XXXIX* LEÇON. SÉCRÉTIONS EXCRÉMENTITIELLES
ARTICLE I
DES SÉCBÉTIONS GÉNÉRALES.
Le mot de sécrétion semble n'indiquer qu'une séparation on qu'une analyse. L'opération des corps vivants qu'on appelle ainsi, lorsqu'elle est la plus simple, n'est en effet qu'une séparation; mais, comme nous le verrons bientôt, elle est souvent plus compliquée, et comprend non seulement la décomposition de certaines substances, mais encore la formation d'autres substances par des combinaisons nouvelles. Dans le premier cas elle semble plus mécanique, dans le second plus chimique. Toutes les fonctions des corps vivants étant produites, en dernier ressort, par des combinaisons et des décompositions variées des parties solides ou fluides qui forment leurs organes, ou étant la cause de change-
ture de la chaire d'anatomie comparée au Jardin du Roi , devenue vacante par la mort de M. Cuvier. A cette époque , j'avais encore le témoin le mieux renseigné sur la présente collaboration, M. F. Cuvier, mon ami d'enfance. (Voir la lettre que je lui ai adressée, à la lin du t. IV de cet ouvrage. )
Qu'il me soit permis de citer ici un extrait de cette Notice : « Cet article n (sur les sécrétions) , l'un de plus physiologiques de toute ma rédaction , «était peut-être celui où je m'étais le plus approché, par la clarté du » style, de la manière de mon maître. Je me rappelle qu'il me fit l'obsern vaiion , en prenant connaissance, comme à l'ordinaire, de ma rédac- >» tion, seulement par la lecture de l'épreuve, que j'avais trop généralisé >» le mot sécrétion, en y comprenant la nutrition. » Cependant on pourra lire, dés la première page, que je m'étais inspiré, autant que possible, de l'esprit synthétique qu'il avait mis lui-même dans ses généralités sur l'économie animale, qui sont en tête du premier volume de cet ouvrage, et qui ont singulièrement contribué à son succès et à la réputation de M. Cuvier, comme physiologiste.
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ments de composition analogues , comme nous l'avons dit dans nos généralités sur l'économie animale (t. 1), elles peuvent être considérées, sous ce point de vue, comme autant de sécrétions.
La plus universelle et, en même temps, celle qui s'exerce avec le plus de continuité, est sans contredit la nutrition, plus ou moins compliquée suivant les espèces. Chaque partie des corps vivants extrait ou sépare à cet effet, d'un fluide nourricier commun les matériaux propres à entrer dans sa composition; ce fluide en pénètre les mailles, ou se meut dans des vaisseaux dont les ramifications, multipliées à l'infini, le conduisent partout. 11 apporte à tous les organes ces matériaux qui doivent y séjourner à leur tour, et servir,soit à leur développement, soit à remplacer ceux que des mouvements contraires de décomposition ont enlevés et reportés dans sa masse. Chaque partie des corps vivants étant capable de se nourrir peut donc être considérée comme un organe de sécrétion.
Le fluide nourricier général auquel reviennent se mêler tous les résidus de la nutrition, qui perd continuellement de sa masse par cette fonction, est maintenu dans un état de pureté nécessaire à la vie, et entretenu dans une proportion non moins nécessaire, par une suite de sécrétions d'autant plus compliquées que l'animal semble plus parfait. Nous avons vu , dans nos précédentes leçons, celles de ces sécrétions qui ont pour but d'en conserver la masse dans une proportion convenable. Ce n'est que dans les premières classes du règne animal que le fluide qu'elles forment ( le chyle) se mêle dans des vaisseaux particuliers aux résidus de la nutrition , et traverse , avant d'arriver dans la masse