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE ,

interbranchiartx dans les môles, muscles qui font partie de leur diaphragme branchial. Ce savant anatomiste a d’ailleurs donné, dans Pexcellent Mémoire qu'il a

publié sur ce sujet, tous les détails désirables sur la.

structure des branchies dans ces poissons.

1°. Disposition des lames branchiales. Les deux lames correspondantes de chaque série n’y sont pas opposées, mais alternes, de sorte qu’elles se croisent dans eur

rapprochement.

Lorsqu'on écarte les deux lames voisines d’une même série, ainsi que les deux lames correspondantes de l’autre série, une des lames de celle-ci montre son bord interne et le muscle adducteur qui vient s’y attacher, et qui fait saillie au-delà du diaphragme proprement dit. Ici cette cloison n’a que le quart, tout au plus, de la hauteur totale des lames, qu'elle tient très-rapprochées vers leur base. Elle est cependant très-mince, et semble plutôt celluleuse que fibreuse ou élastique. Je

bense d’ailleurs que ce rapprochement tient davantage | à

à la disposition des lames entre elles tout-à-fait à leur base; de sorte que la membrane dermoïde qui les re-

couvre de ce côté est comme passée d’une lame à l’au-

tre, et remplit leurs intervalles (1).

2°. Cartilages accessoires des lames. Deux petits carfilages accessoires , qui ne se voient pas généralement dans les lames branchiales des poissons, caractérisent celles des môles, ainsi que l’a très-bien vu et figuré M. Æ4lessandrini, L'un, qu’il appelle basilaire (cartilago-basis , pag.8, et pl. Il, 9. 1,15,11.€t,5. 2), ,csnIdeerenne

(4) Voir la pl. 1, fig. 4-3 du Mémoire de M. Alessandrini.

triangulaire; son côté le plus court est tourné en dedans pour soutenir et circonscrire la paroi du canal hydrophore. 1 limite, par un autre de ses côtés, la base de chaque lame, et montre son sommet en dehors de cette base.

L'autre garnit le bord interne de chaque lame, en partant du premier. Nous le désignerons sous le nom de marginal, à limitation de cet anatomiste. (Loc. cit., pl I, fig, 1,5, 4, 5 et suiv.) Un peu plus large à sa base, pour se joindre à celui de Ia lame opposée, il se rétrécit et s’échancre par son bord interne, pour circonscrire le tronc de lartère veineuse, au-delà duquel il se termine.

Le tronc veineux artériel, qui est le plus interne et le plus rapproché de l'arc cartilagineux, a des parois extrêmement minces. Il répond en dehors à la cloison que M. Alessandrini regarde comme musculeuse, ct composée de faisceaux de fibres qui vont dans une direction transversale, mais non pas absolument paralièle (1), d’une série de lames branchiales à l’autre série.

Cette cloison m'a paru moins épaisse à proportion qu’elle n’est figurée dans la planche IE, fig. 5, f, du même ouvrage.

J'avais besoin de rappeler toutes ces circonstances pour bien faire comprendre les dispositions des muscles.

5°. Muscles adducieurs des lames branchiales. Chaque lame branchiale a un muscle propre, qui est destiné à

4) PL I, fig. 2-6 de l'ouvrage cité.

ee

328 xxIX° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE, agiter sa partie libre, et à la fléchir vers la série opposée des lames.

Ce muscle a son origine par un tendon grêle, sur la

base externe de la lame principale du côté opposé. De

ce point d'attache, il suit le côté correspondant du cartilage triangulaire du même côté. Ce tendon descend le long du bord externe du cartilage accessoire marginal, et conséquemment au bord opposé à celui qui circonscrit l'artère veineuse. Cette circonstance indique upe précaution, importante à remarquer, pour éloigner de cette artère l’action du muscle adducteur. Ge n’est qu'au-delà de ce cartilage que ce muscle devient charnu. Son tendon s’épanouit, dans cet endroit, en une aponévrose de laquelle partent en éventail et suecessivement ses faisceaux musculeux, pour se diriger obliquement vers le bord interne de la lame branehiale la plus rapprochée de Ia série opposée, auquel il se fixe. Le mème tendon redevient grêle au-delà de la partie charnue du muscle, et continue de longer le reste du bord interne de la partie libre de la lame branchiale jusqu’à son extrémité.

Le muscle adducteur de la lame d’une série se croise avec celui de la lame la plus voisine de la série opposée. Il en résulte que le moyen d'union des deux séries de lames, désigné dans ce travail par le nom de diaphragme branchial, au lieu de former une cloison droite, dessine une sorte de zig-zag allant de la lame d’une série à la plus prochaine de l’autre série : cette cloison se prolonge ainsi alternativement, dans un sens et dans le sens opposé, pour gagner le bord interne de chaque lame, où elle rencontre et recouvre le musck adducteur de cette lame.

Toutes les précautions sont prises pour que ce muscle ait une action très-puissante sur sa partie libre, qu'il doit agiter, sans gêner la circulation du sang dans l'artère veineuse. Cette action semble encore ici en raison des diflicultés que l’eau, parvenue dans les cavités branchiales, doit éprouver, pour son renouvellement, à cause de l'issue étroite qui lui est ouverte au dehors. ]

SIL. Diaphragme branchial dans lespoissons cartilagineux.

[a. Dans l’esturgeon, le diaphragme branchial s'élève aux trois quarts de la hauteur des lames, et présente, dans sa structure, des particularités très-remarquables, qui démontrent son importance dans le mécanisme de la respiration de ce poisson.

Son bord libre, soit qu’on le considère entre deux lames de la même série, soit qu'on l’observe entre deux lames correspondantes de chaque série, est rentrant ct arrondi.

Sa structure est essentiellement formée de ce tissu fibro-élastique, qui constitue, à mon avis, la trame principale des organes de respiration des vertébrés aériens et aquatiques. C’est ce tissu qui enveloppe et assujettit les lames branchiales, en leur fournissant une gaine; c'est lui qui se continue d’une paire de lames à l’autre, et compose essentiellement la cloison que nous décrivons. |

Lorsqu'on écarte deux lames branchiales dela même série, leur intervalle montre une portion de cette cloisop, qui est fort étroite et pointue vers leur base, s’élargit peu à peu en s’avançant vers leur pointe, se partage en fourche dans la ligne médiane, aux trois quarts de

330 xxIx° LEÇON. ART. V. RESPIRATION BRANCHIALE ,

la hauteur des lames, et se continue par ses deux fourches, le long de leur bord interne, jusqu’à leur extrémité, où elle devient très-mince.

Le tissu de la cloison, dans cette partie inter-lamellaire, outre la muqueuse extrêmement amineie qui le revêt, se compose, dans toute la longueur de la ligne

médiane, d’un ruban tout uni, blanc, comme tendi-

neux, duquel partent, vers le bord interne de chaque lame, de très-petits rubans minces, plats, ayant une teinte un peu rougeâtre dans l’état frais, dirigés parallélement les uns aux autres, mais paraissant se joindre par de rares filets de communication. La direction de ces petits rubans, d’abord transversale, devient de plus oblique, depuis la moitié de la hauteur des lames jusqu'au niveau de la bifurcation de la cloison, dont les deux fourches, évidemment tendineuses, ne sont plus composées que de la continuation du ruban médian. Examinée avec une forte loupe, cette partie médiane, plus compacte, plus homogène, d'apparence tendineuse

à l'œil simple, montre quelques traces de la continua-

tion transversale des petits rubans, qui sont ici plus rapprochés et plus serrés. Hors de cette ligne médiane, ces petits rubans ont certainement quelque apparence musculeuse, ainsi que l’a imprimé M. Lereboullet, dans sa Dissertation, mais sans se prononcer définitivement et explicitement sur leur nature, Nous avions conservé de l'incertitude sur celle-ci, malgré ma vieille expérlence.

La nouvelle étude que je viens d'en faire sur un exemplaire tout frais m'aurait laissé encore des doutes, si le raisonnement ne fût venu au secours de l'observation, et si cette dernière ne m'avait fourni quelques

FRS SESSs. 7

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