DES ORGANES DE GÉNÉRATION DANS LA CLASSE DES ACALEPHES
[Comme dans la classe précédente, nous n'aurons à décrire dans celle-ci que les organes préparateurs des ovules ou du sperme, soit séparés dans des individus distincts , soit réunis dans le même individu.
yl. Dans la Sous-Classe des Acalèphes simples.
§ 1 . Des organes préparateurs dans la famille des llléduses.
On trouve des individus avec des ovaires contenant des ovules, et d'autres individus dont les organes, ayant la même position et la même forme que les ovaires, ne contiennent que des spermatozoïdes.
Cependant M. Ehrenberg a conçu des doutes 'sur l'exactitude de ces observations, après avoir découvert, chez un individu de la médusa auritay de véritables ovules au milieu d'un liquide composé de spermatozoïdes (3 J.
Dans un autre type, les glandes spermagènes et
(1) Découverts par M. Petcrs; lettre du 21 janvier 184.0. Archives de J. Millier pour 1840, p. i43 ; et par MM. Milne-Edwards et Lallemand. Anti. des se. nat., 2e série, t. XIII, p. 3y6. (2) M. de Quatrefages, m. c, * pi. V, fig. 2» (3) Archives d'Erichson. Berlin, îSfs, p- 7.^-77- '
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ovigènes sont annexées l'une à côté de l'autre, comme dans les Beroës.
a. Des ovaires.
Les ovaires sont toujours multiples, au nombre de quatre au moins, de six, de huit au plus, lorsqu'ils sont placés sous l'ombrelle, à l'extérieur de L'estomac, ou annexés au pédicule central qui renferme ce viscère.
Dans un autre type, celui que présentent les espèces diEquoiées , les ovaires sont attachés aux nombreuses lames qui divisent comme des rayons la face inférieure de l'ombrelle.
Ces deux types généraux montrent dans les nombreuses espèces et les genres multipliés de cette famille, un certain nombre de modifications de forme et de position.
La forme la plus ordinaire est celle que l'on rencontre dans les cyanées. Dans la médusa aurita, qui appartient à ce genre, les ovaires au nombre de quatre paraissent à travers le parenchyme transparent de l'ombrelle. Ils sont placés dans une cavité qui n'est séparée de chaque poche angulaire de l'estomac situé audessus d'elle que par une cloison mince. Cette cavité ovarienne s'ouvre largement à la face inférieure de l'ombrelle, plus en dehors que l'ouverture buccale.
Le bord de l'orifice de la cavité ovarienne est garni de nombreux et très fins tentacules, et l'extérieur de cette cavité de cils vibratiies du côté de l'estomac. Chaque ovaire est un boyau membraneux dans lequel se développent les ovules, que nous avons trouvés fortement plissés par une sorte de mésentère qui se suspend à la cavité qui le renferme.
La géryonie a six ovaires en forme de feuilles triangulaires (i ).
Dans Xoccanie bonet, Peron et Lesueur, ce sont huit capsules oblongues rapprochées par paires, qui se distinguent par leur couleur brune, et qui sont annexées à l'extérieur de la cavité stomacale. Une des deux capsules de ehaque paire nous a paru être une glande spermagène, et l'autre une glande ovigène, ayant extrait de l'une d'elles des spermatozoïdes et de l'autre des ovules. Dans Xocéanie linèolèe , les glandes de la génération sont de lon^s boyaux arqués qui ne tiennent à l'estomac que par leur extrémité supérieure. Nous avons vu encore cette forme d'ovaire dans une espèce dVzglaure.
Dans les Equorées , chaque ovaire semble composé d'un canal central nourricier, qui serait comme enveloppé d'un tube ovarien à parois très plissées (ta).
b. Glande du sperme.
Dans le type des equorées comme dans celui quere-
(i) Voyages de découvertes aux terres Australes. Histoire naturellepublif'e par Le.-ueur, pi 1 V,H,;;. 4 et 5. (2) Ibid., pi X, fig. 9, pi. XI, fig. 3, 4, 6; pi. XII, fjp" . 1-0. G tie» publication a malheureusement été interrompue J'aurais pu multiplier les exemples des variélés de formes, de nombre et de position que présentent les ovaires des Méduses, en profitam des nombreuses ob>ervations inédites, faites pendant ce voyage de. découvertes, dans tes deux Océans , de 1 800 à 1 804 , par mes amis Péron et Lesueur ; ou sur les côtes de la Méditerranée, en 1809. *' esta regretter, pour la science, que ces supeibes et si instructifs dessiîis de M. Lesueur, faits sur te vivant et coloriés av< c une saie perfection , qui donnent une idée de l'éclat des couleurs métalliques et des pierres précieuses que reflètent ces singuliers animnux, n'aient pas encore été publiés. — Voir aussi ie mémoire de M. Mil ne-Edwards, Annales des se. nat., 2e série, r. XVI, p. 198, où l'on trouvera la détermination des ovaires et des- testicule:- des Equorées.
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p résentent les cyanées, la glande du sperme a la même apparence que l'ovaire : seulement on a observé que les spermatozoïdes dans Vaurèlie se développent par échevaux dans de petites capsules en forme de flacon qui se voient à la face inférieure &!u ruban plissé et coloré qui constitue la glande spermagène (1).
Les èquorèes ont de même les lames proligères de l'ombrelle chargées d'ovules ou gorgées de spermatozoïdes suivant les individus.
J'ai observé dans Vocéanie bonet, ainsi que je viens de le dire, des spermatozoïdes capillaires, effilés aux deux extrémités, dans Fun des huit organes préparateurs d'un même individu, et des ovules dans l'autre, formant l'une des quatre paires de ces organes ; de sorte que je regarde cette espèce comme hermaphrodite.
§ 2. Des organes préparateurs dans la famille des Beroês.
INous avons à citer, dans cette famille, de belles observations sur plusieurs espèces de ce groupe, appartenant à des genres différents, les eucharis multicornis et beroë rufescens (a).
Les ovaires et les glandes spermagènes sont situés immédiatement sous la peau, annexés aux côtes longiludinaîes, de manière que les ovaires sont d'un côté et les glandes spermagènes de l'autre.
Il y a donc autant d'ovaires ou de glandes sperma-
(i) M. Siebold. Nouveaux mémoires de la Soeie'te des naturalistes de Dantzig, vol. III, cah. 2, pi. I, fiV. 20, 2 1 et 22. Dantzig, i83o,. (2) Horœ tergesiinœ, etc., von J.-G.-F. Will. Leipsig, i844> pL !■> %• 5 et 22.
gènes que de côtes. Chaque ovaire, dans ïeucharis, se compose d'un certain nombre variable de capsules arrondies appliquées sous le renflement que produit chaque lamelle natatoire dans 1 épaisseur de la peau. Dans le beroë , leur forme est lobée.
Les capsules ovigènes aboutissent à un oviducte commun qui règne de bas en haut parallèlement au canal déférent.
La même différence de forme s'observe pour les glandes spermagènes.Dans ïeucharis, ce sont des capsules simples; dans le beroë, elles sont comme des feuilles pinnées.
Le contenu de ces glandes les rend opaques à l'époque du rut; tandis que les glandes ovigènes conservent toujours un peu de transparence, comme les ovules quelles renferment. Le canal déférent dans lequel souvrent les sacs glanduleux qui composent chaque glande spermagène , s'élève parallèlement avec les oviductes, sans s'y réunir, ainsi que nous venons de le dire.
Les orifices des oviductes et des canaux déférents sont, selon toute apparence, du côté antérieur du corps; peut-être n'y en a-t-il qu'un pour les deux canaux excréteurs?
B. Organes préparateurs dans la Sous-classe des Acalèphes hydrostatiques .
Parmi les AcaVephes hydrostatiques nous citerons les S/éphanomies, qui paraissent avoir, au nombre des appendices dont leur organisme divisé se compose, les organes préparateurs des deux sexes.
Des ovaires filamenteux en grappes, semblables à
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ceux des polypes actinoïdes, seraient suspendus dans le fond des capsules coniques, désignées sous le nom de trompes, et qui servent de suçoirs. D'autres appendices de la tige commune supportent des capsules plus petites, ovoïdes, ayant un étui contenant une poche membraneuse, de laquelle on fait sortir un suc laiteux: ce sont les testicules. Ce suc laiteux se compose de spermatozoïdes ayant un corps sphérique et un appendice caudal, et se distinguent, par leurs mouvements, des corpuscules urticants (1). .
G. Des ovules dans la Classe des Acaleplies.
Observés dans plusieurs méduses (la médusa aurita et la Cyanea Larnar/di) , les ovules ont montré la même composition que dans la grande généralité des animaux. Ces ovules ont un vitellus, une vésicule germinative, et ceile-ci une seule tache germiuative (a) bien circonscrite.
Dans le Heroë rufescens , les œufs complètement développés ont \h — i/5 de ligne de diamètre; la vésicule germinative 1/60, et la tache germinative, qui est simple et ronde, 1/200 de ligue.
D. Des spermatozoïdes.
Ils ont un renflement céphalique et un appendice caudal.
Ceux de Yaurélie ont un corps de forme ovale très allongée, et un long appendice caudal attaché au pôle
(0 Mémoire de INI. Milne-Edwards. Ann. des se. natur , ;>' série, t. XVI, pi. X, fig. 4, 8 et 9, et pi. lX,fi«j.'i et 2,d et g. (2) M. Siebold, mémoire cité, pi. I, iig. a3 A. B.
le plus groS. []s sont réunis en faisceaux eoniques placés au bout les uns des autres dans la capsule spermagène (1).
Ceux des Beroës ont une tête un peu ovale; le côté un peu plus étroit est celui de l'appendice caudal , qui est assez long (2) et très délié, difficile à apercevoir à cause de cela. Ils mesurent dans leur longueur 1/800 de ligne, et sont plus opaques qu'aucun des éléments organiques, de ces animaux. Leurs mouvements ont une sorle de régularité, cessent et recommencent par intervalles réglés.]
ARTICLE III