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XXXIX* LEÇON. SÉCRÉTIONS EX CRÉMENTITI ELLES

uns ont pour émonctoire une petite cavité (les cryptes ou follicules), ou une poche plus ou moins grande (les vésicules anales, la poche à musc), dont les parois ne présentent aucun parenchyme glanduleux. Les excréteurs séparants versent dans cette cavité la matière qu'ils ont séparée. Elle peut y séjourner plus ou moins, et y subir des changements dans sa composition, soit par l'absorption de sa portion la plus fluide, soit par le contact de l'air lorsque ce fluide peut y pénétrer. Elle passe au dehors par une seule ouverture. Plusieurs de ces petites cavités peuvent être rassemblées en un groupe plus ou moins grand, et s'ouvrir toutes ensemble dans une cavité centrale, comme cela se voit dans les amygdales; ou bien elle peut s'allonger et s'étrangler en un petit canal excréteur qui, réuni avec plusieurs canaux semblables, aboutit avec eux dans un orifice commun : c'est le cas de la plupart des glandes sébacées.

Les autres organes sécrétoires de cette seconde classe ont un tissu glanduleux plus ou moins épais, danslequel s'entrelacent les vaisseaux sanguins avec les excréteurs séparants. Ce tissu présente à peu près le même aspect dans les sali vaires des Mammifères, les lacrymales, le pancréas; il est divisé en lobes, en lobules et en grains; les excréteurs proprement dits commencent au centre de ceux-ci , et leurs ramifications se réunissent successivement et aboutissent à un seul tronc (les salivaires, le pancréas) ou à plusieurs (les lacrymales). Dans les glandes de Cowper et les prostates de plusieurs Mammifères, la matière de la sécrétion est versée, par les excréteurs séparants, dans de petites cavités qui s'ouvrent dans des cavités un peu plus grandes, et ainsi de

suite, jusqu'à ce quelles se terminent dans une cavité principale qui occupe le centre de la glande, et qui communique au dehors par un canal étroit et membraneux. Cette sorte d'organe sécrétoire forme une masse moins divisée que celle des précédents. Les reins appartiennent encore à cette section; ils ont, dans les mammifères, un tissu épais, formé de vaisseaux sanguins et d'excréteurs séparants qui pourraient être encore distingués, suivant qu'ils font partie de la substance corticale ou de la médullaire. Ces excréteurs séparants versent l'urine par plusieurs orifices, dans un canal excréteur unique , dont l'origine est dilatée en une ou plusieurs poches, suivant les espèces, ou bien ils se continuent dans plusieurs canaux excréteurs.

Enfin , dans le troisième cas, l'humeur modifiée par l'organe sécrétoire est emportée par des vaisseaux semblables à ceux qui l'y ont apportée, soit après avoir été déposée dans des cellules intermédiaires entre les afférents et les efférents, ce qui paraît avoir lieu dans quelques glandes lymphatiques de plusieurs mammifères, soit que les dernières ramifications des premiers la transmettent aux radicules des seconds, ce qui paraît être le cas du plus grand nombre de ces glandes. Ou bien la matière seulement modifiée est enlevée par des vaisseaux d'un ordre très général, qui ne diffèrent que de genre de ceux qui ont apporté le fluide séparable. C'est, entre autres, le cas de la rate, [/organe sécrétoire, dans cette circonstance, n'est tel qu'à demi; ce n'est qu'une portion d'un appareil plus compliqué, où sa part d'action est de préparer les matériaux dune sécrétion subséquente.

Telles sont les différences les plus frappantes que 8. 41

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présentent les organes secrétaires , lorsqu'on les compare dans leurs parties communes. Ils en présentent d'autres tout aussi marquées, lorsqu'on les compare dans leur ensemble, soit relativement à leur couleur, à leur tissu plus ou moins dense, pins ou moins homogène, uniforme dans toute son étendue, comme clans le foie; ou dans lequel on peut reconnaître deux substances, comme dans les reins des Mammifères ; ou encore plus hétérogène, comme dans les testicules des Raies et des Squales, qui sont composés de corps sphériques de la grosseur d'un pois, d'une sorte de pulpe dans laquelle on ne distingue ni fibres ni vaisseaux particuliers, et d'im canal excréteur plus ou moins replié (1).

Après avoir ainsi comparé d'une manière très générale les différentes structures des organes secrétaires, indépendamment des fonctions auxquelles ils appartiennent, il serait intéressant d'examiner en détail chaque organe secrétaire, dans les différents animaux où il existe; mais les bornes que nous nous sommes prescrites dans cet article ne nous permettent pas de le faire. Il nous suffira d'en indiquer le résultat : c'est que le même organe présente, dans des classes différentes, quelquefois même dans une seule classe, une structure tout à-fait différente. Nous l'avons vu poulies glandes salivaires, pour les testicules, et même pour le foie, dont l'organisation est peut-être la plus constante et ne change guère, à ce qu'il paraît, que dans les animaux qui n'ont plus de vaisseaux. Nous l'avons vu encore pour les reins.

(i) Voir leur structure intime . p, laoet suiv. de ce volume.

Une autre comparaison moins intéressante, et qui confirme ce que nous avons dit sur la multiplicité des causes qui font varier les sécrétions, est celle des organes sécrétoires avec leurs produits. On serait tenté de décider d'avance que les organes sécrétoires, dont la structure nous paraît semblable, doivent fournir des produits, sinon entièrement semblables, du moins très analogues, et que des produits analogues ne peuvent provenir d'organes de structure différente. L'expérience ne confirme pas cette théorie. Rien de plus varié que les matières fournies par les cryptes, dans les différents animaux, depuis la simple mucosité jusqu'aux matières les plus odorantes que renferment la poche à musc, les glandes anales, etc.

L'urine et la transpiration cutanée n'ont-elles pas de grandes ressemblances? Ne peuvent-elles pas se suppléer Tune l'autre, ainsi que la transpiration pulmonaire; [du moins pour la vapeur aqueuse qu'elles versent au dehors?] Et cependant que de différence, pour nous, entre les reins, la peau et les poumons!

[On a pu juger des différences que présentent les diverses glandes appartenant aux fonctions d'alimentation telles que les salivaires, le pancréas et le foie , ou à celles de la génération, par les détails que nous avons donnés , dans les volumes précédents et dans celui-ci.

Nous recommandons d'ailleurs, pour l'étude comparée de cette structure, l'ouvrage spécial sur cet objet publié par M. J. Millier, que nous avons eu souvent l'occasion de citer (i).

(i) 5)c glandularum secerncntîum structura penitiori. Lipsise , i83o.

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Les résultats généraux de cette sorte de monographie n'ont fait que confirmer ceux auxquels nous étions parvenus dès 180Ô, dans le présent article, à la suite de nos propres observations.

La découverte de l'endosmose, de cette propriété des membranes, placées entre deux liquides qui différent plus ou moins en densité et dans leur composition moléculaire, de provoquer, pour ainsi dire, leur action réciproque, et de les faire passer dans des proportions différentes vers l'un et l'autre réservoir que cette membrane sépare: la découverte, dis je , de cette singulière faculté, a fait faire un grand pas à la théorie des sécrétions.

Elle fait comprendre, d un côté, que la présence d un liquide dans le réservoir qu'intercepte la paroi de sécrétion a une action moléculaire sur le liquide qui renferme les matériaux de la sécrétion; elle montre, de l'autre, l'importance de la membrane chargée de la sécrétion et des différences d'organisation qu'on doit lui supposer dans la structure la plus intime.

Tout organe de sécrétion se compose, en définitive, de parois membraneuses, interceptant des cellules de forme très variée, ou formant de petits tubes aveugles. Les matériaux de la sécrétion arrivent jusqu'à la face externe de ces petites capacités membraneuses, dans lesquelles une partie des produits de la sécrétion précédente subsistent dans des proportions variables.

C'est donc à travers leurs parois que la sécrétion s'est effectuée , dans tous les cas , par une sorte d'endomose qui met en jeu les affinités chimiques, au moyen de laquelle une certaine quantité de matière sécrétée, contenue daus la capacité de sécrétion, doit servir à pro-

voquer la sécrétion dune nouvelle quantité de cette même substance, peut-être à la manière d'un levain ( i).l

ARTICLE II

DES OEfiANES SERVANT AUX EXCRETIONS GÉNÉRALES QUI SONT COMMUNES A TOUTES LES CLASSES , A PLUSIEURS A LA FOIS , OU A UNE SEULE.

§ ï . De la peau considérée comme organe d'excrétion et. plus particulièrement de la transpiration.

La principale des matières que le corps doit perdre, dans l'exercice journalier delà vie , est sans doute celle de la transpiration [dite insensible pour la distinguer de la sueur] ; mais a-t-el!e un organe qui lui soit spécialement affecté? Les extrémités des artères cutanées ou des vaisseaux qui partent de ces artères, sans former

(ï) Quels que soient les titres que d'autres savants, tels que J. Bei- Bouilli etNollet, pourraient avoir à la de ouverte du fait de l'endosmose , il faut reconnaître que c'est seulement depuis son appréciation, par M. Dutrochet, et la dénomination qu'il lui a donnée pour désigner son originalité, que les physiologistes en ont senti toute l'importance. Voir le mémoire du célèbre académicien, ayant pour titre: V Agent immédiat du mouvement vital , etc. Paris et Londres, 1826, réimprimé dans le t. I des Mémoires pour servir à l'histoire des végétaux et des animaux. Paris, 1837. Voir encore la réponse de M. Dutrochet , Compte-rendu de l'Académie des sciences, t. XVII, p. 788 et 789 ; et la Note de M. J. F. Parrot, intitulée : Coup d'oeil sur l'endosmose , que le savant et vénérable membre honoraire de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg a soumise au jugement de l'Académie des sciences de Paris (dans sa séance du 23 septembre i844)? en rappelant sa Dissertation inaugurale : De l'influence de la physique et de la chimie sur l'art de la médecine , Erlangen , i8o3; dans laquelle il a consigné les expériences sur les conditions qui président au mélange de deux liquides d'inégale densité, séparés par une cloison organique perméable.

un système absolument distinct, paraissent l'exhaler, elles pores de l'épidémie la laisser sortir.

[Quant à la transpiration sensible ou la sueur, elle a des organes particuliers, découverts il y a peu dannées, qui pourraient être aussi ceux de la transpiration insensible.]

Nous aurons donc quelques détails à ajouter à ce qui a été dit de la peau dans la XIVme leçon (T. III , p. 5yo et suivO sur son tissu intime , les glandes et les divers téguments qui la recouvrent. [La graisse ou les muscles qui la doublent.]

En réunissant les descriptions anatomiques de cette leçon avec celle que nous allons donner , il ne sera pas difficile de juger de l'influence propre à chacune des espèces de téguments, pour entretenir la transpiration et pour l'arrêter, selon le degré de chaleur et le plus ou moins de défense qu'ils procurent aux animaux contre l'action refroidissante ou contre l'action dissolvante de l'atmosphère.

Nous n'avons rien de particulier à ajoutera ce que les médecins ont observé sur la quantité de la transpiration dans les diverses circonstances , ni à ce que les chimistes ont expérimenté touchant la nature de la matière transpirable.

Quelques uns pensent qu'il transpire par la peau du gaz acide carbonique et de l'azote, dans la proportion de q à 1 ; mais d'autres chimistes célèbres nient l'existence de ces matières dans la transpiration. 8a pins grande masse paraît n'être qu'une vapeur aqueuse mêlée d'un gaz animal corrodant, dont la nature ne semble pas être toujours la même, à en juger par l'odeur différente qu'il présente dans les différents individus.

Ce gaz ne contribue sans doute pas peu à infecter l'air des lieux où les hommes sont réunis en grand nombre. Serait-ce de l'hydrogène mêlé à quelque autre substance, comme on l'a soupçonné ?

La matière de la transpiration, soit liquide . soit gazeuse , pourrait être l'objet d'expériences comparatives sur les divers animaux , qui ont été à peine effleurées. Déjà celies failes par Fourcroy et Vauquelin prouvent combien les expériences de cette sorte seront fécondes en résultats intéressants. Ces chimistes ont trouvé l'urée dans le résidu de la transpiration du cheval, qui leur a fourni également beaucoup de phosphate calcaire ; ils ont confirmé par là ce que l'expérience journalière avait déjà appris, quoique vaguement , sur les rapports de la matière transpirable avec l'urine. Qui ne sait que ces deux excrétions se suppléent, et qu'elles augmentent ou diminuent toujours dans un sens inverse (1)?

Une autre matière exerémentitieîle très abondante, et qui n'est pas moins en rapport avec la première que l'urine, est celle qui sort par les poumons. Il ne nous reste rien à dire sur ces organes. Nous ajouterons seulement, en les considérant sous ce rapport, que dans les animaux où ils n'existent pas, les deux excrétions, la transpiration cutanée et pulmonaire, sont confondues; que dans ceux où ils sont répandus par tout le corps, sous la forme de trachées, il est de même impossible de distinguer ce qui appartient à l'une ou à l'autre de ces excrétions; que dans ceux où ce sont des branchies,

(i) L'urine et la transpiration cutanée ne se suppléent l'une l'autre que pour la quantité d'eau qui sort au corps, par la peau ou par les reins.

648 XXXIX* LKÇOiN. DES SECRETIONS.

il serait intéressant de déterminer si la transpiration de ees organes diffère essentiellement pour la quantité, toujours comparativement à celle du corps, etc. Il est presque inutile d'ajouter que dans les animaux qui respirent peu , tels que les Reptiles, la transpiration pulmonaire doit être dans un rapport bien moindre, avec la transpiration cutanée, que dans ceux qui respirent beaucoup, tels que les Mammifères et les Oiseaux , et que, suivant la nature peu perspirable des téguments, il est beaucoup d'animaux de ces deux classes chez lesquels le rapport de ces deux excrétions doit être toutà-fait l'inverse de ce qu'il est dans plusieurs Reptiles,

§ 2. Des glandes de la sueur dans V espèce humaine et chez les Mammifères domestiques.

[Ces glandes font partie des téguments; leur canal excréteur traverse le derme et l'épidémie , et s'ouvre à sa surface par un pore ou un orifice en forme d'entonnoir.

Ces pores de la sueur, dans la peau humaine, étaient déjà connus de Grew (Philosoph. Trans. de 1684, p. 566).

Eichhorn (1) les étudia plus particulièrement en 1826, et vit qu'ils sont l'aboutissant de canaux particuliers. Purkinje et TVendt démontrèrent ces canaux en i833, toujours dans la peau humaine, eî firent voir qu'ils s'élèvent à travers le derme et l'épidémie, jusque dans les sillons de celui-ci, et qu'ils sont, dans leur trajet , contournés en spirale (2).

(1) Archives de Meckel pour l'anat. el la phys., 1826, p. \o$,

(2) De epidermide humano. Vratislavî, ï 833 ; et Arcli. de J. Millier, i834, p. 278 etpï. ÎV.

A HT. II. DES fiXCJlÉTIOiVS GÉNÉRALES. 649

MM. Breschet et Roussel de Vauzème firent, l'année suivante, l'importante découverte que, clans la peau de l 'homme , les canaux en spirale ont leur origine dans des glandes particulières, prévues et non reconnues par Purkinje. Ils donnèrent le nom d'appareil diapnogène à l'ensemble de ces glandes et de leurs canaux excréteurs (1).

Une année plus tard, en ï835, M. Gurtl confirma cette découverte dans l'homme, et décrivit comparativement ces mêmes glandes et leurs canaux excréteurs, avec précision, dans les mammifères domestiques (2).

Nous avons constaté leur existence et leur structure, dans le mouton , le cheval, le cochon et la chèvre, telle que cet anatomiste l'a fait connaître.

Los glandes delà sueur se trouvent partout dans la profondeur du derme, ou même sous cet organe , dans le tissu graisseux sous-cutané.

Leur volume relatif n'est pas le même dans foutes les espèces. Le cheval et le mouton les ont très développées; elles sont petites à proportion dans le chien.

Leur grandeur varie encore suivant les parties de la peau où on les observe.

Dans V homme, c'est dans la paume de la main , ou dans la plante des pieds, qu'on trouve les plus grandes.

Elles se composent , en général , d'un boyau contourné, faisant sur lui même de nombreuses circonvolutions, tantôt rapprochées de manière à lui donner la forme d'une pelote très allongée ( le mouton); oblongue (dans la peau du crâne de Y homme); presque

(i) Annales des se. nat., ie série, t. II, p. 167 et suiv., pi. IX eîX. (2) Archives de J. Miilîer pour i835 . p, So5, et pi. IX et X.

sphérique (la paume de la main); ovale (le scrotum du cheval , la plante du pied du chien). Nous avons trouvé les traces du boyau sécréteur dans la peau de Faine du cochon, non plus pelotonnées, mais séparées par des lobules dégraisse.

Leur structure est différente dans le bœuf\ où ce sont de simples capsules ovales, et dans les parties de la peau du chien couvertes de poils, où elles sont d'ailleurs petites et difficiles à découvrir.

Les glandes de la sueur sont incolores et demitransparéntes; il n'y a que celles du scrotum du cheval qui aient une espèce de pigment noirâtre.

Leur canal excréteur traverse le derme et l'épidémie, pour se terminer, comme nous l'avons déjà dit, par un orifice en forme d'entonnoir, dans les enfoncements ou les sillons de la surface de ce dernier tégument.

Il est remarquable que , dans son trajet , le canal excréteur ne soit contourné en spirale régulière, dans l'espèce humaine, que dans certaines parties, dans la paume des mains, par exemple, et qu'il soit simplement sinueux dans les pîandes de la peau du crâne.

Celui des glandes du mouton est également très contourné; i) est sinueux dans le cov.hon\ il est presque droit dans les glandes du cheval, ~\

§ 3. Des excrétions visqueuses et graisseuses.

Certaines glandes , situées, dans les Oiseaux et les Poissons, à. l'extérieur du corps, sont destinées à séparer une humeur graisseuse dans les premiers , et visqueuse dans les seconds , qui a , dans les uns et les autres, le même usage, celui de préserver leurs téguments contre l'action dissolvante de l'eau.

À. Chez les Oiseaux.

Le liquide huileux qui imprègne les plumes des Oiseaux, particulièrement de ceux qui sont aquatiques, a sa source , pour une partie du moins, dans une glande qui est située sur leur croupion. Cette glande est composée de plusieurs cellules remplies d'une substance huileuse qui s'en échappe par plusieurs orifices.

B. Des tubes de la viscosité dans la Classe des Poissons.

[La viscosité dont la surface des Poissons est ordinairement enduite s'échappe généralement par plusieurs orifices rangés le long de deux lignes latérales (i),et par un certain nombre d'autres percés dans les téguments de la tête. Elle est sécrétée par de longs tubes qui se glissent sous la peau.

Dans les Poissons osseux couverts d écailles , la série de la ligne latérale porte un tube longitudinal, de même nature, qui traverse cette écaille d'avant en arrière, dans une partie de son étendue , et qui a son issue de ce dernier côté à l'une des faces de l'écaillé. C'est du côté antérieur de celle-ci que ce canal a son entrée; il y reçoit l'humeur qu'il doit porter en dehors, d'un tube glanduleux qui a traversé les écailles précédentes, et qui se prolonge à travers les écailles suivantes. Ce tube communique avec ceux de la tête, et s'ouvre d'ailleurs soit directement, soit par de très courtes branches, à la surface de chaque écaille.

Dans la Carpe , le tube de chaque écaille de la ligue latérale commence, à sa face externe avec le second tiers de sa longueur, par une espèce de canal iucom-

(i) Il a déjà été question des tubes visqueux de la peau des Poissons , p. 6i3 et 614 du présent ouvrage.

pie t, en ce qu'il n'est pas d'abord soucié à la surface de l'écaillé ; il s'y soude bientôt, et forme un tube complet, jusqu'à l'origine de la partie découverte de l'écaille, où il se termine. Ce tube écailieux est traversé par un tube membraneux qui passe successivement par toutes les écailles de la ligne latérale , et s'ouvre au bord libre de chacune d'elles, par un orifice très étroit.

Dans le lépirfostée, le tube solide de l'écaillé commence vers son bord antérieur, à sa face externe^ et se termine à sa face interne, en-deçà de son bord postérieur. Le tube membraneux qui passe à travers tous ces canaux des écailles de la ligne latérale s'ouvre de même au bord libre de chaque écaille, e! communique avec le tube muqueux de la ligne opposée, par l'intermédiaire des tubes de la tête. En injectant du mercure par le tube dune écaille de la ligne latérale, nous lavons vu passer dans de longs canaux ramifiés qui bordent les deux mâchoires, formant deux brandies principales, presque parallèles. Un tube de communication traversait l'occiput et établissait plus particulièrement les rapports (\es tubes des deux côtés. Ceux de la surface de la tête formaient d'ailleurs des réseaux superficiels, très remarquables parleur complication.

Dans le thon , chacun des petits tubes qui aboutit aux pores de la ligne latérale reçoit un filet du nerf de cette ligne (i).

Les tubes muqueux, ou les capsules muqueuses de la têse, ont une structure analogue à celles de la ligne latérale; mais leur arrangement et leur développement relatif peuvent beaucoup varier suivant les genres et les espèces.

(î) Hiàt. nat. des poisson? , par Cuvicr et Valeneiennc* , t. I, p. 022.

Le lump {cyclopterus làmpus) à, autour des yeux et de la bouche, un certain nombre de poches glanduleuses profondes, ayant un assez large orifice circulaire. Elles appartiennent à cet appareil muqueux ou de la viscosité , destiné à préserver la peau des poissons de l'action dissolvante de l'eau.

Les canaux muqueux des Baies, dont Al. Monro a donné le premier une idée assez exacte et de bonnes figures (1), peuvent être distingués en deux systèmes.

Les uns ont un centre commun et se portent par faisceaux aux deux surfaces du corps , où ils ont leurs orifices. Les autres rampent et serpentent près de la surface de la peau, et s'anastomosent entre eux avant d'envoyer à cet organe leurs branches terminales.

Le centre principal des premiers est situé à côté de l'angle des mâchoires, qui est recouvert parles muscles de cette partie, et en avant du sac branchial. Chaque tube commence par une ampoule transparente, qui ressemble à une boule de cristal. Les ampoules d'un grand nombre de tnbes sont rassemblées eu un paquet, qui pourrait être considéré comme une glande, et l'origine dilatée de chaque tube, comme l'organe élémentaire de sécrétion de cette glande.

Un nerf considérable, provenant de la troisième branche de la cinquième paire, distribue évidemment un filet dans chacune de ces ampoules, qui conserve, comme le dit Monro , sa couleur blanc opaque au moment où il la touche , mais qui s'y perd en devenant transparent.

(i) The stt'tjrlnrf» and j*ftysiok>gy of Fi*he», etc. Edimbourg, 1785, pi. Si et Vil.

Les tubes de ce centre principal sont un peu étranglés en traversant la capsule fibreuse qui renferme leurs ampoules. Ils rayonnent de là aux deux surfaces du corps, saus se ramifier, sans s'anastomoser entre eux, jusqu'à la peau où leurs orifices sont dispersés.

Nous avons découvert deux autres centres de semblables tubes aux deux côtés de chaque narine, qui ne distribuent leurs canaux qu'à la face inférieure du bec.

Ils reçoivent chacun un rameau nerveux considérable du maxillaire supérieur, qui s'y divise comme celui du maxillaire inférieur dans le groupe principal, de manière que chaque ampoule reçoit un filet de ce nerf.

L'autre système de tubes muqueux, également bien représenté dans Monro, se compose de canaux principaux superficiels qui sont très longs et dessinent des festons, assez réguliers, en s'anastomosant entre eux.

Ils paraissent surtout à la face inférieure du corps, et produisent, par intervalles, de petits rameaux, qui vont se terminer à la peau, par des oiifices béants , qui sont les analogues des orifices de laiigne latérale des poissons osseux.

Plusieurs de leurs branches contournent le bord antérieur de la tête et vont se distribuer à sa face dorsale. Il est remarquable que les principaux canaux de ce système commencent par des culs-de-sac, et qu'ils ne reçoivent pas d'autres nerfs que les filets presque imperceptibles qui se distribuent aux téguments.

Le mucus que renferme les canaux des deux systèmes se compose d'un épithéîium, eu grande partie de forme sphérilique, ou ovale , ou en cœur.

Il y a , à cet égard , une différence remarquable dans les torpilles; elles manquent du premier système des

tubes visqueux simples et rayonnants.] Dans l'espèce que nous avons étudiée en i8o5, les tubes muqueux de l'autre système s'ouvraient au dehors par des orifices dont les plus gros étaient disposés avec régularité le long d'une courbe qui répondrait à la ligne latérale des autres poissons

[Dans la torpille narcke , Risso, le système des tubes muqueux superficiels est semblable à celui des autres Raies. J'ai trouvé de même ces tubes faisant des contours et des festons, s'anastomosant entre eux avant d'envoyer de courts rameaux se terminer à la surface de la peau (i).]

ARTICLE III

DES EXCRÉTIONS EXCREMENTITIELLES PARTICULIÈRES A CERTATÎNS

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