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XXXIX8 LEÇON. SÉCRÉTIONS EXCBÉMENTÎTÎELLES

générale, des organes (les glandes lymphatiques) qui lui font subir une sorte de sécrétion.

Des sécrétions d'une autre espèce rendent à ce fluide nourricier général , dont la quantité est réparée par les précédentes , les qualités propres à entretenir la vie et à nourrir les parties. Lune de ces sécrétions, la respiration , sert à cet effet, non seulement en lui enlevant des substances nuisibles, mais encore en lui fournissant des substances utiles, et contribue ainsi de deux manières à en rétablir la composition normale. Les autres , celle de l'urine et de la bile , ne font que lui enlever des parties nuisibles.

Il est, parmi les animaux, des sécrétions beaucoup moins générales , qui servent à la conservation de certaines espèces, soit en leur fournissant des moyens de se mouvoir ou de se fixer, de se défendre contre leurs ennemis, ou d'attaquer les espèces dont ils doivent faire leur proie, soit en les préservant de la mauvaise impression que pourrait faire sur eux le fluide environnant.

Enfin d'autres sécrétions très générales ont pour but la propagation des espèces : nous en avons décrit les organes dans les leçons de ce volume. Quelques animaux en ont d'accessoires , concourant au même but , que nous aurons à décrire dans celle-ci.

Cette revue des différentes espèces de sécrétions conduit naturellement à deux questions. Sous quelles conditions générales ont-elles lieu ? Quelles sont les causes particulières qui peuvent en rendre les produits si variés?

Toute sécrétion suppose la vie, un fluide nourricier en mouvement , des parties solides organisées , à tra-

vers lesquelles quelqu'une des proportions de ce fluide peut pénétrer. Elle ne présente rien de plus dans les animaux les plus simples, et se compose de même de ces trois éléments dans ceux dont l'organisation et le plus compliquée ; maison sent combien elle peut varier avec eux : de là les nombreuses différences que montrent à cet égard les corps vivants, et, en particulier, les animaux, qui sont seuls l'objet de nos considérations.

La vie ou ses phénomènes les plus généraux, la contractilité et la sensibilité, pouvant varier beaucoup en intensité, soit dans le même organe, à différentes époques, soit dans les différentes parties dont se compose tout animal , il doit en résulter de grandes différences dans la quantité des sécrétions ou de leurs produits. Ces produits peuvent être altérés plus ou moins par l'altération des forces vitales qui animent tout organe sécrétoire. L'expérience journalière nous en fournit des preuves nombreuses.

Le fluide dans lequel l'organe sécrétoire doit puiser les matériaux de la sécrétion peut arriver à cet organe plus ou moins abondamment , suivant l'impulsion qu'il aura reçue. 8a composition peut être bien différente; il doit en résulter encore de grandes différences, soit dans la quantité, soit dans la qualité des produits.

La composition chimique des organes sécrétoires n'est sans doute pas étrangère à la nature de la sécrétion. Mais ces genres de causes , difficiles à apprécier, ne sont pas du ressort de l'anatomie , et doivent être écartées, pour cela , de nos considérations. La seule cause des différentes sécrétions dont l'anatomie s'occupe, la composition mécanique des parties, ne doit pas être moins féconde en effets variés. Que de diffé-

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rences n'observerons-nous pas, à cet égard, dans les organes sécrétoires, depuis les parois uniformes , en apparence, du sac qui compose le polype , jusqu'à la glande la plus compliquée!

Cependant il est possible de les rapporter à quelques points généraux.

Distinguons d'abord les organes vraiment sécrétoires, c'est-à-dire qui séparent des matières dont l'usage est hors de leur propre substance, des organes qui ne sécrètent que pour se nourrir.

Parmi les organes vraiment sécrétoires que l'anatomiste peut distinguer, les plus simples se trouvent dans les Insectes, de sont des tuyaux qui sont entourés de tous côtés parle fluide nourricier général, et le touchent conséquemment par leurs parois extérieures; tandis que leurs parois intérieures contiennent le fluide sécrété.

La sécrétion de ce fluide n'a donc été , pour ainsi dire, qu'une sorte de filtration, bien différente, à la vérité, de celle qui aurait lieu hors de la vie, à travers un solide inorganique. La constante uniformité de la matière séparée , la grande différence quelle présente souvent avec la matière séparable, prouvent suffisamment que l'organe séparant doit avoir une structure constante, que les pores à travers lesquels passe la sécrétion sont toujours les mêmes; en un mot, qu'ils sont organiques.

Dans les animaux qui ont des vaisseaux, la cause mécanique des sécrétions paraît se compliquer beaucoup. On peut dire que, dans le premier cas, le fluide général qui arrive aux organes sécrétoires est partout le même. Il varie beaucoup, au contraire , dans le se-

cond cas. La nature des vaisseaux qui l'apportent peut être tout-à-fait différente : ce sont ordinairement des artères, mais quelquefois ce sont des veines (i). La marche plus ou moins flexueuse de ces vaisseaux jusqu'à F organe sécrétoire, leurs divisions plus ou moins multipliées , leurs anastomoses, leur degré de finesse à Finstant où ils pénètrent cet organe , en favorisant ou ralentissant le cours du fluide qu'ils y conduisent, etc.» peuvent influer plus ou moins sur sa quantité et sur ses qualités, et avoir ainsi une influence éloignée sur la quantité et les qualités du fluide séparé.

La manière variée dont ces vaisseaux se divisent dans les organes secrétaires, en continuant à agir sur le fluide séparable, doit le modifier beaucoup, et devient la principale cause mécanique des produits variés de ces organes. On est d'autant plus fondé à le penser que ces divisions sont constantes dans les mêmes organes, et qu'ils présentent des différences remarquables dans les différents organes d'un même animal. Ainsi, dans les uns, les ramifications de ces vaisseauxprésententla figure d'un pinceau, dansd'autres elles sont en étoiles , dans d'autres elles sont en arbres, dans d'autres elles sont presque sans inflexions, dans d'autres enfin on les trouve extrêmement sinueuses, etc., etc.

Ces mêmes vaisseaux ne présentent pas moins de différences dans leur distribution.

Tantôt ils sont simplement étalés dans le tissu des

(i) La veine porte hépatique pour le foie des quatre classes des animaux vertébrés; les veines portes rénales pour les trois classes des vertébrés ovipares.

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